J'ai déjà raconté ici même le plaisir que j'avais à assister à l'Eglise Saint-Exupère de Toulouse à la répétition puis à l'exécution d'une cantate de Bach certains dimanches soirs.
Je n'y étais pas allé depuis longtemps, du moins le croyais-je, aussi ai-je été content de voir les affiches apprenant que ce dimanche l'Ensemble Baroque de Toulouse reprenait le cycle des 200 cantates interprétées depuis 2007. Une centaine l'ont déjà été.
A l'église le public m'a semblé moins nombreux qu'à l'ordinaire. La mise en place était plus brouillonne. Il manquait un "Deus ex machina", rôle tenu avec passion et autorité par Michel Bun qui n'était pas là.
En regardant le prospectus remis à l'entrée de l'église je lu avec surprise que celui qui avait conçu le projet et qui l'avait porté avec passion avait "démissionné".
Je surpris quelques bribes de conversation d'habitués qui semblaient indiquer que le divorce ne s'était pas fait dans la douceur et en étais tout retourné: au risque de me répéter j'avais été frappé par la passion que Michel Brun mettait à diriger l'orchestre, à diriger les chœurs, à guider les solistes, les chanteurs et le public (qui reprend le chœur finale de la cantate avec les "professionnels"°. Il savait intéresser le public sans démagogie ni élitisme et communiquait sa passion d'une manière évidente.
J'ai reconnu des fidèles (musiciens, chanteurs et public) et l'impression était que personne ne voulait s'appesantir sur le départ de Michel Brun.
Nous apprîmes que la direction musicale et l'interprétation des cantates (qui continuerait) serait à chaque fois confiée à des chefs différents.
Un peu déboussolé par ce changement important j'ai vite repris mes marques et retrouvé le plaisir d'écouter la cantate B.W.V 166 être disséquée puis interprétée par partie avant d'être "filée" .
Le chef faisait son possible pour rendre vivante son interprétation et il y parvint. Le public était pris par la musique et sa "dissection" et le plaisir de la jouer ou de l'écouter étaient à l'unisson.
Il faisait nuit, il faisait froid, le vent soufflait glacé sur les Allées Paul Fauga tandis que la pluie commençait à tomber drue. J'avais encore dans les oreilles la cantate si belle et si prenante.

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