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9 janvier 2024 2 09 /01 /janvier /2024 07:00

 

Vous avez chez vous une vieille voiture que vous gardez par sentimentalisme et aussi parce qu'on ne sait jamais, elle pourrait prendre de la valeur! Je ne voudrais pas être défaitiste mais votre Polo II VW risque de s'enfoncer dans le sol avant d'intéresser quelqu'un. 
A moins que...

Il y a un programme télévisé sur une chaîne improbable parmi les centaines auxquelles on a droit et qui semblent encore et toujours n'exister que pour diffuser des spots publicitaires, programme* que je regarde avec plaisir. La recette n'a rien de bouleversant mais il a fallu y penser.

Un animateur-acteur (on ne voit que lui) achète une voiture ou un autre véhicule roulant en piteux état et propose à des mécaniciens et carrossiers concurrents mais amis de lui proposer un tarif au plus juste afin de rendre sa jeunesse à ce véhicule. 

Ce qui corse le challenge est le budget (serré, le budget) et le montant de la revente qui doit rapporter au meneur de jeu. Le délai est important et toute 'émission joue sur l'urgence et le respect du délai. 

Je ne suis pas clair? prenons un exemple, l'animateur achète une "Twingo" Renault 1000€ dans un état  passablement fatigué. Il est, dans le cas de cette voiture là, contraint d'en acheter une seconde pour les pièces. Son concurrent a une voiture en meilleur état. Du moins il me semble. Il y a une compétition entre réparateurs mais je ne me souviens plus exactement sur quoi elle porte: réparer concomittament un même modèle de voiture dans un état similaire ou emporter le marché de la réparation sur une proposition de meilleur coût? ça doit être un détail car ça m'échappe!

Une fois le moteur révisé et remis en ordre (en insistant sur la sécurité) le garagiste choisi s'attelle à la présentation de la voiture. Polish, vernis, brosse , peinture des jantes, rajeunissement des matières plastiques etc. Il décide, pour favoriser la vente et le bénéfice à en tirer, de lui faire un toit ouvrant, équipement n'existant sur aucune des Twingo sortie d'usine. 

Le véhicule terminé les deux concurrents comparent leur travail et un jury désigne la voiture la mieux restaurée. 

C'est tout bête mais c'est efficace. Se passionner pour un changement de cylindres sur une Lancia.... je n'aurais jamais cru y parvenir. 

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8 janvier 2024 1 08 /01 /janvier /2024 07:00

Mes parents et le Créateur de toutes choses (dont la Milice Wagner et l'inventeur de la perceuse le dimanche matin) ne m'ont pas gâtés: ils m'ont pourvu de deux mains gauches. C'est l'expression qu'on utilise parfois pour désigner quelqu'un peu doué pour le bricolage. Doué, je ne le suis pas. Mais "on" ne m'a pas initié et même tenu éloigné de toute caisse à outil pendant toute la période d'apprentissage. A dix-huit ans je savais changer des piles et planter un clou. A peu près exclusivement. 

Entre cet âge et aujourd'hui il s'est passé un certain nombre d'années et j'aurais pu, j'aurais du apprendre. J'ai mis de la bonne volonté, regardé des maîtres en ce domaine, "appris sur le tas" mais ce n'est pas fameux. J'essaie. C'est déjà ça!. Quand je remplace un mécanisme de chasse d'eau, que je bâtis (avec ma femme) une pergola qui tient debout, que je répare la prise de l'aspirateur ou que je me sers d'un taille-haies sans m'amputer je suis légitimement fier. 

Avisant que la spatule (raclette? le bricolage c'est aussi une question de vocabulaire!) qui sert à enlever les gouttes d'eau sur la douche (verre et carrelage) n'était pas aussi propre que ma maniaquerie le souhaiterait je l'ai regardée quelques instants et l'ai démontée. 7 pièces dont 2 vis avec leur écrou. 

Il m'a fallu un long moment pour retrouver le schéma original et je suis passé par l'étape où la bande caoutchoutée noire sortait systématiquement de son emplacement et où les vis, trop serrées, l'étaient du mauvais côté. 

Et alors? alors éraflure qui saigne sur la main gauche et raclette à refaire. Cette fois ça a été bon mais le nettoyage de cet accessoire tout bête m'a pris 1 heure, m'a ruiné le dos (la caisse à outil comprend un nombre d'instruments inversement proportionnel à ma capacité de m'en servir) et m'a confronté à ma misère manuelle (aggravée, il est vrai, par le syndrome de la roue dentée, à droite chez moi, symptôme de ma maladie neurodégénérative qui a tout d'un alibi parfait). 

A toute chose malheur est bon. Mes capacités en bricolage ont toujours fait rire mes amis, en particulier ceux qui m'ont vu disparaître dans une haie que je taillais du haut d'une échelle instable. Je n'avais retrouvé le carreau de mes lunettes de soleil qu'une fois l'hiver solidement installé! 

Eux savaient qu'on pouvait, à la rigueur,  me confier un râteau, une pelle et un seau. 

Comme aux enfants à la plage!

 

 

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5 janvier 2024 5 05 /01 /janvier /2024 07:00

Après Gaston Lagaffe, Astérix, Blake et Mortimer revoici Lucky Luke sous la signature d'autres scénaristes et dessinateurs. La "propriété intellectuelle" ne semble pas s'appliquer en bande dessinée et c'est peut être dommage. J'ai entendu sur France Inter l'interview du dernier "père" du poor and lonesome cow boy" Christian Hincker et l'ai trouvé plus sympathique que convaincant. 

Il y a un je ne sais quoi qui me gêne dans ces captations d'oeuvres: sont-elles "nécessaires", je veux dire autrement que comme pouvant rapporter pas mal de cash? y a t'il un besoin autre que commercial? les suites sont elles au niveau des épisodes des débuts (je ne le pense pas et crois que René Goscinny était irremplaçable, même chose pour Franquin). 

L'industrie de l'entertainment est l'une des rares à se passer d'une réflexion morale à propos d'une oeuvre et de son auteur. Morts il y a des années les auteurs ne peuvent donner leur opinion et les ayants droits... portent la réponse dans leur titre: ils ont droit... de brader l'oeuvre de leur père, ou mari, ou frère ou neveu ou grand père ou parrain ou que sais-je. 

L'art, la création, la morale ou même l'envie de faire plaisir aux lecteurs ne sont quasiment pas pris en compte. 

Tant que le filon crachera de l'or (c'est à dire que le public achètera ces ersatz plus ou moins fidèles aux originaux) il se trouvera des auteurs et dessinateurs sans oublier éditeurs pour faire des piles à côté du rayon fromages à la coupe et chocolats industriels de Noël. 

Ca ne prête pas à conséquences. C'est juste un constat.  

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4 janvier 2024 4 04 /01 /janvier /2024 07:00
L'île de Pâques

J'ai passé beaucoup de temps, cette semaine, à lire "L'île de Pâques" (Terra Incognita) de Micheline Pelletier publié par les éditions de la Martinière, ce qu'il est convenu d'appeler "un beau livre", c'est à dire un livre de bibliothèque abondamment illustré et dont le  texte est à la fois scientifique, culturel, historique et artistique. 

C'est un livre qui donne envie d'en savoir plus et en particulier de lire les récits de la découverte de l'île par les peuples navigants que furent, entre autres, l'Angleterre, l'Amérique, la France et la Russie. 

La beauté des photographies envoûte et n'eut été la distance minimum de 3000 kilomètres de l'île de Pâques de toute autre terre habitée (et les ravages du tourisme de masse sur son écosystème) on se verrait bien débarquer sur l'île aux Moaï. 

Le Chili qui est propriétaire de Pâques ne tient d'ailleurs pas tellement à ce que nous allions trop y tendre notre nez! On sait, de plus, qu'au moins soixante dix mille touristes par an piétinent sur place et que l'eau manque tandis que les ordures s'accumulent en différents endroits de cet île qui fait tant rêver. N'oublions pas de regretter la présence sur place de plus de 2500 voitures circulant désormais entre les lieux les plus courus. 

Cook, La Pérouse y ont fait halte une petite dizaine d'heures et ont laissé des récits de leur découverte. Les navigateurs américains, violant les femmes et les emmenant en esclavage avec leurs hommes avaient mal préparé le terrain. 

C'est presque sans surprise que j'ai lu les avanies qu'ont subies les Pascuans, la "mission éducative" des Européens se limitant trop souvent à s'approprier les richesses et à réduire la liberté des humains qui avaient le malheur de se trouver sur leur chemin. 

Louis XVI avait de sa main écrit le but de l'expédition de La Pérouse et elles dérogeaient à ces habitudes de soudards conquérants. 
Julien Viaud, plus connu sous son nom de plume Pierre Loti a fait une relation romancée de sa découverte de l'île il y a une centaine d'année. 

Beaucoup de livres et d'études consacrées à l'ïle de Pâques existent et sont disponibles: je crois que je lirais encore des études sur cette île étonnante que les statues monumentales ou "Moaï". rendent irrésistibles. 

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3 janvier 2024 3 03 /01 /janvier /2024 07:00

 

L'Histoire est une matière trop sérieuse pour être laissée à des jean-foutre, des histrions ou des idiots. 

Qu'on appelle cela "woke" ou autrement, la période est fatale aux réputations les mieux établies. On descend Napoléon, Colbert, Victor Hugo, Emile Zola et tant d'autres, vivants ou morts.

C'est ce que j'appelle le nivellement par le bas. Personne n'est épargné et les 64 millions de juges évoqués par je ne sais plus qui (Macron?) ne rechignent pas à détruire les statues les plus stables: de Gaulle mais aussi Jean-Paul II et Winston Churchill tout récemment. 

Churchill est résumé à à peu près ainsi: colonialiste pur et dur, partisan d'ancien régime et d'un gouvernement d'aristocrates, partisan (un temps) d'une alliance avec Hitler... bref il en prend pour son grade. Les preuves? elles sont ténues! On se doute bien qu'héritier d'une famille noble depuis des siècles Sir Winston n'allait pas soutenir un gouvernement travailliste. Qu'il ait pensé, à un moment, qu'une alliance de circonstances puisse être envisagée avec Hitler pourquoi pas? Le Pacte Germano-Soviétique a bien été signé, lui. L'action et le verbe de Churchill, pendant le seconde guerre mondiale ont été déterminants. 

Les électeurs britanniques, au sortir de la guerre, ont évincé leur grand homme parce que sa vision de la société était par trop élitiste et  éloignée des préoccupations de l'immédiat après guerre. Enfin "l'Empire" avait à ses yeux une importance que l'ouvrier de Liverpool ou de Dorchester n'avait pas forcément en partage. 

Réduire l'action du Général de Gaulle à son silence sur l'affaire Markovic (une saloperie exploitée par les gaullistes pour empêcher Pompidou de succéder à de Gaulle) ni à la remise de la légion d'honneur à l'ignoble Maurice Papon est une imposture. C'est pourtant ce qu'on entend actuellement. 

Nous eûmes les historiens-politiques Michelet, Thiers, Jacques Bainville, le duc de Castries, les historiens vulgarisateurs qui furent populaires: Jean-François Chiappe, Alain Decaux et André Castelot nous avons désormais les comédiens de télévision qui refont l'Histoire. Lorànt Deutsch et Bruno Solo. Avec de telles "pointures" il n'est guère surprenant que Jean Tulard soit moins souvent invité,pour distiller ses connaissances. 

Ce serait drôle si ce n'était pas dangereux. On apprend de ses erreurs, on ne refait pas les mêmes lorsqu'on les a reconnues. Si l'Histoire est juste prétexte à feuilletonner et à donner raison aux anecdotes les plus futiles nous ne savons rien. 

Or, dans cette époque où tout se mélange, où l'on réagit avec ses tripes et non avec son cerveau, où l'on suit le plus grand nombre et où une vérité succède à une autre, des Poutine, des Trump et d'autres savent exploiter notre bêtise et notre méconnaissance volontaire de l'Histoire. 

Nous préférons l'anecdote. Ne retenir que des abcès de fixation pourtant insignifiants au regard de la marche du monde que sont les vies de personnages tels le masque de fer, Louis XVII, Jeanne d'Arc, Louis II de Bavière, Sissi, et tant d'autres. 

Qui a une responsabilité prépondérante dans l'Histoire, Bismarck ou Lady Di? Metternich ou Louise Michel? Olympe de Gouges, Madame Rolland ou la princesse de Lamballe? 

 

 

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2 janvier 2024 2 02 /01 /janvier /2024 07:00

J'ai récemment cité "Assurance sur la mort", film de Billy Wilder (1944) et cela m'a donné envie de le revoir. C'est un polar ou "film noir", ce qui ne signifie pas que la distribution est constituée d'hommes et de femmes de couleur mais que c'est un film policier sombre. Il est un des pionniers de ce genre et l'un des meilleurs.*

C'est une adaptation d'un roman de James M. Cain dont le scénario a été écrit par rien moins que Billy Wilder soi-même et Raymond Chandler. (trois noms qui ne sont pas synonymes de médiocrité, c'est le moins que l'on puisse dire!)

La distribution parlera aux cinéphiles et aux plus de 100 ans:  Fred MacMurray, Edward G. Robinson et Barbara Stanwyck. Le film se limite aux interactions entre ces trois là. Fred MacMurray est un courtier en assurances-vie (j'imagine que le titre Français appelle assurance vie l'assurance que touche le restant après le  décès de son conjoint, d'ailleurs le titre original était "Double indemnity"!) bellâtre trop sur de lui et qui va commettre un meurtre pour les beaux yeux d'une femme fatale qui se sert de lui. Barbara Stanwick est cette femme vénéneuse, calculatrice, vénale, sans scrupules et comédienne. Elle séduit facilement le vendeur à domicile et le fait passer par où elle veut qu'il passe. Il croit mener le jeu c'est elle qui tire les ficelles.
Et il y a le grand (en talent, pas en taille!) Edward G. Robinson qui est le patron de McMurray et qui travaille à l'instinct. On devine rapidement qu'il comprend tout mais, par amitié, il essaie d'empêcher son adjoint de commettre l'irréparable; tuer le mari de Phyliss. 

La mante religieuse, la vipère, la veuve noire, Une Barbara Stanwick non pas belle mais séduisante au sens premier du terme arrivera à ses fins mais ne profitera pas de sa victoire: la morale est sauve. 

Stanwick n'était pas une jolie femme; c'était une actrice qui endossait souvent les rôles de garces, de forte femmes et de manipulatrices et qui se battait d'agal à égal avec les hommes. 

Dans "Assurance sur la mort" ses armes fatales sont son parfum de chèvrefeuille, une chaînette à la cheville, sa blondeur (les "méchantes" sont souvent brunes!) et son révolver. J'allais oublier les lunettes noires! Ses baisers fougueux font aussi partie de sa panoplie. 

L'image noir et blanc du film est vraiment magnifique. Les dialogues souvent excellents (Billy Wilder met dans la bouche de Robinson un très proche "Qui est parfait?" du "personne n'est parfait" de "Certains l'aiment chaud") et l'action imparable. On sait dès leur première rencontre que McMurray n'est pas de taille et que Barbara Stanwick y laissera sa vie. On a d'autant plus envie de savoir comment. 
Sans en abuser, comme dans "Sunset Boulevard" Billy Wilder fait raconter en "off" ce qui se passe ou va se passer. C'est un procédé qui, dans ce film, fonctionne très bien. 

Hier j'aurais pu dire que ce film était mythique, culte et même iconique. Génial en tous cas! 

* avec "Quand la ville dort" de John Huston (1950)

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1 janvier 2024 1 01 /01 /janvier /2024 07:00

Le si riche vocabulaire Français a tendance à se recroqueviller. Lui qui était riche en nuances et contrastes évolue comme sous un sécateur: un seul adjectif en remplace une dizaine d'autres plus précis. Je ne vais pas plagier ceux qui ont écrit sur l'afadissement de notre langue: ils sont pléthores et leurs travaux restent d'actualité.

Je souhaitais juste, en passant, vous sensibiliser à la pollution verbale que représentent trois adjectifs qu'on emploie partout, tout le temps et à tort et à travers. Mythique, iconique et culte. 

Sur France Musique ce matin on parlait de Jessye Norman. Son interprétation de "La Marseillaise" lors des cérémonies du bicentenaire de la Révolution Française, en 1989 était évidemment mythique. 

Hier Tina Turner était comptée dans les "disparitions" de l'année. Naturellement elle était iconique. 

Enfin à propos d'un livre qui s'est beaucoup vendu bien qu'il n'ait guère d'intérêt et soit écrit à la serpe, la journaliste qui en parlait le qualifiait de livre culte. 

Ces trois mots sont, dans le langage parlé, eux-mêmes remplacés par le plus simplificateur "génial". C'est vrai, on peut penser que Jessye Norman est géniale, que Tina Turner l'était tout autant et que le livre de X également. Pour en dire du mal remplacer "génial" par "(une) daube" ou, si l'on parle d'une personne "dire d'elle qu'elle est "une quiche" ou une "truffe". Mais là on est dans la préhistoire puisque ce sont des mots anciens utilisés dans ce sens péjoratif depuis longtemps. 

 

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29 décembre 2023 5 29 /12 /décembre /2023 07:00

J'ai repris le chemin des salles de cinéma et en particulier celui des salles dites "d'art et d'essai". Ceux qui passent les films qui bénéficient au mieux d'une critique bienveillante, au pire des élucubrations de Eva Bétan, longtemps "critistérique" du "Masque et la plume" de France Inter. 

Il s''agissait pour nous d'aller voir la projection d'un film au titre banal "Le temps d'aimer" réalisé par une inconnue pour moi, Katell Quillévéré. Nous étions deux et ce n'est pas moi qui avais choisi le film. Mais pourquoi pas "le temps d'aimer"?  d'autant plus que je n'en avais pas entendu parler. Nulle part. 

J'admirais la restauration et la modernisation de cette institution toulousaine qu'est l'ex-Utopia devenu "American Cosmograph". La Salle 2 est bleue  désormais. C'est vrai, pourquoi la plupart du temps les sièges des salles de cinéma sont rouges? L'écran est immense et le son de grande qualité. 

Quel que soit le film programmé il y a toujours des spectateurs pour les visionner. Le confort est total et, en général, les films proposés sont de qualité. 
Alors, ce "temps d'aimer"?  bon ou pas? 

Eh bien je ne saurais le dire. Ca commence par des scènes d'actualité datant de 1945-1946 et de cet épisode qui me met terriblement mal à l'aise: cette sombre période où l'on battait les femmes en public, où on les tondait, où l'on dessinait des croix gammées sur leur tête ou leur corps. Une violence inouïe. A la fois excusable et incompréhensible. 

On comprend que la femme (Anaïs Demoustier) dont on va suivre l'histoire a vécu ce traumatisme. Elle a eu un enfant avec un "boche" et a dû s'installer ailleurs. Serveuse dans une brasserie elle élève tant bien que mal un petit garçon dont le père était un militaire Allemand parti sur le front de l'Est juste après leur rencontre. 

Une rencontre elle va en faire une dans le restaurant où elle travaille beaucoup. Un homme d'un autre milieu social, assez gauche, et dont la poliomyélite a laissé une trace puisqu'il boîte . Ils se rapprochent même si leur relation est étrange.  Lui semble poursuivi par un ancien amant et elle marquée par sa faute. Mais ils s'entendent bien et font des projets ensemble. Le petit garçon leur pose des problèmes avec sa quète d'identité et sa soif d'être aimé. La jeune femme s'occupe bien de son fils mais manque totalement de tendresse à son égard. 

Le trio va s'installer à Chateauroux pour travailler dans un bar-cabaret sur une base de l'armée américaine. La sexualité du couple est comme leur liaison: chaotique et imprévisible. Ils essaient le ménage à trois mais c'est un fiasco dont on est témoin dans une scène qui met mal à l'aise.

Le mari passe enfin sa thèse universitaire et enseigne. Il a une relation avec un de ses élèves mineurs (à cette époque la majorité est à 21 ans) et se suicide. 

Sa femme poursuit sa vie et se rapproche de son fils, aidé par sa fille qu'elle a eue avec son mari. 

Le personnage écrasant de la femme est tenu efficacement par Anaïs Demoustier. Les autres rôles (la petite fille exceptée) sont presque inexistants tant ils sont transparents. La sexualité fait un peu catalogue et les scènes de sexe sont longues et ridicules. (surtout celle qui se passe dans des toilettes publiques entre le prof et son élève!) . Je me dis que si je tombais sur un couple se livrant à ces plaisirs je ne resterais pas à les regarder. Le cinéma depuis longtemps, trouve au contraire que tout doit être étalé, détails inclus. Il est loin le temps où Hitchcock faisait entrer un train dans un tunnel pour que le spectateur comprenne l'allusion sexuelle! 

J'avais regardé, la veille, "Assurance sur la mort" de Billy Wilder. Fred MacMurray désire violemment une femme fatale qui se sert de lui (Barbra Stanwyck). La sexualité, suggérée est infiniment plus sensuelle que ces gestes masturbatoires peu cinégéniques! 

 

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28 décembre 2023 4 28 /12 /décembre /2023 07:00

Parfois je m'offre un plaisir pervers. Oh, d'une perversité toute relative. Mais enfin, jugez en plutôt.  Françoise est une public-relations née. Dans le désert de Gobi elle trouverait le moyen de communiquer avec des humains et, mieux encore, de rire avec eux et de sympathiser. 

Moi je suis beaucoup plus dans l'observation, l'écoute et la réserve. Il me faut du temps pour sympathiser avec un hominidé. Parfois, rarement, ça match du premier coup mais c'est rarissime. 

Cette faculté qui lui est propre lui a permis, nous a permis, de faire la connaissance de personnes remarquables et de vivre de véritables aventures dont une qui nous a faite inviter en Corée du Sud dans une famille traditionnelle.

Mon déficit de relationnel est très largement compensé par la facilité avec laquelle elle sympathise facilement. 

j'en arrive à mon sujet de ce post! assez régulièrement je me retrouve seul individu de sexe masculin au milieu des amies de Françoise, des filles de Françoise et, en un mot, des connaissances de Françoise. 

Au début je sens comme de la réserve, voire de la discrétion. Mais, comme je décroche assez vite, elles finissent par oublier ma présence et  parlent avec une grande liberté de sujets qu'on aborde rarement devant moi. Entre elles pas de précautions de langage et de circonvolutions: un chat est un chat, un emmerdeur un emmerdeur etc. 

Je réussis à oublier où je suis et leur présence et réussis à m'extraire de leurs discussions.

Mais, parfois, je les entends et ne perds rien de débats surprenants et de sujets réservés aux femmes. Dans ces cas je suis souvent surpris de voir à quel point nous sommes différents; à quel point homme et femme réagissent différemment et pensent autrement. De temps en temps mon opinion est sollicitée et je reste vague pour qu'on ne devine pas que j'ai entendu ce qui a précédé. 

Sur une plage, plongé dans un demi-sommeil ou dans un livre ou dans les deux j'écoute et je m'amuse tant ce que j'entends me semble paranormal, étrange, amusant ou instructif. 

Cet été, sur une plage Corse désertée à cause du temps incertain et du fait qu'on y accédait en bateau j'ai vécu un de ces moments agréables où, participant de loin à la conversation, mes avis étaient sollicités pour éclairer des situations évidentes pour moi mais apparemment pas pour mes interlocutrices. 

Cela me fait penser à cette scène géniale* de "Tootsie" film de Sidney Pollack dans laquelle Dustin Hoffmann, se faisant passer pour une femme obtient des confidences d'une femme sur la façon dont elle aimerait que les hommes l'abordent. Redevenu homme dans une autre scène il se conforme à ce que lui a confié son interlocutrice et reçoit une gifle à lui dévisser le crâne. 

Je crois que 99,9 % de mes congénères auraient été en situation de prendre la claque eux aussi. 

Mais, sans qu'on arrive à cette extrémité être là sans l'être dans une ambiance féminine est une jolie expérience enrichissante qui plus est. 

 

* pour ce mot lire "Les bonnes feuilles du Poirier" de Lundi 1er Janvier 2024. 

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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 07:00

Le paternalisme bienveillant des 3 dirigeants de l'entreprise X est bien plus humiliant pour celles et ceux qui le détectent que s'il s'agissait d'un mépris non dissimulé. Il est constitué d'une sensation presque visible de leur sentiment de supériorité qui se traduit par des gestes spontanés de soumission du personnel. Naturellement ceci n'est visible que si l'on observe avec attention des rapports sociaux qui, le plus souvent, sont à peine décelables au quotidien. 

Dans notre beau pays, et surtout en province, les chefs d'entreprises et leurs codirigeants ont eus longtemps leur place de stationnement attitrée et marquée. Ils avaient droit à des ascenseurs dédiés et, souvent, se répartissaient dans les bureaux aux étages nobles. Les contacts avec la piétaille salariée étaient ainsi réduits au maximum. 

Je ne suis pas certain que les choses aient beaucoup changé mais certaines attitudes hautaines ont dû disparaître tant les conditions sociales ont évolué dans les entreprises. 

Comme il y a plus de diplômés, plus de jeunes, une horizontalisation des décisions et une plus grande mobilité des salariés qui ne désirent plus rester à vie dans la même entreprise ont eu raison de ce patriarcat  social vécu comme insupportable. 

Les évolutions de la société française ont fini par atteindre le monde autrefois clos des entreprises. La société qui faisait vivre une commune et ses alentours, qui alimentait des sous-traitants, qui possédait des logements et dans laquelle travaillaient des générations d'ouvriers est -heureusement- en voie d'extinction. 

Il y a bien, ici ou là; des survivances de maisons familiales où l'évolution est quasi nulle (les abattoirs, les entreprises de petites industries...) mais elles sont appelées à changer ou disparaître. C'est ce type d'entreprises et de personnels que visait Macron lorsqu'il eut cette formule invraisemblable de "femmes illettrées" employées. 

Si les rapports sociaux et l'ambiance de travail se sont assouplis, le personnel reste figé dans des types de postes que leur valent leur niveau d'études ou de spécialisation, leur âge et leur sexe. On le sait; les femmes ont moins accès à des postes de cadres et les salaires féminins, à travail égal avec les hommes , restent inférieurs. 

Les moyens de faire bouger les positions sensibles (salaires, congés, promotions internes...) restent insuffisants et les syndicats n'ont pas suivi les évolutions sociétales. Au risque de caricaturer je ferais appel à l'image des pneus en feu, de la grève générale et du drapeau de la CGT brandi aux J.T régionaux. 

Je n'imaginais pas, avant de l'avoir prise, que la retraite puisse être si agréable en supprimant tout un pan de la vie que sont les rapports professionnels. Peu doué, j'ai perdu des occasions, je n'ai pas su saisir certaines perches qui m'étaient tendues, j'ai mal interprété des signaux et, avec le recul, je constate que je suis passé "à côté" de ma vie professionnelle qui a été juste passable. 

A ma décharge rien, mais alors ce qui veut dire rien, ne m'y avait préparé. Et je n'ai pas choisi le métier alimentaire que je faisais. Avec le recul je me dis que j'aurais dû être avocat. 

 

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