J'ai entendu la critique du dernier disque de Paul McCartney sur France Culture le 23 septembre. J'ai été très étonné de la volée de bois vert qu'a déversé le plumitif fonctionnaire sur un album qui n'a pas mérité cela.
Tous les poncifs habituels ont été prononcés et en particulier celui qui voudrait que John Lennon, révolvérisé en 1980 était "le" cerveau des Beatles, le génie créateur et la personnalité la plus intéressante des 4 musiciens britanniques.
Evidemment Lennon bénéficie d'une sorte d'indulgence plénière du fait qu'il a été tué comme un chef d'état ou un dissident politique. Pourtant cette mort désolante ne lui a pas donné une surcroît de talent de compositeur. Du moins le pensais je.
John Lennon eut-il vécu plus longtemps qu'il aurait été démasqué en tant que brute qui battait les femmes en général et sa première épouse, Cynthia Lennon en particulier.
John Lennon est cet homme qui a rampé devant sa seconde épouse, une artiste fêlée qui "faisait" dans l'art moderne. Ono a complètement phagocyté le chanteur-compositeur-guitariste au point d'en faire un clone. Elle s'est imposée dans le groupe, le détruisant de l'intérieur. Complètement infantilisé Lennon est tombé dans tous les panneaux politiques et intellectuels des années 60. Il est devenu ce type un peu pathétique qui soutenait les escrocs intellectuels d'extrême gauche sans comprendre que son style de vie était en décalage complet avec les idées qu'il défendait.
Sa carrière solo a surpris par sa faiblesse: dire qu'on attendait mieux est une litote. Deux albums et deux singles de qualité en dix ans disent sans peine que contrairement à George Harrison ou à Paul McCartney il n'a pas réussi à faire seul aussi bien, voire mieux qu'en groupe.
Les fans du binoclard le plus célèbre du rock glissent rapidement sur "Cold Turkey", "Power to the people" et autres "Womann is the nigger of the world" ainsi que sur les Albums "Some time in N.Y city", "Mind Games" et "Double Fanfasy".
Parce qu'il était plus optimiste, plus léger (McCartney n'imposait pas ses états d'âme à ses auditeurs) mais aussi plus populaire et plus constant la critique a taxé McCartney de facilité et d'être un auteur de niaiseries.
C'est un fait que le bassiste des Beatles, le leader des Wings et le chanteur solo McCartney ne se creuse pas toujours le citron et écrit des "tubes" faciles et parfois même pénibles.
Mais pourquoi les opposer? pourquoi vouloir à tous prix en admirer un et rejeter l'autre? ne peut-on aimer les 2? 46 ans après la mort de John Lennon il serait temps d'être juste et de ne pas prendre l'un pour taper sur l'autre.
Le dernier disque de Paul McCartney est un bon disque. Il possède quelques petits défauts mais que Macca soit capable d'enregistrer un disque aussi agréable à 83 ans est la preuve indiscutable qu'il possédait en propre une part importante de la créativité du groupe qui les fit connaître.
