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21 décembre 2021 2 21 /12 /décembre /2021 07:00
John Lennon est mort

En décembre 1980 je travaillais dans le quartier de la Madeleine (8ème arrondissement Parisien) dans une boîte qui dépendait du Groupe Usinor-Sacilor et qui vendait de l'acier de Lorraine et d'Allemagne. C'était mortellement ennuyeux et très mal payé. Malgré le statut de "cadre" on était infantilisé et la prime -si prime il y avait- allait au plus sage, au plus consensuel, au plus corporate comme on ne disait pas encore.

Seul aspect positif nous étions quatre recrutés à 6 mois d'intervalle dans la même tranche d'âge et sensiblement préoccupés des mêmes choses. Dans le désordre: les femmes, les voitures, le rock et le sport. C'est peu dire qu'on considérait le travail comme exclusivement alimentaire et que nous n'éprouvions guère d'intérêt pour les autres salariés de l'entreprise. Nous avions, je le reconnais, du mépris pour les "vieux" (30 ans!), leur cravate et leur attaché-case à code chiffré. Quant aux "supérieurs" (c'était le terme qu'ils employaient) nous les avions affublés de surnoms dérisoires en prenant soin qu'ils ne l'ignorent pas longtemps.

Qu'est-ce qu'on s'ennuyait! Je crois avoir passé là les heures les plus mortelles de ma vie professionnelle. Les déplacements en Sarre, en Lorraine, au Luxembourg et en Allemagne apportaient juste un peu de mouvement dans un océan d'insatisfaction.

Tout le monde nous ignorait et pensait que "ça nous passerait". Notre mauvais esprit nous desservait.

Un jour, le 8 décembre 1980, l'un de mes compagnons de chaîne m'a annoncé tout de go, sans préparation, que John Lennon était mort (premier traumatisme), assassiné (second choc) et à new York (...). Cette nouvelle nous donna à tous les quatre l'envie furieuse de laisser où elle était la sidérurgie et ses œuvres. En deux mot nous nos mîmes en grève illimitée séance tenante. 

Non que nous n'avions ramené le Beatle à lunettes à de justes proportions mais il s'agissait d'un héros, d'un mythe, d'un modèle . Un vrai. Oubliées les vaines années japonisantes, oublié l'arrêt de sa carrière pendant 5 ans, oubliés les flirts avec tout ce que l'extrême gauche compte d'illuminés... On avait révolvérisé nos 20 ans. Ni plus; ni moins.

Un chefaillon nous fut envoyé pour comprendre notre "agitation". Nous refusâmes de lui adresser la parole. Un chef avec galons lui succéda qui essaya la douceur et l'appel à la raison. Sans succès.

Je n'oublierais jamais sa sentence ahurie; "mais enfin, on n'arrête pas de travailler pour un chanteur". unanimement nous avions répondu que si.

On nous a retenu sur salaire l'après-midi chômé! Le deuil du compositeur de "Across the Universe", "God" et "Steel and glass" valait bien ça! 

 

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 07:00

A deux reprises, en plus de vingt ans, une personne intelligente et concernée m'a dit: "ce n'est pas anodin" à propos de moi ou de mon action. J'ai relevé cette expression parce qu'elle n'est pas habituelle et qu'elle est sémantiquement évidente. Sans en regarder la définition je la traduirais par: "c'est ennuyeux, c'est une chose qui est importante, les suites peuvent en être compliquées".

Personnellement je ne l'emploie jamais, justement parce que j'en connais le poids, la force et les limites. Nul ne sait si ce qui n'est pas anodin va tomber du bon côté (ce n'est pas grave) ou du côté opposé (cela ne va pas rester sans suites).

La première fois qu'on m'a dit cette expression a eu lieu au cours de ces "raouts" d'entreprises pendant lesquels chacun, vêtu élégamment, tient des propos tièdes devant des buffets garnis. Toute l'entreprise, des soutiers au Commandant de bord joue la concorde et présente son meilleur profil. Tous? évidemment non. Pour ce qui me concerne j'ai l'esprit chagrin et l'humeur ironique. Le mari de la présidente, qui se trouve être un ancien journaliste de télévision locale au moi hypertrophié et qui a sans doute une revanche à prendre sur son exfiltration de FR3 après une "motion de défiance de la rédaction, à l'unanimité" a peu à peu conquis la direction de l'entreprise. C'est un jeune loup aux dents coupantes qui semblait n'apprécier que les gagnants dans son genre. Un type qui débute toutes ses phrases par "moi" ou "moi-même". Sa femme, la PDG, fait un discours sur les capacités de l'entreprise et sa situation. Un discours bien écrit mais peut-être trop "consensuel" à mes oreilles. Ayant entendu des critiques de tous côtés je sais que ces applaudissements et cette atmosphère de grande famille sont artificiels... et je le dis un peu fort à deux ou trois collègues. J'émets donc des critiques sévères et déplacées alors que le directeur-général-journaliste est juste derrière moi. Ce que j'ignore évidemment.

La boulette! il m'enfonce son doigt dans l'épaule et me dit quelque chose comme: "vous viendrez lundi m'expliquer en détail votre point de vue puisque vous semblez en avoir un". Tout cela s'est passé très vite mais a suffit pour que le vide se fasse autour de moi. Deux ou trois personnes estimables sont heureusement restées et c'est là qu'E*** emploie cette expression "ce n'est pas anodin" à propos de ce qui vient de se passer et qui est commenté par celles et ceux qui me connaissent. Le verdict est clair: je vais être licencié. On pense déjà pôle emploi et on calcule mes indemnités. Je passe un week-end délicieux et.... le DG m'appelle le lundi en s'excusant!!!!!!!!!! Oui. En s'excusant. son geste dans mon épaule expliquant sans doute cette étonnante volte-face. Le montant de mes indemnités? vous voulez rire!

La seconde fois c'était mardi dernier. Le médecin m'a dit de réfléchir à la possibilité de voir un médecin psychologue. "l'annonce de votre maladie et son acceptation ce n'est pas anodin". Curieusement cette répétition m'a moins mis en transes que la première fois. L'enjeu en est pourtant différent.

 

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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 09:15

La question n'est pas "Christiane Taubira va t'elle fédérer la gauche éparpillée" mais ferait-elle, si elle se présentait, 6, 7, 8 ou 9% des voix au premier tour...La piétaille journalistique, qui ne veut plus de Macron, est prête à appuyer la candidature de n'importe qui ou quoi pour faire du papier et surtout en vendre.

Non que Christiane Taubira soit n'importe qui. Je ne le pense pas et, au contraire, je la considère comme une personnalité lumineuse, une femme respectable et une politique de haut niveau. Je lui ai même pardonné sa campagne présidentielle de 2002 et les 2 % de voix qu'elle a -en quelque sorte- volés à Lionel Jospin et ses errements récents sur la vaccination contre le COVID en Guyane. Mais que vient-elle faire dans la campagne 2022 sinon se frotter aux saletés proférées par Zemmour et Le Pen? Est-ce le lieu?

La social-démocratie qu'elle incarne a ma préférence depuis pas mal de temps. (NB: et elle ne signifie pas seulement redistribution des richesses, administration pléthorique, gabegie financière et hégémonie culturelle. Je dis ça pour les grincheux!)

Pour rester dans le domaine politique j'achève en ce moment la lecture d'un livre stupéfiant. Oui, "Histoire secrète de la droite Française" de Gérard Davet et Fabrice Lhomme (du "Monde") est stupéfiant. Le moins que l'on puisse dire est que les successeurs des Barre-Giscard-Chirac-Seguin-Balladur-Léotard sont peut-être pires encore. Sarkozy, Fillon, Copé, Bertrand, Pécresse, Juppé même sont des politicards mus par la jalousie, la haine (qu'ils se portent), l'appât du pouvoir et de ses possibilités. Le sens de l’État, la bienveillance, le désir de travailler pour le pays, pour les Français y est anecdotique. "Chacun pour sa gueule" et ce quelque soit les moyens employés. Le passage long et documenté sur Fillon est rétrospectivement pénible et laisse un goût de cendres.

On se sent sali, honteux et dégoûté de cette litanie de coup bas, de pièges tordus, de vengeances mesquines et de compromis pitoyables. Le sens de l’État est une vue de l'esprit et le moteur de toutes ces personnalités reste définitivement au mieux l'ambition au pire l'enrichissement personnel;

Je crois que des hommes politiques comme Jospin, des femmes politiques comme Taubira sont l'exception. Nous portons notre part de responsabilité en permettant l'accés au pouvoir à des personnes indignes de l'exercer. Notre psyché nationale nous fait peut être sélectionner les pires pour mieux les haïr après? qui sait?

Je critique beaucoup les médias... les citoyens aussi sont coupables lorsqu'ils font un triomphe post-mortem à un Bernard Tapie ou à un Jacques Chirac. Il y a des applaudissements qui font parfois penser à des crachats.

 

 

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17 décembre 2021 5 17 /12 /décembre /2021 09:05
Ce que je sais d'Irène Némirowsky

Il y a quelques années, avant que "Suite Française" ne décroche le Prix Renaudot (2004), j'avais lu ce roman inachevé et posthume de Irène Némirovsky. On avait beaucoup parlé et écrit sur ce livre parce que c'était la première fois que le prix prestigieux était attribué à un auteur mort et pour un livre vieux de plus d'un demi-siècle. Les circonstances de la mort de l'auteur, arrêtée par la police Française (13 juillet 1942) sa déportation et sa fin à Auschwitz donnèrent de l'écho à cette affaire littéraire.

Et, il faut le souligner, c'était mérité parce que le livre, retrouvé presque par miracle, est un bon livre dans lequel la personnalité de son auteure se donne au lecteur.

Je sais que, pour moi en tous cas, la fin ignoble et tragique de cette femme de lettres a dû influencer à la marge mon appréciation de son roman "Une Suite Française".  D'ailleurs j'ai essayé de lire d'autres livres ou nouvelles de Irène Némirowsky (dont le "David Golder", son livre le plus connu et qui fut un "best-seller" avant-guerre) sans y parvenir: bien écrit signifierait dans ce cas académique. Fort du succès et de la renommée de la "Suite" les éditeurs ont publié des livres qu'on ne trouvait plus que chez les bouquinistes ou au merveilleux "Village du livre" de Montolieu (Aude).

Elle était juive, Russe, avait fui la Révolution bolchévique avec sa famille, appartenait à la bonne bourgeoisie et n'est malheureusement pas parvenue à obtenir la nationalité Française qui lui aurait sauvé la vie et celle de son mari.

Je suis tombé, dans une librairie de l'Avenue de Mont-Royal à Montréal que j'aime visiter à mes passages au Québec, sur un livre consacré à Irène Némirovski (Susan Rubin Suleiman "La question Némirowsky" - Albin Michel 2017) qui sans être une biographie classique s'attache à (faire) découvrir la vraie personnalité de cette femme, son moteur (l'ambition littéraire), ses choix heureux et malheureux, sa méthode de travail, ses succès littéraires, sa trace dans la littérature du XXème siècle, sa vie familiale, sa descendance...

Le livre est très intéressant et, curieusement, ne rend pas sympathique le sujet qu'il étudie. En fait le martyr de l'écrivain ne rachète pas ses légèretés, son mépris de classe, les choix littéraires qui furent les siens et jusqu'à son attitude mettant en danger ses propres enfants dans une abominable période.

Je veux dire que personne, ayant vécu la Shoah et Irène Némirovski pas plus que quiconque n'a à être jugé et sa vie mise en balance avec son assassinat. Les errement humains de ces victimes n'absolvent ni leurs meurtriers ni eux-mêmes.

Par ailleurs ce livre intelligent et documenté aborde des sujets toujours brûlants (l'antisémitisme, la peur et la haine des migrants, l'opposition entre littérature bourgeoise et écriture anarchique, surréaliste, nouvelle,  opposition entre juifs pratiquants et les autres, Académie Française etc).

Je conseille, sinon ce livre qui doit être difficile à trouver, "Suite Française" à celles et ceux qui sont passé-e-s à côté.

 

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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 07:00

Oui. Pourquoi?.  En 2015 je suis allé au Canada pour voir mon fils, sa compagne et mon petit-fils Raphaël, alors âgé de quelques mois. Ils s'étaient installés à Montréal quatre ans auparavant et s'y étaient tellement plus que leur installation paraissait partie pour durer. D'ailleurs ils y vivent encore actuellement et ne parlent pas de retour vers la "vieille Europe". Un deuxième petit Canadien les a rejoints depuis.

J'étais venu avec F*** que j'allais épouser à l'été. Elle qui est habituée à des températures élevées (elle a vécu à la Réunion pendant plus de 25 ans) est mal tombée: cette année là le thermomètre, pendant notre séjour, est descendu à une moyenne de -15°C. Ce n'est rien de dire qu'il faisait froid. Les poils du nez gelaient! Même ultra-couverts le froid se glissait jusqu'aux os. Nous avions besoin de sortir de l'appartement trop chauffé (because baby) et, après une interminable séance d'habillage et quatre pas dehors nous rentrions, incapables de supporter la température extérieure plus d'un quart d'heure.

Pour nous faire plaisir mon fils nous avait réservé un chalet à 1 heure de la capitale. C'est une tradition bien établie. Ces chalets sont très beaux et magnifiquement décorés. On a s'y sent immédiatement bien et le confort le dispute au calme. Raphaël était un gentil bébé calme et dormait beaucoup. De toute manière il était trop petit pour sortir.

J'avais, moi, besoin de me dégourdir les jambes et le lac, immense et gelé m'attirait. Mon fils me dit que la "couche de glace était tellement épaisse qu'une division de chars Panzers pourrait le traverser". De fait elle était solide et une couche de poudreuse immaculée la recouvrait. Je sorti et marchais une longue heure, croisant même un Orignal (un Caribou?) apeuré. Avec ma capuche je devais lui faire penser à un farouche trappeur menaçant. (on a le droit de rêver!).

Lorsque j'achevais le tour du lac supérieur je passais au chalet proposer qu'on vienne me retrouver dans ma belle balade. Seule F*** me rejoignit et nous prîmes le chemin opposé. Le soleil brillait faiblement, la neige scintillait, nos pas faisait un bruit particulier en frottant la neige poudreuse. C'était un beau moment.

A un moment je sentis intérieurement comme un danger. L'air semblait différent. Humide et jaune. Je ne saurais expliquer ce "jaune et humide" mais la sensation s'imposa à moi. Je poussais F*** et lui dis de reculer, de s'éloigner de moi. Presque aussitôt un craquement puissant se fit entendre, la glace céda sous moi et je me trouvais dans l'eau, jusqu'en haut des cuisses je crois. mes pieds ne touchaient pas le fond et j'étais incapable d'évaluer la profondeur du lac à cet endroit. Je ne paniquais pas mais le froid intense me mordait et je me disais qu'il ne fallait surtout pas que l'eau monte à ma taille. J'essayais de remonter sur la glace mais elle se cassait et je retombais dans l'eau.

Mes gants , mes manches, mes chaussures, mon pantalon étaient trempés et la pensée que j'allais mourir là me traversa l'esprit. F*** me parlait en s'efforçant de rester calme. Elle me dit de rouler sur la glace au lieu d'essayer de grimper dessus. Au deuxième ou troisième essai je roulais sur moi-même et parvins à me hisser sur la croûte glacée et à m'éloigner du trou que j'y avais creusé. J'étais sauvé. Le froid commençait à geler mes jambes de pantalon. Nous courûmes au chalet et mon fils, m'apercevant dégoulinant... pris une photo pour la mettre sur Facebook. Tant de sollicitude ne m'étonna point!! Une fois déshabillé et un peu réchauffé je plongeais dans le jacuzzi extérieur, sauvé et consterné de ma maladresse.

Nous avons compris, après coup, que le lac supérieur versait dans celui du dessous à l'endroit où la glace avait cédé. La glace, de ce fait, y était moins solide. J'étais tombé sur l'endroit précis du lac où il était moins bien gelé.

Les petits enfants m'appellent "Papi-glaçon". Mon surnom de trappeur malchanceux me restera.

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 07:00

Me font sourire les échoppes spécialisées en "aide auditive" qui essaiment un peu partout et remplacent progressivement les ongleries, les "comptoirs du sourcil", les boutiques de rachat d'or, les lunetiers à 10€ et autres magasin éphémères par le force des  choses. Je me demande même si j'ai rêvé ou si, il n'y a pas si longtemps des piétons entraient bien dans des boutiques pour plonger leurs pieds dans des bacs transparents et les faisaient nettoyer les-dits pieds par des poissons exotiques.

Le bon vieux "sonotone" du papi dur de la feuille est devenu un "dispositif médical" de haute technologie et, vieillissement de la population oblige, une clientèle captive existe qui s'appareillera fatalement. de ce fait les investisseurs et les petits créateurs d'entreprise se jettent sur un créneau qui, j'en mets ma main à couper, doit déjà être proche de la saturation.

Pour croiser des personnes qui entendent mal je devine combien ce désagrément est pénible. Ils font répéter, comprennent mal, répondent à côté et s'isolent malgré eux. Dans ces conditions il y a un marché pour les "aides auditives" et la technologie permet de palier à cette déficience.

Mais l'opportunisme de certains ("il est fou..") entrepreneurs, le racolage d'autres (pas une semaine sans publicité dans ma boîte aux lettres) et l'intérêt trop évident de tous finit par indisposer.

Nos centre-villes deviennent ainsi peuplés de boutiques spécialisées pour chaque catégorie de clients: des magasins de CBD de BD ou de jeux pour les plus jeunes, des Damart et des aides auditives pour les vieux. Il n'y a pas à dire, le commerce est bien fait!

Les magasins d'art de la cuisine qui déclinent les thermomètres culinaires et les couteaux en titane n'ont déjà plus la cote. Les magasins de chaussures anglaises ferment les uns après les autres...ça va faire de la place pour les magasins de prothèses auditives, ca.

 

PS: toute autre chose. Je trouve exaspérant et risible les noms prétentieux de ces réserves à fonctionnaires inutiles que sont les régions "Hauts de France", "Grand-Est" "Occitanie"... mais quelle prétention? quel ridicule. des pièges à fric du contribuable qui ne servent à rien et coûtent les yeux de la tête.

PS 2: ravi de la dégringolade sévère mais méritée de Xavier Bertrand. Ce petit bonhomme n'avait que l'envergure (sic) du président des "Hauts de France". Il aurait dû s'en contenter.

 

 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 07:00

Il y a quelques années, pas mal d'années en fait, j'avais lu un livre dit policier de Donald Westlake dans la fameuse collection Rivages/noir. Il s'agissait de "Le couperet" qui m'avait impressionné par sa puissance, sa révolte frémissante et son cynisme assumé. Un de ces livres qui tombe entre vos mains et sous vos yeux par surprise et que vous n'oubliez pas. Je me souviens l'avoir dévoré et, à l'époque, trouvé exagéré mais assez juste dans ses présupposés. 
Avec un humour teinté de noir l'auteur décrivait les ravages de la logique financière, du libéralisme, de la politique des ressources humaines des grands groupes, du chômage, de la difficulté de retrouver du travail, du déclassement et de la solitude de l'Homme. Rien que ça, dans un récit halluciné, drôle parfois cruel toujours, et hélas d'une actualité qui ne s'est pas refroidie. 

Rivages/noir est une collection intéressante qui a, entre autres, publié les livres de Jim Thompson et de George Chesbro. 

"Le couperet" a été adapté au cinéma en 2005 par Costa Gavras, un metteur en scène exigeant qui n'est pas connu pour sa légèreté. C'était une gageure que de transposer en Europe (Belgique et France) une action qui avait naturellement sa place dans la civilisation américaine. Le pari est cependant réussi. Autre prise de risque: donner le rôle principal au bouffon de Canal + tout juste sorti de ses âneries télévisées. Là encore c'est bluffant. Karin Viard est moins crédible mais son personnage est indéfendable; mièvre, bornée et inintelligente. Les autres comédiens sont bons même Olivier Gourmet qui, pour moi, est une énigme: je ne comprends pas ce qu'on lui trouve. Monolithique et banal il est, comme Philippe Katherine ou Yolande Moreau la figure des prolétaires moqués/idéalisés par les bobos. C'est du domaine de l'inconscient chez eux. 

Revenons au film après ces digressions hasardeuses. Garcia incarne un ingénieur de haut niveau licencié après restructuration/fermeture/délocalisation. Ce cadre supérieur est au chômage et celui-ci se prolonge. Rien ne va plus dans sa tête, dans sa relation avec sa femme et avec son fils qui fait des conneries pour attirer l'attention sur lui. Ce cadre intelligent (il a compris qu'il ne trouverait jamais un travail sans donner un coup de main à la "chance") décidé d'appliquer les règles du capitalisme et de s'en tenir au libéralisme pur en... tuant les cadres qui pourraient décrocher le poste qu'il revendique comme lui revenant de droit. 

Par un habile stratagème il les identifie et les assassine les uns après les autres. Dit comme ça on pourrait croire à une comédie. Ce n'en est pas une. C'est un film noir, très noir (la scène du restaurant où son concurrent est devenu serveur est terriblement dérangeante) et qui, je le disais, soulève des problèmes toujours d'actualité: l'âge qui devient un handicap dès 45 ans, la maison qui retient sur place, même là où le travail n'existe plus, la baisse du niveau de vie, l'égoïsme ambiant, la solitude sociale, le manque d'accompagnement des gens qui se retrouvent poussés sur le côté, le cynisme patronal etc. 

Bien que ne datant que de 2005 le film montre que la technologie a modifié nos habitudes: il y a encore, dans le film, des cabines téléphoniques des, fax,... 

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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 07:00

La première fois que j'ai ressenti un sentiment amoureux dévastateur pour une femme c'était une "vieille" de plus de 30 ans (j'en avais 15 ou 16). Elle était Allemande, ne parlait pas bien Français, était mère de deux enfants, sœur d'une amie de ma mère, "fiancée" à un très vieux (la cinquantaine) et pour tout dire elle n'était ni laide ni belle. Évidemment je ne voyais rien de tout cela et me contentais de la regarder, de l'observer, de l'écouter et... de l'aimer.

Tout ce qu'elle faisait, et qui n'était qu'insignifiance se transformait en sublime pour moi. Tout ce qu'elle faisait me plaisait et je trouvais irrésistible sa façon de fumer, de boire du vin dans un verre à pied bleu, de conduire, de jeter ses clés et son sac après la journée de travail, de projeter ses chaussures à travers la pièce, de chanter ("Oh Wann kommst du") et même de se sécher les cheveux. J'aimais la voir chanter ("Blockbuster" des Sweets) en dansant avec sa fille.

La regarder donner une cigarette à dépiauter à sa perruche apprivoisée et qu'elle libérait de temps en temps de sa cage me fascinait.

Je crois qu'elle avait vu ou senti ma passion naissante et elle était affectueuse et spontanée avec moi, ce qui augmentait mon trouble.

Son Jules, un chef d'entreprise Allemand avec qui elle ne vivait pas possédait une voiture superbe et un appartement absolument magique à Bruxelles. Luxe, classe et confort étaient de règle. Je me souviens avoir pensé que j'avais intérêt à bosser plus si je voulais un jour séduire une Doris (c'était son prénom).

Je n'ai jamais oublié cette femme et ai été vraiment triste le jour où j'ai appris sa mort. Me sont revenues en mémoire ces sensations douces du cœur qui s'affole pour la première fois.

 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 07:00

Très régulièrement, trop régulièrement, de vieilles gloires médiatiques viennent relever les compteurs en défilant sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio pour vendre une nouvelle compilation de leurs succès d'il y a 3 ou 4 décennies, une nouvelle mouture de leurs souvenirs ou je ne sais quoi d'aussi passionnant. 

Certains sont de véritables habitués et on se surprend à soupirer en les voyant ou en les entendant raconter une fois encore des anecdotes mille fois entendues. J'aimais bien Jean-Marie Périer dont les photos des sixties étaient originales et amusantes. Sa relation avec son père adoptif, le comédien François Périer et celle qu'il a eue avec son père génétique, le chanteur Henri Salvador, son incursion dans la publicité, sa période de mise en scène de cinéma, sa période où il photographiait les "yéyés" il savait raconter et étais original. 

Mais il expose ses photos depuis tant d'années que je n'en peux plus des clichés qu'on a vus en long, en large et à travers dans des centaines d'expositions. Il raconte perpétuellement les mêmes anecdotes et donne les mêmes détails qui, pour tout autre que lui, relèveraient du radotage. On l'a trop vu, je l'ai trop entendu. Même son admiration pour Daniel Filipacchi est ennuyeuse à force d'avoir été racontée. Ras-le-bol de la photo des "idoles". Marre de sa passion pour Françoise Hardy et de son amitié pour Jacques Dutronc! 

On comprend que, comme d'autres gloires passées il a des impôts à payer, l'entretien d'une maison de campagne à assurer et un train de vie à perpétuer mais on en a assez de ce rabâchage incessant. Les médias adorent créer des légendes et les consolider jusqu'à en faire des mythes. Gainsbourg brûlant son billet, Vartan et Hallyday ayant "un problème" sur une moto fixe, Périer et Sheila. On ne partage pas forcément cet engouement passionnel pour des vieilleries poussiéreuses. 

Je n'irai pas voir les photos des années 60 que Jean-Marie Périer vient raccrocher aux cimaises à Toulouse. 

 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 07:00
Blogueur-voleurBlogueur-voleur
Blogueur-voleur

J'ai rarement volé car je me sens incapable de ne pas me trahir. Quelquefois, je le confesse, ce n'est pas l'envie qui me manque mais le "courage". En vieillissant cette envie a d'ailleurs disparu puisque je peux -en principe- m'offrir ce que je convoite.

Je me souviens du 45tours de George Harrison "What is life" que je lorgnais chez "Inno Passy" et dont mes économies étaient dans l'incapacité d'en financer l'achat. Je passais et repassais devant le rayon disques (heureux temps où il y avait des disques presque partout). Un mercredi, avant ou après le catéchisme, je ne sais plus, je tentais un premier essai. Je voyais un vigile dans tous et toutes les client-e-s. J'imaginais que chacun lisait mes intentions criminelles rien qu'en m'observant.

Voler n'est pas à la portée de tout le monde! pas à la mienne en tous cas. rougissement de la figure, chaleur et attitude suspecte accompagnaient ma seule imagination du larcin. Je prenais le vinyl, le regardais, le reposais et... l'achetais le samedi suivant avec le billet que m'avait donné ma grand-mère. N'est pas Mesrine  qui veut.

Le vol dont je me souviens encore concernait un objet ancien (un parfum?) exposé dans un vide-grenier à la campagne. L'objet, brillant et de belle forme me plut, allez savoir pourquoi? et je le faisais promptement disparaître dans ma poche. Ma sœur Frédérique 'avait vu et ne me fit aucune réflexion. J'ai encore ce drôle d'objet qui m'a suivi du vol (tout début années 80) à aujourd'hui. Il ne sert à rien mais je l'aime toujours et l'ai toujours exposé.

C'est certain je n'étais pas programmé pour être un malfrat, un voleur, un ennemi de la civilisation.

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