Supposons une sorte de République bananière avec tous les défauts du genre mais placée par le destin non pas au milieu de l'océan mais au cœur de l'Europe. Dans ce pays riant mais injuste les puissants sont toujours plus puissants et les pauvres toujours plus pauvres. La justice, la police, la Loi, la vie y est belle pour ceux qui sont bien nés, beaucoup moins favorable pour tous les autres, c'est à dire plus de quatre vingt pour cent de la population.
Ce n'est pas une dictature, loin s'en faut, mais ce n'est pas la démocratie, loin s'en faut également. Le pays est dirigé par une caste qui s'auto-promeut et dont les rejetons suivent les traces de leurs géniteurs quand bien même ils n'auraient aucun talent.
Dans ce pays de soixante six millions d'âmes la télévision est propriété de l'état ou de grands groupes privés. Ce mélange des genres ne pose aucun problème, est-il utile de le dire?. A rebours de ce qui se fait ailleurs la télévision ou la radio sont "la voix du pays" ou des groupes industriels qui tordent l'information jusqu'à ce qu'elle soit ce qu'on attend d'elle: un prêchi-prêcha mensonger et fallacieux présenté par d'inamovibles présentateurs qui prennent leur aise avec la déontologie.
Je rappelle à ceux et celles qui croient reconnaître une nation existante qu'ils ou elles se trompent puisque tout ceci n'est qu'invention. Dans cette "banana Republic" les présentateurs du "journal télévisé" (une sorte de journal officiel) restent des décennies sur leur fauteuil au point de "percaliser" comme disait le poète. L'un d'entre eux, sans doute celui dont l'échine se pliait le plus facilement à force de courbettes et de génuflexions devant les détenteurs réels du pouvoir était, à force de passer la rhubarbe et le séné, devenu populaire tant il est vrai que les serviteurs finissent par s'attacher à leurs maîtres.
Fausses interviews, livres signés par lui mais plagiés ou écrits par d'autres, omniprésence et mégalomanie l'avaient consumé au point qu'il se croyait d'une essence différente. Il mis sa vie, celle des siens en scène, Il s'inventa une particule car l'homme en question ne se prenait pas pour la moitié d'un zéro.
Pendant plus de trente ans ce personnage insupportable pour les gens de goût mais révéré par les autres prit la lumière tandis qu'il se rendait coupable de crimes sexuels, de harcèlement et autres vilenies côté cour.
Je passerais sous silence le courage qu'il fallut à certaines victimes de ses prédations pour arriver à dénoncer les turpitudes nombreuses, variées, répétées et impunies dont il s'était rendu coupable. L'homme était comme protégé par sa renommée et la crainte que sa fausse-bonhommie inspirait. Il était procédurier et possédé par la folie de lui-même. Il était entendu (pour lui) qu'il pouvait tout se permettre en remerciement des services rendus à la désinformation du bas peuple. Celui-ci, victime du syndrome de Stockholm, prenait sa défense et injuriait celles qu'il avait harcelée, violée ou les deux.
Je vois, en relisant ce texte, que "ça" ne fonctionne pas. Un tel imposteur ne saurait sévir si longtemps sans être démasqué; même dans une principauté chamarrée. A force j'ai mis trop de poivre dans le texte qui est devenu immangeable.
