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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 07:00

Ma grande amie Marie-Eve, décédée (je ne lui ai pas encore pardonné) avait des emballements subits pour un plat, une musique, un film, une expo, une maison, un mec. Du jour au lendemain elle ne parlait plus et ne respirait plus qu'au rythme de cette passion subite. Elle la partageait alors avec celles et ceux qu'elle jugeait capables de la comprendre et faisait tant et si bien que l'élu(e) ou les élu-e-s se mettaient sincèrement à aimer ce qu'elle aimait. Je me souviens des trésors de diplomatie qu'elle a développés pour que j'aille voir le film d'Alan Parker "Evita"*. Elle savait que le challenge était difficile: Madonna était, à mes yeux, une imposteur et je n'aime pas, de toute éternité, le genre "comédie musicale". J'ajoute que je ne trouvais aucune excuse et partant aucun intérêt à la dictature de Juan Peron ni à l'Argentine de ces années là.

Elle avait aimé le film et ne boudait pas son plaisir en écoutant la bande originale. J'étais moins souple à l'époque qu'aujourd'hui et restais sourd à ses appels, rétif à ses "don't cry for me Argentina" madonnesques.

On connaît la formule "ce que femme veut..." et avec Marie c'était plus qu'une vérité, un dogme. J'ai vu le film et en aimé la mise en scène ample et l'intelligence du scénario. Il n'idéalise pas cette danseuse mi-prostituée mi actrice qui "séduit" l'apprenti dictateur et devient une sorte d'idole des classes moyennes et pauvres (les "descamidos") de l'Argentine des années cinquante. De cette histoire, les chansons et la musique du film soulignent les péripéties et la qualité. C'est une épopée qui surprend par l'osmose entre les chansons et les images. Le tout n'est dépourvu ni d'humour ni de vérité et de réflexion historique. Une authentique réussite. 

Tel je l'ai vu quand je l'ai vu pour la première fois. Avec (mais ils n'ont aucun point commun) "Beaucoup de bruit pour rien" c'est une de nos références à ma fille, mon fils et moi. On a deux ou trois séquences "cultes" dont celle où les marins (?) habillés en blanc font un chœur agressif qui se termine à chaque fois par un retentissant "Bitch" (littéralement "Salope"). 

Nous avons souvent écouté le disque de la B.O en voiture et ma fille chantait merveilleusement les fameux "High Flying, Adored", "You Must Love Me" et l'inévitable  "Don't cry for me Argentina" qu'interprétait Madonna dans le film.

Il m'arrive d'écouter cette bande originale sur "Spotify": je ne lui trouve plus autant de qualités et ne parviens plus à passer plus de 4 ou 5 titres. Quand je pense à Marie-Eve c'est Bryan Ferry qui s'impose. Pas Madonna!

 

 

* paroles de Tim Rice  musique de Andrew Lloyd Weber.

 

 

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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 07:00

Un "boum" sourd à l'avant de la voiture qui se répercute ensuite plus sourdement encore sous elle. L'animal, dont j'ai eu le temps de voir le regard avant de le tuer a traversé ma partie d'autoroute et je n'ai pas même tenté de l'éviter. Le limitateur de vitesse était réglé sur 100 km/heure, vitesse un peu lente sur une telle route en pleine nuit, mais les stations service étaient soit fermées soit en rupture de carburant suite à des grèves sur les terminaux de raffinage et il fallait donc économiser le carburant.

Françoise qui dormait a senti le petit choc et s'est brusquement réveillée: "qu'est-ce qui s'est passé"? a t'elle demandé. "Rien, ai-je répondu, j'ai juste écrasé un animal".

Nous avons passé en revue les animaux auxquels il fallait rattacher celui à qui j'ai pris la vie en une fraction de seconde. Ragondin? non, l'animal était assez petit et n'était pas gros. Chat? non, je l'aurais reconnu. Furet? fouine, martre? loutre? sans doute un de ceux-là. Il faisait sans doute ses 3 ou 4 kilos.

Évidemment, avec la nuit d'encre, je n'ai rien vu dans le rétroviseur. La voiture qui me suivait n'a pas fait d'écart pour éviter ce que j'ai laissé de l'animal suicidaire.

Je l'ai facilement imaginé: écrabouillé, sanguinolent, difforme. De la purée d'animal sur laquelle roulent voitures, camions et autocars. En quelques heures la dépouille animale est transformée en papyrus révulsif.

Ce n'est rien qu'une bestiole sans importance et l'incident est tellement banal que, d'ordinaire, on n'en parle même pas.

Mais cela s'ajoute à toutes les bêtes que nous tuons quotidiennement et cela pousse à réfléchir à la place que nous prenons dans la Création et aux droits que nous nous sommes attribués. Nous ne faisons pas attention à ces carcasses répugnantes d'animaux victimes de la route. Le bruit qu'elle font en entrant violemment en contact avec nos voitures est leur ultime protestation.

Une protestation muette mais difficilement supportable.

 

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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 07:00
fauteuils griffés (suite et fin)fauteuils griffés (suite et fin)fauteuils griffés (suite et fin)

Le 12 octobre dernier j'étais à St Denis en région parisienne pour participer au tournage d'une émission de "Affaire conclue" dans laquelle je vendais les deux chaises Shell de Hans J. Wegner et Fritz Hansen dont je vous ai parlé. (voir le blog du 13/10/22)

L'émission existe depuis 6 ans et est parfaitement rodée. L'équipe est soutenue par des jeunes stagiaires qui ne comptent ni leurs heures de travail ni leur fatigue pour que tout se passe au mieux.

Nous étions plus de 20 à apporter des objets hétéroclites. L'atmosphère est celle d"une ruche et l'ambiance y est plutôt sympathique. (plusieurs émissions sont mises en boîte simultanément).

Mes "prestations" devant les caméras n'ont pas été bonnes car je n'ai pas réussi à les oublier. De plus ma passagère clandestine s'est manifestée par un tremblement augmenté par l'émotion que j'étais trop occupé à calmer au détriment de ma présentation. J'ai eu des "blancs", des erreurs et, naturellement, tout ceci se verra quand l'émission sera diffusée ("cet hiver, on vous préviendra quand" m'a t'on répondu quand j'ai demandé la date de diffusion).

Peu importe. Ce qui compte était que je vende les chaises et que je les vende un bon prix. Ça commençait mal: l'expert a insisté sur la nécessité de les restaurer et sur le coût de cette restauration. Il a émis une estimation de 3500€ la paire qui était éloignée du prix plancher que je m'étais fixé (5000).

J'abordais la  vente prêt à en rabattre sur mon estimation personnelle et me fixais la limite à 4000€. Au pire j'avais la possibilité de me rétracter pendant les 5 jours après la vente. Mais il fallait qu'il y ait vente sinon la séquence serait jetée, purement et simplement. (on m'avait briefé).

Les enchères ont été laborieuses au début puis ont été spectaculaires pour culminer à 8150 €.  j'ai évidemment accepté ce montant. A ma surprise l'acheteur et moi avons été applaudis par l'équipe de tournage et tous les présents.

Soudain la voix du producteur a dit (seule sa voix forte a été utilisée) que le public de l'émission ne comprendrait pas qu'un "vieux tas de bois" (sic) soit acheté une telle somme et qu'il fallait ajouter une séquence en insistant sur le caractère exceptionnel des sièges qui étaient rares et de collection etc etc. Ainsi fut fait et ce n'est pas cet ajout qui a vu ma meilleure prestation!

L'accueil a été irréprochable et grand style (voitures avec chauffeur, personne m'attendant à la gare avec tablette portant mon nom, déjeuner sympa, hôtel, boissons illimitées....) mais il y avait une dichotomie entre les élus (ceux de l'émission, techniciens compris) et les spectateurs-vendeurs. Ces derniers un peu infantilisés (et pour la plupart heureux de l'être). On ne dira jamais le grotesque de ces selfies, de la quête des autographes et autres photos avec des personnes connues... Quel intérêt d'avoir des photos du décor? Dans l'absolu c'est à eux (à nous) qu'on aurait dû demander de signer des autographes: nous apportions la matière (objets et personnalités) de l'émission!

Un bon moment cependant qui, en plus, m'a permis de rendre service à ma mère. Que demander de plus?

 

 

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19 octobre 2022 3 19 /10 /octobre /2022 07:00

J'allume France Inter mardi 11 octobre sur le coup de 14H30 environ. Je cherchais une station service ouverte non pas pour faire le plein d'essence (on n'en trouve plus une goutte ici) mais pour faire la pression des pneus en vue de notre séjour en Vendée en fin de semaine. Le type qui était invité était un concentré de tout ce qui m'insupporte actuellement: un partisan d'une décroissance forte, accusateur public des politiques en général et du gouvernement en particulier, un peine-à-jouir obsédé par l'empreinte carbone et la déforestation, un possédé qui veut nous ramener manu-militari à l'âge de pierre.

Il pérorait en mélangeant tout, en employant des mots qui manifestement lui écorchaient la bouche (capital, économie, libéralisme, financiarisation, entreprises, etc.) et en préconisant des réductions drastiques de tout. "La tête au carré" de Mathieu Vidard est d'ordinaire mieux inspirée. Le mix d'un cégétiste marxiste doublé d'un écologiste totalitaire dans sa pensée et dans ses projets n'a pas sa place, me semble t'il, dans une émission de réflexion.

Pourquoi?

Parce qu'il n'en a justement pas, de réflexion. Juste une suite de parti-pris et d'oukases propres à rendre la vie impossible. Des concepts et des projets qui, s'ils étaient appliqués, nous rendraient la vie aussi heureuse que l'Allemagne de l'Est sous la Stasi, la Roumanie sous la Securitate, l'URSS sous le KGB et autres clubs Med' de l'époque du rideau de fer.

Si le postulat de départ est juste (nous ne pouvons plus continuer à exploiter la terre comme nous le faisons) les solutions proposées seraient pire que la continuation de l'existant.

Le problème c'est que les "écologistes politiques" sont tous bâtis sur ce modèle répressif et inquisiteur. Ils veulent sauver la planète en faisant disparaître l'homme de sa surface... Que les fourmis respirent bien après, on s'en moque un peu, non?

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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 07:00

Je ne pensais pas qu'à mon âge je jouerais toujours au Lego. Jouer? ai-je le choix? petit-fils après petit fils, les plus jeunes me réquisitionnent pour jouer avec les briques scandinaves.

Petit j'y ai longtemps joué et les briques en plastique ne permettaient pas la construction d'autre chose que des bâtiments . Aujourd'hui les Lego différents se comptent par centaines et ils permettent de faire à peu près tout. Les briques sont multiformes et de couleurs variées (autrefois c'était rouge, blanc, noir et vert). Quant aux réalisations qu'elles permettent elles sont infinies.

Souvent les parents achètent des voitures, des motos, des trains ou des maisons, mais aussi des sous-marins, des hélicoptères, des voitures de police ou des intérieurs bariolés sans oublier des fêtes foraines ou Batman et ses amis. Une fois démolis ces Lego qui les constituent ne permettent pas de refaire l'objet initial et ne servent pas pour en construire d'autre. Les briques sont parfois minuscules et s'insinuent partout à la maison. Les plus petits s'enfoncent entre les lattes du parquet et sont difficiles à déloger.

Les caisses dans lesquelles sont rangés pêle-mêle les briques de toutes les couleurs et de toutes les formes font un bruit d'enfer quand on les manipule, à la recherche d'un 2 violet ou d'une cheminée grise. Les personnages (pirates, ouvrier, col blanc, requin...) sont toujours disloqués et au fond de la caisse. 

les plus jeunes donc, réclament que je m'asseye en tailleur et que je réalise des téléfériques qui marchent pour de vrai dans le salon entre le canapé et la table basse. Ils défont mes (splendides) réalisations pour récupérer "le" Lego dont ils ont besoin et qui se trouve être celui qui fait tenir mon œuvre.

Ce que je fais n'obtient jamais mieux qu'un "ouais" rien moins qu'admiratif tandis que mes compliments sont exagérément laudatifs. Ça fait partie du deal!

Au bout d'un moment d'autres jeux les appellent et c'est bien sur moi qui range les Lego et en oublie un ou deux sur lesquels ma femme ou moi marcheront, à renfort de gros mot, en traversant la, pièce pour aller dormir. Qui ne connaît la "délicieuse" sensation de marcher pied nu sur une brique Lego?

Mais je reste admiratif devant le renouvellement d'un jeu qui date des années 50 et qui, normalement, aurait dû disparaître vu qu'il ne se réfère ni à un dragon japonais ni à un plombier à moustaches.

 

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17 octobre 2022 1 17 /10 /octobre /2022 07:00

La phrase de Joe Biden, Président des U.S.A à propos de "l'apocalypse nucléaire" possible sinon probable m'a tellement électrisé que j'ai voulu en savoir plus.

Quand je veux en savoir plus sur l'actualité je m'en remets au "Monde" ou à "Libération" à l'exclusion de tout autre journal. Pourquoi eux? parce que ce sont les moins pires, le premier pour tout ce qui a trait à l'international, à la géopolitique et à la politique, le second pour les faits de société.

Le Monde, donc. Toujours aussi ennuyeux. Celui daté de samedi 8 octobre ne faisait pas exception à la règle. Et cependant, en y regardant à deux (ou trois) fois j'ai trouvé plus de trente minutes de lecture et une nouvelle raison de désespérer de l'Humanité, avec ou sans "H" majuscule. L'article, publié dans la rubrique "Horizon" du quotidien du soir est intitulé: "Liberia, l'horreur en procès" et concerne ce pays et des horreurs de la guerre civile qui y (a?) fait rage. On y parle de torture, de viols, de cannibalisme et de massacres, de pillages, de mutilations et autres spécialités (in)humaines.

J'ignorais que le Liberia était lui aussi plongé dans l'horreur.. Après l’Éthiopie encore un pays Africain qui se trouve prisonnier de nos instincts barbares.

Évidemment l'article sur 4 colonnes est décourageant et épouvantable. Ce que le personnage qui est jugé actuellement à la Cour d'Assise de Paris a fait -pour autant que ce soit prouvé- est tout simplement monstrueux. Nous passons notre vie à regarder des séries sur des zombies, des tueurs en série et autres dégénérés, de fiction.

La vérité, le monde réel offre en permanence des exemples de la folie de notre espèce. Un nouveau fou sanguinaire à noter dans nos tablettes: le colonel Kamara. Hélas, lui, ce n'est pas de la fiction.  

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14 octobre 2022 5 14 /10 /octobre /2022 07:00

Dans une boîte à livres (ces armoires disgracieuses dans lesquelles on peut mettre ou prendre gratuitement des livres déposés là par des particuliers) j'ai trouvé et pris celui que Alain Juppé a écrit après la mort du Président Jacques Chirac et drôlement titré "Mon Chirac".

C'est un petit livre qui se lit en une heure mais qui, à ma surprise, ne correspond pas à l'image que je me faisais de Juppé: en politique les sentiments ne durent guère quand ils existent et l'on sent, au contraire, une "affection" presque filiale de l'auteur pour le sujet de son livre.

En effet si Juppé raconte les années passées auprès de Chirac dans toutes ses fonctions, de Maire de Paris à Président de la République, l'angle relationnel est privilégié par rapport au politique. Juppé se "lâche" sur bien des sujets et dit "sa" vérité sur Fillon, Seguin, Jospin et beaucoup d'autres sans employer la langue de bois lui qui la maniait si bien.

De la même manière s'il ne charge pas la mule, il est critique sur certaines actions de son mentor et même sur les siennes propres. Je ne m'attendais pas à cela de sa part.

Le seul passage du livre dans lequel Juppé laisse transpirer de la colère concerne le génocide au Rwanda: à la place qu'il occupait les décisions les meilleures furent prises dit-il. Dont acte.

Le portrait du cinquième Président de la cinquième République est plutôt positif et l'homme sort grandi de l'observation de son cadet avec qui il eut une longue collaboration.

Juppé, et c'est un point très positif à souligner, ne fait pas un plaidoyer pro-modo de lui et de son action politique. Il reconnaît certaines de ses erreurs et d'autres venant de son camp.  Il semble avoir intégré qu'il ne plaisait pas aux Français, question de caractère, de physique même, et de personnalité (il partage cette injustice avec Fabius. Le complexe du fort en thèmes, de la grande intelligence et du caractère un peu "coincé").

On est, je me répète, surpris tout au long de la lecture du livre, de l'affection que ces deux politiques professionnels avaient l'un pour l'autre et qui semble authentique. Rares sont ces duos qui ont survécu à la durée.

Au final on est étonné d'avoir enfin découvert que le favori des Présidentielles 2017 (jusqu'aux Primaires de la Droite et du centre) n'est pas le robot qu'il semblait être.

J'espère ne pas tomber sur un livre de Jean-François Copé, la prochaine fois que je passerai devant une "boîte à lire"!

 

 

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13 octobre 2022 4 13 /10 /octobre /2022 07:00

En nettoyant un peu chez ma mère de 92 ans qui ne manie plus l'aspirateur avec autant de brio qu'autrefois et qui refuse qu'une aide-ménagère vienne "fureter" chez elle, je regardais le décor qui n'a pas changé depuis une quarantaine d'années et dont certains meubles semblent avoir pris racine dans le parquet. Des éléments de décoration que j'ai toujours connus composent un patchwork de choses souvent fanées et d'époque diverses.

De jolies objets aussi.

Les années 30 sont représentées par quelques vestiges qui lui viennent de ses parents. Il y a ensuite des meubles solides qui ont survécu à la présence de 5 enfants dans l'appartement, quelques éléments que mes parents ont achetés dans les années 50 et enfin les équipements plus contemporains dont les plus récents apports datent des années 70-80. Le tout est accablé et donne le sentiment d'un assoupissement poussiéreux. Aux murs les époques et les styles sont comme le mobilier: styles, époques et intérêt mélangés. Mais le berceau ancien, mais la tapisserie de Lurçat (une reproduction bien encadrée, un coq, évidemment)...

Ma bonne action a été récompensée. Deux chaises-fauteuil en bois bicolores que j'ai elles aussi toujours connues ont enfin attiré mon regard. Le seul point qui m'en avait éloigné est qu'elles étaient inconfortables et basses. Je les ai regardées avec attention et ai eu l'idée de les retourner. Elles étaient griffées d'une signature et d'une inscription qui, Internet me l'a confirmé, leur donne une certaine valeur.

Intrigué j'ai fait des recherches complémentaires qui toutes allaient dans le même sens: j'étais en présence de mobilier recherché et leur état ("dans leur jus") était promesse d'une somme convenable si je les vendais.

J'en parlais à ma mère qui se souvenait les avoir impulsivement achetées sur un coup de cœur. Je lui demandais si elle m'autorisait à les vendre et elle y consentait volontiers. Je précisais que le produit de la vente serait intégralement versé sur son compte et qu'elle en ferait ce qu'elle voudrait (je pensais à des heures de ménage, quelques réparations urgentes, de la compagnie etc).

Je mis une annonce sur le "bon coin" et deux personnes manifestèrent immédiatement leur intérêt.  Les deux photos neutres publiées les y aidant. Cela me confirmait que ces pièces de mobilier présentaient un intérêt.

Je ne souhaitais pas, du fait de ma situation géographique, passer par la vente directe et songeais à une vente ludique et plus sûre. Pour avoir couru, à une époque, les ventes aux enchères celles-ci correspondaient à mon souhait.

Je m'inscrivis sur le site d'une émission de télévision qui met en rapport des particuliers vendant des objets ayant une certaine valeur (estimée en direct par un expert) et une équipe d'acheteurs professionnels qui font des enchères. Il est tout à fait possible de ne pas accepter le prix proposé et de repartir avec son bien en cas de non vente. Sécurité + ludisme + bonne action: j'avais le bon créneau.

15 jours après ma proposition de participer, la production de l'émission m'a rappelé et dit que mes chaises intéressaient et que j'étais retenu. Nous avons pris date pour la mi-octobre.

Ma mère m'a mandaté par écrit et je ferais en sorte de les vendre au mieux. Comme elle l'a elle même remarqué avec fatalisme: "sinon, elles (les chaises) finiront à la benne".

(à suivre)

 

 

 

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12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 07:00

J'ai été effaré en regardant le documentaire assez fouillé que France 5 a consacré à l'encore Président de la République du Brésil, le redoutable Jaïr Bolsonaro.

Qu'un tel personnage ait pu se présenter et être démocratiquement élu dépasse l'entendement. Je ne vois guère que l'affreux Donald Trump qui puisse lui être comparé.

Et pourtant la démocratie s'offre régulièrement des dirigeants comme le Brésilien qui n'ont qu'un seul projet: la tuer. Pour arriver à leur fin ils flattent les plus bas instincts du peuple, ils mentent, ils trichent, ils ont un culot d'acier, une mauvaise foi confondante et le sentiment qu'ils ne risquent rien.

Le pire est que leur complot contre la légalité est soutenu par des foules immenses qui se reconnaissent dans ces pantins arrivistes et sans scrupules qui ne rêvent que de pouvoir à vie, de fortune colossale amassée rapidement et de népotisme bien compris. 

A cet égard le film de France 5 était accablant: comment cet homme profondément anti-démocrate, vulgaire, grossier, hâbleur et malhonnête a t'il pu gravir les échelons du pouvoir et être élu à la tête d'un pays de 250 millions d'habitants? La réponse est justement la liste de ses défauts et celle de ses (mauvaises) actions.

On est parfois sidéré de constater que celles et ceux qui ont le plus à redouter d'hommes de pouvoir comme Bolsonaro en être les plus fidèles soutiens. Les très pauvres, par exemple, acclamaient ce Président soutien de la dictature militaire au lieu de le rejeter comme ils l'auraient dû. 

Au risque de me répéter je ne vois guère que l'épouvantable président Trump pour rivaliser avec lui.

Dans les deux cas la consternation est de rigueur devant de tels "hommes d’État" qui décrédibilisent la démocratie en en violant l'essence et contribuent ainsi à jeter des pays dans des cycles de violence dangereux.

Il y a assez de dictateurs qui confisquent le pouvoir à travers le Monde pour ne pas grossir leur liste en les élisant!

 

 

 

 

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 07:00

Le temps a passé. Suffisamment pour apaiser les passions. Je reste cependant dans le même état d'esprit vis avis de François Mitterrand et de ses deux septennats: je n'aime ni l'homme politique ni l'homme public et je considère qu'il n'a pas été bénéfique pour le pays. Loin s'en faut.

Qui suis-je d'autre qu'un simple électeur Français pour juger un tel homme? la question peut être posée et je me la suis posée.

J'ai beaucoup lu sur l'homme et sur son action politique et m'estime bien informé, très bien informé même pour avoir une opinion personnelle étayée.

Je reconnais sans difficulté que le premier Président socialiste de la V ème République n'était pas d'un modèle courant et que sa personnalité, à l'image de son action, était des plus tortueuses. Elles lui ont valu, toutes les deux, le surnom de "Florentin" qui lui allait comme un gant.

François Mitterrand avait des convictions à géométrie variable et une morale élastique. Il mentait avec un aplomb stupéfiant (et reconnaissait lui-même qu'il jouait avec la vérité) ayant sur les hommes en général et ses partisans, soutiens, proches et alliés une opinion sévère; pour lui la fin justifiait les moyens et ses fidélités successives n'avaient que peu de rapport avec une quelconque sincérité.

On connaît bien la trajectoire, de la 4ème République à l’Élysée, de Vichy au Parti socialiste de cet homme qui fit voter l'abolition de la peine de mort avant de l'avoir beaucoup faite appliquer au moment de la guerre d'Algérie. Il n'était pas, on le sait, à une contradiction près. 

Là où je l'ai trouvé intéressant c'est dans ses rétablissements miraculeux et osés: la première cohabitation qui fit de Chirac, en moins de 2 ans, une serpillière dévaluée, la réélection de 1988 qui s'ensuivit, la maladie cachée pendant 13 ans, le crépuscule de l'homme et du Président, la grande affaire de sa mort théâtralisée, son maniement des hommes et le respect craintif qu'il suscitait.

Sa mort mise en scène, l'interview de la "résurrection", ses deux enterrements, ses deux familles, "les forces de l'esprit"... quel talent!

Sinon, que reste t'il de l'action de François Mitterrand? très très peu de choses, assurément.

 

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