Je ne compte plus les fois où j'ai dit oui. D'ailleurs je suis d'ordinaire un gars qui dit plutôt oui. Je ne suis pas extrêmement contrariant.
Il y a donc, dans ma vie, quelques oui mémorables et ceux que j'ai prononcés à haute et intelligible voix le 19 novembre 1982 étaient mûrement réfléchis.
Je les ai dits avec plaisir et ma langue n'a pas fourché quand le prêtre Ragueneau (un cornichon désagréable qui, à la fin de l'interminable bénédiction m'a dit: "alors, ça y est? c'est fini la corvée?") m'a demandé mon consentement par la bête phrase rituelle.
La cérémonie civile, à la mairie du XVIème arrondissement, s'est bien passée aussi puisque l'officier d'état civil a fait remarquer à l'ensemble de nos invités que: "la fidélité ça les fait rire". Nous étions contents et de bonne humeur, ma mariée était ravissante et nous rions de plaisir.
J'aurais dû sauter à la gorge du faquin et le décapiter comme on fait maintenant.
Ma belle mère avait tout organisé et, avec le recul, la réussite de la soirée lui devait tout. Ce oui a duré plus de 25 ans et deux enfants magnifiques en sont issus.
Je garde de la tendresse et de l'affection pour leur mère qui a eu bien du mérite de me supporter.
Elle n'a hélas pas connu la perfection que je suis devenu!
Je n'ai donc aucun regret d'avoir dit oui et cette première partie de ma vie reste nimbée de belles couleurs et peuplée de très bons souvenirs.
Très peu de temps après notre divorce j'ai rencontré une femme qui va me dire oui un samedi du mois de juillet.
L'Eglise m'est interdite puisque le divorce et le mariage sont réprouvés par cette garante de la tolérance..Je ne le regrette pas vraiment et ai du mal à comprendre en quoi Dieu pourrait se formaliser qu'un agneau mouton bélier de son troupeau puisse convoler à nouveau..
Les voies du Seigneur...
Bon il reste la cérémonie civile et c'est le frère de ma future qui nous mariera. Devant une fratrie imposante en nombre et en qualité.
J'ai intérêt à dire un "oui" qui résonne dans la salle des mariages.
