L'Afghanistan est sans doute un des pays les plus pauvres du monde. Ses richesses, si richesses il y a ne sont pas exploitées à part le pavot et autres drogues.
Divisée en tribus dont les alliances sont fluctuantes elle a, de plus, été envahie militairement par l'armée rouge soviétique puis été "libérée" des Talibans par les États Unis, libération qui a ressemblé à une occupation et s'est terminée en fiasco complet.
Aujourd'hui, en 2022, l'Afghanistan est entre les mains d'un pouvoir médiéval et religieux dans lequel la vie est corsetée. Les intellectuels, les femmes, les opposants et les minorités y sont traqués, empêchés de s'exprimer ou, plus communément, enfermés voire tués. La Charia, cette loi religieuse extrêmement rigoureuse y est appliquée: on ampute les voleurs et on lapide les adultères. Les femmes sont voilées des pieds à la tête et ne doivent pas sortir de chez elles sauf si elles sont accompagnées par un mari, un frère ou un homme de la famille.
Les Américains, après les attentats contre les tours jumelles de New York (11/09/2001) et sous la présidence calamiteuse de George W.Bush ont décidé d'envahir l'Afghanistan qu'ils tenaient pour responsable. Leur but avoué était de chasser les Talibans, d'instaurer une collaboration militaire entre les deux pays, de former une armée afghane autonome, d'aider le pays à se relever sous un gouvernement "ami" puis de quitter le pays.
Les antagonismes historiques locaux, la méthode bulldozer des Américains et son manque de connaissance du pays, les bavures, l'indécision de Barack Obama, les morts militaires, les à-coups de la force multinationale ont eu raison du projet. Les États Unis et Donald Trump sont repartis à toute vitesse laissant un embryon d'armée que son incurie et la folie de ses chefs ont tôt fait de rendre inopérante, laissant un boulevard au retour des Talibans. Ces derniers sont revenus et ont, dans un premier temps, réussi à faire croire aux médias qu'ils avaient changé! en bien!! Le naturel est revenu et les Talibans sont exactement ce qu'ils étaient lors de leur première accession au pouvoir. Le cynisme en plus.
Alors on peut verser des larmes de crocodiles sur les femmes en burka, sur les exécutions capitales en public, sur le retour à une violence d’État assumée... Tout ou presque a été fait, à un coût massif, financier comme humain et sans contrôle pour que la gabegie continue et profite aux "amis". Pourquoi ne juge t'on pas le sympathique président Hamid Karzaï? Pourquoi ne s'intéresse t'on pas à ses 13 années de pouvoir? à sa fortune personnelle?
C'est ainsi. Les médias aiment tout simplifier. Les fiers Afghans sont divisés en tribus incapables de s'entendre. Seul le merveilleux, le formidable, le surhumain commandant Massoud pouvait les unir. Ceci est la doxa sur laquelle tous s'entendent.
On n'entend pas les cris des Afghans: ils ne troublent pas nos consciences.
