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25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 07:00

L'Afghanistan est sans doute un des pays les plus pauvres du monde. Ses richesses, si richesses il y a ne sont pas exploitées à part le pavot et autres drogues.

Divisée en tribus dont les alliances sont fluctuantes elle a, de plus, été envahie militairement par l'armée rouge soviétique puis été "libérée" des Talibans par les États Unis, libération qui a ressemblé à une occupation et s'est terminée en fiasco complet.

Aujourd'hui, en 2022, l'Afghanistan est entre les mains d'un pouvoir médiéval et religieux dans lequel la vie est corsetée. Les intellectuels, les femmes, les opposants et les minorités y sont traqués, empêchés de s'exprimer ou, plus communément, enfermés voire tués. La Charia, cette loi religieuse extrêmement rigoureuse y est appliquée: on ampute les voleurs et on lapide les adultères. Les femmes sont voilées des pieds à la tête et ne doivent pas sortir de chez elles sauf si elles sont accompagnées par un mari, un frère ou un homme de la famille.

Les Américains, après les attentats contre les tours jumelles de New York (11/09/2001) et sous la présidence calamiteuse de George W.Bush ont décidé d'envahir l'Afghanistan qu'ils tenaient pour responsable. Leur but avoué était de chasser les Talibans, d'instaurer une collaboration militaire entre les deux pays, de former une armée afghane autonome, d'aider le pays à se relever sous un gouvernement "ami" puis de quitter le pays.

Les antagonismes historiques locaux, la méthode bulldozer des Américains et son manque de connaissance du pays, les bavures, l'indécision de Barack Obama, les morts militaires, les à-coups de la force multinationale ont eu raison du projet. Les États Unis et Donald Trump sont repartis à toute vitesse laissant un embryon d'armée que son incurie et la folie de ses chefs ont tôt fait de rendre inopérante, laissant un boulevard au retour des Talibans. Ces derniers sont revenus et ont, dans un premier temps, réussi à faire croire aux médias qu'ils avaient changé! en bien!! Le naturel est revenu et les Talibans sont exactement ce qu'ils étaient lors de leur première accession au pouvoir. Le cynisme en  plus.

Alors on peut verser des larmes de crocodiles sur les femmes en burka, sur les exécutions capitales en public, sur le retour à une violence d’État assumée... Tout ou presque a été fait, à un coût massif, financier comme humain et sans contrôle pour que la gabegie continue et profite aux "amis". Pourquoi ne juge t'on pas le sympathique président Hamid Karzaï? Pourquoi ne s'intéresse t'on pas à ses 13 années de pouvoir? à sa fortune personnelle?

C'est ainsi. Les médias aiment tout simplifier. Les fiers Afghans sont divisés en tribus incapables de s'entendre. Seul le merveilleux, le formidable, le surhumain commandant Massoud pouvait les unir. Ceci est la doxa sur laquelle tous s'entendent.

On n'entend pas les cris des Afghans: ils ne troublent pas nos consciences.

 

 

 

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24 août 2022 3 24 /08 /août /2022 07:00

Depuis que je suis né, c'est à dire depuis fort longtemps, l'on nous présente les U.S.A comme la démocratie par excellence.

C'est, nous a t'on dit, le berceau de cette forme idéale (sic) de gouvernement.  Jusqu'à ce que l'opinion américaine puis internationale prenne conscience de la "sale guerre" menée par le camp du bien contre les forces du mal au Vietnam (c'est à peu près la terminologie utilisée à cette époque) le drapeau étoilé et les Présidents américains étaient des parangons de vertu, Peu ou prou. Bien sur il y eut Nixon et son opposé Carter mais, bon an mal an, les États Unis nous protégeaient du totalitarisme rouge agressif. Les gérontes de Moscou restaient nos principaux ennemis, tout occupés qu'ils étaient à imposer leur sinistre régime politique à la terre entière.

Les U.S.A nous avaient sauvés pendant les deux guerres mondiales et leur aide considérable avait permis aux pays qui avaient accepté leur main tendue de se relever plus vite et mieux que prévu.

D'où ce simplisme ravageur: eux c'est le bien, ceux qui les repoussent ou en disent du mal c'est l'ennemi de la liberté.

J'ai adhéré -longtemps- à ce manichéisme géographique et politique. Refusant de voir combien de régimes corrompus et caricaturaux les U.S.A avaient favorisés quand ils ne les avaient pas installés. Les Marcos aux Philippines, le Général Noriega à Panama et tant d'autres aussi peu reluisants et ayant des rapports avec la démocratie des plus ténus. (Argentine, Chili...)

L'affaire du "Watergate", un espionnage politique en période électorale qui finit par imposer la démission de Richard M.Nixon était la preuve de la bonne santé démocratique du pays. Notre république bananière hexagonale acceptait des viols autrement plus graves...

Et puis il y a toujours un moment où les yeux les plus volontairement fermés, ou les esprits les moins propices au doute se dessillent: pour moi ce fut lent. Les fêtes de Persépolis du Shah d'Iran, le départ du drapeau en hélicoptère sur le toit de l'ambassade de Saïgon et l'entrée du Cambodge dans la guerre furent des coups de semonce. Le racisme anti-noirs et la pauvreté des Latinos s'imposaient aussi.

J'ai définitivement cessé de voir une démocratie "acceptable" outre-Atlantique à cause d'hommes comme Edgar J. Hoover et Donald Rumsfeld. Ce dernier est la quintessence de tout ce que je déteste. Il est mort dans son lit, richissime et sans avoir eu à s'expliquer sur ses mensonges et ses machinations qui ont coûté des milliers de vies humaines.

La ségrégation qui perdure, la présence de Donald Trump dans les possibles présidentiables en 2024, le culte des armes à feu, le nationalisme exacerbé du pays et son écrasante mainmise dans des domaines aussi variés que la culture, les sciences, les finances, l'armement etc. ont rendu, à mes yeux, ce pays banal. 

Je ne l'aime plus ce pays et ma déception est immense; à la hauteur de l'admiration et de l'amour que je lui vouais.

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23 août 2022 2 23 /08 /août /2022 07:00

Juste quelques mots à propos du décès récent de l'excellent dessinateur Sempé. Voilà un homme discret qui n'encombrait pas les médias de ses états d'âme, de ses pensées et ses conseils. D'une discrétion qui confinait à la timidité et malgré sa longévité personne ne pourra dire; "on l'a trop entendu".

Et pourtant.... ses dessins contenaient toute son âme et toute sa pensée. Il avait vu les ridicules de notre organisation sociale et anticipé le grotesque de notre époque sans passer à côté de celles qu'il a traversées.

Que dire de plus? ses livres de dessins au format carré large étaient indispensables. On les relisait (car c'était un écrivain) régulièrement, le sourire aux lèvres tant il savait dépeindre nos travers.

Je ne peux m'empêcher de comparer la drôlerie, la poésie et, j'ose le mot, la tendresse de Sempé à celle des idoles comme Reiser, Vuillemain et de tant d'autres. Il n'y a guère que Fred et lui qui n'ont jamais flirté avec le salace, le mauvais goût, la grossièreté et la bassesse. Notre temps méritait plutôt Wolinski (je ne parle que du dessinateur) Sempé.

 

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22 août 2022 1 22 /08 /août /2022 07:00

Un de mes petits fils regarde (et donc nous fait regarder) un programme télévisé qui compte pratiquement tout ce qu'il y a de pire sur le petit écran.

Ça s'appelle "retour à l'instinct primaire" et, s'il existait une cote de 0 à 10 pour noter les émissions, cela mériterait, selon moi, un zéro bien rond.

De quoi s'agit-il? d'un couple de circonstance qui, lâché dans une nature hostile, doit se vêtir, trouver de quoi boire et se nourrir, faire du feu et affronter des bêtes sauvages, la pluie, le soleil, l'humidité et le froid. Mais pas leur propre vacuité.

Première originalité le couple en question est constitué d'un homme et d'une femme, tous deux autour de la trentaine. Ils ne se connaissent pas mais sympathisent très vite. Lui peut être homosexuel, elle peut être lesbienne. Un seulement des deux membres du couple possède une particularité: outre ses goûts sexuels; il peut y avoir des phobies, des handicaps. J'imagine que ce détail pimente, selon les producteurs, le jeu qu'ils appellent "de survie". Ce n'est cependant pas systématique: ce peut être deux blancs normaux!

Autre détail qui montre l'audace des concepteurs, les deux candidats sont nus. Mais... leur nudité est "floutée" et souvent masquée par un pagne de circonstance, un sac de jute grossier.

Préparés, sans doute jaugés et essayés, les candidats emploient pour le jeu un vocabulaire qui "fait sens": ils ont un mental fort, Ils veulent vaincre, se prouver à eux-mêmes qu'ils sont forts, survivre, affronter les dangers...

En dehors de ces termes convenus ils parlent affreusement mal. "c'est clair", "Putain, merde, fait chier", constituent l'essentiel de leur conversation.

Ils singent les super-héros de série en surjouant les difficultés et en mettant en spectacle tout et n'importe quoi. La capture puis la mise à mort d'une minuscule tortue ou la consommation crue d'un lézard de 5 cm donnent ainsi des morceaux de bravoure confondants de niaiserie sentimentale.

Le réalisateur de l'émission parsème celle-ci d'images d'animaux prédateurs inquiétants (hyènes, guépards, serpents, scorpions...) pour faire penser au spectateur que le danger est imminent. Les seuls animaux vraiment réels que l'on voit proches des candidats sont supposés venimeux et agrandis 100 fois (une araignée).

Au fur et à mesure du déroulement de l'émission on s'aperçoit qu'elle est doublée. Oui! les candidats et l'émission sont américains et donc doublés. Cette petite escroquerie, non signalée, masque le divertissement camouflé en émission d'aventure et de "survie".

Après ce ne sont que des péripéties vaguement ridicules qui servent de remplissage. La candidate qui craque. l'évocation de la famille qui tire les larmes d'un candidat. Le feu qui ne prend pas (et pour cause! la production leur a donné un épluche-légumes pour l'allumer!!!!), la faim qui les tenaille l'un et l'autre, leur pseudo isolement (tout est filmé, nuit et jour!)...

Arrive le dénouement qui dépasse en ringardise tout ce qui s'est passé au préalable: le jeune crétin a vaincu (qui? quoi?) la bimbo aux cheveux emmêlés s'est prouvée qu'elle était une femme forte.

Ils peuvent remettre leur slip et culotte, se raser pour lui, refaire sa couleur pour elle. Ils ont vaincu! Vaincu le spectateur consterné d'être resté de bout en bout, la chaîne d'avoir acheté 6 saisons de cette daube, le directeur des programmes de l'avoir inscrite à la diffusion, les publicitaires qui vont avoir du mal à faire acheter des voitures électriques aux spectateurs âgés, comme mon petit-fils, de 10 ans.

 

 

 

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19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 07:00

Comme, depuis mon retour de Tanzanie, je ne "m'informe" plus et fuis l'actualité (j'achète seulement un journal par semaine et cela me suffit) je ne suis plus au courant de ce qu'on appelle l'actualité. Honnêtement je vais très bien ainsi et ne souffre d'aucun manque. C'est donc seulement samedi que j'ai appris l'agression de l'écrivain Salman Rushdie, et cela m'a fortement impressionné.

Depuis que le chef religieux et premier dirigeant de la Révolution Islamique d'Iran l'Ayatollah Khomeiny a prononcé une "Fatwa" (sentence de mort exécutable immédiatement) contre cet écrivain j'espérais -naïvement- que ses successeurs la relèveraient et pensais que tant de temps s'était écoulé que plus personne n'en voulait à un intellectuel qui écrit des livres ardus et érudits vraiment pas à la portée de tout le monde. Loin s'en faut.

Qu'elle s'exprime intelligemment ou qu'elle soit compliquée la pensée de cet homme se discute argument contre argument. Un coup de couteau est le contraire d'une pensée. Par ailleurs je ne puis comprendre qu'on attente à la vie d'un homme pour le "punir" de ce qu'il pense. Sommes-nous libre de penser? de croire? Comme la couleur de nos yeux ou notre force physique cela ne s'impose ni ne peut se changer.

Ainsi, en cette 22 ème année du vingt-et-unième siècle on peut encore "mourir pour des idées"* et devenir un fuyard protégé pour des écrits théoriques.

Je ne sais pas (et je m'en fiche) ce qui a poussé son agresseur à poignarder Salman Rushdie mais suis en colère, dégoûté et consterné contre cette folie qui veut qu'on tue quelqu'un qui ne pense pas comme vous. De Lincoln à Luther King la liste des victimes de l'intolérance politique ou religieuse est sans fin. Même Gandhi, qui prônait la paix entre les hommes et fut considéré comme un "apôtre de la non-violence" tomba sous les coups d'un fanatique. Qu'on veuille nous obliger à nous taire, qu'on essaie de nous bâillonner est insupportable.

L'Humanité semble porter en elle le virus de son auto-destruction.

 

* ce titre est évidemment un hommage à la chanson de Georges Brassens

 

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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 07:00

A l'occasion de la diffusion d'un portrait du comédien américain Robert Redford (85 ans aujourd'hui) j'ai à nouveau réalisé que le cinéma avant d'être un ART est une imposture.

Oui, une imposture avérée, acceptée par ceux qui en sont "victimes" comme par ceux qui en vivent, souvent grassement.

Je ne parle pas là des évidences que sont les "paillettes", le strass, le star-system, les festivals et autres escroqueries et manipulations nées du cinéma je parle du cinéma lui-même.

Redford est un homme simple et direct qui a découvert sa raison de vivre (l'écologie et la protection de la terre) au cours du tournage d'un film de Sydney Pollack "Jeremiah Johnson". Un hymne à la nature splendide et profond qui compte parmi les films de ma vie. Inspiré par la vie de John Johnson (1824-1900) le film est une épopée solitaire contre soi, contre la violence et contre l'hostilité de la nature mais aussi une réflexion sur la place de l'homme dans celle-ci et sur la destinée.

Un grand beau film lent et majestueux dans lequel Robert Redford est exceptionnel.

Exceptionnel et... imposteur. On l'oublie trop facilement il "joue" à être trappeur et n'affronte aucun danger. Partant il n'y a pas à applaudir quelqu'un qui fait semblant de souffrir. Songez que l'équipe de tournage est pléthorique et présente sur les lieux. Que le comédien est assuré cher par la production qui a recours à des "doublures" pour les scènes difficiles ou dangereuses. Que le metteur en scène s'appuie sur un scénario lui même inspiré de mémoires . Où est le génie du 7ème art sinon dans le jeu des apparences?

Parce qu'on croit que Redford affronte un ours on lui trouve des qualités. Je suis contradictoire puisque, plus haut, je disais que dans le film en question, Robert Redford était exceptionnel. La réalité est que plus un acteur ou une actrice nous fait croire à la vérité du personnage qu'il ou elle, incarne plus nous lui accordons du génie. A ce "jeu" le vainqueur est celui qui endosse son personnage comme un pompier sa tenue. (ou un prêtre intégriste et les idées qui vont avec, je vous l'accorde!). D'où le battage fait autour de l'Actor's studio de Lee Strasberg et à la méthode Stanislavki entre autres.

Tout n'est, dans le cinéma, qu'illusion et les plus grands illusionnistes peuvent effectivement, parfois, être ce qu'ils sont censés être. Ryan O'Neal a été "Barry Lyndon" pour Kubrick, Bette Davis a été Margo Channing pour Joseph Mankiewicz et Marlon Brando s'identifie à la perfection à son personnage dans "le dernier tango à Paris" de Bertolucci, comme Vittorio Gassman dans "Parfum de femme",  Jane Fonda dans "Julia" et Patrick Dewaere dans "Beau-père" et tant d'autres. Je ne dis pas que Louis de Funès n'était pas crédible en "gendarme de Saint Tropez" ou Peter Sellers en Indien gaffeur dans "la Party". J'écris juste que dans la prestation de chacun et de chacune, dans ces films comme dans d'autres qu'ils ont interprétés, l'illusion fonctionne ou pas. Ryan O'Neal est convaincant dans "la barbe à Papa" il l'est moins dans d'autres films de sa filmographie. Marlon Brando a tourné un unique film en tant que réalisateur, à mes yeux un "nanar" dans lequel il est mauvais comédien ("La vengeance aux deux visages" 1961).

Comme tous travail, comme tous les métiers, Il y a ceux qui le font mal, ceux qui le font bien, ceux qui sont parfaits et il y a l'excellence.

Mais donner aux acteurs les qualités des personnages qu'ils incarnent est une grossière erreur. Certes John Wayne n'était pas un gauchiste révolutionnaire et transsexuel et Katharina Ross une nymphomane cocaïnée mais des comédiens qui interprétaient des rôles. Rien de plus, rien de moins. "L'usine à rêve" d'Hollywood portait bien son surnom. Vincent Lindon, à ce titre, est encensé par la critique au point que les rôles qu'il interprète nourrissent son personnage public et non l'inverse. 

Quand il pilote un avion de chasse Tom Cruise joue à faire semblant de piloter et quand Laetitia Casta incarne Arletty dans une biographie filmée elle essaie de capter l'aura de l'actrice d'autrefois.

Un métier dans lequel on récompense les meilleurs joueurs et qui n'est pas le poker ou le rugby n'est pas  sérieux!

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17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 07:00

Consterné par ma propre inculture. Tel je me suis senti devant le portrait du peintre Camille Pissaro diffusé sur France 5 mercredi 3 août 2022.

Je connaissais son nom, l'époque où il travailla, son -ses- styles (impressionnisme, pointillisme, pré-industriel...) mais ignorait sa proximité avec Gauguin et tant d'autres de cette importance. Quant à l'homme je n'en savais absolument rien.

Condamnés à rester confinés dans les 28 degrés de l'appartement et dans une semi-obscurité du fait de la nouvelle hausse des températures (38 hier) j'ai regardé "Replay" et suis tombé sur des émissions que la télévision n'a pas l'habitude de mettre en lumière. Intelligentes, didactiques, ouvrant l'intérêt: le contraire du tout-venant cathodique!

J'ai regardé le début d'un doc sur Matignon et la fonction de premier ministre. Alain Duhamel et un autre fossile de son acabit essayaient d'obtenir d'Alain Juppé autre chose que de l'amertume, de l'autojustification et de la langue de bois. Peine perdue! malgré la beauté du décor de l'hôtel Matignon et le temps passé; l'ex fusible de Jacques Chirac est resté coincé jusqu'au col, un parapluie doublant ses vertèbres dorsales.

Enfin, avant d'aller dormir (ou plutôt essayer de) j'ai suivi passionnément un doc présenté par le comédien Will Smith et qui traitait du 13 ème amendement de la Constitution des Etats Unis et donc de la citoyenneté. J'ai enfin compris pourquoi Lincoln est un homme à part et appris porquoi les noirs descendants des esclaves ne seront jamais complètement assimilés. C'est terrifiant mais contemporain.

Ce pays a connu de telles tragédies que l'on comprend qu'elles ne soient pas encore réglées. Il en ressort que le combat contre des gens comme Trump est primordial et vital: la survie de ce qui reste d’authentiquement démocratique de cet immense et beau pays est menacée. Des forces mauvaises le travaillent qui pourraient l'emporter.

 

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16 août 2022 2 16 /08 /août /2022 07:00

J'ai entendu, sinon écouté, une chronique radio dans laquelle le journaleux qui déblatérait derrière le micro estimait que François Hollande, alias "Flamby", alias "Monsieur Petites Blagues" qui fut Président de la République de 2012 à 2017 songerait à la "revanche" et préparerait sa candidature pour 2027.

Un rire envahissant s'est emparé de moi et a couvert le bruit de la climatisation.

François Hollande, sur le mode chiraquien, semblait sympathique et accessible. Il possède un humour indéniable; est d'un abord sympathique et possède une culture politique exceptionnelle. Pour compléter le tableau l'ex "Président normal" est ouvert, aime parler et s'expliquer, adore commenter l'actualité des partis politiques et les stratégies du pouvoir. Il n'est pas hautain ni imbu de lui-même comme un Fabius ou un Jospin, une Ségolène ou un Arnaud Montebourg qu'il vaut pourtant largement. Et même qu'il surpasse de loin.

Sa présidence ne fut pas honteuse mais le peuple l'a identifiée comme telle. A notre époque le 'ressenti" est bien plus important que la réalité. Pêle-mêle l'ahurissant vaudeville Trierweiler,  l'affaire "Léonarda", les provocations de Montebourg et l'attitude suicidaire (politiquement) de Christiane Taubira, le harcèlement destructif des "rénovateurs"etc. ont miné de l'intérieur une présidence qui n'a pas su -ou pu- suffisamment s'affirmer. Comme son successeur E.Macron le président Hollande a affronté crise sur crise, celles-ci aggravées par une conjoncture délicate, nationale comme internationale. Le capitaine avait la stature mais trop de vicissitudes l'ont empêché de donner sa pleine mesure. 

Il n'est certes pas le seul et c'est le lot commun des chefs d'état de diriger par gros temps. Mais il a, me semble t'il, cumulé une opposition haineuse et irréaliste, des médias occupés en permanence à le dégommer (en n'hésitant pas à le ridiculiser), une atmosphère de moquerie méchante et visant à le "tuer" et des attentats meurtriers... Personnellement je déteste les petits marquis incultes, imitateurs vulgaires et satires odieux qui imitent mal les politiques et participent au pourrissement de la vie publique.

En résumé l'image que nous conservons des cinq années de F.Hollande est sévère et injuste mais bien implantée dans l'opinion. Hollande ne bénéficie plus de soutiens et stagne dans une indifférence pire que de l'hostilité.

Qu'il veuille, qu'il songe se représenter défie la raison. Chacune de ses apparitions, depuis qu'il n'est plus qu ' "ex" ranime l'agressivité ou l'exaspération. On ne peut pas dire qu'il est attendu, souhaité ou désiré. C'est un homme dévalué et qui appartient déjà au passé.

Son quinquennat sera revu à la hausse, dans un demi-siècle, lorsque l'Histoire le décrira si l'on en parle.

Qu'il songe à se représenter (si toutefois le journaliste-chroniqueur disait vrai) serait accablant pour lui.

 

 

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 07:00

Ma méchante humeur  du moment va s'exercer sur ceux que j'ai tant aimés et qui me mettent désormais mal à l'aise . Les Rolling Stones, car c'est d'eux qu'il s'agit, font une nouvelle tournée mondiale. Ils traversent autant de villes qu'on accole d'adjectifs positifs à leur cirque mondialisé.

Mick Jagger (79 ans) et Keith Richards (guère moins) sont les deux seuls (sur 5) à être de la formation d'origine, celle de 1964. Les autres sont soit morts (Brian Jones, Charlie Watts) soit retournés à l'anonymat (Bill Wyman) soit des imposteurs (Ronnie Wood).

Ils interprètent -de plus en plus mal- les 15 ou 16 titres de leur "catalogue" que le public attend. Ça va de "Satisfaction" à "Ghost in a ghost town" et ce n'est pas leur meilleur, loin de là. Ce sont les titres qui resteront accolés à leur nom à leur corps défendant. Que ça doit être "pompant" de chanter 100 fois par an "I can't get no"!!

Le groupe a connu son apogée entre 1968 et 1972. Il a eu quelques "retours de flamme" par ci par là mais sa créativité est un encéphalogramme plat depuis "It's only rock 'n roll" (1974) et pourtant le titre comme l'album éponyme sont loin d'être leur pire.

Après avoir été "la" star ultime, Mick Jagger s'est fait rattraper puis dépasser par presque toutes les rock stars de David Bowie à Axl Rose, de Michael Jackson à Ben Harper et tant d'autres... Même les pitreries de feu Freddy Mercuri sont préférées aux siennes. Il est maintenant ce vieil elfe ridé qui chante sans conviction des vieilleries usées jusqu'à la trame. Qui aurait pu penser que "Sympathy", "Brown sugar", "You can't always get what you want", "Street fighting man", "Tumbling dice" et même "She's a rainbow" (galvaudée par une publicité) deviendraient d'insupportables scies destinées à entretenir une flamme éthique et surtout à entretenir les bons rapports de Sir Jagger et de ses banquiers?

Richards, avec son look de diseuse de bonne aventure essaie de coller à sa caricature.  Les autres sont des faire-valoir, journalistes de la presse spécialisée compris.

Le plus dur, dans leur cas, est de les avoir tant aimés et de les voir se renier au point d'être "Druckerisables". On ne serait pas surpris de les voir massacrer "Angie" chez l'octogénaire ami des pires chanteurs Français! A quoi pense Jagger quand il chante "Let's spend the night together"? (à du viagra? à ses 79 ans?)

Je pensais, naïvement, que le décès de Charlie, le batteur immuable, sonnerait la fin des "hostilités"... il n'en est rien! une boîte à rythme, un professionnel ou un remplaçant lambda suppléent cette absence.

Et les voix? hein, les voix? Jagger a beau faire il ne ressemble plus à rien quand il chante. Sa voix est vieillie et il compense par de la gymnastique ce qui faisait sa singularité autrefois.

Brel, en 1978, peu avant de mourir avait tout dit: "mourir, la belle affaire, mais vieillir, ah, vieillir".

Ce fiel déversé j'aurais un concert à proximité et des places numérotées j'irais certainement remuer mes vieux genoux et bouger mes hanches rigides comme des essieux en écoutant jagger et son EHPAD interpréter "Start me up"..

 

 

 

 

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11 août 2022 4 11 /08 /août /2022 07:00

Je "travaille" bénévolement depuis un an une journée par semaine à l'hôtel des familles de l'hôpital Purpan de Toulouse. Mon job consiste à accueillir, écouter et recevoir dans un cadre propre, lumineux et agréable les familles d'hospitalisés. Ça fonctionne comme un hôtel en moins anonyme.

Le bâtiment dans lequel est installée l'association est vaste, clair, fonctionnel, propre et pratique. Il l'est d'ailleurs tellement que l'Hôpital  à qui le terrain et la bâtiment appartiennent, les récupére en décembre prochain pour... le démolir (il a été entièrement restauré il y a 2 ans). Avant de vous indigner apprenez qu'il va se construire, à moins de 50 m de la maternité -comme le spécifie la Loi- un centre de néonatalogie à la place de "mon" hôtel. Cette spécialité qui concerne les grossesses compliquées, les maladies prénatales et les grands prématurés est sous-représentée en Haute-Garonne et la métropole rose est très en retard dans cette discipline.

On le voit, sur le principe il n'y a rien à redire.

Pourtant un hôtel différent destinés à réconforter les familles dans la peine n'est pas un luxe, loin de là.

L'association en charge de cette organisation d'accueil est à la recherche d'une solution de rechange. Hélas il est illusoire d'imaginer trouver aussi bien et aussi bien placé. Difficile, avec des résultats plombés par deux années de Covid de songer que les mécènes et les soutiens vont mettre la main au portefeuille sans tiquer.

Il est à craindre que la structure ne ferme et ne soit pas remplacée avant longtemps. Les équipements (usuels, décoratifs) sont d'ores et déjà optionnés et le réflexe se perdra dès la fermeture, même si elle est "provisoire".

En attendant ce funeste moment chacun convient que "le Laurier Rose" (c'est le nom de l'hôtel et de l'association) brûle de ses derniers feux cet été. La terrasse est magnifique et ploie sous la glycine et la vigne vierge. les conversations ne sont pas circonscrites à une ou deux tables mais à toutes, les dons affluent et c'est un plaisir renouvelé de voir ces femmes très enceintes discuter à l'ombre .

Toutes les langues sont utilisées: les étrangers connaissent mieux notre superbe organisation des soins médicaux que nous-mêmes.

Je croise les doigts en espérant que le miracle se produira et que le laurier 2 existera bel et bien et sera digne successeur de son devancier.

 

 

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