Physiquement il n'y avait pas moins rock que lui. Il faisait penser à un livreur de supermarché ou, à la rigueur, à un clerc de notaire. A un prolo anglais. Sur les photos du groupe il "détonnait" avec son complice/comparse de la section rythmique des Rolling Stones, Bill Wyman. Couraient sur lui des bruits sur son alcoolisme passé ou sur le coup de poing sur le nez de Mick Jagger le jour où ce dernier osa demander "son" batteur.
Comme s'ils avaient honte d'avoir aimé ce groupe à la longévité de dinosaures les cuistres, pour rehausser l'image du batteur Charlie Watts soulignaient qu'il venait du jazz et que ses goûts profonds l'y ramenaient. Toujours ce mépris pour le binaire!
Charlie Watts, récemment déclaré forfait (à plus d'un titre) de la tournée des Stones aux USA faisait partie du groupe depuis ses débuts en 1963 (qui a demandé avant ou après J.C ?). Il battait sur "Come On", le premier 45 tours du groupe et battait encore sur "Living in a ghost town" en 2020. 57 ans de bons et loyaux services derrière les fûts de l'autoproclamé "plus grand groupe de rock n'roll du monde"... ça laisse songeur.
Wyman ayant déclaré forfait en 1993 Charlie faisait partie des historiques et était considéré pour cela et, ne le négligeons pas, ses qualités authentiques de drummer.
Ça peut paraître anecdotique ou dépassé mais en fait ça signifie qu'il officiait sur les 5 meilleurs albums du groupe qui font aussi partie des 5 meilleurs disques de rock de tous les temps. "Beggar's Banquet", "Let it Bleed", "Get yer ya ya's out !", "Sticky Fingers" et "Exile on Main Street", de 1968 à 1972. Dit comme ça la nécro admirative du bonhomme devient plus facile voire évidente.
En écoutant "Voodoo Lounge", un album pris au hasard dans leur pléthorique discographie on entend ce que Charlie Watts apportait et ce que le groupe lui devait...
La disparition définitive de Watts le rapproche de ce qui motive Mick Jagger depuis 40 ans au moins: une carrière solo! Rien que pour celà Keith Richards devrait faire valoir ses droits à la retraite!
