Je ne sais pas (ou plus) comment je suis entré en possession du livre de l'Amiral Philippe de Gaulle sobrement mais justement intitulé "Mon papa", euh, non, "de Gaulle, mon père" paru il y a plus de cent ans aux éditions de poche bien nommées "Press Pocket".
Premier point: ce n'était pas la grande déconnade à Colombey. Plus compassé (en un seul mot) difficile de trouver. J'ai cherché en vain un mot d'humour, une folie passagère. Rien! on était dans la retenue et le quant à soi chez Charles. Messe et manœuvres.
Philippe de Gaulle n'était pas non plus un joyeux drille. Le devoir avant tout. Une mentalité bourgeoise du dix-neuvième siècle, archi-guindée et ne souffrant aucune fantaisie. Les sentiments sont enfouis et la parole corsetée. Qu'est-ce qu'on devait s'ennuyer!
Le portrait du grand homme est, c'était à prévoir, sans la moindre aspérité. Une sorte de héros mythologique réincarné. Il possédait, selon son fils, toutes les qualités du monde et , à contrario, aucun de ses défauts. Tolérant, compréhensif, magnanime, mesuré, courageux, intelligent, travailleur, juste, généreux, bienveillant et visionnaire. Son action, dès l'âge de raison, est balisée par la réflexion et les choix courageux.
Sa guerre de 14-18 est exemplaire pour ne rien dire de la suivante qui est une épopée digne d'une chanson de geste. Mieux que Jeanne d'arc et Napoléon. Seul Saint Louis pourrait lui être comparé. Dernier caprice du destin: l'homme est mort à 102 ans, oublié de tous, 51 ans après son père.
