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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 15:09
Comme le chantait Brassens : mettre au soleil son coeur ou son cul c'est pareil.  Alors je m'exhibe !

Lorsque je me suis retrouvé au bas de l'immeuble, en ce triste jour de janvier, je me sentais misérable. Toute mon âme grelottait, j'avais voulu celà mais son accomplissement laissait un goût amer en moi. L'opération juridique m'avait duré qu'un court instant. 25 années de mariage étaient comme supprimées en cinq secondes et quelques mots écrits par le juge.


J'évitais, autant que possible, de croiser les regards de "mon" avocate et de mon ex-femme. Je n'étais pas certain de pouvoir les soutenir. Non que je fusse en faute, mais parce que cette rupture administrative était tellement minable, médiocre, insignifiante et laide qu'il eût fallu beaucoup d'imagination pour lui trouver excuse ou justification.


J'avais plus ou moins pensé que, par défi, nous irions boire une coupe de champagne une fois la formalité accomplie. Je n'en avais ni la force ni l'envie. Au contraire, j'aspirais à être seul et à m'éloigner le plus rapidement possible de ce lieu si malsain.


Depuis ce jour je ne passe pas dans le coin sans un pincement au coeur ni sans allonger le pas. Je ressens presque la tristesse cafardeuse de ce jour-là.


Il est parfois des moments difficiles dont même le souvenir s'avère douloureux.


Ce divorce, que j'avais fini par désirer, signait à mes yeux l'échec des dernières années et l'impossibilité à réparer l'usure du lien.


Rien à voir avec ce jour de novembre 82  qui, malgré un froid vif, nous vit échanger, à la mairie de notre quartier parisien, des consentements bruyants au milieu des rires. Entre Chaillot et Grande Rue Nazareth un quart de siècle et une somme de bons et de mauvais moments dont la différence n'a pas été et ne sera pas faite.


Entre Paris et Toulouse le plaisir de se découvrir, de plaire à l'autre et de le surprendre a tourné à l'ennui de se deviner, de se supporter et de ne plus rien en attendre.


Comme un deuil ou un autre évènement grave de la vie, le divorce, fût-il décidé à deux et "par consentement mutuel", fait partie de ces moments sinistres et douloureux qu'on n'oublie jamais.


On dit qu'un couple sur deux est appelé à se séparer désormais : cela fait une sacrée somme de souffrances et de frustrations dont on ne voit pas beaucoup les effets !

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 15:09

Dans notre société sans religion ni sacré les personnes qui accèdent à la célébrité, dans quelque domaine que ce soit, mais surtout dans le show-business, se voient accaparées par une foule en mal d’idoles, au sens premier du terme.

Certaines fois elles le méritent, d’autres fois non. Jean Ferrat, assurément, le méritait plus que d’autres parce qu’à l’occasion de sa disparition on a pu revoir qu’il avait un vrai talent, une forte personnalité et une profondeur que validaient en quelque sorte la beauté et l’intelligence de la plupart de ses textes, la splendeur de ses musiques et la majesté de ses interprétations.

 

Pendant des années il a effectivement été honnête et digne, refusant les petits arrangements du métier, les passages dans les médiocres émissions télévisées (celles de Drucker exceptées), il a aussi évité les vaines polémiques et les renoncements.

C’est assez pour mériter estime et admiration, insuffisant pour justifier ces manifestations profanes qui me mettent mal à l’aise et qui accompagnent la disparition de personnalités : les barrières couvertes de fleurs ou de mots (qui les lit ?), les applaudissements au passage du cercueil et les visages en pleurs.
 

Souvent impitoyables dans leurs rapports avec leurs proches les anonymes communient dans la douleur pour la perte d’une personne qu’ils ont aperçue, dans le meilleur des cas, sur une scène à 50m d’eux !

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 10:37
Que 47% du corps électoral soit allé voter m’étonne plus encore que 53% s’en soit abstenu.

Que les « observateurs », des partis politiques aux « politologues » en passant par les journalistes soient surpris de l’abstention me surprend tout autant.


Que les électeurs partent à la pêche ou au diable est, au contraire, la conséquence logique de la sclérose absolue de la politique en France.

Une écoeurante langue de bois (il fallait entendre Xavier Bertrand sur France Inter le mardi 16 mars au matin pour en être dégoûté), un non-renouvellement des candidats (Huchon conseillait Rocard à Matignon en 1988) ou des responsables politiques (Fabius commentait les Municipales de 1983…), et une impuissance des politiques à résoudre des problèmes posés au pays depuis des décennies, enfin une convergence des politiques réelles, qu’elles soient municipales, cantonales, régionales, sénatoriales, législatives ou même présidentielles donnent à l’électeur le sentiment qu’il ne sert à rien de voter et que l’impuissance à résoudre ses préoccupations est générale.

Observer le train de vie des roitelets régionaux, de leurs « palais » et de leur morgue est aussi de nature à rendre abstentionniste le plus démocrate des électeurs.

Si on ajoute que certains des votes (le « non » au référendum sur la constitution de l’Europe) sont ouvertement bafoués il est proprement stupéfiant qu’on soit surpris de l’abstention massive.

A 43% de votants on est encore dans un schéma à la Sallustre de la « folie des grandeurs » : « ils m’acclament ? j’aurais dû leur en prendre plus ! ».

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 21:54
Question comédiens, le cinéma mondial a tout essayé. De l'acteur non-professionnel au comique en passant par la vedette de la chanson et le sportif connu.

Aujourd'hui le cinéma français semble faire du surplace en distribuant quasiment tous les "comiques" comme acteurs dans la majorité des films présentés.
Les producteurs de cinéma cumulent les défauts des financiers, un manque d'imagination effarant et un cynisme à toute épreuve.

Le succès d'un Dany Boon ou d'un Kad Merad les encourage à agir dans ce sens.
Ce postulat "comique = cash" (et son extension "comique dans un rôle dramatique = cash + cesar") est vicié. C'est oublier un peu vite que dans "Tchao Pantin"  Coluche n'était que moyen dans un mauvais film très surévalué.

Fort de ce principe Gad Elmaleh est distribué dans le film "La Rafle" et on n'y croit pas une demie seconde. S'il est bon en one-man show c'est un piètre acteur et il surjoue de manière insupportable. Dans ce film la très faible prestation de Gad Elmaleh est opposable à celles, remarquables de Mélanie Laurent et Anne Brochet.

L'ancêtre Guy Bedos, Christophe Alévèque,  Franck Dubosc, Muriel Robin et tant d'autres décrédibilisent la plupart des films dans lesquels ils "jouent". Ils restent eux-mêmes et sont peu crédibles.

Seul ou presque José Garcia a troqué le costume de "rigolo" contre celui de comédien : il était exceptionnel dans "Le Couperet" de Costa Gavras mais il est depuis retombé dans l'ornière que je décris ici.

Je n'imagine pas des acteurs d'un niveau d'Isabelle Huppert ou de Jean Rochefort donner la réplique à un "comique". Cela les rabasserait certainement.

Après le "tout-chanteurs" nous sommes maintenant au "tout comiques" avant sans doute le "tout-mannequins", "tout-sportifs" ou "tout-télé-réalité". C'est une régression et c'est affligeant.
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 09:20
Je croyais avoir tout vu et je n'avais rien vu. Hier, en regardant un documentaire diffusé sur France 2 j'ai vu des images qui vont me hanter.

Il s'agit d'un film sur la traque des responsables nazis après la seconde guerre mondiale.

"Encore?" direz-vous. Oui, encore. Mais cette fois ce sont des images que je n'avais jamais vues qui ont été montrées.

Deux d'entre elles témoignaient de l'horreur absolue qu'a été cette période et ce régime : sur l'une d'entre elle on voit, très rapidement, un soldat hitlérien séparer une femme de son jeune enfant.

L'enfant essaie de revenir vers sa mère mais le soldat la frappe et lui donne, pardonnez l'expression, des coups de pieds au cul pour qu'elle retourne dans le rang.
L'enfant veut rejoindre sa mère qui essaie sans cesse de faire demi-tour. Soudain le petit enfant s'écroule, on a tiré sur lui. Je ne sais pas, tant l'image était obsédante, si le film est sonorisé ni combien de temps il dure.
Cette petite silhouette et les coups de pieds triviaux, presque ridicules sont insoutenables.

Une autre image, incompréhensible, m'a fortement impressionné: un homme "manipule" une petite fille, comme si c'était un objet. il la pend par les pieds, la retourne, la balance ... là encore, ça dure peu de temps mais c'est atroce.


Ce qui est montré, dans ces 2 extraits de films c'est l'inhumanité absolue, c'est la cruauté et l'ignominie.


On sait, et on a n'a pas attendu l'Allemagne nazie pour le vérifier, que l'homme est un loup pour l'homme. Cependant ces images montrent que jamais sans doute dans son histoire l'Homme n'est allé aussi loin dans la barbarie et le crime sciemment perpétré.


Daniel Costelle est le réalisateur de ce documentaire. C'était un vrai grand beau film.

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 23:22
Je constatais, ici même, que nous, Français, nous sommes souvent insupportables lorsque nous nous déplaçons à l'étranger.

Je crois avoir compris que notre comportement hors frontières est directement issu de celui qu'on a dans notre propre pays.

Mardi, j'ai atterri à Paris-Orly et ai été stupéfié par la saleté de l'aéroport. Des traînées répugnantes et des monceaux de papiers jonchaient le sol. Les poubelles débordaient. Journaux dépiautés, des jours de crasse qui s'affichaient, dès la sortie d'avion.

Bonjour les touristes ! Welcome !!

Ce dimanche soir j'attendais un avion retardé à Blagnac. Eclairage blafard et siège en béton pour tenir plus de 2 heures. Mais ce qui est plus incroyable encore c'est que tous les restaurants et bars de l'aérogare fermaient à 22H00. Vous avez bien lu, dans une ville touristique qui se targue d'avoir l'accueil pour priorité on ne peut rien trouver à manger et à boire après 22H00. (le dernier avion décolle à 23H30 tout de même et il en arrive jusqu'à cette même heure).

"On" communique sur l'agrandissement de l'aérogare et sur sa future taille internationale. Il serait finalement plus utile qu'il reste régional, que ses tarifs de parking le soient aussi et qu'on y trouve de quoi siroter un jus de fruit ou y manger quelque chose en y attendant des avions !
La serveuse du bar m'a dit de me presser de boire mon Coca parce qu'elle devait fermer !

Voilà deux exemples presque simultanés de la qualité d'accueil que nous savons réserver aux visiteurs.
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 10:12

Je viens, un peu par hasard, de lire un livre sur Tchernobyl que j’ai pris à la médiathèque.
Je n’en reviens pas.

Chaque page m’apprend, oui m’apprend des détails incroyables sur cette catastrophe dont
l’ensemble des médias du monde a tu la gravité, la portée et la durabilité. L’explosion du réacteur de la centrale nucléaire ukrainienne est une effroyable tragédie à laquelle personne n’était préparé et qui a été « solutionnée » dans l’urgence (et pour cause !) et dans l’improvisation.

Les conséquences sont inimaginables et on dirait que tout le monde fait comme si ça n’avait
jamais existé et comme si tout était rentré dans l’ordre.

Accompagné de photos stupéfiantes, ce livre montre que, loin d’être maîtrisé, le risque nucléaire est apocalyptique et que les autorités, soviétiques à l’époque, en ont absolument minimisé les risques.

Rien ne dit que les centrales existant aujourd’hui sont à l’abri de catastrophes comme celle de Tchernobyl, rien ne dit non plus qu’en matière de décontamination radioactive d’urgence nous ferions mieux que ceux d’avril 1986 avec leur brigade d’enterrement des villages, leur jet de savon sur les immeubles, leurs brigades d’abattage des chiens et chats,  leurs déplacements de population –après la fête du 1er mai- leurs habits de protection inadaptés (ils étaient conçus pour la guerre chimique !) et autres moyens empiriques pour combattre une radioactivité monstrueuse qui mettait les moteurs en panne, voilait les pellicules photographiques et s’insinuait partout.

Pas besoin de Terminator, de Joker ou d’Evil Dead pour se faire peur … Le récit de la catastrophe de Tchernobyl est un scénario cent fois plus prenant et inquiétant.

 

 

Tchernobyl-copie-2.gif

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 12:54
J'ai un ami italien avec qui c'est un bonheur de discuter. Récemment (nous partageons la même passion pour le cinéma italien) je lui disais que je n'appréciais pas trop Roberto Benigni que je trouvais "too much", (en français dans le texte). Il me répondit par mail qu'au-delà des Alpes on le qualifiait d' istrionico.

C'est exactement ça : cabotin, mauvais acteur, telle est la définition de l'histrion. C'est hélas un mot quasi oublié qu'on n'emploie plus et qui, mieux que "bouffon" désignerait à la perfection le (très vieux) Pinocchio italien.

Cet ami connaît et m'apprend toutes sortes de mots ou expressions italien (ne)s dont j'adore trouver l'équivalent dans notre langue si riche.
Istrionico ...

R.Benigni.jpeg
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 09:00

 

La langue de bois définissait, à l'origine, le discours pesant et stéréotypé des communistes et de leurs proches. Ils travestissaient le sens des mots et des locutions et  faisaient dire le contraire aux expressions ("démocratie populaire" qui signifiait "dictature du Parti-Etat", "Amitié entre les peuples" qui voulait dire coexistence faute de pouvoir tout avaler de suite, etc.).

Par extension cette langue pesante, ennuyeuse, transparente et fastidieuse est devenue celle de presque tous les hommes politiques, de quelque bord dont ils se réclament, à commencer, en France, par les énarques et autres grands commis de l'état.

Ce matin, sur France Inter, dans l'émission très courte qui donne la parole à 4 auditeurs et 3 journalistes de la station, Laurent Wauquiez (né en 1975!) parlait une langue de bois que n'eût pas rejetée feu Leonid Brejnev, feu Georges Marchais, feu Jean Lecanuet, feu Valery Giscard d'Estaing et tous les représentants de la classe politique des années 70, incapable de sortir d'un canevas appris par coeur, employant des mots pour leur faire dire le contraire (négociation, discussion, observation, dialogue...).

Pas besoin d'être devin pour comprendre que cette pseudo ouverture débouchera sur un texte déjà écrit et qui reculera l'âge de départ en retraite des salariés tandis que ni les dividendes des actionnaires ni les niches fiscales les plus odieuses et les passe-droits les plus flamboyants seront volontairement oubliés.

Cette expression du mépris, que je rapproche de la phrase de Le Lay sur le "temps de cerveau disponible" est insupportable et cette façon de faire de la politique est condamnée.

Le "peuple", dans son ensemble, est moins bête qu'on le croit (ou qu'on le sous-entend) : que des politiques nés 30 ans après la guerre continuent à agir et à parler comme si la France de 2010 restait celle de M Doumergue ou de M Coty est déprimant.

 

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 11:29
Avez vous vu "le prix du danger" "Allons z'enfants" et "Dupont Lajoie" d'Yves Boisset? avez vous vu "La victoire en chantant" et "coup de tête" de Jean Jacques Annaud? avez vous vu "La traque" de Serge Leroy? avez vous vu "Mon idole" de Guillaume Canet?, "Lacombe Lucien" de Louis Malle et "la Cérémonie" de Claude Chabrol, vous l'avez vu? tous ces films bien Français sont -malgré quelques défauts- des chefs d'oeuvre d'observation du caractère national. Ils en disent plus long sur notre Pays que bien des thèses philosophiques.


la-victoire-en-chantant.jpgla-traque.jpg



Je suis demandeur d'autres titres de cette qualité: à bon entendeur ...
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