Ce samedi, tôt le matin, j'ai entendu une chronique sur les animaux domestiques en France et le budget pharamineux qui leur était consacré. Il ne s'agit pas seulement des "croquettes" pour chats et chiens mais de fringues (?), de services (garde, psy, toilette, dentifrice????) que leurs maîtres leur paient sans sourciller. Notre beau pays et ses si sympathiques habitants consacrent des sommes folles à leur caniche ou chow-chow mais passent sans abaisser le regard sur un réfugié sale et mal nourri. Bientôt il faudra une ancienne comédienne fatiguée pour défendre les pauvres humains battus ou mal nourris.
J'exagère, bien entendu, car j'aime aussi les animaux et je me fais beaucoup de soucis sur la sixième extinction annoncée. Je comprends le besoin de donner et de recevoir et l'affection sincère d'un humain pour son animal (chat, cheval, furet, lapin, chien, dromadaire).
C'est l'excès qui m'indispose: quand je croise une personne apparemment saine d'esprit qui s'adresse à son Husky en lui demandant: "Il te reste des croquettes ou pas? si j'en prends je prends celle au boeuf ou au porc?" en attendant que le renifleur de portes cochères lui réponde. Car nous en faisons trop pour eux. Entre la maltraitance et l'excès de sollicitude il y a un gap que trop de gens franchissent. Des lunettes de soleil pour chien? des garderies pour les "socialiser"? des vidéos tous les jours sur le lieu de vacances des maîtres pour les rassurer?
On n'en fait pas tant -excusez moi- pour les enfants de réfugiés qui se noient en essayant de gagner la terre d'un pays d'accueil, on ne fait pas la moitié du quart de ce que l'on fait pour Mirabelle ou pour les gamins qui dorment dans des bidonvilles sur les talus du périphérique parisien*, pour les Palestiniens pris dans la souricière de Gaza ou pour les habitants des villes ukrainiennes bombardées par le nouveau Tsar.
Même les prisons du pays autoproclamé "des Droits de l'Homme" sont moins soignées, moins accueillantes que les chenils trois étoiles où le petit Grégoire viendra chercher Ibiscus, son lapin nain promis par le père Noël.
Le reportage ou plutôt le bout de reportage que j'ai entendu n'abordait pas le prix incroyable et scandaleux de la consultation d'un vétérinaire, les légumes (!!!) constituant la majeure partie des croquettes pour félins, la dangerosité de certains chiens redevenus sauvages et errant dans la campagne (j'en ai vu) et les animaux sales, malades et pas vaccinés qu'on nous fait côtoyer à notre corps défendant.
J'aime les chats mais j'ai de la peine pour ceux qui vivent une vie de tôlards. J'aime les chiens mais pas ceux dont on fait des armes par destination.
J'aime les humains mais pas ceux qui refusent de manger leurs croquettes et qui tiennent un fusil mitrailleur en attendant que la troisième soit déclenchée.
* A mon incrédulité je dois reconnaître que j'ai vu des baraques en tôles, planches, cageots, ficelles et bâches habitées par des êtres humains et installées sur les talus du boulevard périphérique de Paris, ville "lumière". Je suis pour que l'on bannisse l'incapable maire de la ville qui détruit tout ce qu'elle touche et crée des situations ubuesques par son incompétence prétentieuse.

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