Il y a quelques temps que j'ai décroché.
Je ne regarde plus qu'exceptionnellement la télévision.
Hier soir, congelé et crevé je me suis avachi dans mon fauteuil et j'ai regardé "Pièces à
conviction" le magazine de FR3 présenté par Elise Lucet.
Comme la majorité de ses consoeurs la mère Lucet a oublié qu'elle était une femme:
cheveux courts, visage fermé, voix grave la dame joue les Ockrent-bis.
La soirée était consacrée aux banlieues et ne m'a pas déçu. Tous les tics de la télé
d'aujourd'hui y étaient: les gros plans de baskets, les visages floutés, les voix transformées
(grotesques) et, bien sur, les "caméras cachées".
Mémé Lucet était en blouson de cuir (normal, dans la France rêvée des journalistes quand on
va en banlieue, on met un blouson de cuir noir... comme dans les années 50!) et prenait un
air de circonstance pour déambuler devant des barres HLM.
Elle nous a même interviewé le ministre de l'intérieur avec des airs de méchante à qui "on ne la
fait pas".
C'était absurde, laid, idiot, bourré de poncifs, didactique, empirique et surtout puéril.
Je me gondolais en voyant le racaillou et son fusil à pompe: ça vous sentait le doc TF1 "c'est
bon coco le fusil à pompe, c'est excellent".
Ecoeuré j'ai fini par éteindre la télé et j'ai écouté du Haydn. Ce monde est burlesque.
