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26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 07:00

On ne peut pas toujours s'intéresser à l'art, à la littérature ou à la philosophe. Sans mépris aucun il est des moments où l'on doit trouver en soi des arguments plats pour une conversation au ras du ruisseau. Lorsqu'un interlocuteur devient subitement loquace sur la météo de la semaine, la beauté de la Seine ou les qualités esthétiques de la nouvelle agence immobilière qui vient d'ouvrir sur le trottoir d'en face il s'agit de ne pas manquer de carburant: la banalité au mètre ne s'improvise pas complètement.

Ainsi, l'autre jour, m'entreprit-on sur la rivalité supposée de deux authentiques pintades médiatiques dont le Q.I doit à peine dépasser celui du moineau qui mange les miettes que j'ai laissées pour lui sur la terrasse.

Faustine Bollaert et Sophie Davant sont toutes les deux des rescapées du paléolithique télévisuel. Elles ont été conçues sous Pompidou et sont arrivées à maturité (comme on dit pour les choux-fleur) sous Mauroy. L'une et l'autre possède un vocabulaire de 200 mots et elles sont intarissables pour dégoiser de la banalité. Habillées comme des mannequins des "Dames de France", coiffées à la laque, maquillées comme des Barbie de contrebande elles animent des émissions sans s'imaginer un instant que cette "animation" les rend irregardables, inécoutables, insupportables. Contentes d'elle-même chacune de ces deux spécimen de speakerine arrivée sur le tard et d'animatrice adorée dans les EHPAD adore sa petite personne. On sent qu'elles assument leur statut de fan d'elles-mêmes! 

Bêtes à manger de la paille, Elles n'apportent rien aux émissions qu'elles illuminent de leur vide mental. A leur contact l'invité le plus exigeant semble se liquéfier et devenir semblable à la cruche qui l'interviewe. C'est amusant dix minutes. Guère plus. Je crois avoir entendu dire ou j'ai imaginé en les voyant qu'elles étaient "rivales"... Aux Amy Awards de la dinde truffée on peut délivrer un ex-aequo à ces spécimen de l'encéphalogramme plat, du vide mental et de la beauté lyophilisée.

 

 

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 07:00
Louis XVI, Nicolas II un destin semblable

Netflix a diffusé une série courte consacrée à la chute du Tsar de Russie Nicolas II intitulée "les derniers tsars". C'est une reconstitution assez réussie entrecoupée d'interventions d'historiens, de spécialistes de la période et de documents d'époque filmés. Seul bémol: l'acteur principal qui a le charisme d'un gnou.

Comme Louis XVI le dernier Tsar de Russie n'a pas pris la mesure des éléments qu'il affrontait. Il a réagi en autocrate sans comprendre que ce temps était révolu. A en croire cette émission de prestige il a perpétuellement pris les mauvaises décisions, temporisé quand il fallait trancher, fait des choix désastreux, écouté les personnes de son entourage qu'il ne fallait pas (Sa femme, la Tsarine Alexandra,, le Grand-Duc Sergueï, Raspoutine) et négligé les alertes de ceux qui voyaient plus loin que lui. Il a pris de mauvaises options et s'est cru protégé par Dieu alors qu'il courrait vers l'abime.

Pas mauvais homme mais représentant d'un mode de gouvernement aussi absurde qu'injuste il a progressivement miné son propre pouvoir au point de le faire s'effondrer après 300 ans de règne de sa famille. Caricature de la monarchie de droit divin (on est au début du XX ème siècle, cet édifice était condamné) Nicolas II a été à la fois victime de son temps, de ses mauvais choix et de la fatalité. Amoureux de l'impératrice il subissait son caractère maladif, obsessionnel, il n'a pas osé affronter la cour impériale et la noblesse Russe qui voulaient que rien ne change et, enfin, il a affronté la maladie de son fils et héritier, le Tsarévitch Alexis étant atteint, on le sait, d'hémophilie, maladie incurable à l'époque. Comme Louis XVI il y a eu un "chemin de croix", une "descente aux enfers" pour l'homme Nicolas II qui est devenu un otage politique, un symbole, un obstacle à éliminer.

Cette mort annoncée a eu lieu dans "la maison à destination spéciale" à Iekaterinbourg le 16 juillet 1918. Les 7 membres de la famille impériale, leur médecin et des domestiques ont été fusillés à bout portant dans une cave, dans ce qui fut une véritable boucherie. Toute la famille fut achevée, découpée, recouverte de produits hâtant la disparition des corps puis ce qui restait d'eux dispersé dans des puits de mine ou des forêts avoisinantes.

Légende, réalité? on dit que les grandes duchesses avaient cousu des bijoux en grand nombre dans leurs sous-vêtements créant ainsi, sans le savoir, des "gilets pare-balles" faisant durer leur mise à mort.

Dernier parallèle entre le destin de ces deux souverains tué par la Révolution dans leur pays, leur famille fut poursuivie par la haine meurtrière de leurs ennemis: la sœur de Louis XVI, louis XVII étant l'une décapitée l'autre assassiné par des mauvais traitements délibérés tandis qu'en plus des 7 membres de la famille du Tsar 18 membres de la famille impériale furent exécutés.

La monarchie de droit divin était abolie et ses racines détruites. On peut le comprendre et penser qu'il le fallait. Reste que les circonstances sont effroyables et entachent les révolutions  qui la déposèrent. Il faut relire St Just qui a écrit des lignes impitoyables mais justes, criminelles mais politiques sur l'absolutisme et la façon de le détruire. Pour lui la personne du roi (comme celles de ses héritiers) doit être "détruite".

 

 

 

 

 

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 07:00

Je me suis fait aux ensommeillements fastidieux, aux réveils nocturnes, aux insomnies et au sommeil récalcitrant de l'aube, pas à la vaine culpabilisation de la radio dès 6h00 du matin.

Car c'est bien de ça qu'il s'agit: le dimanche après la clôture de la "COP26" (il faudra arrêter avec les "Grenelle de ceci", les "Ségur de cela et tous ces sigles idiots), alors que le café embaumait l'appartement en passant dans la partie supérieure de la cafetière, France Inter donnait à l'auditeur en phase de réveil le calcul permettant de savoir son équivalent carbone ou une autre escroquerie morale du même genre. J'ai déjà, il y a longtemps, dit mon indignation devant ce refrain chanté en permanence. Plus un reportage animalier sans son couplet de fin m'accusant personnellement d'être responsable de la sixième extinction, tous les jours je suis menacé de mise en examen et accusé d'être comptable du réchauffement climatique, de la déforestation, du taux élevé de CO2, du gâchis des énergies fossiles et de la destruction de notre planète. Naturellement j'allume les incendies au Brésil et suis celui qui fait fondre le permafrost en Sibérie.

Voyager est en train de devenir l'archétype de l'égoïsme. La voiture, sur laquelle notre économie a reposé pendant des décennies fait de nous des citoyens écolo-responsables (et coupables), notre mode de consommation, nos couverts en plastiques et nos habitations qui rejettent du CO2 nous montrent du doigt. La Nouvelle Inquisition, personnalisée par une étudiante suédoise nous avertit encore sans frais.
Les mesures de rétorsion ne sont pas à l'ordre du jour mais nous allons payer, tôt ou tard. Les menaces se précisent.... Les châtiments seront à la hauteur des crimes: pas de tri sélectif? vous serez transformé en engrais (les Khmers rouges ont testé, ça marche), Consommation d'alcool et de légumes de serre? la prison bio avec toilettes-sèches. Voyage d'agrément en avion? Travaux d'utilité publique à l'AMAP du coin.

Je plaisante mais pas tant que ça. Les pisse-froid, les Robespierre du climat, les Staline du réchauffement ont compris que deux jolies petites nattes nous contraindraient plus et mieux que la police. Un Jadot et son discours sans aspérité fera le job (culpabilisation, remords, changement d'attitude) et les médias (quand ils ne parleront plus de Zemmour) relaieront.

Bien sur j'exagère et le combat pour cesser de saccager la planète est impératif et urgent mais les donneurs de leçons et leurs discours culpabilisants me les brisent menues (NDLR trad = m'ennuient, m'agacent).

A ceux qui me diraient de ne pas écouter le refrain entêtant du catastrophisme environnemental en question: on n'échappe pas à ce discours: radio, journaux, livres, films, conversations privées.... il est dominant et universel.

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 07:00

J'ai toujours bien aimé Valérie Lemercier dont les one woman's show m'avaient beaucoup fait rire. Malgré une surexposition médiatique et quelques excès que j'ai moins appréciés, j'aime l'entendre et la voir, appréciant qu'elle n'ait pas succombé au tropisme des filles-drôles d'aujourd'hui, à savoir ne pas être féminines, proférer des énormités sur le sexe ou dire des obscénités et se conduire comme un mec.

En tant que réalisatrice dans tous ses films que j'ai vus j'aime ces moments de folie qui n'appartiennent qu'à elle. Il y a de ces séquences mémorables qu'elle est seule à oser dans tous ses longs-métrages, même les moins bons.

Valérie Lemercier possède un don: celui de trouver le ridicule, l'insignifiant, le pathétique, le grotesque et de s'y arrêter sans faire une seconde de trop. Ses personnages, que souvent elle interprète, sont ainsi le plus souvent englués dans une vie pas faite pour eux. Dans "Aline", son dernier opus qui louche terriblement sur la biographie de Céline Dion il y a plein de personnages gentiment déjantés, ringards, un peu bancals dont on sent qu'elle a des modèles précis en tête. Le coiffeur homo, par exemple, est trop vrai pour avoir été inventé. Dans son premier et meilleur film "le derrière" le proctologue interprété par Dieudonné comme le cultureux joué par Claude Rich étaient excellents et "justes". J'ai dit ici combien Marthe Keller, dans le même film, était belle et parfaite. Michel Auclair, en chef du protocole, était merveilleux dans "Palais royal".

Je ne dirai rien de "100% cachemire" ni de "Marie-Francine" qui sont des ovnis trop difficiles pour moi.

Soyons sincères: Valérie Lemercier aime aussi choquer et invente des situations qui oscillent entre le trivial et le grotesque. Je pense à la récolte de sperme d'un étalon par Didier Benureau dans "le derrière" et à Catherine Deneuve brodant des lignes de P dans "Palais Royal".

En Aline elle est -un peu- tombée dans le travers de la comédie à la Française qui voit le spectateur passer du rire aux larmes et des larmes au rire sans avoir le temps de faire une pause. Je ne comprends toujours pas pourquoi on a toujours une "séquence émotion" dans des comédies assumées.

J'aime aussi le goût du kitsch prononcé chez Valérie Lemercier. fringues, voitures, maison, chansons... elle assume sa prédilection pour ce qui est moche et voyant, toc et clinquant. 

De ce point de vue elle ne pouvait pas ne pas s'intéresser à Céline Dion qui est sans doute ce que l'on fait de mieux dans le style "bling-bling à Las Vegas".

Son film "Aline" est agréable, souvent drôle, maîtrisé et elle est parfaite dans le rôle-titre.

 

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 07:00
Art Moderne, cette fois à Toulouse; Art Moderne, cette fois à Toulouse;
Art Moderne, cette fois à Toulouse;
Art Moderne, cette fois à Toulouse; Art Moderne, cette fois à Toulouse;

Toulouse, ville de moins d'un million d'habitants en comptant les communes plus ou moins limitrophes possède naturellement un Musée d'Art Moderne, en l'occurrence d'anciens abattoirs transformés en lieu d'accueil, d'échange et de culture idéalement situés le long de la Passe du Bazacle, à deux pas de la Garonne. Les bâtiments, s'ils sont beaux tant extérieurement qu'intérieurement, semblent cependant petits pour la cinquième ville de France.  Personne ne semble s'en plaindre et les expositions, même les plus courues, se visitent sans bousculade ni attentes prolongées. Le patio, devant les entrées, est décoré de peintures "naïves" de Fernand léger. Peintures? je crois que ce sont des céramiques. Il faudra aller vérifier.

Le Musée des Abattoirs ou les abattoirs, les deux noms lui sont donnés, est au milieu du jardin Raymond VI, un magnifique écrin de verdure en ville. Beaux arbres, pelouses accueillantes, jeux pour enfants, buvette d'été et restaurant d'hiver, tout est fait pour attirer le chaland.

Celui-ci vient en grand nombre voir des "installations", des expositions thématiques parfois surprenantes, des toiles de passage (en ce moment les 6 panneaux de "la dame à la licorne", la tapisserie du Moyen Age en rupture de ban dijonnais) le tout sur des thèmes variés.

Seule faute de goût, le morceau d'intestin rose (il y a son frère jumeau au Luma d'Arles) qui trône sur une pelouse. Cette horreur est l'objet de soins intensifs (entretien) au grand dam des toulousains qui le verraient bien disparaître. Les goûts et les couleurs....

Une des fiertés de la ville est le rideau de scène peint par Pablo Picasso pour "14 juillet", la pièce de Romain Rolland présentée en 1936.

"La dépouille du minotaure en Arlequin" ne mérite ni l'excès de critiques ni les éloges automatiques qui lui sont quotidiennement adressées.

Comme tous les musées d'art moderne ou contemporain celui des Abattoirs soumet à l'âme artistique des visiteurs des œuvres déconcertantes voire provocantes. L'éternelle question "qu'est-ce que l'art"? est de celles qu'une visite au musée d'art moderne n'aide pas à trouver une réponse satisfaisante.

J'ai parlé (post du 1er novembre 2021) du toboggan trônant sur deux étages à Arles. A Toulouse une pièce entièrement recouverte de miroirs, plongée dans une lumière faible contient des formes gonflables rouges sur lesquelles il y a des points blancs ronds de 10 cm de diamètre. Le visiteur peut donner une impulsion à l'une ou l'autre des structures gonflables. J'imagine que le concept repose sur le fait que "l’œuvre" se renouvelle constamment.  (Dots Obsession de Yayoi Kusama)

Mouais.

 

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 07:00

Bien sur je m'incline bas devant l'Homme du 18 juin, naturellement je ne retire rien à la statue ni ne me permets de critiquer négativement les grandes réalisations du Général de Gaulle mais...

Mais. J'en ai plus qu'assez de la "statue du commandeur" qu'on lui a érigée, de l'absence de recul et d'analyse de son action, surtout après la guerre de 1939-1945. Je conçois que devant un tel homme l'on se sente humble mais il faut raison garder et remettre les choses en perspective. L'indécent mais comique pèlerinage à Colombey-les-deux-Eglises des éclopés candidats à la présidence d'avril prochain témoigne que des bornes ont été franchies: celles de la connaissance, de la raison, du culot et de l'hypocrisie, à n'en point douter.

L'hommage rendu, avec "pompe et circonstances" par des formations qui l'ont combattu voire condamné à mort ou désigné aux fusils des assassins, celui de ses pseudos-continuateurs qui ont vidé le leg pour n'en garder que le nom, ses opposants acharnés et ceux qui viennent "parce qu'ils ont vu de la lumière" il y a de quoi se pincer et même s'énerver. Tartuffes et gogos viennent en Haute-Marne comme d'autres font la queue pour être le premier à posséder l'Iphone 26. pour faire "une bonne affaire"!

A l'aune du Général -et je ne parle pas de sa taille- tous ou presque sont des nains (Pardon!, des personnes de petite taille) et la détention d'un petit bout de la croix de Lorraine n'en fait pas ses héritiers. Loin de là.

Personnellement j'ose dire qu'à travers ce que j'ai lu de la période qui va du retour au pouvoir (1958) à la démission de la Présidence (1969) je ne vois pas une action aussi admirable que certains se complaisent à le penser, à le dire et à l'écrire. Pire l'autocrate Républicain, le régime aux allures autoritaires, les plébiscites, la main-mise sur l'information etc m'indisposent et ne recueillent en rien mon admiration qu'on dirait à jamais acquise si on écoute les médias.

Autre époque, j'en conviens, mais pourquoi en faire autant pour la laver de ses défauts? de ses tares? de ses errements et de ses injustices? En lessivant le "règne", en en réduisant les aspérités jusqu'à les effacer on trompe le citoyen. Les onze années du Gaullisme-incarné de 1958-1969 mériteraient plus de retenue dans l'admiration. Si mai 68 a existé peut-être le pays en avait-il assez de l'incarnation élyséenne, de ses méthodes, de ses hommes et de ce qu'ils représentaient.

Je connais les aspects positifs et me garderai d'en dresser la liste, les thuriféraires le font depuis cinquante ans.

Je me contenterai de dire que ce culte (à rebours) de la personnalité m'indispose et que ces références à un passé sublimé ne grandissent personne.

Le règne de Charles XI? très peu pour moi!

 

 

 

 

 

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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 07:00
Les échecs

Catherine m'a donné, en disant pourquoi elle l'avait appréciée, envie de regarder la série Netflix "Le jeu de la Dame" ("The Queen's gambit"). Il s'agit d'une adaptation du roman de Walter Tevis (1983) dont je n'avais jamais entendu parler auparavant.

C'est ce que le jargon télévisuel appelle une mini-série. Il y a, pour le moment, 7 épisodes d'un peu moins d'une heure à regarder. Sur que le succès appellera une suite..

La série est particulièrement réussie sur le plan formel: images magnifiques, reconstitution des années 60 parfaite, musique agréable (souvent Erik Satie) et comédien(ne)s irréprochables. La jeune héroïne particulièrement qui joint un physique original et un jeu élégant et discret.

Réussir à intéresser avec une orpheline adoptée, avec des représentants de la classe moyenne américaine, mais surtout avec le jeu d'échec était une gageure. Le pari est gagné. Jusqu'à son décès surprise, la mère adoptive de Beth est un personnage attendrissant et les rapports qu'elles ont ensemble plaisants. 

Comme beaucoup je n'ai pas réussi, personnellement, à jouer aux échecs qui m'ont toujours semblés compliqués et, oserais-je le dire, ennuyeux. La série, au contraire, les démystifie en en soulignant certes l'intelligence mais aussi le plaisir du jeu, les cérémoniaux exclusifs, la beauté des pions et de la tactique, les réflexions et les attitudes qu'ils suscitent chez les joueurs.

Je suis au milieu du gué et ne sais ni où ni comment le scénario nous mène mais suis envoûté par l'éclairage, la couleur, les intérieurs, la vie quotidienne américaine des sixties sont rendus. Plus qu'une restitution je parlerais même de re-création. L'actrice principale, on le sent, nous mène quelque part mais on ne sait, à ce stade, où. J'aurais garde d'oublier les voitures rutilantes, les fringues vintage et, évidemment, les musiques des 6O's (Ah, "Venus" par les Shocking Blues!)

Je me demande s'il est possible de "jouer dans sa tête" comme le fait Beth Harmon (Anya Taylor-Joy), la "vedette" de la série. Je m'interroge aussi sur la possibilité, pour une "autodidacte des échecs" de 13 ans de battre des joueurs chevronnés dans des tournois pour lesquels ils se sont largement entraînés.

Comme ça, en spectateur, les parties semblent étonnamment rapides, se terminent en "échec et mat" très (trop?) souvent et paraissent ne demander ni concentration, ni audaces... On est comme fascinés par le chronomètre spécifique du jeu qui fonctionne à une vitesse sidérante. Loin, en tous cas de la légende de ce jeu d'esprit et des quelques championnats mondiaux de l'époque de la suprématie soviétique qu'on voyait comme des abstractions d'un monde inconnu. Pour "pimenter" la série l'héroïne est accro à l'alcool et aux amphétamines, elle n'est pas d'un tempérament sensuel (ses partenaires non plus qui parlent de stratégie de jeu en pleine action sexuelle!) et a du mal à nouer des contacts humains hors sa passion.

Telle qu'elle je vous recommande ce "jeu de la Dame" qui vous fera oublier, quelques instants, Zemmour, la Cop 26, la COVID 19 et Kylian Mbappé.

 

 

 

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 07:00

Comment peut-on à ce point mépriser le citoyen et l'électeur? flatter ce qu'il y a de laid en lui (son égoïsme), faire appel à ses bas-instincts (le racisme) ? la pré-campagne présidentielle qui voit les Républicains se choisir un champion est gratinée. Les thématiques choisies par les candidats à la candidature sont toutes négatives. Elles rejettent et stigmatisent. On reste plus que jamais dans ce libéralisme sacrificateur qui voit le marché omniprésent et révéré décider de tout. S'y ajoutent cette vieille lune de l'insécurité et le fantasme de l'immigration qui menace de submerger l'hexagone.

L'immigré, ce pelé, ce galeux, est responsable de tout ce qui, à leurs yeux, ne va pas dans notre pays. Qu'a t'il fait pour mériter ces anathèmes? pourquoi suscite t'il ce dégoût à peine masqué? Quitte t'on son pays, sa famille, sa langue, ses coutumes, en un mot ses racines pour une hypothétique amélioration de son quotidien le cœur léger? Affronte t'on le danger, la mort, le rejet, les camps de transit, le viol, par plaisir?

En réalité, et chacun le sent, la droite et la droite extrême (mais d'autres Français du bord opposé pensent de même et se gardent bien de le dire) les Républicains, le Rassemblement National, Zemmour et beaucoup d'autres rejettent purement et simplement les ressortissants du Maghreb, c'est à dire, ceux dont les origines sont algériennes, marocaines et tunisiennes. Qu'ils aient une carte d'identité bleu-blanc-rouge ou soient de nationalité Française importe peu. Ils détestent les Nord-Africains et les rendent responsables de tout ce qui ne va pas dans le pays. Un préfet Papon sommeille en eux.

Quand nos démagogues hypocrites parlent de "flux migratoires" ils cachent leur pensée: leur unique obsession est le garçon ou la fille, l'homme ou la femme, l'enfant qui présente des traits Nord-Africains.

Ils voudraient les chasser, les renvoyer outre-Méditerranée et savent que c'est chimérique. Plus ils prennent conscience de leur impuissance plus ils haïssent ceux qu'ils en tiennent pour responsables.

Les "jeunes", les "beurs", les "enfants des quartiers", les "rebeus" etc. (le vocabulaire pour éviter d'être trop précis est sans limites) réagissent, pour une minorité importante d'entre eux, de manière provocante et agressive. Quand on ne se respecte pas, quand on n'a pas d'estime pour l'autre, quand on le rejette la cohabitation ne peut être que conflictuelle. On s'observe en chien de faïence tout en singeant celui que les ennemis voient en vous. Dealers, intégristes, "barbus"... les avatars sont nombreux et effarouchent le "Français de souche". De l'autre bord on voit des Dupont-Lajoie partout.

Je reviens sur les candidats à la candidature, à leurs petits pupitres en plexi et aux discours au ras du bitume qu'ils ont débité lors du "débat" qui les opposait lundi. C'est pitié de voir Barnier s'abaisser ainsi. C'est navrant de constater que Bertrand et Pécresse ne dédaignent pas voler les bassesses de Ciotti.

A se mettre ainsi au niveau de Marine Le Pen ou d'Eric Zemmour on risque de les voir vous supplanter électoralement. Si ce n'était pas si grave je le souhaiterais presque!

 

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 07:00

J'ai beau faire, impossible de m'adapter à ces journées froides et grises, à la nuit qui tombe dès 17H00, aux gaufres Belges qui ont remplacé les sorbets et à ce qui signifie pleinement l'entrée dans les frimas hivernaux: le retour de Sylvie Vartan, Halloween, la buée sur les fenêtres de la voiture et le retour des soupes aux menus.

Pour me consoler j'ai visionné à nouveau la version d'Emmanuel Mouret d'un passage fameux du "Jacques le fataliste et son maître", 1796,  (connu sous le titre "Histoire de Madame de la Pommeraye") un film à qui, cette fois, j'ai trouvé beaucoup de qualités. C'est -je le dis pour vous éviter de le penser- une histoire du XVIII éme siècle terriblement datée. Il y est question de femme qui se venge de n'être plus aimée par un homme (j'ai vu votre bâillement),  cette vengeance s'exerce par deux femmes interposées et la perte de son honneur et de sa dignité pour le protagoniste masculin.

Vous comprendrez mieux de quoi il s'agit si j'explique que Madame de la Pommeraye se croit encore aimée par le Marquis des Arcis. Ayant un doute elle feint d'avoir cessé d'aimer et obtient des aveux du Marquis qui lui confesse ne plus l'aimer également. Elle décide de se venger et met sur le chemin du séducteur deux femmes déchues, la mère et la fille, qu'elle fait passer pour des dévotes recluses. Évidemment le libertin s'amourache de la jeune femme et plus elle se refuse plus sa passion grandit. Voyant qu'aucun de ses stratagèmes n'aboutit il finit par offrir le mariage et le jour même apprend la machination et l'indignité scandaleuse de sa situation.

La fin est morale qui veut que Madame de la Pommeraye soit comme bannie de la bonne société tandis que l'épouse scandaleuse se rachète et obtient le pardon et même l'amour du Marquis des Arcis.

Si Diderot, Robert Besson (qui a porté cette histoire à l'écran en 1945 sous le titre "les dames du Bois de Boulogne" dialoguée par Jean Cocteau et interprétée par une Maria Casarès impériale) et Emmanuel Mouret se sont intéressés à cette histoire c'est parce que ses ressorts psychologiques sont éternels et que le thème de la chute et de la rédemption est vieux comme l'humanité.

De plus l'époque, les dialogues, les décors, la musique et les costumes permettent une mise à distance des personnages, de leurs ressorts intellectuels, moraux et sociaux pour mieux les étudier et les comprendre. J'émettrais quelques réserves à propos des deux acteurs principaux de la dernière adaptation: Cécile de France, que j'aime beaucoup par ailleurs, a -me semble t'il- un visage et un phrasé trop contemporains pour une femme noble du dix-huitième siècle. Edouard Baer, lui, ne me semble pas entré complètement dans le personnage. Il est trop "joyeux" de nature pour que l'on croit à son amour destructeur.

Quand un film (on ne peut pas, ici, parler de remake) raconte la même histoire qu'un autre découvert avant lui il est difficile de s'affranchir de la première version et de lui trouver les mêmes vertus, surtout si on a aimé "l'original". En ce sens le film de Mouret (2018) souffre, pour moi, de la comparaison avec celui de Robert Besson et Cécile de France de celle avec sa devancière.

On avait fait se dérouler l'action des "Dames" au vingtième siècle: cette audace est la seule erreur du film de 1945. En replaçant celle-ci à la fin du dix-huitième Emmanuel Mouret lui a redonné sa légitimité et, je le reconnais, sa cohérence.

Ni Paul Bernard ni Edouard Baer n'ont réussi à incarner le Marquis des Arcis, personnage sans envergure, antipathique et frisant le ridicule. J'avoue que je ne vois pas quel comédien aurait pu se fondre en cet anti-héros.

 

PS: j'étais certain d'avoir parlé ici même de cette histoire et de ces deux films. Je n'en ai pas retrouvé la trace. Excusez-moi s'il y a redite.

 

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 07:00

Le mélange des genres, le laisser aller et la course à l'audience, sans oublier le n'importe quoi érigé en modèle ont conduit notre pays à voir un trublion condamné à plusieurs reprises par la justice pour des propos racistes à faire acte de candidature -ou à s'estimer capable de le faire- à la Présidentielle.

Tout le monde s'accorde ou semble s'accorder à trouver "normal" qu'un journaliste-chroniqueur-polémiste aux idées d'extrême droite puisse monopoliser radios et télévisions et bénéficier, à titre gratuit, d'une caisse de résonance phénoménale avant même d'avoir pu prouver sa capacité à être candidat. 

Eric Zemmour n'a pas, à l'heure où j'écris ce post, les 500 signatures lui permettant d'être officiellement candidat. Il n'a pas d'équipe constituée autour de lui pour préparer son éventuelle candidature hormis des amateurs séduits par les ignominies verbales de leur "héros". Il n'a ni programme ni stratégie électorale et sa seule ambition est probablement de souiller un peu plus la politique. 

Il bénéficie du soutien aveugle d'un capitaine d'industrie qui se retrouve dans les positions extrêmes de son salarié et de l'appui imbécile de milliers de journalistes idiots utiles qui font le boulot pour lui. 

Grâce à un emballement médiatique obscène et suicidaire Eric Zemmour, en vendant un livre se retrouve à égalité dans les sondages avec la représentante de la franchise Le Pen qui, semble t'il, n'a pas vu venir le coup. Il dépasserait, si on croit ces  outils d'analyse de l'opinion faussés, les candidats déclarés du Parti Socialiste et des Républicains, qui ont l'expérience gouvernementale et la logistique nécessaire en hommes et en idées.

Ce n'est pas que révoltant: c'est aussi grotesque. La honte m'envahit quand je vois et entend des personnes qui devraient protéger la démocratie prostituer leur talent pour faire la courte-échelle à un olibrius décider à jeter bas la dignité, la crédibilité, l'édifice politique et la démocratie dans notre pays. 

Le mal est fait. On écartera, j'en suis persuadé, ce candidat vaudevillesque et ses idées nauséabondes, la droite extrême sera écartée également mais il faudra demander des comptes à celles et ceux qui se sont compromis dans cette fange. 

La dignité du pays l'exige. 

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