Devant les critiques dithyrambiques du film "notre salut" je suis allé le voir dimanche soir. La critique unanime avait donné la même envie à une foule nombreuse qui a vite rempli la salle. 241 personnes piaffantes étaient installées dans la salle principale de l'American Cosmograph, cinéma d'art et d'essai qui ne diffuse aucune publicité mais vous le fait payer par l'inconfort des sièges qui rappellent les rochers de montagne ou des blocs de béton. Et le film dure 2H37 ce qui n'arrange rien.
Alors… que dire de ce film? d'abord que les comédiens (et le premier d'entre eux, Swann Arlaud) ne possèdent pas un charisme foudroyant. Celle qui interprète sa femme revêche et amère (Sandrine Blocke) tirant la couverture à elle dans un rôle ingrat. Il y a, me semble t'il, un parti pris volontaire pour que tout apparaisse un peu terne, un peu gris. Il faut dire que la période … n'était pas rose et on se surprend à s'imaginer projeté dans cette époque. Certaines scènes sont très réussies (la répétition grotesque de "Vive le maréchal" par des partisans peu convaincus ou à l'enthousiasme discret) d'autres moins (la sélection de la dactylo…)
Comme à chaque fois que l'on évoque l'occupation on est stupéfait par la médiocrité des personnes qui l'incarnent. Leurs ambitions seraient ridicule si elles n'avaient pas les conséquences tragiques que l'on sait.
Le film ne donne pas de leçons et se contente, par ci par là de les suggérer. Un homme parle des premiers convois de déportés et dit que l'on n'a qu'à remplacer un adulte par deux enfants "pour gagner de la place".
Il y a, dans ce film, des moments soulignés par des dialogues intéressants et d'autres qui m'ont laissé abasourdi: la chorégraphie sur "Pop-Corn" (ritournelle de 1970) dont je n'ai pas compris ce qu'elle venait faire là. Emmanuel Marre le metteur en scène le sait-il ?
A un moment je me suis ennuyé et j'ai pu constater que je n'étais pas unique dans mon genre: devant moi la spectatrice dormait sans retenue.
Peut-être avons-nous trop vu de films parlant de l'occupation? "Notre salut" vient juste s'ajouter à la longue liste de ses prédécesseurs.
