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18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 07:00

En ce moment je ne parviens plus à lire de romans et j'ai une très nette préférence pour des livres de voyages, d'équipée, de vie sauvage et d'aventures vécues. 

Les bibliothèques et les librairies mettent à part les livres ressortant de ce genre remis au gout du jour avec ceux qu'écrit Sylvain Tesson par exemple. 

Sur l'eau, sur la glace, dans les forêts, dans les jungles et en montagne tous ces récits de voyages vécus sont passionnants par l'expérience qu'ils permettent sinon de partager du moins d'approcher. 

Il est pratiquement impossible de ne pas se mettre à la place de celui qui écrit et on repose leurs livres de temps en temps comme pour souffler, tant l'identification est forte et qu'on a l'impression d'être sur le chemin, dans le bateau ou sur le glacier avec celui qui raconte ce que c'est.

Les aventuriers lisent beaucoup eux-mêmes et vont parfois sur les traces de leurs devanciers. Ils nous permettent de connaître d'autres aventures, d'autres récits et d'autres livres pour satisfaire une soif jamais éteinte.

Geoffrey Moorhouse veut vaincre son démon intérieur: la peur. Pour ça il traversera à pied le Sahara d'Ouest en Est en 1972. Il n'y parviendra pas mais connaîtra une équipée terrible alternant les difficultés physiques et morales, les réflexions intérieures, les déconvenues, les dangers et la peur qu'il était aller affronter en face à face. 

Ses rapports avec les autres humains sont très décevants (les hommes avec lesquels il voyage comme ceux qu'ils rencontrent ne sont pas coopératifs ni encore moins désintéressés.

Il connaîtra la chaleur extrême, les malaises de toutes sortes, les poux, les serpents, les scorpions et devra se faire à la conduite de ces animaux répugnants que sont chameaux et dromadaires. 

Par dessus tout il verra qu'on le prend, du fait de ses origines et de sa couleur de peau, exclusivement comme une victime à "plumer", à voler et à maltraiter. Il y a des pages involontairement drôles qui concernent ses achats de toutes sortes, montures comprises. 

Le livre ne donne pas une image positive de l'humanité d'Afrique noire et blanche et décrit sans les masquer les tentatives de vol et d'abus auxquelles il a dû faire face. 
La condition féminine (nous sommes en 1972) est un esclavage absolu . 

Moorhouse réfléchit et ses réflexions sont fortes parce que frottées à la réalité la plus crue, la plus sauvage, la plus dépouillée d'artifices..

Au fur et à mesure de l'avancement dans la lecture de ce petit livre je me disais que j'étais incapable de faire untel périple. La soif, la crasse, les poux, les maladies, les rapports brutaux, les vols et les mensonges me feraient abandonner bien avant Tombouctou, ville dont la description ne donne guère envie d'aller y faire un tour!

 

Geoffrey Moorhouse "Jusqu'au bout de la peur" Points Aventure 1992. 

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17 avril 2024 3 17 /04 /avril /2024 07:00

Pourquoi Frida Kahlo est-elle à ce point connue et reconnue? Cette peintre Mexicaine (1907-1954) est plus célèbre par sa personnalité, les hauts et les bas qu'elle a connus dans sa vie, son infirmité que par son oeuvre qui est peu visible. J'entends par là que peu peuvent se vanter d'avoir vu une oeuvre réelle, originale de cette peintre. 

Les reproductions de toiles sont très discutables: certaines possèdent une personnalité, une singularité tandis qu'on n'hésite à en considérer d'autres comme des gags ou des des escroqueries. 

Faites le test autour de vous: tout le monde vous parlera de sa vie (épouse de Diego Rivera), de son engagement entier et absolu dans le communisme pur et dur et sa fidélité au trotskisme, de son physique particulier (sourcils épais et duvet au-dessus de la lèvre supérieure) plus que de son art.

"L'Hôpital Henry Ford", "Les deux Frida" et surtout "le cerf blessé" laissent songeur l'amateur éclairé.

Il s'agit là -comme pour de nombreux artistes du XXème siècle et de ce XXIème commençant d'engouments liés à la mode et relevant d'un snobisme moutonnier. 

Personne ne s'est réveillé un matin en disant : "je vais faire de Frida Kahlo  une star morte mais une star quand même". Le cinéma, la mode, la danse et d'autres arts curieux des autres moyens d'expression ont agi de concert pour qu'elle soit ce que bêtement et à tout propos on appelle une icône. Cela ne fait de mal à personne et Frida Kahlo est sans nul doute plus intéressante à étudier que Taylor Swift ou Aya Nakamura. 

C'est juste que sa (re)  connnaissance publique internationale me semble disproportionnée. 

La prochaine fois je vous entretiendrai de Patti Smith, une autre de ces improbables artistes adorée de cercles intello sans que son oeuvre soit particulièrement admirable. 

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16 avril 2024 2 16 /04 /avril /2024 07:00

La publicité a littéralement envahi nos vies au point que nous n'y prêtons plus attention et qu'il nous arrive de la citer en référence, d'utiliser ses méthodes et d'en être influencés à notre insu. 

Murale, dans la presse, elle est partout. Elle envahit nos vies qu'elle colonise et influence subliminalement. Nous ne nous rendons pas compte à quel point elle est présente dans toutes nos activités.  Au départ il s'agissait de nous faire consommer des produits aujourd'hui elle influence nos votes, s'insinue dans les films que nous regardons (placement de produits), sponsorise et envahit l'espace sportif (pendant le match de rugby Afrique du Sud-La Rochelle un écran publicitaire de 2 secondes pour une société commerciale est passé une cinquantaine de fois durant le match). Elle est sur le bord des routes, en ville, à la campagne, à la mer et à la montagne. Elle est dans la moitié de la pagination de nos revues, journaux, magazines et journaux. Elle constitue sans doute la moitié du contenu des émissions diffusées à la télévision. 

C'est un déferlement de messages publicitaires qui s'insinue dans toutes nos activités et qui n'en restera pas là. Avec les technologies modernes elle vous espionne, vous cible et cherche à vous atteindre à partir de ce qu'elle connaît de vous. Et la publicité est une sorte de police secrète bien informée qui connaît vos goûts, votre âge, votre niveau de vie, vos capacités financières et religieuses. 

La pub fait travailler un grand nombre de personnes, d'agences et d'entreprises sur un secteur économique qui ne connaît pas vraiment de crises.

Il existe, le résultat n'est pas brillant, des écoles de publicité où les futurs "créatifs" apprennent les ficelles de ce métier dont le but est bel et bien de duper le client. On n'a pas idée, vous et moi, du nombre de messages publicitaires auxquels nous sommes soumis chaque jour. Le téléphone est devenu un des plus importants instruments permettant de nous "bombarder" de messages commerciaux. 

Il est extrêmement difficile d'y échapper: au feu rouge l'image sur affiche géante entre dans votre cerveau sans que vous en soyez conscients. Le spot idiot joué sous forme de scénette diffusé ad vitam aeternam à la radio ("On est mal chef, on est mal"), la musique captée par une agence de publicité qui la plagie et se l'attribue vous reste dans la tête plus que l'original dont elle est une déclinaison gratuite (pas de droits d'auteur) ou, au contraire s'accapare d'un titre et le rend insupportable par le phénomène de matraquage ("She's a rainbow" des Rolling Stones pour Groupama). 

En fin de journée, que vous l'ayez voulu ou pas vous avez été soumis à une quantité stupéfiante de messages publicitaires qui, fatalement, finissent par influencer vos achats. Mais pas qu'eux. 

Ma colère vient de ce que ces marchands de réclames ont compris que mon âge me rapproche plus de la tombe que du berceau. De ce fait on me dit qu'un appartement médicalisé est peut-être l'achat qui s'impose. Je commence à recevoir des publicités pour des "conventions obsèques", d'autres m'incitant à faire des dons ou legs à des associations tant il y a toujours quelque chose à faire acheter à tout le monde, quel que soit son niveau de vie. La publicité ne disparaîtra pas mais on pourrait espérer qu'elle soit moins abrutissante et plus respectueuse des équilibres qu'on sait désormais indispensables. 

Je me souviens que sur les quelques étapes du Chemin St Jacques de Compostelle que j'ai faites je m'étais aperçu, au bout d'un jour ou deux que le fait de ne plus être soumis à la publicité était une bénédiction. Tous ceux qui marchaient citaient cette libération des messages publicitaires parmi les bienfaits immédiats de la marche.  Rares sont les moments où nous échappons à cette violation de notre intégrité cérébrale. 

 

 

 

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15 avril 2024 1 15 /04 /avril /2024 07:00

On parle beaucoup trop de pauvres types sans intérêt comme Pascal Praud. Voilà l'exemple même de la fausse valeur qui débite des propos de  café du commerce en prenant soin de flatter dans le sens du poil les instincts les plus bas. Ex-journaliste sportif  (à ce qu'il paraît) le voilà polémiste sur une télévision d'opinion située très à droite de l'échiquier et dont le fond de commerce est un mix de Zemmour, Marion Maréchal et Marine Le Pen. Inutile de préciser que Praud ne fait ni dans la nuance ni dans la dentelle: il flatte l'électeur extrémiste et fait de l'audience avec des polémiques montées comme des blancs en neige. Il ne se cache pas de penser (pencher) très à droite et ses "fans" partagent sa vision politique.

Plus roublard mais tout aussi manipulateur Cyril Hanouna donne la parole à des personnes aux opinions ambigües et fait le grand écart entre les uns, très à droite et les autres, plutôt à gauche. 

Avec un plateau composé d'idiots utiles qui disent ce qu'on attend d'eux et ses propos de Monsieur Loyal d'un cirque où l'on dit tout, n'importe quoi et son contraire il obtient ce qu'il s'est engagé à fournir à son employeur Bolloré: de la polémique orientée, du brouhaha creux et un semblant d'objectivité. En réalité on est dans un voyeurisme béat et un abrutissement garanti. 

Yann Barthès est entre les deux: moins politique, moins marqué que Praud et plus civilisé qu'Hanouna il anime un autre cirque télévisuel où la branchitude le dispute à la bonne conscience. Les "chroniqueurs" tiennent des propos convenus, on s'intéresse à l'écume des choses, on ricane et on se moque des puissants. Ca ne va pas loin et le format et l'heure en  font une sorte de bouillie hachée par d'interminables plages de publicité. 

Tous les 3 sévissent en début de soirée et drainent un public qui, malgré un manque de renouvellement criant, répond présent à cette tranche où l'on rit bêtement en moquant le gouvernement et l'actualité. Rien n'est sérieux et Poutine voisine avec la mode, Gaza avec une présentation de film et une chanteuse avec un philosophe. 

Distraitement si l'on tombe sur un de  ces trois hommes-tronc on est consterné par la futilité et le manque de réflexion de leur émission respective. Il est certain que ces "trumperies" donnent à nos ennemis des raisons de nous mépriser.  

 

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12 avril 2024 5 12 /04 /avril /2024 10:21

Le droit est complexe, le droit international est ultra-complexe. 

J'ai lu le livre de Mathilde Philip-Gay "Peut-on juger Poutine?*", petit livre ardu qui répond par la positive tout en expliquant qu'en ayant pris les dispositions pour rester au pouvoir jusqu'à sa mort le dirigeant de la Russie a fait ce qu'il fallait pour éviter cela. 

Des exemples de Chefs d'état, de dirigeants démocratiques ou pas (George W.Bush, le Kaiser Guillaume II d'Allemagne, Saddam Hussein et Milosevic) viennent illustrer cette problématique qui est à la fois complexe et dépendante des circonstances. 

Les dictateurs responsables de crime contre la paix, de crime de guerre, de crimes contre les civils, de génocide et j'en oublie s'arrangent pour n'être pas faits prisonniers et encore moins jugés. 

Les constitutions de pays dirigés par des fauteurs de guerre protègent leurs inspirateurs en refusant leur extradition et le droit international est suffisamment compliqué pour que ces meurtriers de masse échappent à la justice des hommes. 

Pour le cas qui nous occupe l'auteur du livre est pessimiste quant à la possibilité de le voir jugé un jour: il a soixante et onze ans, il est, sauf révolution bien improbable, à la tête de la Russie jusqu'en 2036 puisqu'il a fait modifier la constitution dans ce sens. 

L'auteur aborde tous les aspects de la question: un assassinat réglerait-il la question de la guerre en Ukraine qu'a déclenché sciemment le Président Russe? qui lui succèderait? 

Il apparaît assez clairement que le droit en ce cas précis de Poutine ne permet sans doute pas de l'imaginer répondre à la justice internationale des crimes dont il pourrait être comptable. 

... Et il le sait.  

 

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12 avril 2024 5 12 /04 /avril /2024 07:00

Je suis ainsi fait qu'il me faut des circonstances particulières et un temps d'adaptation pour m'intéresser aux grandes inventions qui changent la vie. Mais je me souviens de mon premier téléphone portable (avec antenne), de la première fois où nous avons eu un ordinateur et ainsi de suite. Je me rappelle avoir senti que ces nouveautés n'étaient pas des gadgets mais des outils du quotidien. 

Hier Noémie a emmené ses neveux et son fils au "Quai du Savoir" et Françoise et moi l'avons accompagnée. A l'entrée de l'exposition "IA Double Jeu - l'Intelligence artificielle et moi" on nous a demandé si on connaissait CHATgpt et si nous avions quelques notions sur l'intelligence artificielle. Personnellement j'ai éludé la question et me suis dit que CHATgpt allait aider à écrire et que question intelligence artificielle je connaissais le film du même nom tourné il y a quelques années déjà et tourné par Steven Spielberg. 

L'expo-installation-salon regroupait une dizaine de "stands" permettant d'en savoir plus sur cette révolution annoncée. Des bornes interactives étaient prises d'assaut par des ados indisciplinés (= pléonasme) mais passionnés. Avec un vocabulaire plus que succinct ("trop cool", "génial", "top", "de ouf")  ils manifestaient un intérêt qui augurait une généralisation future de la chose qu'ils adoptaient dès ses premières utilisations.  Il y avait des questionnaires liés à la voiture autonome (choisir entre: la voiture va renverser l'homme, la femme, l'enfant, choisir entre des deux femmes dont une enceinte la voiture en panne de freins va choisir de renverser a) la femme b) la jeune maman, d'autres sur la reconnaissance personnelle, les illustrations possibles d'un chat ou de la banlieue à travers l'interprétation d'un chat ou de la banlieue par l'A.I. 

 Je mentirais si je disais que j'ai compris et imaginé toutes les utilisations futures. Mais j'ai "senti" que les développements à venir changeraient complètement notre quotidien (enfin... ceux des pas trop vieux). 

Si l'AI maîtrise le vocabulaire professionnel, les concepts qu'il recouvre, les illustrations afférentes et le style personnel de celui qui communique le travail de ce dernier se fera pratiquement tout seul. 

Il y avait de quoi s'étonner par la qualité des photos, pourtant très retouchées, de sujets généralistes illustrant ce que l'AI comprenait par: la banlieue (une vision de guerilla urbaine), l'hôpital:  (la femme infirmière et l'homme médecin) jusqu'au PDG qui était représenté par un homme blanc, la petite cinquantaine, travaillant au sommet d'un gratte-ciel New-Yorkais.  Il semblerait que, à ce jour, les "stéréotypes" soient les seuls possibilités de re-création. 

Ce qui m'intéresse et n'était pas (encore) abordé: l'intelligence Artificielle peut-elle écrire un nouveau livre de Houellebecq ou Céline, peut-elle écrire et interpréter une nouvelle cantate de Bach, peut-on croiser un décor en 4D et des hologrammes de comédiens disparus etc etc. 

 

 

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11 avril 2024 4 11 /04 /avril /2024 07:00

Chaque fois que je vais à Paris voir ma mère les choses se passent de la même manière. 

Avant toute chose je dois préciser que celle-ci "fêtera" ses 94 ans le 3 juin prochain. C'est une excuse valable, j'en conviens. 

Je viens sur deux jours, plus rarement dans la journée car elle habite Paris et moi Toulouse. La plupart du temps j'ai réservé une chambre d'hôtel pas trop loin de son quartier (Passy-La Muette) car elle ne peut plus accueillir quiconque. Quelquefois je suis hébergé par une amie qui habite rue de Chaillot, à vingt minutes à pied. Venir à Paris est une équipée quand on est dépendant des transports en commun: de l'aéroport ou de la gare il faut courir et avoir prévu du temps supplémentaire au cas où. 

Lorsque j'arrive à son étage elle est sur le seuil et soupire comme si elle allait rendre l'âme dans l'instant. J'ai alors droit à une litanie de plaintes, toujours les mêmes, dans laquelle les mots sont toujours les mêmes s'ils ne sont pas dans un ordre immuable. A l'écouter elle vit l'horreur, l'épouvante, un calvaire. Elle décrit des symptômes vagues tout en reconnaissant qu'elle ne souffre pas!. Elle serait gênée, verrait "tout tourner" et serait mieux dans l'autre monde... Je ne me prononce pas sur la réalité de ces maux mais ces qualificatifs n'aident pas à former un diagnostic ni à se mettre à sa place. 

Cette litanie de plaintes dure entre trente et quarante cinq minutes. Je me suis préparé à entendre ce refrain et à rester calme mais son mouvement crescendo et l'imprécision de ses douleurs ou gênes finissent systématiquement par me faire sortir de mes gonds et nous nous "engueulons" comme des chiens. 

Puis la tension redescend. Je me calme tandis qu'elle semble chercher en elle comment reprendre la conversation dans un mode apaisé. Elle y parvient ou alors c'est moi qui reprend la parole et nous réussissons à discuter. 
La discussion prend un tour normal et la mourante s'anime, parle, rit et échange sans plus faire d'allusions à ses maux. 
Il est évident que ceux-ci sont dus à sa solitude (à quatre vint quatorze ans le répertoire d'amis et connaissances encores vivants tient sur un confetti) et à l'ennui. Sa vue baisse et elle ne peut plus beaucoup lire ni écrire, elle regarde peu la télévision et les visites, même régulières sont insuffisantes pour l'occuper. 

C'était une femme très occupée et qui connaissait beaucoup de monde, hélas tous plus âgés qu'elle. Quant à sa famille ils reposent tous en paix ou pas mais ils reposent. 

Même le bridge qui a  beaucoup compté dans sa vie ne l'attire plus: sa mémoire des cartes la trahit et elle ne se  sent plus d'aller "au club". Elle reconnaît qu'elle est comme dans la chanson de Jacque Brel "Les vieux" et que son horizon va de la fenêtre au fauteuil. 

Elle me parle de films anciens qu'elle a aimés et aime encore, d'une émission sur le pianiste Samson François qu'elle a regardée et appréciée et d'une visite d'une de mes sœurs qui se plaît à Nice.  Contrairement à d'autres personnes âgées elle n'est pas -du moins pas seulement- l'unique sujet de sa conversation: elle s'intéresse à la politique et reste informée de l'actualité. 

Nous parlons alors de celle-ci, de cinéma, de personnes de la famille ou de relations, des disparus, récents ou anciens et le temps passe, assez vite puisque nous sommes presque toujours surpris que l'heure de repartir est déjà arrivée. Avion à Orly ou train à Montparnasse se profilent et ne m'attendront pas. 

Elle est contente de sa journée, semble avoir oublié le démarrage un peu froid (c'est une litote!) et nous nous disons au revoir et à dans deux mois. 
Sur le balcon elle agite la main tandis que je marche vite vers la Rue Massenet.

Pendant le trajet du retour je pense que j'ai "encore" ma mère et que je dis "maman" comme la petite Rose qui vient de fêter ses deux ans. 

 

 

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9 avril 2024 2 09 /04 /avril /2024 07:00

Mes parents achetaient "L'Express" au numéro, en kiosque, en fonction de l'intérêt de la Une. Mon père était un fidèle du "Canard enchaîné" qu'il rapportait le mercredi et que nous nous disputions, mon frère, ma mère et moi. Le Canard ne faisait pas l'unanimité mais chacun y avait sa ou ses rubrique(s) préférée(s).  De temps à autres "le Point" remplaçait "L'Express" mais il nous semblait que les deux hebdomadaires étaient des vrais jumeaux tant la ligne éditoriale était similaire et le contenu voisin. Les journalistes passaient d'ailleurs d'un titre à l'autre sans état d'âme. 

Je me suis petit à petit détaché de l'Express au profit de "l'Evènement du jeudi" qui, pendant quelques temps se distinguait des autres magazines d'information par un ton, une sensibilité plus humaniste et des dossiers mieux abordés. Parallèlement j'ai acheté tous les mercredi "le Canard enchaîné", perpétuant une tradition familiale que mon fils continue d'ailleurs en l'achetant de temps à autres à Montréal.

Pendant un moment j'ai acheté, au numéro, le magazine "Marianne" mais me suis lassé assez vite de son contenu prévisible et sans grand intérêt. 

Aujourd'hui j'achète parfois "Franc-tireur" pour deux ou trois articles et les contributions presque toujours intéressantes de Caroline Fourest, de Tristane Banon et surtout de Raphaël Enthoven. 

Je n'achète quasiment plus jamais "Le Monde" que je trouve ennuyeux, lourd, partial et dépassé. Un pensum surestimé et poussiéreux. 

Dans notre monde nous ne souffrons pas d'être sous informés mais au contraire de l'être trop. Les mêmes signent des éditoriaux dans la presse écrite ou parlée. Les mêmes "spécialistes" tournent de plateaux de télévision en stations de radio, de journaux en magazines et nous sommes saturés d'informations dont on peut se passer, de débats qui n'apporetent rien et de points de vue de spécialistes qui s'adressent à d'autres spécialistes. S'est-on jamais demandé à quoi cela nous sert de savoir que telle île du Pacifique a subi une tornade ou que telle république africaine a connu un Nième coup d'état militaire?  Le savoir oui, en parler des jours et des jours certainement pas. 

Des magazines, je fuis les numéros "spéciaux" à thème ("les vins", "l'immobilier à Strasbourg") et autres numéros étirant à l'infini des commentaires oiseux sur des sondages. 

Même si on m'offrait l'abonnement je rejette les quotidiens connotés politiquement ("Le Figaro"). 

Lorsque je passe devant un kiosque et que l'affiche de la semaine m'attire (dernièrement "Le président, pourquoi il a peur d'être assassiné" en couverture de "Marianne") je me raisonne bien vite en me disant qu'il y aura 4 pages sans intérêt, une interview d'un pseudo spécialiste et une référence à Kennedy. A chaque fois je regrette de ne pas avoir acheté un livre abordant le thème en lieu et place du magazine dont le contenu est superficiel et incomplet. 

Enfin des signatures comme celle de Philippe Labro (et tous les vieux crabes et vieilles crevettes ayant largement dépassé l'âge de la retraite), Franz-Olivier Giesbert, Pascal Perrineau et les sondeurs et autres analystes de sondages me font fuir dès qu'ils sont de la partie. C'est le dernier reproche que je ferai aux médias Français, tous supports confondus: les signataires d'articles ne se renouvellent pas assez. Ce sont toujours les mêmes qui signent toujours les mêmes articles.

Du nouveau! une autre forme de journalisme, plus de sang neuf... plus que jamais sont nécessaires si l'on veut que les Français soient réellement et bien informés. Et qu'ils reprennent le chemin du marchand de journaux. 

PS: J'ai tellement aimé la presse et les journaux, que j'ai une exigence que n'ont heureusement pas les lecteurs habitiuels. 

 

 

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8 avril 2024 1 08 /04 /avril /2024 07:00

Quel plaisir de lire un livre qui contient tous les "ingrédients" propres à vous satisfaire! celui de Charles Wright "Le chemin des estives" (poche j'ai, lu) fait partie de ces bouquins qu'on achète sur un titre, une photo de couverture, ou la lecture de la quatrième de couverture. 

Les deux hommes qui traversent ce qu'on appelle "le Massif Central" ne se connaissaient pas avant de l'entreprendre. Très différents l'un de l'autre ils se complètent assez bien pour ce cheminement spirituel qu'ils effectuent en jésuites, sans argent ni rien d'autre que le minimum.

Ils doivent marcher sur près de sept cent kilomètres, sous un soleil estival de plomb et ils dépendent de leurs rencontres pour ce qui est de se nourrir et de boire, sans oublier les lieux pour dormir. 

L'auteur est passionnément épris d'Arthur Rimbaud dont il cite non seulement des vers ou de la prose de l'époque où il fut ce poète prodigieux et indépassable mais il parle aussi de la période la moins connue de la vie  du poète "aux semelles de vent" en Abyssinie. Charles de Foucauld qui l'a beaucoup marqué est souvent évoqué qui a inspiré le marcheur. 

Celui-ci a aussi une passion pour les animaux et pour les vaches en particulier. Ces trois sujets recoupent justement les miens. 

Wright visite les chapelles et les églises et réfléchit à la Religion Catholique et à son devenir. Sa réflexion est frappée au coin du bon sens et sonne juste.. 

De même il réfléchit sur la générosité des uns et l'avarice des autres.. Sans oublier de contempler la France de 2024 avec ses poches de pauvreté, la laideur de ses entrées de villes et des caractères de Français qu'il rencontre. 

On sent que la coexistence avec l'autre marcheur a été parfois difficile et on est instinctivement plus proche de celui qui parle et écrit avec lequel on se sent beaucoup d'affinités. 

L'auteur admire les paysages et ce qui les compose avec une passion qui remplace une connaissance qu'il n'a pas toujours. Il évoque des époques passées et celle que nous vivons avec plus d'ironie que de colère. 

C'est un voyage littéraire auquel nous sommes conviés et il est merveilleusement enrichissant. Hommes, femmes, nature, arbres, temps, paysages et rencontres composent une randonnée qu'on se surprend en ayant envie de chausser les chaussures de marche et suivre ses  traces. 

 

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5 avril 2024 5 05 /04 /avril /2024 07:00

Moins il y a de bébés moins il y a de parents: je m'explique. Les couple se forment tard et les femmes deviennent mères plus tard également. Il y a des statistiques pour confirmer cela. 

Plus les parents sont "vieux" plus l'arrivée d'un nouveau-né les perturbe et les plonge dans l'angoisse. "Ces pleurs sont-ils inquiétants?", "cette toux est elle grave?", "il ne boit pas son biberon, que dois-je faire?". 

Tant qu'ils sont chez eux leurs craintes, leurs peurs et leurs inquiétudes nous indiffèrent. Qu'ils passent la nuit à écouter la respiration de Gwendall ou de Antinae ne nous concerne pas. Mais quand on est contrant d'assister à leur nullité parentale dans une rame de TGV de Paris-Montparnasse à Toulouse Matabiau c'es une autre paire de manches. 

Un de ces bébés (adorable au demeurant) a ainsi rempli de ses pleurs l'atmosphère qui eut pu être paisible mais ne le fut point hier à mon retour. Le pauvre toussait, sa toux l'irritait, il pleurait, se rendormait puis toussait en un cycle ininterrompu qui dura 4 heures et demi de gare à gare. 

Le père et la mère, moins de cinquante ans à eux deux, étaient noyés et ne savaient que faire. Ils mettaient le bébé dans son couffin, sur leur épaule, dans leur bras, l'emmenaient dans le sas entre les voitures, le ramenaient dans une sorte de mouvement perpétuel. 

Alors que, pour une fois, aucun téléphone intempestif n'indisposait les passagers ce pauvre bébé mettait  nos nerfs à rude épreuve. Il a fallu faire abstraction de ses petits pleurs touchants mais...  énervants. 

Ce qui m'a le plus surpris c'est l'absence totale d'initiative du jeune couple. Il ne savait, ni l'un ni l'autre, comment calmer ce petit bébé qui, visiblement, souffrait. 

Lorsqu'il y avait un court répit la tension s'abaissait réellement dans le wagon. 

J'avais un bon livre: tout ceci fut un bruit de fond mais la veille, à l'aller, j'avais eu le même cirque. 

C'est malheureusement une possibilité (celle de se retrouver à côté d'un très jeune enfant) lorsque l'on voyage et en avion c'est plus crispant encore à cause du manque de place pour se mouvoir. 

J'ai déjà eu le bébé indisposé dans le rang de devant sur un vol de 7 heures. 

La voiture personnelle, cette bulle où nul ne peut vous atteindre, a encore de belles heures devant elle. 

 

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