Alors, après CC (Claudia Cardinale) c'est au tour de BB (Brigitte Bardot) de tirer sa révérence et de quitter notre monde de fous?
La première par ordre alphabétique ne laissera pas un leg cinématographique très important: du "trou Normand" à "L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise" on peut dire sans être cruel que les chefs d'œuvres voire simplement les films corrects se comptent sur les doigts d'une main.
Il y a le Clouzot et du bout des lèvres le Godard et c'est à peu près tout. En tant que comédienne Bardot laisse -qu'on le veuille ou non- peu de choses. "Don Juan 73", "L'ours et la poupée", "Boulevard du Rhum", "Babette s'en va en guerre", "les novices", "Colinot", "Viva Maria", "Vie privée" etc ne resteront pas dans les listes des chefs d'œuvres du cinéma, loin s'en faut. Il existe un film réunissant les deux magnifiques (Claudia et Brigitte, il faut suivre!), est un navet de compétition: "les pétroleuses" de Christian Jaque (1971). On comprend que Bardot en ait eu assez de tourner dans des nanars.
Alors la chanson peut-être? là encore il est clair que "Harley Davidson", "Bonny & Clyde" et "Comic Strip" ne sont pas ce que Gainsbourg a fait de mieux. Elle avait une présence indéniable dans les petits clips avant la lettre de ces chansons mais là encore il faut déchanter: Brigitte Bardot n'a fait que dans la variété sans imagination. Une version Française (donc ringarde) d'un tube de Stevie Wonder et une "fille de paille" signée Gérard Lenormand (qui ne vaut que par le clip, une fois encore) plus loin et c'est à peu près tout.
Ah oui, j'oubliais les coquillages et crustacés de "la Madrague". Une sucrerie sans conséquence.
Cinéma, c'est fait, chanson exécutée, reste l'œuvre de sa vie: la souffrance animale. Là on peut dire qu'elle laisse sa marque. Tout ce qui a précédé ce combat d'une vie n'était là que pour le permettre. En passionnée de "sa" cause Bardot a été souvent excessive mais elle est la seule à ce jour à avoir tant fait.
Espérons que d'autres emprunterons ce chemin et reprendront le flambeau: rien n'est fait (ou presque), tout reste à faire.
Et c'est là que l'on comprend que sa notoriété, sa fougue, ses excès même étaient sinon nécessaires du moins compréhensibles tant il y a le feu et tant nous tuons des animaux pour rien. Pour RIEN.
La vieille dame qu'elle était devenue était marquée par l'immensité de la tâche qu'elle s'était donnée.
Pendant qu'on déblatérait sur ses "dérapages" (que je ne justifie ni n'excuse) on laissait les abattoirs et les safaris sauvages tourner à plein régime.
Ce lundi matin les mises à mort ont repris dans les mouroirs animaliers du monde. De là où elle est la belle Brigitte s'en fout un peu désormais.
