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27 novembre 2023 1 27 /11 /novembre /2023 07:00

Madame, 

 

Je vous prie d'excuser mon Dieu pour son absence du 7 octobre dernier. Un gros rhume l'a empêché d'être en Israël mardi. 

Bien cordialement. 

H

Dieu, le Divin, a des absences. Normal considéré son âge. Mais celles-ci sont de plus en plus nombreuses. Disant cela je me sais en état de péché mortel, en position d'excommunication voire pire. 

Pourtant je ne peux m'empêcher de penser que le vingtième siècle, de la guerre de 14-18 et du génocide des Arméniens aux attentats du World trade Center de New-York présente tous les signes d'un abandon total. Ce siècle maudit manifeste une déshérence évidente: comme si le Créateur, absorbé par d'autres préoccupations, avait laissé cette petite planète habitée à ses démons. 

Et, question démons, bien que son imagination fertile lui en ait fait inventer un grand nombre, l'Homme n'a pas eu à chercher loin pour les trouver: ils étaient en lui. 

Je n'ignore pas que je blasphème mais j'attends qu'on vienne m'expliquer la logique du Très Haut à propos de Treblinka, la Loubianka, la Révolution culturelle de Mao, la famine de 30-32 en Ukraine, le Chemin des Dames et Nagasaki. Cinq faits pris au hasard qui corroborent ce que j'écris sur les "absences" de Dieu. 

Il y a bien une autre raison qui expliquerait, à elle seule, les attentats du Bataclan, l'inimitié des Hutus pour les Tutsis, l'existence d'Hitler ou de Staline et toutes nos inventions sympathiques, du Napalm au gaz moutarde, de la bombe à neutrons à la baïonnette, des virus aux aléas climatiques. Dieu n'existerait pas en tant que protecteur et éducateur de sa créature humaine. 

Nous serions seuls, à devoir nous "dépatouiller" avec notre cerveau reptilien, nos défauts, nos faiblesses et notre goût prononcé pour le chaos. 

Une crèche, sans âne, sans boeuf, sans meunier portant un sac de farine et sans roi(s) mage(s), un simple crèche avec des petits porte-manteaux sur lesquelles sont écrits des prénoms fera l'affaire pour démontrer que Dieu, hélas, n'est pas informé de la faillibilité de sa créature. Dans une crèche les très jeunes sont comme les adultes: odieux les uns envers les autres. 

Certes, pas tout le temps, mais que l'un d'entre eux perde une dent ou prononce mal un mot et ses charmantes camarades blondes, ses copains de foot lui feront sentir leur mépris de la différence. 

Alors? Dieu dans tout ça? une béquille intellectuelle approximative à laquelle on doit croire. le devoir de croyance, il fallait oser l'inventer. Nous sommes seuls et bien stupides de comparer nos Dieux puisqu'ils se ressemblent beaucoup. 

 

 

 

 

 

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24 novembre 2023 5 24 /11 /novembre /2023 07:00

J'ai lu, en manquant m'étouffer, que Laurent Wauquiez avait prononcé cette phrase courant novembre 2023: "En 2027, ce sera Marine le Pen ou moi". 

Il faudrait rappeler à cet individu qu'il appartient à un mouvement déliquescent qui, avec Valérie Pécresse a obtenu moins de 5% des voix (4,78%) à la Présidentielle de 2022, que la "Droite de Gouvernement" dirigée par Eric Ciotti n'obtiendra certainement pas 10% des suffrages et que dans ces 10% il y en a sans doute beaucoup qui voudraient voir n'importe quel candidat issu de leurs rangs plutôt que Laurent Wauquiez.  Tous savent que l'élection majeure se tiendra dans plus de 3 ans et que lui, Laurent Wauquiez, suscite beaucoup plus de rejet que d'adhésion à sa personne.

Les Français se moquent éperdument des Présidentielles de 2027 car ils ont d'autres soucis. J'allais écrire "chats à fouetter". 

Médias et politiques, eux, y pensent déjà jour et nuit et tracent déjà des plans sur la comète. Le Président de la République actuel, Emmanuel Macron, ne pourra pas se représenter. Avec la candidature de Marine Le Pen c'est la seule certitude que nous puissions avoir aujourd'hui en novembre 2023.

Mais faisons comme si cette candidature qui ne dit pas son nom était possible. Imagine t'on Vladimir Poutine, Recep Erdogan de Turquie et Trump (si par malheur il venait à être réélu) face à Wauquiez? ce serait un massacre. Sarkozy et Hollande ont montré, au détriment de la France, que l'envergure internationale d'un Président ne s'improvisait pas. 

Or Wauquiez n'a même pas une envergure nationale! sa zonz de chalandise est la ville du Puy! et encore. 

Sommes-nous condamnés à ce que la fille de Jean-Marie Le Pen passe de St Cloud au Faubourg Saint-Honoré? Imagine t'on la piétaille qui s'agite autour d'elle chargée de la politique du pays? 

Nous serions immédiatement mis au ban de l'Europe et du monde. Trop contents de "moucher" les Français et leur légendaire arrogance nous serions la cible de toutes les critiques et la risée du monde. 

J'espère que dans le laps de temps qu'il reste avant l'échéance présidentielle de 2027 une personnalité d'envergure s'imposera pour empêcher l'un de ces deux politiques de carnaval de s'installer à la tête de notre pays. Je n'ose penser à l'atmosphère de guerre civile qui règnerait sans doute dans le pays si à sa 4ème tentative Marine Le Pen "décrochait la timbale". 

 

 

 

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23 novembre 2023 4 23 /11 /novembre /2023 07:00

Effervescence, branle-bas de combat, révolte, cris, dépression, plaintes ce week-end dans notre avenue et plus précisément en face de l'entrée bicéphale de notre immeuble du 258.

De quelle calamité, de quel cataclysme, de quel fléau parle t'on en gesticulant et en haussant la voix devant les boîtes aux lettres? va t'on installer une famille de réfugiés dans le jardin de l'immeuble? la Garonne déborde t'elle de la digue? les travaux de la passerelle finiront ils à minuit au lieu de 23H00? le tramway va t'il voir suspendue la ligne 1 après que la deux ait été stoppée pour 4 ans? 

Je me demandais ce qui pouvait bien avoir transformé de paisibles voisins en furies révolutionnaires. La cause de ce charivari? la découverte presque fortuite, par un des habitants de notre immeuble, qu'un supermarché "Carrefour" pompeusement appelé "market" allait s'installer sous peu sur le trottoir d'en face.

Il y a une dizaine d'années l'avenue était une vilaine 4 voies et, le stationnement y étant gratuit, des voitures ventouses y stagnaient des jours durant. Embouteillée jour et soirées il avait fallu de l'imagination pour deviner qu'elle changerait au point de devenir une adresse où investir. La 4 voies s'est réduite à 2, des arbres de 10 ans ont été implantés, le tramway circule en site propre au milieu de l'avenue et, de l'autre côté, c'est le calme de la Garonne qui, en toutes saisons, est un bonheur. Le maire a tant fait pour que la circulation se réduise qu'il y est parvenu. 
Du coup (comme on dit. Avez-vous remarqué que tout le monde a ce tic de langage de commencer ses phrases par "du coup"?) des restaurants, des magasins, des cabinets médicaux, des tatoueurs, des boulangeries, un café se sont ouverts et donnent un supplément d'âme à cette avenue qui revient de loin.

Alors ce magasin Carrefour -pour le moment- les riverains n'en veulent pas. Il lui reprochent d'avance des nuisances telles que le bruit, la présence de SDF avec troupeau de chiens, des voitures garées en double file, et des difficultés pour les petits commerces de bouche qui sont les poumons du quartier, surtout le "Vival" qui est ouvert 365 jours par an et qui vend des produits de secours mais aussi des bons vins et de la charcuterie et des fromages de qualité.  Poubelles et climatiseurs donnent d'avance des insomnies aux riverains. 

Ce Vival (Groupe Casino) Tout le monde connaît les propriétaires et aime à s'y retrouver. C'est comme un village! la dame qui gère la boutique est toujours disponible, garde vos clés, va nourrir votre chat ou arroser vos plantes. 
Ce n'est pas un Carrefour sans âme  qui fera ça. 

Action un peu dérisoire nous sommes allés, armés d'une paire de ciseaux et d'un rouleau de scotch coller des affichettes sur les portes des immeubles collectifs pour essayer d'organiser une riposte. La maire adjoint du quartier a reçu une petite vingtaine d'entre nous. Elle semblait à peine au courant et minimisait les nuisances de la petite-grande-moyenne surface en devenir. Un passe-muraille de la vraie Mairie rassurait tout le monde en répondant ce qu'il voulait entendre à celui qui lui posait une question. 

En fin de rendez-vous alors qu'on rangeait les chaises et que la maire adjointe se réfugiait dans son téléphone on apprit qu'on avait jusqu'au...6 décembre pour obtenir l'annulation . Oui. une dizaine de jours. Un instant je me suis cru dans "Tntin au pays des Soviets" ou dans un épisode de "Lucky Luke"!  

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22 novembre 2023 3 22 /11 /novembre /2023 07:00

 

Rassurez vous il ne s'agit pas du Charles à grandes oreilles d'outre Manche mais du nôtre, celui de "Paris mar-ti-ry-sé" et de "Vive le Québec Libreeeeee".  

On n'arrive pas à mon âge sans en rabattre de ses idéaux et de ses pensées positives. Il ne s'agit pas de devenir un vieux con sentencieux et confit de certitudes ni, à l'inverse, d'être une personne doutant de tout et ne croyant à rien. L'expérience, synonyme élégant de la vieillesse, permet d'avoir un certain recul et de se donner le temps et les moyens de se forger une opinion basée sur des faits objectifs et libérée de tous partis pris. La Chaîne de télévision "Toute l'Histoire" semble enfin libérer une partie de ses programmes du IIIéme Reich et d'Hitler. Il est vrai que les heures à ce sujet consacrées sont littéralement pléthoriques.

Comme "la nature a horreur du vide" et que la télévision privée n'échappe pas à la règle, audience = publicité = argent sonnant et trébuchant le cinglé à la moustache a été remplacé par la famille royale britannique puis par de Gaulle. On ne voit que lui. On ne voit plus que lui. Une sorte de Bernadette Soubirous sans la grotte ni la vierge.  Le Grand Charles est rétrospectivement canonisé. Un génie, une conscience morale, un visionnaire, un chef, un gagnant et la liste de ses qualités est infinie.

De tout ce que j'ai lu sur l'ermite de Colombey-les-2 églises je me suis façonné un autre personnage, plus complexe et moins idéalisé que ce à quoi on est soumis comme portrait. 

Si son action est irréprochable et admirable avant la guerre, si son acme se situe le 18 juin 1940 elle est ensuite sujette à caution à bien des moments et en particulier à son retour au pouvoir de 1958 à 1969. 

J'étais trop petit pendant sa présidence et n'en a gardé que peu de souvenirs. Je me souviens d'un graffiti en face chez moi "degollopoto" (de gaulle au poteau) et à des réflexions peu amènes de mon père sur "le Grand Charles" qu'il n'aimait pas. Le "coup" du retour de la "traversée du désert" ne passait pas. 

Ce sont donc les documents que j'ai vus et les livres que j'ai lus qui ont forgé l'image que je me fais du fondateur de la Vème République. Ca commence mal: je considère la constitution de la Vème comme une erreur et trouve nos institutions insuffisamment démocratiques et trop monarchistes. C'est une banalité de dire qu'elles ont été crées pour un homme et qu'elles ne sont pas adaptées à notre temps. La dérive monarchique (et arbitraire) des 7 présidents qui lui ont succédé indique clairement que de Gaulle n'est pas seul en cause mais que la constitution qu'il a voulu l'est pleinement. Trop de pouvoirs donnés à un seul homme est un danger. On ne saurait nier qu'à cette époque où la démocratie s'affaiblit un peu partout le pouvoir de nuire de la Vème augmente. 

La phrase qu'on lui attribue "Les Français sont des veaux" me reste en travers de la gorge et je suis plus que perplexe quand je lis ou entend que De Gaulle voulait faire tirer sur les étudiants et manifestants en 68. 

Vous me direz "la bombe atomique" et les centrales nucléaires je vous répondrais le parti des godillots, le discours de Pnom-Penh et le retrait du commandement intégré de l'Otan. Zéro partout et la balle au centre!

De Gaulle a de la chance. Il bénéficie d'une chanson de geste et beaucoup lui est pardonné. Le "Je vous ai compris" pour le moins ambigu à Alger, le kidnapping et la disparition en France de Ben Barka, la colonisation new-look et baptisée "Françafrique" etc etc. 

Alors l'unanimité (ou presque) qui se fait dès que l'on prononce son nom me tape un peu sur le système. Il y a même des RN pour faire le pèlerinage de Colombey. Quand on sait que leurs devanciers organisaient des attentats contre lui on est autorisé à sourire. 

 

 

 

 

 

 

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21 novembre 2023 2 21 /11 /novembre /2023 07:00

Il est désormais difficile de se procurer, pour un seul visionnage, l'un des millions de films produits dans le monde depuis l'invention du cinéma. Pour ceux qui sont récents il n'y a pas de problèmes et pour ceux qui ont remporté un intense succès commercial c'est plus facile et l'on peut aussi trouver les films historiques (chefs d'oeuvres, films à scandale, raretés...)

C'est pour la production que je qualifierais de "tout venant", sans qu'il n'y ait de connotation péjorative, que l'affaire se corse. Prenons un film au hasard (en fait le hasard n'a rien à voir là dedans!) "Voltati Eugenio" de Luigi Comencini, publié en 1981. Une beauté italienne (Dalila di Lazzaro) et le grand Bernard Blier (qui a fait une véritable carrière italienne parallèlement à celle qu'il fit en France) et le très distingué Jose Luis de Vilallonga sont les trois comédiens les plus connus d'une belle distribution.

Le rôle principal de ce film est tenu, comme souvent dans la filmographie de Comencini-père, par un enfant, ici âgé de 10 ans dont ce fut le grand rôle, Francesco Bonelli, devenu réalisateur.  Comme toujours dans les films de Comencini les enfants sont prodigieux de naturel et exceptionnellement justes. 

Le film, qui n'est pas un des meilleurs de son réalisateur, raconte la vie compliquée d'un petit garçon né des amours de 1968 et balloté de père en mère, de grands parents en grands parents. Tout le monde se le repasse et personne ne s'intéresse vraiment à lui qui n'est pas dupe qu'il gêne. Un ami de son père, excédé par son comportement provocateur le laisse même sur le bord de la route en pleine campagne. 

Ses parents se sont aimés un court moment et traînent cet enfant un peu comme un boulet. Lui, en réaction, pose des questions agaçantes et a un comportement déroutant. 

Faire sentir le mal être de ce petit homme qui n'est à sa place nulle part n'est pas la moindre qualité de ce film qu'hélas je n'ai pas pu revoir depuis sa sortie. 

J'en ai gardé un bon souvenir et crois me souvenir que la musique originale, signée Fiorenzo Carpi (qui a beaucoup composé pour Comencini) "collait" bien aux images. L'Italie du film était encore pauvre et en  crise et les enfants n'étaient pas protégés comme ils le sont maintenant. 

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20 novembre 2023 1 20 /11 /novembre /2023 08:45

Si les bouquinistes parisiens sont menacés de disparition (honte à la maire qui ne peut même pas sauver le patrimoine!) à Toulouse la  profession, si j'en juge par le nombre de vente de livres d'occasion dans tous les coins de la ville) s'y porte on ne peut mieux. 

Je fais d'ailleurs une parenthèse pour constater que le rapport nombre de points de vente de livres/nombre d'habitants important, qu'ils vendent des livres neufs ou d'occasion, doit être un des plus élevés de France. Cela va de la "librairie de quartier", aux "Bédéthèques" en passant par les petites librairies et en allant vers les plus grandes. Le summum en la matière étant, je vous en ai déjà parlé, "Ombres Blanches" qui est une librairie tentaculaire occupant tout un pâté de maisons. 

Le marché St Aubin, le dimanche matin et celui de St Cyprien le lundi matin voient une dizaine de bouquinistes s'installer et côtoyer les pommes, les fleurs et les produits exotiques. On y trouve de tout, bandes dessinées, polars, livres d'Histoire, romans, "beaux livres" et fonds de tiroirs. 

Il y a le stand marxiste* et celui réservé aux amoureux de leur ville. 

Et puis il y a le tout venant. Hier, pour le prix d'une baguette (tradition!) j'ai acquis un livre à la fois intéressant et écrit d'une manière originale. Très originale même. L'auteur** est un homme qui décrit son amour des animaux et qui se désespère des conditions dans lesquelles nous les faisons vivre. "Vivre" est d'ailleurs un verbe inadéquat quand on parle des fermes de mille vaches, des porcheries industrielles, des poulaillers géants et autres horreurs que nous ne saurions voir. 

L'homme n'est pas un intégriste de la vie animale mais un homme qui ne parvient pas à comprendre notre indifférence à la souffrance épouvantable que nous faisons subir à la gent animale. Il ne fait pas partie de ces végétariens idéologiques qui veulent que l'humanité déserte la planète mais un écrivain qui aime la nature et qui a passé des heures à observer les animaux. Il en parle merveilleusement bien et avec humour. 

Il faudra bien qu'un jour nous cessions d'infliger des souffrances aux animaux. Nous avons fait un petit pas en leur reconnaissant la capacité de souffrir et de manifester des réactions apparentées à des sentiments et en leur refusant désormais le qualificatif de biens meubles. Il faudra aller plus loin. 

Nous devons aussi cesser de leur infliger des souffrances monstrueuses. 

* J'avais acheté le livre d'un des fils du Staline Français Paul Thorez et avais été surpris par la qualité du texte. Il est vrai que sans renier son père ni les "idées" de ce dernier l'auteur avait du recul...

** Christian Laborde "La cause des Vaches" (éditions du Rocher) 2016

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17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 07:00

Dans le formidable livre de Cédric Gras "Alpinistes de Staline" (Points Aventure - 2020) que j'ai dévoré je lis, dans les dernières pages cette formule: "Beaucoup gardent une certaine tendresse pour le quotidien de l'URSS, idéalisant le passé dans un présent parfois trouble". 

Le livre parle de la conquête des plus hauts sommets de l'URSS de la création de ce pays par Lénine et les siens à la chute de l'empire, des frères Abalakov et de leurs contemporains qui s'illustrèrent dans cet "exercice" et des conditions hallucinantes d'escalade imposées par la politique du parti. Le livre est remarquable et superbement construit. C'est un dépaysement total et l'on vit les expéditions terribles et les à-côtés stupéfiants dictés par le culte de la personnalité d'un des plus grands dictateurs que la terre ait jamais porté. 

J'ai raconté récemment dans un post des "bonnes feuilles" que je m'étais pris de bec avec un vieux type qui avait pris la défense de la RDA communiste et qui osait prétendre que ceux qui avaient vécu sous son joug la regrettait. 

Il semble que j'avais sinon tort du moins qu'il y avait un fond de vérité dans sa remarque. 

Pour des raisons sentimentales liées au fait que l'on était jeune à ces époques troublées et que le temps fait oublier le passé l'Homme a tendance à réévaluer à la hausse des moments pourtant particulièrement affreux.

A bien y réfléchir j'ai lu des textes et vu des documents dans lesquels des Russes regrettaient leur "Petit père des peuples". Les millions de morts, les quotas de fusillés, l'arbitraire, le KGB, l'insécurité, l'idéologie exercée en tous domaines, l'espionnage familial... passaient dans la moulinette de la nostalgie. 

"C'était mieux avant" est universel. Quand bien même cet avant était un temps de sang et de larmes. 

Y a t'il un masochisme spécifique aux êtres humains en général et aux vieux en particulier? je crains qu'il ne faille répondre par l'affirmative. 

Des films comme "La grande vadrouille" et "Papy fait de la résistance" ne donnent ils pas une image joyeuse de l'occupation? Je n'ai pas l'impression qu'on riait tant que ça aux abords de la Kommandantur! 

C'est à désespérer: s'il faut 70 ans pour oublier le règne sanguinaire et inhumain de Staline ne nous préparons-nous pas à revivre un régime similaire dans des délais assez brefs? 

Ma référence, c'est le titre d'un livre de Jean Paulhan: "le bonheur dans l'esclavage". Nous semblons tellement courir après que nous finirons bien par en subir d'autres. Les terrifiantes leçons du vingtième siècle s'estompent. Un Hitler, un Mao, un Lénine, Un Staline est peut-être déjà dans une maternité. 

 

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16 novembre 2023 4 16 /11 /novembre /2023 09:08

je constate avec tristesse que je ne parviens plus à lire et comprendre des textes qui m'avaient sinon enthousiasmés du moins grandement intéressés il y a des années. J'avais gardé, au fil des épurations dans mes bibliothèques certains livres qui me paraissaient fondamentaux pour comprendre le monde dans lequel je vivais. Je pense en particulier à celui d'Arthur Koestler "Le zéro et l'infini" qui m'avait fait forte impression. 

A l'époque où je l'avais découvert l'auteur vivait encore et bénéficiait de l'image d'un vieux sage passé de la philosophie politique à la science puis à l'extrapolation intellectuelle. 

La découverte du "Zéro et l'infini" avait été une révélation: les procès de Moscou devenaient subitement compréhensibles. Je ne dis évidemment pas acceptables. 

Tant d'hommes et de femmes, sincèrement "croyants" dans les possibilités d'une révolution positive étaient écrasés par elle et ils ne la reniaient pas. C'était subjuguant. Ces militants qui sacrifiaient tout à la cause acceptaient pour elle, de renoncer à elle et d'avouer des crimes aussi improbables qu'absurdes. 

Le processus des procès de Moscou était constitutif du communisme, comme la dictature du prolétariat ou la lutte des classes. Aucun régime se réclamant du marxisme initial n'a fait l'économie des "autocritiques" et des évictions pour "déviationnisme". C'était le terme qui valait condamnation. Dans les pays où cette forme de pensée n'était pas appliquée (parce que le pays n'avait pas basculé) les exclusions étaient symboliques et la condamnation également. Dans ceux où le régime suivait scrupuleusement l'idéologie la mort était souvent au bout. 

Je pense en particulier au Cambodge  où un maoïsme particulièrement répressif fut instauré. La police politique s'en prit tout particulièrement aux partisans du parti parfois plus durement encore qu'aux opposants. Les "renégats" ne bénéficiaient jamais de circonstances atténuantes, au contraire. 

Pour désigner cette caractéristique on avait coutume de dire que "la révolution dévor(ait)e ses enfants". 

Les compagnons de Lénine, les premiers Bolcheviks furent dans les premières fournées de militants sincères exécutés par les leurs. On connaît tout ça, je ne vais pas m'étendre sur un sujet rebattu dont une littérature spécialisée est consultable dans les bibliothèques. 

Le livre de Koestler prend cette caractéristique des dictatures staliniennes (le reniement de ses propres élites et leur élimination) et l'explique par une sorte de "nécessité" qui me paraissait claire. En relisant le livre je ne comprends plus comment un homme qui a consacré sa vie à une idée peut la renier par amour pour elle. 

Je crois même être revenu à ma pensée d'avant la découverte d'Orwell, de Camus, de Revel, de Aron et de tant d'autres. 

Accepter de se renier pour une cause c'était -me semble t'il- accepter tous les abus passés, présents et à venir de cette cause. Accepter des famines provoquées, des meurtres de masse, des déportations, des punitions collectives et des guerres. 

"Le zéro et l'infini" ne fait évidemment pas l'apologie de ces crimes mais il les absout un peu en expliquant le schéma mental qui les induit. 

Et c'est là que je constate que je ne comprends plus le livre: Koestler n'a pas pu et ne peut pas défendre de telles horreurs. Or les expliquer c'est un peu les justifier. 

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16 novembre 2023 4 16 /11 /novembre /2023 07:00

Certaines fois on enregistre sans y faire attention un évènement qui prend son sens très longtemps après. On garde aussi en mémoire des choses qui réapparaissent plus tard, quelquefois au bon moment.

Il y a aussi des souvenirs d'évènements qui se refusent à disparaître de votre mémoire. Vous en parlez autour de vous; personne ne semble s'en souvenir. Par exemple, au moment du génocide des Tutsis par les Hutus Rwandais le Président Français de l'époque avait dit en substance que les génocides, "dans ces pays" étaient monnaie courante. Une manière de minimiser la mort par "découpage" (c'est le terme employé par les meurtriers de masse qui "officiaient" à la machette. 

Je me souviens du coup d'état militaire communiste du général Jaruzelski et de la réaction "à chaud" du ministre des relations extérieures de François Mitterrand, Claude Cheysson: "Naturellement, nous ne ferons rien". 

C'était tellement freudien et tellement politique, tellement juste aussi (que pouvions nous faire?) que cela avait agité le landerneau médiatique, un jour ou deux. Guère plus. En psychanalyse on parle d'acte manqué, en politique internationale il y a des pensées masquées et l'art diplomatique consiste justement à ne pas les exprimer, ou alors de manière si tarabiscotée que seuls les initiés peuvent les traduire. 

L'actualité est pleine de ces évènements sur lesquels l'indignation n'a que peu de prise. La polémique obscène et ridicule (oui, on peut mettre ces deux qualificatifs côte à côte) sur la tenue d'élections présidentielles en Ukraine à un moment où elle se bat pour sa survie en est un bel exemple. 

Autre président, celui qui était à l'Elysée à l'époque de la mort de Mao, chef d'état de toute l'histoire mondiale qui a eu le plus de morts sur la conscience l'avait qualifié de "phare de la pensée". On a daubé sur ses diamants: sa plus grande faute n'était t'elle pas ailleurs? 

L'opinion n'a pas de mémoire ou n'en a qu'une sélective. 

On a été magnanime avec Chirac qui vendit de la technologie nucléaire à son ami Saddam Hussein. On a regardé ailleurs et noyé le poisson quand Sarkozy a fait adopter à Versailles le projet de constitution de l'Europe que les Français avaient rejeté en votant "non" au référendum qui les consultait. Un coup d'état légal! 

Je trouve inadmissible et stupéfiant que la politique étrangère de la France soit considérée comme le "domaine réservé" du président élu pour 5 ans. Les clivages politiques et les sensibilités du moment font que notre politique extérieure est saccadée et sans suite. Trop souvent un président nouvellement installé veut "imprimer sa marque" et s'empresse de défaire ce que son prédécesseur avait fait tout en désavouant et changeant les hommes avec qui il l'avait fait. Certes, les différentes cohabitations ont montré que les responsables avaient essayé de faire tenir la gageure "d'une seule politique extérieure de la France" mais l'affaire du Rwanda a aussi montré les imites de celle-ci. 

Vous voyez, j'imagine, où je veux en (re)venir. La Constitution de Michel Debré et Charles de Gaulle, celle de 1958 sous laquelle nous vivons est inadaptée et doit être abolie. Une constituante doit en inventer une autre qui soit adaptée au mœurs et aux hommes du vingt et unième siècle. Une démocratie est capable ou pas de s'adapter. Le plus grand péril qui menace notre pays est l'élection d'un Président (ou d'une Présidente) qui ne soit pas démocrate. 

 

 

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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 07:00

Je n'irai pas jusqu'à dire que vieillir lui est agréable ni que l'on s'améliore en vieillissant mais je constate que ses "tourments", ceux qui lui ont rendu parfois la vie compliquée s'atténuent et même disparaissent maintenant que l'âge vient et que la perspective de sa fin se rapproche.

Toute sa vie passée il a dû affronter un caractère pas assez ferme et ce qu'il a  appelé "ses forces de renoncement". Il est né avec ces traits et n'a su que les contenir à défaut de les vaincre. 

Sa personnalité, avec ses qualités et ses défauts l'a plutôt aidé dans les relations avec les autres même si elle l'a instinctivement éloignée des personnes "simples". Par simple j'entends matérialistes et ne s'intéressant qu'à l'écume des choses. Il a toujours recherché la  compagnie d'hommes et de femmes cultivés, curieux, artistes, des gens intéressants selon ses critères. Il sait presque d'instinct deviner en quelqu'un ce qui le rapprochera ou l'éloignera de lui. Force est de reconnaître qu'il s'est parfois trompé sur tel ou telle mais pas tant que cela. 

Le besoin de "plaire" a trop été présent dans son attitude passée. Il aimait briller et cela se faisait parfois à la place de la sincérité ou du naturel. Il a trop sacrifié à la volonté de paraître. 

Un ami me disait récemment que l'on avait pu dire de lui-même "qu'il choisissait la facilité"; Il voyait là une critique négative . Je pense que ce caractère fut aussi le sien et que ce qui, à ses propres yeux le définirait le mieux, est une paresse, un manque de suite dans les idées, un refus de l'obstacle et la recherche de cette zone de confort qu'on manie à toutes les sauces aujourd'hui. 

La vérité est qu'il n'étais pas assez sur de lui et que ses doutes l'assaillaient aux pires moments. Heureusement une certaine nonchalance et un "aquoibonisme" chevillé au corps  tempéraient le reste. 

Avec le temps ses doutes et craintes s'aplanissent et une sérénité nouvelle s'est substituée à elles. Atteint d'une ALD (affection de longue durée) la maladie de Parkinson, il est moins superficiel et a moins besoin de séduire ou de plaire. En quelque sorte il a devant lui un certain temps de lucidité avant que la dégénérescence de son cerveau ait des répercussions sur sa personnalité et sa capacité de réflexion. 

ce temps compté je ne le connais pas mais je peux le borner: Une dizaine d'années au plus, sans doute cinq au minimum.  Cette épée de Damoclès et son influence sont ce qui lui aurait, qui sait?,  permis de mieux réussir sa vie selon ses critères personnels si il l'avait eue plus tôt au-dessus de la tête. 

Mais tel il est maintenant, mûri et apaisé je suis bien avec lui qui est moi. 

 

 

 

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Blog créé le 8 Décembre 2009

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