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2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 07:00

Je ne mens pas, promis. J'ai failli laisser tomber ma tasse en entendant Ariane Chemin*, auteur ("autrice" disait le grotesque journaliste qui l'interviewait) d'une biographie de Patrick Buisson, dire que "comme tous les gens d'extrême droite il était très cultivé". Il y a des fois où notre époque est si stupéfiante de connerie qu'on a du mal à y croire.

Patrick Buisson est cet homme, écrivain, affairiste, conseiller occulte d'hommes politiques, journaliste, analyste de sondages et j'en oublie. Et, je le reconnais; il était cultivé et intelligent. Sauf en politique, domaine qui a la capacité de rendre chèvre n'importe qui. 

C'est un homme très à droite qui a misé sur de nombreux chevaux pour arriver à l'objet de son combat: faire l'union des droites, de toutes les droites, de la Maurassienne à la Zemmourienne. 

Il a d'abord misé sur Jean-Marie Le Pen mais celui-ci aimait trop la provocation et ruiner des mois d'efforts pour un "bon mot" (une horreur qui le refaisait tomber là où il était des mois auparavant). Le Pen ne voulait peut-être pas le pouvoir? en tous cas il a  commis avec régularité des erreurs politiques qui l'ont empêché de s'approcher de l'Elysée. Le personnage sentait trop le soufre. 

Après le Breton il y a eu le vendéen Philippe de Villiers. Un autre genre mais qui est arrivé au même résultat. Avec sa voix haut perchée et cette impression permanente qu'il suçait un citron le vicomte n'était pas encore le bon cheval sur lequel miser. 

Patrick Buisson, dans l'ombre, possédait une réelle influence et ses analyses n'étaient pas inintéressantes. Il s'était fait une spécialité d'analyser ce que disaient les sondages. On l'écoutait et ses analyses séduisirent le ministre de l'intérieur de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy qui lui emprunta ses expressions, sa tactique et ses idées. 

Cette fois c'était la bonne! Sarkozy devenait Président de la République et l'aide de Buisson lui valu la légion d'honneur. Elle lui apporta aussi le respect de Sarkozy qui fit de Buisson un conseiller écouté. 

Mais, assez vite, Buisson constata que Sarkozy manquait de culture. (c'est un euphémisme). Il désola son conseiller qui s'éloigna de lui. Leurs relations ne survécurent pas à la sorte de dédain dans lequel Buisson tint Sarkozy après son échec à sa réélection et surtout aux enregistrements que Buisson fit -en secret- de leurs conversations. 

Les états d'âme de la femme porte-manteau du sixième Président de la Cinquième République achevèrent la relation entre les deux hommes. 

Buisson eut des visées sur le cheval Eric Zemmour mais celui-ci refusa l'obstacle et fut un candidat médiocre au score pitoyable. 

Buisson est mort discrètement  et on a peu parlé de son activisme politique. Ariane Chemin disait, dans son interview lié à la sortie d'un livre qu'elle a écrit sur le bonhomme qu'il était fâché avec presque tout le monde, fils compris.  

Je n'aurais pas parlé de cet homme si je n'avais pas lu "La cause du peuple" le livre qu'il écrivit en 2016 et que l'on m'a offert. Buisson raconte la ¨Présidence Sarkozy" et c'est passionnant. 

 

* Ariane Chemin et Vanessa Schneider "Le mauvais génie de Nicolas Sarkozy" (Fayard, 2015)

 

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30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 07:00

Si vous avez accès à la Chaine Histoire (canal 205)* regardez séance tenante l'admirable émission en 3 parties consacrée à "La Guerre Froide" (1946-1991). Pour chaque thématique (nucléaire, guerres de Corée, du Vietnam, d'Afghanistan), les espions, le rideau de fer, les missiles de Cuba, les Hommes de la guerre froide, la fin de l'URSS, la conquête de l'espace deux ou trois films de cinéma sont choisis et des extraits diffusés qui illustrent le thème. De grands films (Apocalypse now, Dr Strangelove, JFK, Invasion des profanateurs de sépultures, Goodbye Lenin, La vie des autres, le troisième homme, à la poursuite d'octobre rouge, la taupe) etc. 

Un commentaire factuel, neutre, intelligent et documenté accompagne les extraits et en donne des explications rationnelles qui nous ont parfois échappées. 

Quel plaisir de regarder quelque chose qui vous apprend des passages importants de notre propre histoire ou qui remet des actions, des évènements en perspective. A un moment une citation m'a fait penser aux disputes d'enfants, elle disait en  substance que, pendant la guerre froide deux superpuissances rivalisaient pour être celle qui aurait le plus d'armes nucléaires (dans le but de détruire leur planète commune). C'était dit avec détachement et humour et, effectivement ç'était inconcevable  qu'on en soit arrivé là.
Les documents et les films s'arrêtaient à la démission de Gorbachev.
Depuis... la course à l'échalote nucléaire semble bel et bien avoir repris. 

C'est Poutine, le nouveau tsar qui a dit "qu'une planète sans la Russie n'avait pas de raison d'être". Les USA pensant sans doute de même et étant prêts à confier le pouvoir à Trump au moment le plus dangereux qui soit indiquent par là qu'ils sont au diapason. 

Une consolation: on sera vitrifiés et on ne s'apercevra pas qu'on n'existe plus. Hum! est-ce vraiment une consolation? 

 

* Chaîne Histoire qui, je crois, lui a été offerte sur un plateau en guise de remerciements pour services rendus! Cela explique le tropisme extrêmement prononcé de cette chaîne, bonne au demeurant,  pour le second conflit mondial**

** Je tien à "second" qui, au contraire de "deuxième" signifie qu'il n'y a pas de troisième! 

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29 avril 2024 1 29 /04 /avril /2024 07:00

"Série noire" est un film d'Alain Corneau sorti sur les écrans en 1979. C'est l'adaptation d'un roman de Jim Thomson "a hell of a woman" traduit en Français par "Des cliques et des cloaques" et publié chez Gallimard. 

On doit aussi à Jim Thompson "1275 âmes" qui a été adapté par Bertrand Tavernier qui en a fait son meilleur film sous le titre "Coup de torchon" (1981). 

"Série noire", comme son titre  l'indique clairement est un film très noir. Le réalisme des décors,  des personnages, l'originalité populaire des dialogues et des terrifiants paysages de banlieues de la fin des années 70 en font un film sans concession esthétisante. Tout est laid, triste, gris, pauvre, cafardeux. C'est un des films les plus sombres du cinéma Français de l'après guerre. 

Le rôle principal échut à Patrick Dewaere qui comprit que le rôle était pour lui. Il incarne un "looser" d'anthologie; un homme faible et sans ressort qui subit sa vie sans parvenir à la diriger. Il est marié à une femme qui est son double inversé: brouillon, sale, molle, et pour appeler un chat un chat minable (Myriam Boyer dans un rôle peu flatteur). 

Dewaere est Frank Poupart, un vendeur de camelote en porte-à-porte. Il fait des magouilles médiocres jusqu'au jour où il se retrouve devant une vieille femme qui vend sa très jeune nièce à qui paie pour elle. Poupart, on ne sait qu'elle idée à traversé sa tête, décide d'aider la gamine (Marie Trintignant) qui lui amène  plus de soucis encore. Mutique et animale la très jeune fille s'attache à cet homme qui ne l'a pas touchée. 

Le patron de Poupart, Staplin (Bernard Blier dans un de ses derniers rôles, excellent) fait corriger son employé indélicat et l'enjoint de rembourser l'argent qu'il a subtilisé. 

Poupart, qui  entretemps a rencontré un traîne-lattes comme lui décide de tuer la vieille et de lui piquer le magot qu'elle cache chez elle, ce que lui a appris la mutique Mona. 

Après une dispute avec sa femme qui s'en va en détruisant ses affaires et une beuverie avec le pauvre type qui le suit dans ses errances Poupart organise le vol.
Il tue la vieille avec son révolver, met en scène le meurtre comme si c'était le paumé qui l'avait commis et part avec l'argent. 

Son boss comprend qu'il est le meurtrier dont parlent les journaux et exige la totalité du magot pour ne pas le dénoncer à la police. Poupart ne peut que s'éxécuter dans une scène drôle mais terrible. 

A revoir ce film 50 ans après sa réalisation on est frappé par le jeu des comédiens qui est excellent de bout en bout.. Les dialogues de Georges Pérec sont vraiment exceptionnels et d'une rare bassesse (la vieille:  "Bon, j'enfilerai mon manteau et vous enfilerez la petite"). 

Dewaere se donne à fond et EST Franck Poupart. Son regard halluciné et sa violence contenue restent longtemps dans notre mémoire. On ne peut pas dire que ça ait "vieilli" car c'est intemporel. mais on voit ce qu'est un comédien qui se donne à un rôle; qui l'habite en prenant une part de lui même pour incarner un personnage de fiction. C'est d'ailleurs sans doute son plus grand rôle.

Un film à revoir. 

 

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26 avril 2024 5 26 /04 /avril /2024 07:00

Françoise a manifesté le désir de regarder la soirée télévisée consacrée à Marcel Pagnol. Le jour dit elle s'est installée devant le téléviseur et s'est endormie alors que Pagnol n'avait que 10 ou 11 ans. Elle s'est réveillée pour ses obsèques; c'est dire si elle a survolé le portrait!

Personnellement j'assimilais Pagnol à des pantalonnades Marseillaises, des histoires de cocus "avé l'assent" et à une France que je n'ai jamais prisée. 

Mais, n'ayant pas beaucoup d'énergie et pas l'envie de terminer trop vite la lecture de "Les Bisons de Broken Heart" de Dan O'Brien (Folio)* j'ai pris la place que la dormeuse me consentait , juste de quoi poser une demie-fesse en équilibre et j'ai regardé la soirée hommage à Marcel Pagnol.

... et j'ai été retourné car j'ai trouvé l'homme moins gentillet qu'attendu et ai appris qu'il avait fait plein de choses en dehors d'écrire "Marius" et ses dérivés. J'ai été étonné par sa vie bien remplie, traversée par de nombreuses et intéressantes jeunes femmes,** guidée par sa passion du cinéma et par les arts. 

Sans avoir lu ni vu non plus les films adaptés de ses mémoires, champions au box office et, je le croyais, baignant dans les bons sentiments et la mièvrerie j'ai entendu les bonnes raisons qui ont guidées sa vie et que ces films ne disaient pas. 

En un mot comme en cent j'ai ronronné sur ce qu'on m'avait laissé de canapé et ai passé un bon moment avec un auteur que je n'ai pas envie de lire mais qui me semble mériter autre chose que mon dédain. 

J'ai même eu un fou rire en voyant le reportage d'époque de son élection à l'académie Française. Ca durait 3 ou 4 minutes mais c'était hilarant. Ces vieillards venus d'un autre temps (ils eussent été démodés à l'époque de Louis XV) avec leur costume ridicule et leur attitude guindée et pompeuse était stupéfiante. Il faudra que je regarde la prochaine réception d'un impétrant de leur académie pour voir si cela a changé ou si le décorum est resté le même. 

Enfin , je terminerai par ça, j'ai été ému d'apprendre qu'à la toute fin de sa vie Marcel Pagnol a acheté le château que sa famille traversait en contrebande pour gagner deux heures en souvenir d'elle. 

... et je persiste:  je n'aime pas sa période Marseillaise. La partie de carte, le chat du boulanger et les honneurs perdus et rendus des filles mères du début du XXéme siècle. 

* C'est le dernier que je lis sur la conquête de l'Ouest. 

** En particulier Josette Day (qui jouait la Belle dans "la belle et le bête" de Jean Cocteau (1946). 

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25 avril 2024 4 25 /04 /avril /2024 07:00

On ne peut pas faire remplir un questionnaire à nos relations et amis que nous mettrions régulièrement à jour en vérifiant si leur opinion a changé  ou non. Avec  la famille c'est un peu plus facile quoi que...

J'observe en ce moment qu'une certaine crispation se fait jour qui correspond d'ailleurs à ce que les sondages indiquent: les droites sont plus à droite, les gauches plus à gauche et les sympathisants du gouvernement et du Président de la République se raréfient. 

Cette "droitisation" s'entend dans les propos véhéments qui pourraient rappeler "le bon temps de l'OAS"!* Nos contemporains rejouent la bataille d'Alger et voient en chaque "Arabe" un tueur sanguinaire potentiel. 

Il est très difficile de discuter avec ces radicalisés car leur peur tient du fantasme et leurs arguments d'un catéchisme qu'on ne discute pas. Pour eux le mot "Arabe" signifie "communauté qui partage la langue Arabe" et aussi "issu des pays du Maghreb" etc. Ils ont plusieurs définitions mais ceux qui sont désignés ainsi sont surtout ceux qui portent des signes extérieurs de leur Religion et de leur origine géographique. Celles et ceux dont les origines (même s'ils sont nés à Angoulême ou à Chateauroux) sont à chercher de l'autre côté de la Méditerranée. 

Un amalgame stupide et raciste les rend responsables de tous les maux que traverse la société Française; c'est caricatural, stupide mais ils n'en démordent pas : l'insécurité, la faillite du système de santé, les violences, le mépris des femmes, les attentats, l'abattage rituel, la drogue, les trafics et mille autres calamités on les leur doit. Pas de nuance ni de réflexion, c'est ainsi. Même ceux (surtout ceux) qui habitent des quartiers résidentiels dans lesquels le seuls "arabe" qu'ils rencontrent est l'épicier du coin tous sont mis dans le même sac et bons à jeter. 

Les modifications du climat et les hausses de températures qui rendront la vie quasi impossible en Afrique du Nord, la démographie, l'économie (qui a fait appel aux immigrés et le fait encore ), les lois comme le "regroupement familial" (voté par la droite) rien ni personne ne parvient à les convaincre que la question est plus complexe que les réponses grotesques et humiliantes des Zemmour-Le Pen-Maréchal et autres Dupont-Aignan. 

Je le répète, on observe une radicalisation dans les propos et, plus grave, dans les solutions préconisées par ces parangons de Francitude qui vont à la messe le dimanche et font aller leurs enfants au catéchisme. Ah! il est beau leur sens de la fraternité! "aime ton prochain comme toi-même mais pas le prochain basané ou la prochaine voilée"! 

La voilà leur grande peur: la femme voilée. Ils ne sont pas capables de dire autre chose que ce voile est une "provocation". C'est idiot et irrationnel mais c'est leur credo. En réalité beaucoup de futurs électeurs du RN voteront pour cette formation par racisme, par bêtise et parce qu'il leur faut un bouc émissaire. Leurs vies sont étriquées, ils sont rabougris intellectuellement, toute générosité et une grand partie de leur humanité est tournée vers des passions tristes. 

Leur nouvel héros, Jordan Bardella ne parle QUE de l'immigration. C'est son seul sujet de conversation. Il a moins de 30 ans mais ses objectifs datent d'avant 14-18. 

Ils sont maintenant prêts à mettre Marine le Pen au pouvoir pour "qu'elle les débarrasse" des Arabes. On a beau leur dire que le monde a changé et que la guerre d'Algérie est terminée depuis 1962 ils n'en démordent pas. Tout va mal. Tout va mal à cause des Arabes. Virons les Arabes et tout ira bien. C'est le degré zéro de la réflexion. Une imbécillité criminelle et haineuse qui porte en elle les germes de drames futurs. 

 

* je plaisante. Vous l'aurez compris. 

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24 avril 2024 3 24 /04 /avril /2024 07:00

Il y a deux ou trois ans nous avons fait l'acquisition d'un canapé neuf de marque Potiron et Soda (et voili!) qui allait, normalement, remplacer le dur fauteuil double au confort des plus spartiates qui en faisait office. J'ai longtemps été rétif aux canapés qui invitent à s'avachir devant la boîte à conneries (la télévision).

L'idée de départ était d'avoir un lit d'appoint pour les nuits d'insomnies ou les visionnages de films de longue durée. Et les amis de passage. Et de coin sommeil à feue Smirnoff ma chatte siamoise préférée. 

Autour de nous la marque italienne bénéficiait d'un bon bouche à oreille de bon augure.  Nous voilà donc, comme les retraités modèles ployant sous les qualificatifs les plus laudatifs devant un commercial qui recomptait mentalement sa commission à chacune de nos questions. Du moins c'est ce qu'il m'a semblé. 

Nous avons pris un modèle milieu de gamme aux formes douces et au tissus agréable au contact. 

Un an après, les housse avaient un look "Emmaus" prononcé. Il était couvert de bouloches et paraissait sale même lorsque les housses sortaient (au prix fort) du pressing. 

On a mis des plaids, des tissus, des montagnes de coussins... c'était la misère. Il était moche. Irrémédiablement moche. On a dû dormir 6 nuits dessus! 

Nous n'avons pas pensé à faire marcher la garantie. Finalement notre bonne éducation (un boulet) et notre gentillesse nous font... commander un nouvel habillage du canapé. 

Cette fois il aura fallu moins de deux mois pour qu'il donne la sensation d'être une guenille toute droit sortie d'un campement de gens du voyage. Une épouvante. 

Nous connaissons désormais le chemin et retournons au hall Potiron & Soda en banlieue pas chic de Toulouse. Il n'y a qu'une seule vendeuse et elle est prise par un rhume qui lui donne la voix du canard Donald. Elle nous attaque de front: "vous avez des animaux?", un regard oblique "des enfants?" bref c'est de notre faute et, "naturellement" nous sommes les seuls à qui cela arrive. 

Elle nous explique qu'il faut écrire en Italie, via leur site Internet, envoyer des tas de photos du canapé et demander respectueusement qu'on change l'habillement en précisant que nous nous acquitterons du supplément tissus le cas échéant. 

En attendant nous vivons le store baissé, les lampes équipées d'ampoules les plus faibles et n'invitons plus personne de peur que les convives nous tendent un billet de 5€ en partant.
Et voili! comme ils disent. 

Suite: 

Ils nous ont répondu! et nous offrent la possibilité de choisir un autre habillement de canapé dans la qualité supérieure. Je suis allé choisir la matière et le coloris dans une gamme supérieure sans avoir rien à payer en supplément. Ils nous livreront  domicile (dans 7 semaines) le revêtement nouveau et reprendront le dernier acheté. 

Et ils ont tenu parole. Le canapé est parfait et tout semble aller pour le mieux. Je suis si pessimiste que j'avais commencé à collecter les catalogues des concurrents! 
Buon qualita Et voilà!

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23 avril 2024 2 23 /04 /avril /2024 07:00

Il semblerait que tout doucement nous nous y mettions. Ce n'est encore qu'un tout petit frémissement mais c'est un fait: les restaurants comme les épiceries commencent timidement à offrir un met de remplacement à la viande. Et ce n'est pas cet infecte tofu qui se rapprochait plus de la savonnette.  Au "Pery" mercredi dernier Françoise et moi avons pris elle une salade Caesar végé et moi un hamburger du même métal. Sans demander ce qui le constituait pour avoir la surprise.

Lorsque la serveuse est venue m'apporter mon assiette je l'ai trouvée appétissante (mon assiette, pas la serveuse. Ce restaurant n'emploie que des serveurs et serveuses tatoués à plus de cinquante pour cent, piercés un peu partout sur la figure et les oreilles, un anneau dans le nez et une moustache au bout relevés et cirés pour les hommes). Moyennant quoi avec ma bière au gingembre et mon burger végétarien j'avais l'air de ce que je suis: un vieux trognon. 

A notre surprise les plats que nous avons commandés étaient non seulement mangeables mais gustativement très satisfaisants. Mon assiette avait l'air d'une assiette de hamburger mais il n'y avait aucune protéine animale dans sa composition. L'autre convive était elle aussi ravie de sa salade qui était colorée et bien servie. La vendeuse bariolée était adorable et ne s'est pas faite prier pour détailler ce que contenait mon steak haché pas steak ni haché. Je n'en ai retenu que les pois chiches. 

Il faudra bien que nous retirions un peu de la partie carnée de notre régime alimentaire. L'eau, l'énergie, les effluents, les gaz à effets de serre et la souffrance animale nous imposeront de le faire tôt ou tard. Si chacun de nous réduit un peu de sa consommation de viande nous pourrons peut-être enfin cesser de créer des fermes de mille vaches, des poulaillers hors sol et des porcheries sur grillages. 

Jusqu'à récemment il semblait impossible que nous y arrivions. Les pays qui sortaient de la pénurie se jetaient sur la viande et un gros steak saignant vous donnait le statut d'homme ayant réussi. 

Mais doucement la recherche va dans le sens de trouver des nourritures équilibrées et nourrissantes. Peut-être les générations à venir considéreront elles un beefsteak ou un tournedos comme un luxe à réserver aux grandes occasions. 

Du moment qu'il existe une alternative à l'éponge que les Japonais appellent tofu...

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22 avril 2024 1 22 /04 /avril /2024 07:00

Dans "l'utopie meurtrière", livre qu'il a publié après avoir réussi à sortir de l'enfer, c'est à dire du Cambodge des Khmers rouges, l'auteur, Pin Yathay * raconte la déshumanisation quotidienne à laquelle les idéologues déments et armés** soumettaient le peuple de leur propre pays.

A un moment, alors qu'il travaille la terre à mains nues, le ventre vide, privé de sommeil depuis des semaines et avec la peur d'être envoyé à la mort sous n'importe quel prétexte, Yathay entend, très haut dans le ciel, passer un avion. Il songe aux passagers confortablement assis, bien nourris et ignorant ce qui se passe à l'aplomb de leur avion  dans les "killing fields". Ce passage m'avait frappé par l'invraisemblable contraste entre le vécu de l'un et l'insouciance des autres. 

Dans le livre de Geoffrey Moorhouse "Jusqu'au bout de la peur" (Points Aventure) l'auteur qui souffre sang et sueur dans le Sahara en tentant de le traverser d'Est en Ouest est lui aussi, à un moment d'accablement et de souffrance, distrait par le bruit d'un moteur d'avion de passagers dans la nuit. Il ne le voit pas mais l'entend. Lui aussi imagine les passagers bien nourris et buvant des boissons fraîches tandis qu'il souffre de dénutrition et d'une soif inextinguible.  

Je suis persuadé qu'en Ukraine des hommes et des femmes sont confrontées à des preuves que le reste du monde continue à vivre normalement tandis que chaque jour gagné sur la mort est, pour eux, une victoire. 
Ce ne sont pas des avions de lignes mais quelque chose d'autre qui les fait souffrir tout autant. 

*Pin Yathay "L'Utopie meurtrière" Editions Robert Laffont

** un idéologue est trop souvent excessif et ne conçoit pas qu'on puisse penser autrement que lui. Un idéologue armé (que l'on songe à Robespierre ou à Lénine) ne fait pas de quartiers et tire dans le tas. 

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19 avril 2024 5 19 /04 /avril /2024 07:00

Avant d'être un (mauvais) responsable de clientèle j'ai été, pour une même entreprise, un consultant aux talents contestables. L'entreprise, dirigée par une femme charismatique, ne comptait pas moins de 300 salariés et fonctionnait selon un traditionnel schéma pyramidal. Tout venait de la PDG, tout remontait à la PDG. La promotion interne y était difficile, on choisissait les béni-oui-oui et les mères célibataires, disponibles et corvéables à merci par définition. 

Cette présidente, une femme jeune encore, sûre d'elle et de ses capacités n'avait qu'un petit défaut: elle reclassait dans son entreprise ses coups de Coeur ou ses coups d'un soir, ceux sur lesquels elle avait des vues -même lointaines- et des hommes qui tournaient dans l'orbite de sa société. Bref, je fais ce qui est détestable, critiquer quelqu'un sur sa vie privée et avec bonne conscience en taisant qu'elle ne faisait après tout que ce que les hommes font depuis toujours et qu'on semble découvrir tout à coup.

Refermons la parenthèse et allons plus loin. Madame Président avait placé un homme inconnu au bataillon et engagé tout exprès pour "réorganiser" un département de sa société. En en faisant partie j'avais aussi constaté qu'il était temps de donner un coup de pied dans la fourmilière et de faire comprendre à ceux qui y "travaillaient" le B , A BA de l'économie: la société doit gagner de l'argent. 

Il se trouve que le nouveau était adepte de méthodes avancées et préférait la psychologie à l'action. Sympathique, intelligent mais roulé dans la farine par des presque fonctionnaires qui formaient une boule de piquants impossible à toucher. Un hérisson syndical. 

L'entreprise avait été créée durant le second conflit mondial dans le quartier de la Plaine Monceau à Paris. Je n'aurais aucun mal à vous faire comprendre que son déménagement intégral à St Ouen était un crève-cœur pour tous les salariés. 

Afin que la pilule "passe" mieux, une commission fut nommée pour rendre compte des travaux et de l'avancement du chantier. On avait planté trois arbrisseaux et posé un rocher sur une pelouse éthique pour amadouer le personnel. 

A cette époque je m'ennuyais au travail et n'osais partir tout en sachant que c'était là ma seule chance d'évoluer. Nommé dans cette commission je résolus de "jouer au con" et de dire non pas ce qu'on attendait de moi mais ce que moi je ressentais: je dis donc sans fard que St Ouen m'était apparu comme une banlieue hideuse et sans âme, le futur siège de la société moche et triste etc. Je fis un tableau apocalyptique du trajet sortie du périphérique - entreprise et fit tant et si bien que c'était l'ébullition à mon retour. 

C'était idiot, ça allait me desservir grandement mais ça m'amusait!

J'ai changé de fonction dans la même entreprise et mon arrivée à ma nouvelle affectation n'a pas été favorisée par la responsable, loin de là. Sans doute me faisait-on payer ma stupide provocation. 

De temps à autres, gratuitement, comme cela, à l'improviste, je sciais la branche sur laquelle j'étais (mal) assis . J'aimais lire l'incompréhension dans le regard de l'autre. Passer pour l'abruti du coin est un jeu subtil et exaltant. Mais pas rémunérateur! 

 

 

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18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 07:00

En ce moment je ne parviens plus à lire de romans et j'ai une très nette préférence pour des livres de voyages, d'équipée, de vie sauvage et d'aventures vécues. 

Les bibliothèques et les librairies mettent à part les livres ressortant de ce genre remis au gout du jour avec ceux qu'écrit Sylvain Tesson par exemple. 

Sur l'eau, sur la glace, dans les forêts, dans les jungles et en montagne tous ces récits de voyages vécus sont passionnants par l'expérience qu'ils permettent sinon de partager du moins d'approcher. 

Il est pratiquement impossible de ne pas se mettre à la place de celui qui écrit et on repose leurs livres de temps en temps comme pour souffler, tant l'identification est forte et qu'on a l'impression d'être sur le chemin, dans le bateau ou sur le glacier avec celui qui raconte ce que c'est.

Les aventuriers lisent beaucoup eux-mêmes et vont parfois sur les traces de leurs devanciers. Ils nous permettent de connaître d'autres aventures, d'autres récits et d'autres livres pour satisfaire une soif jamais éteinte.

Geoffrey Moorhouse veut vaincre son démon intérieur: la peur. Pour ça il traversera à pied le Sahara d'Ouest en Est en 1972. Il n'y parviendra pas mais connaîtra une équipée terrible alternant les difficultés physiques et morales, les réflexions intérieures, les déconvenues, les dangers et la peur qu'il était aller affronter en face à face. 

Ses rapports avec les autres humains sont très décevants (les hommes avec lesquels il voyage comme ceux qu'ils rencontrent ne sont pas coopératifs ni encore moins désintéressés.

Il connaîtra la chaleur extrême, les malaises de toutes sortes, les poux, les serpents, les scorpions et devra se faire à la conduite de ces animaux répugnants que sont chameaux et dromadaires. 

Par dessus tout il verra qu'on le prend, du fait de ses origines et de sa couleur de peau, exclusivement comme une victime à "plumer", à voler et à maltraiter. Il y a des pages involontairement drôles qui concernent ses achats de toutes sortes, montures comprises. 

Le livre ne donne pas une image positive de l'humanité d'Afrique noire et blanche et décrit sans les masquer les tentatives de vol et d'abus auxquelles il a dû faire face. 
La condition féminine (nous sommes en 1972) est un esclavage absolu . 

Moorhouse réfléchit et ses réflexions sont fortes parce que frottées à la réalité la plus crue, la plus sauvage, la plus dépouillée d'artifices..

Au fur et à mesure de l'avancement dans la lecture de ce petit livre je me disais que j'étais incapable de faire untel périple. La soif, la crasse, les poux, les maladies, les rapports brutaux, les vols et les mensonges me feraient abandonner bien avant Tombouctou, ville dont la description ne donne guère envie d'aller y faire un tour!

 

Geoffrey Moorhouse "Jusqu'au bout de la peur" Points Aventure 1992. 

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