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22 mai 2025 4 22 /05 /mai /2025 07:00

Dès que le soleil réapparaît sur le Lauragais nous avons envie de déjeuner sur l'herbe. C'est plus fort que nous: l'idée de trouver un coin d'herbe, des arbres et des papillons nous font foncer chez le charcutier pour acheter le saucisson gras, le chorizo, le talon de jambon, les chips et le vin qui finira sur le paréo. 

Je ne m'appesantirai pas sur tous les éléments qui viendront, en s'ajoutant, transformer le plaisir en agacement. Les insectes, le changement de temps (froid, pluie…). 
On s'apercevra bien vite qu'on n'a pas pris assez de pain, d'eau ou de sel. Les saladiers débordent de taboulé, les tomates en salade veulent rejoindre leur origine végétale. 

Le Coca-Cola est tiède et faire tenir droite la canette tient du miracle. Le parasol ne remplit que partiellement son office et, immanquablement, celui ou celle qui a la peau la plus fragile finira plus rouge que le poivron apporté on ne sait pourquoi. 

Les guêpes, les abeilles et les mouches viennent, pas forcément dans cet ordre, donner leur concert autour de nos salades. 

Si tout se passe comme prévu le coin idéal sera le point de ralliement d'autres groupes que le nôtre et la rivière sera sale et bruyante. Et inconfortable. Car le propre du pique-nique est de tout rendre gras, poisseux et sale.

Une table en terrasse dans un petit restaurant villageois c'est  tellement mieux!

 

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21 mai 2025 3 21 /05 /mai /2025 07:00

Chaque année, depuis la nuit des temps, le monde envoie des artistes se fracasser contre le mur de la bêtise aseptisée, du mauvais goût, du manque de qualité et de la  bonne humeur lyophilisée. Ce raout international s'appelle "Grand Prix de l'Eurovision" et donne quatre à cinq minutes à un pays pour donner une image de ce qui se fait de pire chez lui en variétés. Rap, Jazz, musique symphonique n'ont pas droit de cité et s'effacent devant la variétoche internationale bien laide et bien gourde. Lumières et son puissant sont appelés à compléter le package. 

Au sortir il reste une chanson écrite souvent dans un volapük aux sons anglais dans laquelle les mots lune, soleil, cœur et amour forment plus de 70% du texte. 

S'ajoute une chorégraphie électrisée et des airs inspirés; le tout formant un spectacle immuable depuis une quarantaine d'années. Le public semble être sur une plaque électrique tant il est démonstratif. Plus désolante est la chanson plus hystérique est le public du pays qui passe sur scène.

Car j'ai oublié le principal: un vote est chargé de départager ces ersatz de chansons et le pays vainqueur est l'organisateur de l'édition suivante. 
La France envoie à chaque fois des chansons mainstream écrite par des sous-Obispo ou pire. (ça existe). Personne n'est capable de se souvenir d'une chanson du concours. Tous se demandent si un titre aurait eu du succès si il avait été lancée comme un titre normal. 

A chaque fois les présentateurs  rivaux des chaînes commerciales surjouent leur fausse complicité et leur bonne humeur et rivalisent d'anecdotes foireuses et de souvenirs bidons. Ils surjouent un enthousiasme national et usent de superlatifs considérables inversement proportionnels à la qualité de la prestation de l'artiste qui les représentent. 

Samedi c'était Louane, une brailleuse gentillette qui chante des trucs que Nicoletta ou Mireille Mathieu eut pu chanter. Du café moulu éclairé lui tombait sur la tête. Le concept était métaphysique: il m'a échappé. 

"Maman", avec tous les poncifs des chansons de fête des mères a atteint la septième place. Je soupçonne l'équipe qui la coachait de l'avoir choisie elle et sa chanson pour ne pas avoir à organiser l'édition de 2026!

 

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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 07:00

"Le Grand Bain" est le premier film réalisé par Gilles Lellouche. (2018) avec Virginie Efira, Guillaume Canet, Benoît Poelvorde, Mathieu Amalric, Philippe Katherine, Marina Foïs, Claire Nadeau, Jean-Hugues Anglade et Leila Behkti.

Le film se passe dans et autour d'une piscine municipale de banlieue. Une bande de "bras cassés" (dépressif, chômeur permanent, alcoolique...) se retrouve devant le grand bassin et décide de se présenter au concours annuel mondial de danse synchronisée. Inutile de dire qu'ils ne disposent ni du temps ni des capacités pour relever leur niveau. Ils n'ont pas les "coaches" indispensables mais une mythomane et une handicapée coincée. 

De désastre en calamités ils parviennent à s'entendre, à s'apprécier et... à remporter l'épreuve. 

Dans la lignée de "The full monthy" le film de Gilles Lellouche suit la formation de l'équipe, les galères des uns et des autres, les disputes (hilarantes) de certain(e)s  et nous nous attachons à tel ou tel protagoniste. 

Parfois on se perd un peu entre les personnages et leurs problèmes mais c'est "bon enfant", juste et souvent drôle. 

J'ai trouvé Claire Nadeau très amusante en dépressive chronique et Virginie Efira attendrissante. certaines scènes sont particulièrement réussies (la dispute impitoyable des deux sœurs à l'hypermarché (Marina Foïs et Mélanie Doutey) et la rivalité des deux beaux frères sur fond de vente de salons).

Un film réussi parce que les ingrédients sont nombreux et vont bien ensemble. Un film divertissant et réjouissant qui change agréablement des comédies Françaises grinçantes auxquelles on est désormais condamné..

Un bémol toutefois: ce Mathieu Amalric... qu'il est laid et triste! qu'il est ennuyeux!. C'est le pire acteur du moment. Même Philippe Katherine le supplante!. 

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19 mai 2025 1 19 /05 /mai /2025 07:00
Volver

Dans leurs appartements toulousains puis de Montréal j'ai toujours vu chez Nicolas et Carole l'affiche colorée de Pedro Almodovar "Volver". Comme beaucoup j'ai eu un emballement pour ce cinéaste un peu fou, ses films déjantés et ses distributions quatre étoiles. Avec "Volver" (2006) il amorçait -selon moi- son déclin et ses films n'avaient plus l'originalité de ceux de ses débuts. Pire ils étaient prévisibles et leur provocation rappelait celle d'un Bertrand Blier. A trop vouloir choquer on passe à côté. 

Je n'avais, jusqu'à sa diffusion jeudi 14  mai 2025 sur Arte (en version Française, ouh!) pas vu le film et cela ne me manquait pas. 

Avec un tel préjugé défavorable il va sans dire que le premier quart d'heure m'a ennuyé et que j'étais sur le point d'aller lire dans mon bureau quand le rythme de croisière du film s'est instauré. C'est ce qu'on appelle pompeusement  un film "choral" dans lequel les femmes sont ultra majoritaire. Et d'entre elles la sublime Penelope Cruz est la star incontestable et incontestée. Elle donne un éclatant aperçu de ses dons de comédienne et est d'une troublante beauté. C'est bien simple lorsqu'elle pleure (et elle pleure souvent dans ce film dramatique)  elle est irrésistible.  Elle est d'un naturel confondant et le personnage qu'elle interprète est phagocyté par l'interprète qui l'éclipse. 

J'avais tort: bien que tarabiscoté le film est sympa, le scénario étonnant et l'histoire amusante et légère. Il y est question d'inceste, de meurtres, de cadavre baladeur, de rapports mère-fille et de bien d'autres choses encore. La crédibilité est un détail dont ne s'encombre pas le cinéaste. Pénélope porte le cadavre de son ex-ami et l'enterre dans un congélateur. Vu comment elle manie la pioche il est stupéfiant qu'elle y parvienne! 

Carmen Maura, actrice de l'écurie Almodovar est un "fantôme" surprenant mais auquel on finit par croire. Cet homme peut tout! 

Au risque de me répéter je dirai que le film doit énormément à sa principale interprète qui a de la chance: l'écrin que lui a constitué son réalisateur est digne d'elle et la met en valeur comme peu de réalisateurs l'ont fait avec leur comédienne avant lui.

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16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 07:00

Je disais récemment mon apathie politique et ma désertion probables des bureaux de vote des prochaines consultations électorales. 

Et j'ai regardé depuis sur LCP/la chaîne parlementaire le doc consacré aux Présidentielles de 1995 avec un Edouard Balladur vieilli mais toujours aussi vindicatif. 

L'homme a été atteint dans son être profond et cette élection perdue, on le sent bien, il ne s'en remettra jamais.

Il faut cependant dire qu'il porte une responsabilité bien supérieure à celle qu'il daigne s'attribuer: il avait clairement, devant le pays, exclu de se présenter à l'élection présidentielle en acceptant de diriger le gouvernement de cohabitation que lui concédaient François Mitterrand et Jacques Chirac respectivement Président de la République affaibli et désavoué et homme politique dirigeant du principal parti d'opposition républicaine et vainqueur incontestable des élections législatives de 1993. 

Il gouvernait avec les hommes et femmes qui devaient à J.Chirac leur situation. Il ne possédait pas d'équipes à lui et n'était pas mandaté par les Français pour diriger le gouvernement. Tout le monde, et Edouard Balladur le premier savaient ce que la nouvelle Assemblée nationale devait et à qui. 

Très vite il montra une certaine habileté, connut une période de baraka tout en bénéficiant de sondages flatteurs. Cet ensemble de facteurs et "l'agitation" de J.Chirac lui firent immanquablement penser qu'il pouvait être l'homme de la situation et se faire élire Président en s'appuyant non sur la bienveillance mais sur la non malveillance du vieux crocodile de l'Elysée. Celui-ci flattant l'un puis l'autre en les opposant l'air de ne pas y toucher. 

Les lieutenants pressés, Sarkozy en tête, firent le calcul simple: Chirac avait eu sa chance, ses chances, il ne les avait pas saisies, leur camp, s'il voulait vaincre, devait pousser Balladur à l'Elysée. Ce dernier, flatté et présenté par les médias amis comme étant l'homme de la situation finirait bien par se déclarer candidat. Ce qu'il, fit, de Matignon. Première erreur. 

S'ensuivit une foire d'empoigne restée fameuse dans laquelle "tous les coups furent permis". L'opposition, atone, et les médias effarés comptèrent les coups et regardaient médusés la bataille de chiffonniers où les coups étaient meurtriers que leur jouait la droite dite de gouvernement. 

Balladur fut battu de peu, Jospin gagna une honorable première place et J.Chirac fut élu Président.

Plus de vingt ans après la rumeur et la violence des combats s'entendait dans le dépit froissé et retenu d'Edouard Balladur. La saleté nauséabonde des affaires lui donnait encore -on le voyait- la nausée. 

Cette équipée donnait l'impression d'avoir été comme suggérée par la conjonction de bons sondages, d'une certaine satisfaction des Français qui se lisait dans les enquêtes et aussi dans la pensée, encore sienne longtemps après, qu'il était un meilleur président potentiel que son adversaire.

Et sans doute avait-il raison tant les 12 ans de présidence chiraquienne furent stériles. 

Balladur avait l'Establishment pour lui (seconde erreur) et le soutien des "élites". Sa nature, son éducation, sa personne composaient un personnage qui n'était nulle part à sa place. En tous cas pas sur les tréteaux d'une campagne électorale à la Française. 

Si l'on ajoute les rieurs de canal+ qui l'eurent comme naturellement dans le nez et la démagogie sans borne de Jacques Chirac on ne pouvait, rétrospectivement, s'étonner du résultat. 

Le pays, avait suivi sa pente et retarda la prise de décisions qui feraient qu'aujourd'hui la situation soit moins cataclysmique...

*A 3 reprises, peu après la diffusion des résultats du 1er tour des présidentielles Edouard Balladur intima l'ordre de se taire aux siens qui sifflaient le nom du vainqueur de leur duel. C'était une réaction digne et indispensable. On en a ricané et on en rit bêtement encore.   

 

 

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15 mai 2025 4 15 /05 /mai /2025 07:00

A la toute fin de sa vie, à 79 ans, la seule activité "politique" de mon père se limitait à la lecture rapide du "Canard enchaîné". Cela me surprenait parce qu'il avait beaucoup lu et était incollable sur l'Histoire et la politique, surtout celle de la cinquième République. 

A sa façon ferme et définitive de lancer un glacial: "tous des cons" je comprenais que plus rien ne l'intéressait de ce côté et qu'il avait fait le deuil des activités liées à la vie de la cité. 

Avec beaucoup de zigs et pas mal de zags je me suis, moi aussi, beaucoup intéressé à la politique et à l'Histoire (difficile de renier ses origines) et il m'a fallu un certain temps, proportionnellement autant qu'à mon géniteur, pour être dégouté de la politicaillerie de notre pays. Par contre je l'ai rejoint et dépassé dans mon exécration de cette démocratie d'apparences qui ne sert qu'à quelques uns pour se constituer un patrimoine à d'autres pour faire carrière et à tout un monde de fausses valeurs (journalistes, spécialistes, sondagiers, analystes etc.) pour nous détourner de leur médiocrité. 

Je me demande comment j'ai pu m'intéresser aux combats de coqs de Chirac et Giscard, de Mitterrand et Rocard, comment j'ai pu suivre les congrès des uns et les campagnes électorales des autres. 

Je m'en veux de ne plus me sentir concerné par "nos" représentants politiques mais j'ai une telle sensation d'avoir été baladé pendant toutes ces années que je les mets tous dans le même sac et qu'ils ne méritent pas que je pense à eux, ne fut-ce qu'une minute. 

Je sais les reproches qu'on est légitimement en droit de me faire et les accepte. Arrive un moment où l'abus est tel qu'y adhérer n'est qu'une preuve d'imbécillité. 

Ils sont tellement nuls et uniquement obsédés par leur carrière que, contre toute attente, les fascismes, le stalinisme et les nazis sont de nouveau en progression. Beau bilan!

Je ne vois pas le côté ironique de la chose et suis au contraire profondément vexé que deux guerres mondiales et une guerre froide passées nous nous retrouvons à n'avoir qu'un vote à des élections leurres (Européennes, municipales, législatives, présidentielles) pour exprimer (en pure perte, les sondages servant de défouloir) nos choix et notre volonté.
Choix et volonté dont tout le monde se fout. 

Le vote non au référendum sur le projet de constitution européenne négligé et contourné par un vote des Assemblées (Traité de Lisbonne), la palinodie des nominations de premiers ministres illégitimes en France... les obscénités politiques des Trump, Bolsonaro et de tant d'autres m'ont définitivement écarté de la politique. Peut-être irai-je encore empêcher le RN ou LFI de gouverner en votant contre eux, peut-être pas. 

A trop tirer sur la corde ils l'ont brisée et ce ne sera certainement pas des Retailleau ou des Wauquiez qui me feront redemander une carte d'électeur ou me déplacer deux dimanches de mai.

On cite toujours cette (vilaine) remarque qui dit que "la politique c'est comme l'andouillette, ça doit sentir la m....". Je ne pensais pas qu'un jour je la trouverais pertinente. 

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14 mai 2025 3 14 /05 /mai /2025 07:00

Comme moi vous avez dû entendre parler et reparler d'un livre consacré à LFI ("La France Insoumise") écrit par deux journalistes que l'on voit et entend partout. Titré "la meute" (beau titre, imagé) ce livre raconte ce qu'est le mouvement de Jean-Luc Mélenchon par le biais d'interviews (200) de militants, d'anciens militants,  de témoins et de journalistes. 

Ayant lu tant et tant de livres et documents sur le fonctionnement des partis d'extrême gauche je ne suis pas particulièrement intéressé par celui-là et sais à l'avance ce que j'y trouverais. 

Les partis de gauche extrême fonctionnent tous sur le même mode: un chef charismatique qui décide de tout, des sympathisants, militants ou "compagnons de route" qui suivent les ordres de l'équipe dirigeante le doigt sur la couture du pantalon (ici ils sont deux, Mélenchon et Sophia Chikirou) et un fonctionnement vertical . Le couple dirigeant décide de tout et de manière dictatoriale. On trouve les grands classiques de ce type de structure politique: décisions arbitraires mais sans appel, culte du chef, décisions imposées de la direction et purges ou exclusions régulières et non expliquées (et encore moins justifiées). 

Que ce soit en France ou au Pérou c'est partout la même chose:  les alliances se décident et se rompent sans que quiconque puisse en demander les raisons. Rigide le fonctionnement a ses "rites": exclusions, changementde ligne brutaux, autocritiques... la discussion est encadrée et les votes sont sans surprise.

Ce sont les méthodes staliniennes qui perdurent avec leur arbitraire impitoyable. Lisez l'équipée Castriste, la folie meurtrière des partisans de Pol Pot et de ses Khmers rouges, la façon dont fonctionnait le "Che" Guevara et les atrocités du "Sentier Lumineux". Tous, dès lors qu'ils accèdent au pouvoir, recréent une organisation impitoyable fonctionnant de manière identique. 

Je ne dis pas que l'ex-sénateur Socialiste, admirateur de François Mitterrand est un liberticide masqué. Je dis que son organisation n'est pas issue d'une génération spontanée et correspond à un modèle déposé. Je rappelle aussi le tempérament volcanique du chef des Insoumis et son incapacité à accepter la moindre remise en cause de son action ou de ses analyses.

La disgrâce qu'on sent définitve d'Alexis Corbière et Raquel Garrido témoigne de ce fonctionnement antidémocratique qui, sous un autre climat et dans une autre époque leur aurait valu un"procès de Moscou""et une éxécution sommaire.

Il faut voir Clémentine Autain essayer de justifier l'injustifiable pour comprendre que la politique et l'idéologie de LFI portent en elles l'élimination de tous ceux qui ont le malheur de contester la direction par définition indiscutable de LFI. 

Sous nos climat et à notre époque l'exécution  est symbolique. 

Quant à Jean-Luc Mélenchon sa personnalité et son action depuis une vingtaine d'année témoignent de la dangerosité d'un extrêmiste intolérant. 

Puissent les yeux des partisans de ce mouvement s'ouvrir avant les prochaines présidentielles et éviter au pays de retomber dans des périodes qui ont laissé des souvenirs sanglants telle la "Grande terreur", la commune de Paris, (et sa répression) l'épuration sauvage et toutes les périodes tragiques de nore Histoire pendant lesquelles nous avons perdu notre "GPS démocratique". 

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13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 07:00

Avez-vous entendu Anouk Grimbert parler du livre qu'elle a fait paraître et qui, c'est le moins que l'on puisse dire, raconte une vie dans laquelle les sunlights tendent vers du Zola.?

Moi, ce qui m'a stupéfié c'est lorsqu'elle a raconté que le jour de la naissance de leur fils, à la clinique, le père du bébé lui a dit: "j'espère que ce ne sera pas un pd". Le père inquiet n'est autre que Bertrand Blier qui des "Valseuses" à "Tenue de soirée" n'a cessé de dire que l'homosexualité était normale et banale. "Tennue de soirée" est une sorte de réhabilitation ou de promotion de celle-ci.

Un discours public pour choquer le bourgeois et un autre pour stigmatiser ce que l'on fait semblant de considérer comme une évidence. En voilà un qui avait compris comment marchent les choses dans le monde des médias. Il était adoré de la critique quand bien même il foirait un film sur 4 puis 1 sur 3 puis 1 sur 2 pour, à la fin les rater tous. "Les valseuses"  lui avaient donné les clés et quoi qu'il tourne il avait les rieurs de Cannes et d'ailleurs avec lui.

Le monde du cinéma, on le  savait on en a des preuves presque quotidiennement  depuis "Me too" est un lupanar subventionné. Des donneurs de leçons qui se conduisent comme des porcs manipulent, au nom de l'art, des concepts qui les arrangent.

Anouk Grimbert raconte comment on l'a manipulée, exploitée puis rejetée. Elle a osé dire que Blier  était un sale type et un mari peu engageant: haro sur la traînée! 

Belle, frémissante mais détruite intérieurement l'actrice aujourd'hui sexagénaire semble ne pas avoir compris ce qu'elle a vécu et qui, effectivement, ressemble à un cauchemar. 

Peu de temps auparavant l'ancienne actrice Marlène Jobert parlant du film qu'elle tourna avec Jean Yanne pour Maurice Pialat, "Nous ne vieillirons pas ensemble" : la même hystérie semblait régner sur le plateau des deux films. 

C'est sans doute parce que ce monde factice et cruel du cinéma est un faux semblant que je m'en suis complètement détaché. Je ne vais plus voir que de films étrangers, venus de pays peu connus pour leur cinéma. Je fuis toutes les émissions télévisées sur le cinéma qui, de toutes manières,  s'adressent à un public donné. Je n'ai pas regardé une minute de Cannes qui m'ennuie tout en m'exaspérant. J'ai cru comprendre que l'inepte Claude Lelouch avait vaincu les réticences du milieu cinématographique et avait été fêté cette année. 

ils en sont là! entre le Hamas et Lelouch. Un grand écart qui n'est pas compliqué pour des gens à l'échine souple et aux convictions élastiques.

 

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13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 07:00

La liste des tracas occasionnés par mes genoux est si longue qu'il y aurait de quoi écrire un livre!

Restons en aux derniers développements: le 28 avril dernier on m'a rouvert la jambe gauche, retiré la plaque et les vis posées 4 ans auparavant et qui firent l'objet d'une "OTV" ou ostéotomie tibiale de valgisation (opération visant à corriger l'axe d'un membre inférieur) pour introduire une prothèse complète.

Les abus tarifaires et le "je m'en foutisme" du privé m'avaient fait choisir l'hôpital public cette fois-ci. 

A ce stade je ne crois pas que j'aie à regretter mon choix. L'opération s'est bien passé, mes jambes sont enfin parallèles et la douleur, ma foi, n'est pas pire que ce qu'elle a pu être ces 5 ou 6 dernières années. 

Ce qui est étonnant lorsqu'on doit se confier aux mains expertes des chirurgiens c'est l'abandon total qui est attendu de nous et que l'on donne bien volontiers. On accepte des choses surprenantes: une infirmière qui allume la lumière a giorno à 4 Heures du matin pour une prise de sang, la prise d'un médicament ou de la tension. 

C'est aussi l'application d'horaires fous pour les repas et une "qualité" de ceux-ci qui, pour rester poli, sont assez exécrables. 

C'est une infantilisation de tous les instants à laquelle on souscrit sans barguigner du fait que le patient n'est pas l'expert. 

C'est le nombre ahurissant et phénoménal de médicaments qu'on vous prescrit et qui vous rendent nauséeux au point que votre statut passe tout naturellement de patient à malade. 

Gibier de bloc opératoire et d'anesthésies je sais me chosifier à la demande et surtout ne plus m'étonner de rien. 

Cette fois avant d'accepter l'opération je me suis fait le serment qu'on ne m'ouvrirait plus les genoux jusqu'à la fin de ma vie. Quand bien même j'aurais une jambe plus courte que l'autre de plus de 5cm ou le genoux sur le côté on ne me fera plus de fermeture éclair sur la jambe, droite ou gauche.

Il faut dire que ces 10 dernières années j'ai subi sans broncher un débridement arthroscopique d'une lésion méniscale, des infiltrations d'acide hyaluronique, deux OTV à quatre ans d'intervalle, l'ablation d'une tumeur bénigne dans le nez, une sciatique, le retrait de hernies inguinales bilatérales et donc cette pose de prothèse de genou. 

Je pense que cela suffit amplement!

Le pire est que je me demande si la moitié de ces interventions était ben indispensable. 

 

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12 mai 2025 1 12 /05 /mai /2025 09:13

C'est un film que j'aime tellement que je préfère ne pas en parler avec d'autres personnes qui l'aimeraient autant que moi. Dans cette admiration sans limite je me préfère sans témoin. 

C'est une adaptation du roman de William Makepeace Thackeray intitulé je crois "Les mémoires de Barry Lyndon". Un roman du XVIIIème siècle qui a l'Europe comme terrain de jeu. C'est, sommairement dit, l'ascension et la chute d'un nobliau Irlandais condamné par les défauts de son caractère et son éducation mais aussi par les règles impitoyables d'une société corsetée par des règles immuables. 

Le film fut tourné en 1973 principalement en Grande Bretagne dans des décors naturels. Sa sortie mondiale se fit en 1975 et, curieusement, le film fut mal accueilli par la critique britannique et américaine. Une demie surprise pour moi: bien qu'encore loin de leurs futures "trumpitudes"  les Etats Unis pensaient super-héros et requins articulés quand Kubrick leur faisait voir et vivre le siècle des lumières. Et les Anglais  sont les Anglais. Le film eut dû être Anglais pour avoir l'heur de plaire à ce peuple étonnant. 

Stanley Kubrick, le réalisateur du film sortait de 3 succès consacrés qui avaient beaucoup fait parler: "Dr Folamour", "2001: Odyssée de l'Espace" et "Orange mécanique". Trois films exceptionnels qui ont marqué d'une trace indélébile le cinéma mondial. Stanley Kubrick, cinéaste américain travaillant près de Londres est, dans son domaine, un génie comme Picasso, Mozart ou Céline en sont. Leur cerveau, leur imagination et leur liberté sont au service de leur réflexion et de leur esprit créatif. Peu les approchent, nul ne les dépassent. 

Bien sur on est consterné que leurs chefs d'œuvres ne soient pas unanimement célébrés mais la méconnaissance ou le rejet sont parfois la rançon du génie.

Objet commercial le film de cinéma s'élève quelquefois mais parvient très peu souvent à la perfection de Barry Lyndon. Les ambitions du cinéaste, en adaptant le livre étaient considérables: faire voyager le spectateur dans le dix-huitième siècle. Les personnages, l'action, les lieux, les passions, les haines, la lumière et jusqu'aux âmes. Kubrick nous plongeait dans l'Histoire comme il l'avait fait avec la science dans "2001: l'Odyssée de l'Espace" et qu'il le ferait ultérieurement dans la folie avec "Shining" ou dans la science fiction avec 2001. 

Je suivais passionnément le travail de ce metteur en scène unique et dois reconnaître que le charme n'opéra pas avec tous ses films: je restais éloigné de "Full Metal Jacket" et ne trouvais à "Eyes wide shut", son dernier film, qu'une exceptionnelle beauté des images. 

Ce que j'admire le plus dans "Barry Lyndon" c'est que le metteur en scène a dû affronter de nombreux problèmes qui auraient fait renoncer n'importe qui.  Au contraire, plus le challenge était difficile plus Kubrick imposait la meilleure réponse. On a dit partout -avec raison- que l'éclairage des scènes d'intérieur à la bougie donnaient à celui-ci un réalisme prodigieux mais tout est de cet ordre: la musique*, les vêtements, le bruitage, le jeu des comédiens, la reconstitution des batailles ou des duels  et l'humour même.

Il y a un narrateur qui nous raconte ce qui se passe et qui l'anticipe même. C'est un artifice scénaristique étonnant. Les comédiens sont ahurissants de vérité: le révérend impassible dont on suit le développement de la rancœur, Lady Lyndon qui n'est qu'un objet de valeur parmi d'autres et qu'on se dispute sans élégance (les faux semblants de la société aristocratique), le beau-fils consumé par une haine justifiée mais repoussante, les hommes tenus de se comporter d'une certaine manière (lorsqu'ils tournent poliment le dos à Barry Lyndon après sa scandaleuse esclandre avec son beau-fils) chacun se débat avec ses moyens intellectuels et son déterminisme social.

Ryan O'Neal n'a pas convaincu la critique: c'est injuste; il est ce naïf voyageur ui se fait voler, cet espion qui se trahit devant celui qu'il doit surveiller, cet homme qui se suffit d'une conquête facile d'une femme qui aurait pu changer son destin. Il est courageux (à l'armée, en duel) mais l'est souvent à contretemps. Il est victime de ceux qui le détestent parce qu'il n'est à sa place nulle part. 

Ryan O'Neal n'a jamais fait mieux que "Barry Lyndon" (comment l'eut-il pu?) mais dans "Paper Moon" de Peter Bogdanovitch il montra que le choix de Kubrick était justifié. 

On a reproché sa longueur au film: 3 minutes de "Guerre des étoiles" me semblent trop! Marisa Berenson n'a pas convaincu. J'ai dit plus haut qu'elle "fait partie du décor". On ne demande pas à une commode ou à une desserte d'avoir des états d'âme! Et puis, avoir été distinguée par Kubrick soi-même ça vaut tous les Oscars de la planète. Les dernières images du film et la sentence ironique referment intelligemment cette œuvre de cinéma dont je ne me lasse pas et dont j'économise les visions. 

"Good or bad, handsome or ugly

Rich or poor, they are all equal now"

 

*On glose sur l'utilisation du trio de piano de Schubert mais Kubrick l'avait choisi exprès pour son romantisme qui "collait" à l'histoire. 

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