C'est certain, une fois encore et comme en 2007 par exemple, le choix qui nous est
proposé n'est pas particulièrement enthousiasmant.
On le sait, depuis que le Président est élu au suffrage universel il a souvent fallu
éliminer un(e) candidat(e) au second tour plutôt qu'en choisir volontairement un.
Sauf en 2002 le tour décisif oppose un candidat de droite à un candidat de gauche.
Grosso-modo le candidat de droite est un "libéral", partisan du marché et de la
libre concurrence, du laisser-faire et de la dérégulation tandis que le candidat de
gauche est pour apporter des correctifs sociaux à un libéralisme par trop avide.
La politique, en France, est ainsi faite, que le candidat des 2 bords est obligé de
mimer des postures convenues et attendues. L'un fustigera l'assistanat et l'autre
agitera les vieilles lunes du socialisme même et surtout s'ils seront contraints de
faire une politique proche et quasiment pilotée par Bruxelles.
C'est ainsi, tout le monde le sait et les candidats se conforment, en général, au
rôle qu'ils se sont approprié.
A ce titre françois Hollande est parfait et joue sa partition avec brio et intelligence.
La taxation à 75% des revenus au-dessus d'un seuil lointain et le droit de vote des
immigrés aux élections locales sont des"marqueurs" et donnent leur caution de
gauche à sa campagne. Les lunettes de Marie-Georges, les moulinets de
Mélenchon, la présence furtive de Fabius ou Jospin, quelques drapeaux rouges,
et les positions de Montebourg forment un décor soigneusement étudié.
Nicolas Sarkozy, lui, n'est pas capable, psychologiquement, de se tenir à sa
place. Au lieu d'être le Président descendu de l'Olympe élyséenne pour prendre
l'offrande populaire d'un second mandat (comme Mitterrand le fit en 1988) c'est
un outsider furieux, haineux, batteleur menteur et cynique qui se présente en
son nom.
On attendait un Président en grand habit avec cordon de légion d'honneur en
sautoir et daignant se (re)présenter, on a droit à un loubard prêt à tout et même
à franchir la ligne blanche de 25 ans de cordon sanitaire entre la droite et
l'extrème droite.
J'imagine les bouches tordues des centristes de droite (on ne se moque pas)
Méhaignerie et Borloo devant un tel sacrilège.
Il n'a, il faut le constater, pas grand chose à perdre: battu au 1er tour, battant des
records d'impopularité, présentant un bilan pour le moins contrasté, ayant 2 ou 3
"affaires" délicates (Bettencourt, financement de sa campagne en 2007, Karachi)
dans le dos et une majorité aux abois Nicolas Sarkozy n'est donc pas enclin à être
le "candidat de droite traditionnel". De ce fait il en est à draguer le frontiste, à
mentir sur tout et tous et, finalement, à faire une campagne inédite mais peu digne.
Le peuple choisira le 6 mai et donnera un avis définitif sur ces 2 campagnes et ces
2 candidats.
