J'ai rêvé que mon quartier, refuge de "néo-nazis" était bombardé par les Russes qui souhaitaient le "libérer".
Un champs de ruines subsistait à sa place.
Nous habitons un quartier un peu à l'écart du centre de Toulouse. Pas un coin perdu puisqu'il est desservi par le tramway, le métro et les bus. Toulouse est une ville de quartiers et ceux-ci ont chacun leurs charmes. Souvent regroupés autour d'un jardin ou d'un bâtiment qui leur donne leur identité. Une église ou cathédrale souvent mais aussi un théâtre, une place, un jardin public, un musée...
Notre quartier, qui s'étend du Fer à cheval à la Croix de Pierre manque de ce pôle qui l'identifierait. Il y a bien la digue et la Garonne (entre deux ponts, Le Pont St Michel et le Pont du Stadium) mais les deux s'étirent sur plus d'un kilomètre et ne facilitent pas la vie locale.
La "prairie des filtres", zone urbaine boisée et accueillante, avec ses pelouses immenses et les jeux d'enfants ne remplit pas non plus ce rôle. Pas plus, en tous cas, que l'écluse et les débuts de l'île du Ramier. Cependant les travaux titanesques qui ont lieu sur cet endroit autrefois si laid risquent de lui apporter une notoriété nouvelle et d'attirer des promeneurs. Notre futur "Central Parc" (sic) débarrassé des affreux hangars en ferraille du parc des expositions va se transformer en jardins et promenades. Les abords de la piscine Nakache se sont réincarnés en pelouses fraîches. Le but de la mairie est de faire un "poumon vert" de l'île, d'y attirer un public nombreux pour libérer le Grand Rond, le Jardin Royal, Les Allées François Verdier. Des passerelles piétonnières suspendues sont programmées (dont une, spectaculaire, au bas de notre porte).
Si les Allées Charles de Fitte restent inhospitalières (trop de circulation) l'Avenue de Muret s'est améliorée. En passant de 4 files à 2, en accueillant l'emprise du tramway et en se transformant doucement en rue commerçante elle est beaucoup moins rébarbative qu'elle a pu l'être. C'est, allez savoir pourquoi?, une avenue privilégiée par les tatoueurs, les pharmacies et les préparateurs de pizzas.
C'est aussi une voie qui change de physionomie: les grues sont toujours en action et les petites maisons avec jardinet sont progressivement remplacées par des immeubles modernes de 4 à 5 étages. Une population nouvelle s'installe qui donne vie à ce quartier autrefois sans charme.
C'est parce que nous nous sommes surpris à demander des nouvelles d'un vieux du coin à la patronne de l'épicerie toujours ouverte que j'ai réalisé que je vivais dans un quartier en perpétuelle transformation et qui devient, au fil du temps, plaisant et vivant que j'en parle ici.
