Stéphane Guillon, insensiblement, a perdu le sens des réalités. Son éviction
de France Inter, imméritée mais qu'il a patiemment recherchée, lui a fait
perdre tout sens des réalités.
Il écrit des livres sur sa persécution et, redresseur de torts, il veut délivrer
France Inter du mal absolu que sont ceux qui l'ont poussé à la porte.
Stéphane Guillon est un humoriste à ranger dans la catégorie des "grinçants".
Ses prestations sont cruelles, drôles, vraies mais mettent souvent mal à
l'aise.
Le personnage me semble lui-même à vif, comme s'il cachait une timidité
excessive par un surcroît d'agressivité.
Persuadé d'être un martyr de notre époque, ce St Sébastien moderne s'est
donné comme mission de ramener les ondes du Service public à la liberté.
Vaste programme...
En réalité France Inter n'a jamais été ni plus libre ni moins libre et son fameux
"ton" est resté le même, avec ou sans Guillon.
Comme tout le monde je déplore que par carrièrisme et pour satisfaire à la
volonté présidentielle (exprimée ou pas) on ait jugé bon de virer Didier Porte
et Stéphane Guillon qui avaient, par leur talent, l'un et l'autre, toute leur place
sur l'antenne mais je ne vois pas là un scandale propre à la rédaction de 3
livres ni d'éditos vengeurs ni d'interviews au napalm.
Tous les jours, dans toutes les entreprises, on met à pied, on licencie et on
éjecte des personnes qui ont beaucoup moins de possibilité d'exprimer
l'injustice qu'on leur fait.
Les Prud'hommes n'accordent pas tous les jours les indemnités qu'a eues
Stéphane Guillon.
Un peu de pudeur et de retenue seraient justifiées, me semble t'il.
