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4 mars 2024 1 04 /03 /mars /2024 07:00

On dit que lorsque Daladier est rentré de Munich où il avait, au nom de la France, trahie la parole de son pays et signé une capitulation morale et politique devant Hitler en lui laissant une partie des Sudètes (Tchécoslovaquie), alors qu'il rentrait en France et devant les foules exubérantes qui l'acclamaient à sa sortie d'avion au Bourget aurait grommelé: "Ah, les cons, s'ils savaient" en désignant les membres de la foule joyeuse d'être soulagée. C'est, je crois, à propos du même Munich que Sir Winston Churchill aurait formulé cette forte sentence: "Le gouvernement avait le choix entre la guerre et le déshonneur ; il a choisi le déshonneur et il aura la guerre"

Hier soir en entendant les commentaires relatifs à la réflexion du Président Emmanuel Macron disant qu'il faudra peut-être envisager des troupes au sol en Ukraine pour empêcher la Fédération de Russie de gagner la guerre qu'elle a engagée avec ce pays je n'ai pu m'empêcher de penser à ce parallèle historique. 

On ne dompte pas une dictature en lui offrant une soumission morale et en cédant sur ses revendications territoriales. Au contraire, on la rend plus gourmande. Les trois pays Baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), la Moldavie, la Pologne même seraient les probables prochains pays menacés par Moscou. 

Je me souviens des films d'actualité de 1938 que nous avons si souvent vus. L'aveuglement, l'incurie, la bêtise des gouvernements démocrates Européens devant la brutalité allemande encourageait Hitler (et Staline) à demander toujours plus. 

Une fois qu'on a choisi la lâcheté l'adversaire sait ou sent que vous repasserez par là. Non seulement la couardise ne calme pas l'ennemi mais elle le stimule dans la surenchère. 

"La drôle de guerre" de septembre 39 à mai 40 est une occasion perdue dûe aux mêmes raisons. A laquelle s'ajoute l'impréparation et la débilité d'un haut commandement en retard d'un conflit. 

Puissé-je avoir peur sans raison... je vois la partie s'engager doucement et les empires potentiels (Chine, Russie, Turquie et Iran) en position de prendre l'initiative et de remporter la mise. 

Une troisième guerre mondiale? C'est bien de cela qu'on parle à mots voilés. 

 

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1 mars 2024 5 01 /03 /mars /2024 07:00
Maîtres de l'illusion

Encombrés (avec plaisir) de deux adolescents en vacances il a fallu occuper ces deux bipèdes qui, si on les laissait faire, seraient non-stop sur leur téléphone ou sous le casque de virtualité virtuelle. 

Il y avait à Toulouse, sous un vrai chapiteau de cirque, un festival de magie. Nous avons pris quatre places et sommes allés à l'hippodrome où se tenaient les festivités. Un monde fou nous avait précédé. Une foule d'hommes de femmes et d'enfants ravis et impatients de voir les "maîtres de l'illusion" comme annoncé. 

Nous avons rencontré d'autres grands parents et parents que nous connaissions dans la file d'attente. On trouve les vieux en nombre devant les "activités" concoctées pour les minus de 1 à 14 ans. On ne dira jamais la patience héroïque de ces adultes qui vont voir des films sur la panthère des neiges, les expositions du Musée d'Histoire Naturelle et le récital de Pomme pour faire plaisir à ces pré-ados qui voient tout cela d'un air blasé. 

J'ai toujours détesté le cirque traditionnel. Clowns, trapézistes, dresseurs et autres me donnent la migraine rien que d'y penser. Les illusionnistes et leurs tours de cartes m'ennuient et les animaux de cirque me rendent malade. 

C'est dire que j'allais à reculons à l'hippodrome. Et j'avais tort: j'ai assisté à un spectacle enjoué, gai, drôle, juste et de qualité. Certains tours, certains artistes étaient inférieurs à d'autres mais certains étaient excellents et sans prétention. Le aître de cérémonie était spirituel et professionnel. Des spectateurs de tous âge étaient conviés à participer à des tours de magie (en réalité à détourner l'attention du public) et c'était fait avec respect et humour. Je n'avais qu'une peur: qu'on me choisisse et que je me vois contraint de faire le zozo devant un parterre prêt à rire de ma gaucherie. Heureusement la poursuite (lampe très forte circulant dans le public) est passée à ma droite. J'étais trop noyé dans la masse pour être distingué. 

Un certain Eric Lee a beaucoup donné de sa personne en effectuant les tours connus mais qui font toujours leur effet: la femme qu'on coupe en 2 morceaux dans un coffre, qu'on perfore avec des pics enflammés, lui qui se sort d'un aquarium dans lequel il était cadenassé, lui qui joue du piano à queue volant (BOF!) lui, toujours, qu'on empale sur un foret géant et j'en oublie. Il renouvelle l'ensemble par sa jeunesse, sa bonne humeur, la gentillesse qu'il manifeste à ses aides dénudées et la perfection de ses gestes. On ne sait toujours pas comment cette femme peut dormir sur trois sabres pointus ni comment la même peut changer de vêtements dix fois en une ou deux minutes. Et on s'en fout! On est là pour les apparences et elles sont respectées. 

On a beau avoir vu des dizaines de fois ces tours ils marchent toujours et notre incapacité à comprendre où se trouve la solution participe de notre contentement.

Derrière leur paquet géant de pop-corn les deux pré-ados ne boudaient pas leur plaisir. 

En équilibre sur une chaise bancale moi non plus je ne boudais pas le mien. 

 

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29 février 2024 4 29 /02 /février /2024 07:00

Il y a quelques temps, à sa sortie sur les écrans, j'ai chroniqué ici "La zone d'intérêt" film réalisé par Jonathan Glaze ayant reçu le Grand Prix au Festival de Cannes 2023. 

Ce film illustre "la banalité du mal" en suivant la vie quotidienne du commandant du camps d'extermination d'Auschwitz-Birkenau (une ordure répondant au nom de Rudof Höss) et de sa famille, femme et enfants inclus.

Comme film il est bien réalisé et le parti-pris de ne pas montrer l'horreur tout en la laissant se deviner par des artifices de mise en scène est original et le pari plutôt réussi. Je terminais ma "critique" par une question: tout ce long film de cinéma pourquoi? qu'est-ce qu'on voulait (dé)montrer? que cherchait-on à exprimer? quelle thèse défendait-on? J'ai repensé à "La zone d'intérêt" et le titre comme le film restent éloignés de l'histoire qu'ils sont censés raconter, ne fût-ce que par association d'idée (fumée des trains à vapeur = trains de déportés, lumière rouge = cheminées des crématoires). 

C'est peut-être ce que voulait dire Claude Lanzmann lorsqu'il disait qu'après son film "Shoah" on ne pourrait plus filmer celle-ci. Cette prétention de dire "j'ai fait l'ultime travail, j'ai conçu la seule représentation possible de l'extermination" agaçante par sa formulation était finalement plus fondée que je ne l'avais cru. 

 

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28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 07:00

"HIROAKI SAMURA - CORPS ET ARMES; 

 

"Virtuose du dessin, Hiroaki Samura percute les lecteurs dès sa première série: avec L'Habitant de l'infini, manga de sabre aux chorégraphies insensées, l'auteur (né en 1970) trahit une personnalité volontiers disruptive. Peu intéressé par les récits d'époque, il aborde le genre avec l'insolence du néophyte et en démonte les archétypes avec une impétuosité et une intuition rafraichissantes. Obnubilé par le corps et ses limites, les armes blanches et leur beauté froide , il se livre à un grand jeu d'exploration charnelle , parfois proche du "body horror" et fait de son héros, le sabreur immortel Manji, une figure doloriste dont le calvaire sans cesse renouvelé s'apparente à une quête à la fois rédemptrice et érotique. Ce personnage complexe et parfois insaisissable est accompagné dans son odyssée de faux demi-dieu par la jeune Lin, adolescente assoiffée de vengeance qui sera le déclencheur d'une grande aventure ponctuée de rencontres souvent... tranchantes.

Publié en France en 1994 chez Casterman et aux Etats Unis en 1997 chez Dark Horse Comics, L'Habitant de l'infini traumatise instantanément un public occidental encore peu rompu aux codes du manga et encore moins à des propositions graphiques aussi iconoclastes. 30 ans après sa parution, la série d'Hiroaki Samura, qui oscille entre fureur et contemplation, n'a rien perdu de son magnétisme et demeure, dans la carrière de l'auteur comme dans le parcours de millions de lecteurs, un titre matriciel."

Tel est le texte gonflé aux hormones qui figurait à côté d'un dessin banal sur une des bornes placées devant la gare SNCF Matabiau, bornes consacrées aux manga, ces bandes dessinées japonaises dont sont friands nos ados actuels. 

Ne faisons pas comme nos parents qui nous reprochaient de préférer "les petits Mickey" à Balzac ou à Tolstoï mais convenons que le texte qui précède est un sacré morceau. De la langue de bois pas politique! une sorte de compilation de mots savants ou peu utilisés (disruptif, néophyte, archétype, impétuosité, obnubilé, figure doloriste, rédemptrice, iconoclaste et matriciel) pour légitimer et rendre sérieux une discipline qui, à priori ne mérite pas ce jargon culturel. 

Ces mots, donc,  pour décrire des dessins discutables me rappellent ceux qu'emploient les cuistres de la culture subventionnée pour parler de Street-Art, d'Installations et autres peintures contemporaines dont la laideur le dispute à la prétention. 

Notre maire, qui ne fait pas la différence entre Astérix et Blake & Mortimer essaie de faire jeune en autorisant les bibliothèques à acheter des livres dont la lecture de la quatrième de couverture vous donne envie de sauter par les fenêtres si celles-ci s'ouvraient. Il a, comme tout le monde, cédé aux modes absurdes du moment et le tag, mycose murale invincible s'étend et colonise jusqu'à des immeubles neufs non encore habités. 

Plus personne ne lit Musset ou Chateaubriand mais on transforme en gnose des manga au ras des trottoirs. 

 

PS: un autre post avait été écrit et était prêt à publier mais j'ai dû le censurer puisque les personnes concernées ont fait amende honorable. Il aurait été injuste de ne pas en tenir compte. (comprenne qui pourra). 

 

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27 février 2024 2 27 /02 /février /2024 07:00

Je voue une haine tenace pour les présentateurs de télévision qui est une profession habitée par des êtres, mâles ou femelles, tenaillés par un ego surdimensionné. A de (très) rares exceptions, ils ont un "melon" aux dimensions proches d'un ballon dirigeable et inversement proportionnel à leurs connaissances, culture et qualités professionnelles. Quasiment depuis l'invention de la télévision en France (restons dans l'hexagone bien que ce phénomène semble universel).

Naturellement il y a quelques exceptions mais, comme on dit, elles "confirment la règle". Pierre Tchernia, Bernard Rapp, furent de bons présentateurs-animateurs d'émissions. 

J'insiste sur la norme qui est calamiteuse. Les producteurs d'émissions et les directeurs d'antennes signent plus volontiers avec des Morandini, des Hanouna, des Nagui, des Reichmann et des Davant qu'avec des personnes de qualité. C'est mon avis et je le partage!

L'un de ces journalistes (car le passage à l'écran cathodique engendre la transformation en benêt ricanant et content de soi) Christophe Hondelatte, s'est spécialisé dans l'histoire criminelle. Il a longtemps présenté (en envahissant tout l'espace) "Faites entrer l'accusé" avant d'être remplacé par une femme qui possède toute les qualités qu'il n'a pas: Frédérique Lantiéri. 

Hondelatte sévit sur Planète + crime dans une émission du même style mais dans laquelle il fait tout: juge, témoin, partie civile, avocat de la défense, commissaire de police, avocat de la partie civile etc. Or c'est un piètre comédien. Pire, c'est un cabotin de bas étage auquel on ne croit pas un instant. Il a construit l'émission à la hauteur de la passion exigeante qu'il se voue à lui-même.

C'est un cabot qui surjoue tout en se regardant jouer. Un cas. Le décor est pauvre et fait figure d'ancêtre de l'image de synthèse. Question humain, on le sait, il n'y a qu'Hondelatte. Il est vaguement grimé, il se donne du mal pour avoir des voix différentes mais c'est nul. Clin d'eil il "blesse" comme Philippe Bilger. 

Hondelatte se trompe. Dans l'émission "Faites entrer l'accusé" c'est lui qui était le point faible. En faisant une émission 100% lui même il a sombré dans l'egotisme et le ridicule. 

 

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26 février 2024 1 26 /02 /février /2024 07:00

J'envoie jeudi 21 février à 20H10 un SMS à ma mère, 93 ans et 8 mois à propos du décès de Micheline Presles, comédienne qu'elle aimait bien: "Micheline Presles est dcd à 101 ans aujourd'hui."

Elle répond à 20H16: "C'est triste de mourir si jeune!!!". 

bel exemple d'humour de sa part. 

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23 février 2024 5 23 /02 /février /2024 07:00
Polnareff

Même s'il avait une personnalité un peu étrange, un look improbable et une voix haut perchée pour un homme et pour l'époque, le Michel Polnareff des années 60 était un des rares chanteurs Français qui pouvait soutenir la comparaison avec les Anglais. Ses chansons étaient des vrais morceaux de pop musique et peu, en France, pouvaient soutenir la comparaison avec lui. 

Certes la langue Française n'a pas la musicalité des sons de l'anglais et s'adapte moins facilement à cette musique. C'était valable pour le rock, ça l'a été pour les variétés dites "yé-yé" et ça l'est resté pour le rap. 

Lui et quelques autres, mais lui avant les autres, a réussi à marier un style de musique, des paroles souvent pertinentes et une voix pouvant aller très haut. 

De ses déboires fiscaux il a -malgré lui- fait un atout: devenus rares ses passages en France le rappelaient à notre bon souvenir.  Pas trop diffusés sur les ondes, ses tubes ne sont pas des scies, se faisant exceptionnel à la télévision et restant présent dans le souvenir de notre pays, Polnareff vient de temps en temps "relever les compteurs" le temps d'une tournée à guichets fermés. Je n'ai assisté à aucune et le regrette en écoutant sur Spotify l'enregistrement d'un de ses concerts de 2023 qui est vraiment bon. On sent le plaisir réciproque du chanteur et de son public d'être réunis et Polnareff, dont la voix a baissé d'un ou deux ton montre un certain talent pour animer l'ambiance de sa salle. Le public répond à ses sollicitations et c'est amusant sur "la poupée qui fait non" par exemple, Polnareff commençant "C'est une poupée qui fait" et le public répondant en chœur; "non, non, non" ou "oui, oui, oui" selon le cas. 

Il interprète ses grands titres devenus partie du patrimoine  en modifiant parfois les orchestrations et le tempo. Certaines deviennent plus modernes tandis que d'autres restent comme dans nos souvenirs. 

On sent une communion du public avec lui. les provocations d'autrefois sont loin et il est devenu plus consensuel. Et surtout il est très au-dessus des gloires actuelles qui n'ont  pas son imagination musicale ni une voix aussi singulière pour magnifier leurs chansons. Je vois bien Dominique A. Vianney et quelques autres qui puissent soutenir la comparaison. 

 

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22 février 2024 4 22 /02 /février /2024 07:00
Jean Dieuzaide 1961

Jean Dieuzaide 1961

Sur la Place du Capitole sont exposées en permanence des photos du grand photographe toulousain Jean Dieuzaide. Ce sont des photos noir et blanc qui datent, pour la plupart, des années 1950-1960. Certaines sont très célèbres (les mariés funambules) d'autres le sont moins. 
La ville a régulièrement rendu hommage au photographe qui a si bien su l'immortaliser à une époque où la ville était encore paysanne et "nature". J'aime les sujets qu'il choisissait et sa touche personnelle. Je n'ai pas connu cette époque à Toulouse mais j'aime comparer avec ce que la ville a conservé de ce temps là. 

Le Général de Gaulle Place du Capitole, le parking du même Capitole...  j'ai longuement observé les clichés exposés au Château d'eau à sa dernière exposition récapitulative. J'en ai découvert certaines et reconnu d'autres. 

Une ou deux m'ont frappé: "dépose des rails du tramway" et "la Gare de Trams du Capitole". 

Aujourd'hui, en 2024, des tramways circulent en ville, quelquefois sur la  chaussée qu'ils partagent avec des voitures, des motos, des bus, des vélos et... des trottinettes. Pourquoi a t'on supprimé le tramway dans les années cinquante pour les rétablir un demi siècle plus tard? quelle fut la logique? 

Les trams étaient issus de la traction à cheval et ressemblaient à des calèches. Il y avait un étage, peu de places assises, on devait être serrés et secoués mais ils allaient partout, en ville comme en banlieue et ils ne polluaient pas puisqu'ils circulaient à l'electricité. 

Comme j'en ai eu la confirmation dans l'émission radiophonique de France-Inter "Affaires sensibles" de Fabrice Drouelle  justement intitulée "Affaires Sensibles": c'est le tout-voiture qui est la cause de la disparition des tramways aussi bien en France qu'aux U.S.A. Les rails étaient sur la chaussée et Les trams n'ayant pas de vraies stations, les passagers descendaient où ils voulaient. On a aussi dit qu'ils étaient bruyants et que les autobus les remplaceraient en améliorant la fluidité de la circulation. L'auto était la reine et il faut bien reconnaître que bien qu'attaquée de toute part elle le reste. Tramway, trolley-bus, autobus et métro sont désormais complémentaires. 

Pollution et embouteillages avaient bien été anticipés mais la voiture personnelle était reine. 

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21 février 2024 3 21 /02 /février /2024 07:00

Lorsque Stanley Kubrick est mort en 1999. Il nous a laissés sur notre "faim" avec "Eyes wide Shut" qui est une splendeur en termes d'images et de son mais dont l'histoire adaptée de "La nouvelle rêvée" d'Arthur Schnitzler ne présente pas, selon moi,  un intérêt évident. J'irais même jusqu'à dire que je me suis un peu ennuyé devant ce film. C'est un des films de mon coffret de TOUS les films qu'il a réalisés que je regarde le moins souvent. (Mais l'objectivité me pousse à reconnaître que je ne regarde qu'une fois tous les 8 à 10 ans "Fear and Desire", "Le baiser du tueur", "Lolita" et "2001, l'Odyssée de l'Espace"). 

Je le répète, le film "Eyes wide Shut" est un joyau et chaque plan est plus beau que le précédent. Mais il n'y a pas d'histoire. On s'intéresse peu à Bill Harford, à sa femme, à leur vie et à la "crise" que traverse leur couple.  Je considère Kubrick comme l'un des tous meilleurs cinéastes mondiaux mais dénie à son dernier film les qualités que je trouve à "Orange Mécanique", "Shining" et surtout "Barry Lyndon". 

Si je laissais ma pensée s'exprimer totalement je dirais que "Eyes wide shut" est un film qui démontre le vieillissement du réalisateur. 

Je préfère penser que "A.I", de Steven Spielberg (2001), du moins sa longue première partie, film auquel pensait Kubrick depuis les années 70, correspond au dernier film que Kubrick aurait pu réaliser. Par moment on sent que ce film va du côté de Spielberg et à d'autres de celui de Kubrick. A l'origine le réalisateur de "2001, l'Odyssée de l'Espace" devait produire le film que devait bien réaliser Spielberg. 

J'ai regardé récemment "A.I" et ai été ébloui par sa modernité et le génie de la mise en scène du film. Hélas il est beaucoup trop long et un peu gâché par l'exrtême sentimentalisme de Steven Spielberg dont c'est le défaut récurrent. 

Cependant, en le regardant attentivement j'ai découvert des détails qui montrent que les deux cinéastes ont travaillé sur le film. Il y a du Kubrick dans ce Spielberg et du Spielberg dans ce (faux) Kubrick. De toute manière une collaboration entre ces deux réalisateurs intelligents et talentueux ne pouvait qu'être intéressante. 

"A.I" est un film très en avance sur son temps.  C'est un film de science-fiction, genre qui vieillit le plus rapidement. Il est adapté de la nouvelle "Les Supertoys durent tout l'été" ("Supertoys last all summer long") Les Supertoys durent tout l'été (Supertoys Last All Summer Long) de Brian Aldiss. 

Je l'ai signalé mais le répète le film contient 3 parties inégales. La première est de loin la meilleure. La deuxième est aussi agitée que la première était calme. Techniquement c'est une réussite: voitures et robots sont incroyables. Jude Law y est vraiment parfait. La troisième partie est plus onirique et, disons-le, un rien soporifique. 

Le jeune Haley Joel Hasmet est excellent et bien qu'interprète d'un film de Steven Spielberg, pas agaçant comme les enfants que fait d'ordinaire jouer le réalisateur. Au contraire il est sobre et touchant. Et Jude Law est très bon. Seul le personnage de la mère et le jeu de l'actrice qui l'incarne est "spielbergien" c'est à dire exagérément sentimental. 

 

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20 février 2024 2 20 /02 /février /2024 07:00
Le Batavia

Le Batavia

Simon Leys (dont je vous recommande la lecture de tout ce qu'il a écrit, sur la Chine ou pas) avait publié un petit livre intriguant intitulé "Les naufragés du Batavia" que j'avais lu avec curiosité lorsqu'il fut réédité en 2003 chez Arléa. 

Récemment, sur la chaîne de télévision parlementaire LCP il a été cité, pour son insatiable recherche de la vérité sur la Chine de Mao alors que nos intellectuels et étudiants brandissaient le petit livre rouge et que "la pensée Mao" faisait perdre la tête à une génération. 

Comme Orwell et "la ferme des animaux" Simon Leys avait eu recours à un exemple frappant pour faire comprendre que le totalitarisme est l'enfer sur terre et que rien n'est plus facile d'y entrer tandis qu'en sortir est une autre paire de manches. J'attire votre attention sur le fait qu'il s'agit de faits réels admirablement documentés et qui sont vérifiables "physiquement" dans des musées, des archives et des bibliothèques.

Avec une honnêteté peu courante Simon Leys reconnaissait que Mike Dash, auteur de "L'archipel des hérétiques" avait mieux rendu compte que lui d'un fait incroyable qui s'était déroulé au dix-septème siècle près du continent Austral qui n'était pas encore l'Australie. 

Un bateau affrété par des marchands Hollandais avec à son bord plus de 300 passagers (hommes, femmes et enfants) ainsi qu'une cargaison d'une grande valeur (l'équivalent de 20 millions d'€) fait naufrage. Sur le  bateau un homme, Jeronimus Cornelisz (30 ans) prend le pouvoir sur les rescapés, les répartis sur des ilots, confisque tout (armes, alcool, nourriture embarquée; canots, bois...) et instaure un régime de terreur tout en faisant massacrer plus de 100 naufragés. Il livre les femmes à la communauté et organise des descentes sur les îles pour en massacrer "par ennui" celles et ceux qui pourraient lui résister.  Il exterminera un par un tous ceux qui s'opposent ou pourraient s'opposer à lui. 

Pendant deux mois l'enfer (auquel Cornelisz ne croyait pas plus qu'au paradis) règne sur les iles sans cesse menacées par les hommes de main de Cornelis. 

L'arrivée du bateau venant de Java parti chercher des secours arrive enfin au moment où les îliens ont retourné la situation. Ensemble ils mettent met fin aux exactions et aux meurtres perpétrés par les mutins. Jugés sur l'île principale et exécutés la plupart des tueurs et leur maître montrent, au moment de mourir, moins d'allant que lorsqu'il tuaient. Surtout leur chef. 

 Ce livre est passionnant parce qu'il montre que Cornelisz anticipe les barbaries commises au nom de l'absolu. Un homme, intelligent certes, mais dévoyé, prend l'ascendant sur une majorité, décide des massacres et obtient de ses lieutenants des comportements criminels absolument monstrueux et ce dans le but d'avoir le pouvoir et l'argent. (Cornelisz comptait arraisonner les secours et partir avec leur bateau, l'or et les bijoux et ses sbires complices. 

Jeronimus Cornelisz est un Khmer rouge, un SS, un tchékiste, un garde rouge avant la lettre. Le livre de Mike Dash raconte cette extraordinaire et effroyable histoire avec un luxe de détails cherchés dans les archives du monde entier. Il analyse le comportement sanguinaire de cet homme et, avec des médecins, en arrive à la conclusion qu'il était un psychopathe. 

Les caractéristiques d'un psychopathe sont listées dans le dernier quart du livre. Le vingtième siècle en a connu beaucoup et, malheureusement, il leur a permis de donner toute la mesure de leur pathologie. 

Simon Leys "Les naufragés du Batavia" réédition de 2023

Mike Dash "L'archipel des Hérétiques"

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