Après le COVID j'étais apathique question cinéma et n'avais plus envie de voir des films. J'attendais un miracle: que le cinéma ait profité de cette pénible période sinon pour se réinventer du moins pour essayer.
Que lui reprochais je alors? tout simplement la recherche de la facilité. Le recours à des recettes éprouvées, les "suites et préquels", le manque d'audace (scénario, choix des comédiens…) et le recours presque systématique à une vulgarité héritée d'un trop long compagnonnage avec les gens de Canal+ qui squattaient les génériques avec insolence.
Aujourd'hui j'ai le sentiment que ces critiques et raisons de snober les salles de cinéma ont perdu de leur légitimité: de nouveaux réalisateurs et réalisatrices sont apparues. Des comédiens en devenir ont montré que la popularité et le respect des spectateurs était non seulement possible mais appliquée. Bref, j'ai eu envie d'un retour aux salles et je l'ai suivi.
Je ne pourrais dire combien de films j'ai vu sur les 2 ou 3 dernières années mais c'est un chiffre important. Parallèlement j'ai vu peu de films qui m'ont souverainement déplu et, au contraire, en ai vu beaucoup qui m'ont séduit.
Récemment j'ai vu un film très réussi de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert (nous avons le même âge elle et moi mais je fais 30 ans de plus!) et la toujours excellente Sandrine Kiberlain. C'est une comédie, amusante mais plus profonde qu'il n'y paraît et les deux actrices principales excellentes et surprenantes.
Ce sont deux actrices très différentes mais qui apportent toujours un "je ne sais quoi" aux personnages qu'elles incarnent. Leur rencontre est une excellente idée du metteur en scène qui en a eu d'autres pour ce film toujours spirituel et intelligent.
La musique de Bertrand Burgalat, les participations de Vincent Dedienne, Diane Kruger, Ana Girardot et Anne Marivin sont parfaites.
Un film "féminin" qui dit beaucoup de choses sur l'art, l'ambition, les rapports professionnels et le cinéma tout en étant à la fois drôle et juste. Que demander de plus?
