Je suis allé voir le film "Fini de rire" qui s'est donné la mission de dénoncer la mainmise d'hommes d'affaires, de politiques et autres censeurs qui tous ont voulu bannir un certain humour. L'humour dans les médias qu'ils ont fini par exfiltrer des programmes. Un humour d'opposition radicale, certes mais en démocratie on doit accepter la critique. Toutes les critiques..
Que certains humoristes aient dépassé les bornes du bon goût est l'affaire de chacun. On écoute ou pas les radios et télévisions qui les accueillent et on est assez grands pour nous faire notre propre, opinion.
Certains sont provoquants et recherchent (inconsciemment?) le martyr et la censure. Je ne l'ignore pas. Tomber en martyr est une posture qui leur convient. Un Stéphane Guillon, par exemple, a tout fait pour se faire licencier et s'est trouvé bien mal quand il y est parvenu..
Il n'empêche: Guillaume Meurice, Pierre Emmanuel Baré, sont certes "politiquement" agressifs mais ils sont aussi nettement plus drôles et plus cultivés que le gros rire qui tâche façon Patrick Sébastien ou autres Hanouna.
J'ai moins souscrit à la défense des "guignols de l'info" que j'ai toujours trouvés laids et ultra partisans. Il me semble qu'on peut rire de presque tout mais pas uniquement par méchanceté ou mépris. Effectivement le film montre qu'il y a une incontestable reprise en main et que l'humour fait peur (sans doute plus que les contrôles financiers!) aux dirigeants de supports à vocation de faire rire.
Le seul humour accepté et qui ne pose pas de problèmes est la vulgarité d'un Laurent Gerra et la niaiserie faussement agressive d'un Canteloup. C'est l'éternelle combat entre la provocation politique et l'humour de cour de récréation.
le document est assez équilibré et montre que, dans notre pays, ceux qui possèdent le pouvoir et l'argent qui va avec attendent plus encore: qu'on les admire et qu'on les aime.
Ils sont complètement déconnectés de la réalité et croient que jusqu'à la fin des temps il suffira des blagues "pipi-caca" de Laurent Gerra pour calmer les foules.
Le réveil risque d'être brutal.
