Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
19 février 2026 4 19 /02 /février /2026 07:00

J'ai Plex, j'ai Netflix, j'ai un disque dur rempli de films et je me suis mis devant la télé pour regarder un téléfilm (on se croirait dans les années 60) sur France 2. Rien que le titre avait de quoi me faire fuir : "je suis la maman du bourreau" (sic) avec une octogénaire (Marie-Christine Barrault) et une septuagénaire (Sabine Haudepin) au générique. Là on frôlait les années 50!

Eh bien non. C'était superbe, intelligent, bien interprété et ça donnait à réfléchir. 

Quand on pense "télévision" on n'envisage pas de ressentir cela et encore moins de l'écrire. 

Tout dans ce film de télévision était juste et retenu: Marie-Christine Barrault est une belle femme de 80 ans et c'est une excellente comédienne.  (rassurez-vous; je ne suis pas (encore) devenu gérontophile. 

Dans ce film elle est une femme d'un bon milieu social (à particule) mère d'un fils unique qui est prêtre dans leur ville (je dirai Cognac, Angoulême ou une ville comme cela. Les voitures sont immatriculées 16). 

Cette femme pieuse et intraitable est veuve et très fière de son fils. Plus que fière: elle l'admire. 

Un artifice de scénario nous apprend dès le début qu'il s'agit d'un pervers qui a abusé de nombreux enfants pendants de nombreuses années. Si certains le savaient ou avaient des doutes, toute à son adoration maternelle, exclusive et abusive la mère du prêtre ignorait tout. 

Une journaliste locale publie un article vague mais devant être suivi par d'autres et la mère du prêtre finit par admettre et comprendre qui est son fils. On ne sait pas si elle veut connaître la vérité et l'empêcher ou au contraire la forcer à éclater. Après un long moment elle dit à son fils qu'elle sait et qu'elle veut qu'il demande pardon à une de ses anciennes victimes qui a aidé la journaliste. 

L'amour exclusif qu'elle ressentait pour son fils se transforme en volonté farouche de le voir reconnaître ses fautes et à accepter ce qu'il a fait . (c'est le passage le moins réussi du film)

Le dialogue est sur une ligne: il s'en faudrait de peu pour que cela sombre dans le prêchi-prêcha mais Gabriel Aghion, le metteur en scène parvient à éviter cet écueil. 

Ce que j'ai entendu dire de la "province" et des petites villes où chacun est épié et jugé est bien rendu et si les maisons sont belles et les paysages magnifiques on sent l'étouffement des "on dit" et des commérages. 

J'ai toujours su que vivre à Paris met plus de bonnes choses dans le fléau de la balance que n'importe quelle ville moyenne. Ce film ouvre la réflexion dans de multiples directions (la faute, la foi, le pardon, la jalousie...) tout en intéressant avec une histoire assez réaliste. 

Et sans tomber dans les trappes qui pouvaient le guetter: les bons sentiments, le ridicule, la caricature ou le pathos. 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 février 2026 2 17 /02 /février /2026 07:00

Après Vergès il me fallait une autre tête à claques . Jack Lang et les millions d'Epstein arrivait à point nommé. Mais quel peut, finalement, être le plaisir de déchirer à belles dents une vieille momie liftée dont le ridicule et l'obscénité sont connus depuis son premier vagissement à la maternité? 

Allons, Bertrand, cherche, il doit bien y avoir une vache sacrée qui mérite un largage de napalm verbal. Morandini ? abject, certes, mais poids plume. Drucker? sa fin modèle Jacques Martin doit lui être suffisamment odieuse pour qu'il n'y ait pas à en rajouter. 

Carine Le Marchand? elle a dû rater la distribution de neurones mais elle est jolie, séduisante et son magistère est des plus limités. 

Il faut bien l'admettre; je n'ai plus de tête (publiques) à gifles. Ou alors ce ne sont que des poids plumes. (le couple d'abrutis qui conseillent les repas en boîte carton qui font perdre 48kg en mangeant de la choucroute) Lui est le petit fils de Simone Signoret: heureusement elle ne l'aura pas connu). 

Il se peut par ailleurs que je me sois assagi et que je ne ressens plus rien à l'écoute de certains qui; il a peu encore, me faisaient monter sur mes grands chevaux. 

Trump est hors course et son "vice-Président" (quelle belle fonction! elle lui était destinée de toute éternité!) ne concourt que pour un accessit. Mélenchon? Bardella? Dati? le maire du Havre? pfffff. Menu fretin.

Pascal Praud? trop petit mon ami. Il sera vite oublié comme l'a été Yvan Levaï qui fut ce qu'il est. 

Quand on aperçoit certain(e)s (dont Mlle Ockrent, l'intervieweuse des agonisants iraniens) maintenant, couturés de partout comme des poupées vaudou mille fois transpercées on n'éprouve même pas de joie.  Leurs rides hargneuses de Dorian Gray est la punition de leur arrivisme forcené. 

Ah! le Poivre, oh l'Elkabach.... oubliés dès qu'ils disparaissent de la boîte à conneries. La mort est plus cruelle avec eux me semble t'il. 

A cette aune les femmes s'en sortent mieux. Certes Dorothée est regonflée chaque année à Noël comme le père du même nom sur mon balcon. Pareil pour l'idiot qui est né pour être vivant (!) qui nous menace même plus avec sa canne qu'il ne parvient plus à soulever. 

J'ai bien l'impression que notre époque ne crée plus de zéros imbus d'eux même et qui duraient parfois des années. Etriquée, notre échelle du temps ne leur laisse que 3 ou 4 ans avant de grossir la liste de ces personnes dont on se dit: "le mec de la pub, là, c'était pas un des acteurs de cette série X?" 

- "Si. P......... elle a pris un sacré coup de vieux, je ne l'aurais pas reconnue". 

Partager cet article
Repost0
16 février 2026 1 16 /02 /février /2026 07:00

Et ce téléphone se complexifie d'année en année. La partie purement téléphonique se rétrécit comme peau de chagrin au profit d'autres utilisations plus ou moins utiles. Ce petit appareil, que l'on égare trop facilement, est un réveil, une calculette, un appareil photo, un carnet pense-bête, un porte-monnaie (sans monnaie) un portefeuille (avec pièces d'identité et permis de conduire...), un compteur de vitesse, un détecteur médical, un répertoire, un GPS, un dictionnaire, une bibliothèque, un lecteur de musique, une "antisèche", un livre de recettes de cuisine mais aussi un couteau suisse, une alarme, un chronomètre, un enregistreur, un tensiomètre et beaucoup d'autres choses encore. 

Du fait de l'importante quantité d'utilisation qu'il possède nous sommes complètement désorientés lorsqu'on l'égare. Et nous l'égarons plusieurs fois par jour. Certains le sifflent et il répond pour indiquer dans quel partie de la maison vous l'avez déposé une heure auparavant. 

Ultraplat et noir il est obligatoire qu'il soit perdu et ce dans des endroits où il est difficile de le trouver: sous les sièges des voitures, dans le canapé, sur l'étagère ou dans la cuisine. Dans ces cas là nous faisons tous pareil: nous demandons à notre conjoint de nous appeler. Et nous soufflons de le retrouver. 

Si nous partons faire une course à l'extérieur et que nous nous apercevons que nous ne l'avons pas emporté avec nous nous rebroussons chemin ou nous nous imaginons l'avoir peut-être perdu. 

Il est peu de moments dans une journée où le portable n'est pas à notre disposition: lorsque l'on dort et, normalement, lorsque nous conduisons. 

On l'emmène à la douche (y a t'il des appels aussi urgents qu'il faille les prendre sur le champ?) au spectacle (des petites lucioles colorées se répondent dans la salle et un peu partout.  

Au restaurant il est sur la table et les convives lui donnent la priorité sur ce que pourrait dire leur convive. 

Avec l'I.A nous découvrons d'autres besoins pouvant être satisfaits par l'interrogation de notre GSM (le mot pour le désigner vieillit plus vite que l'appareil). 

Bientôt il nous préviendra lorsque notre vessie sera pleine ou lorsqu'il faudra boire. Il nous dira quand il faudra consulter un médecin ou changer de partenaire. Il nous la ou le désignera peut-être. 

Il a pris une telle place dans nos vies que nous nous reposons de plus en plus sur lui pour nous aider à ne rien oublier. La révision de la voiture, le contrôle technique, l'anniversaire de Machin  et celui de Truc. 

En nous infantilisant et en prenant nos places il est une sorte de KGB positif qui pourrait bien, un jour, remplacer un bracelet électronique universel. Un code-barres universel qui gardera traces de tout. 

Pour le moment il nous offre des jeux abêtissants, des clips et des vidéos de chatons.
Un dictateur pourrait très bien lui trouver d'autres utilisations. 

Partager cet article
Repost0
11 février 2026 3 11 /02 /février /2026 07:00

Y a t'il vraiment des Iraniens d'Iran souhaitant revenir au pays avec le fils de l'ex-Shah dans leurs bagages? J'avoue avoir du mal à l'imaginer. Pour être honnête Je n'y crois pas un instant et je prends ceux qui propagent cette bouffonnerie pour des guignols. 

Reza Pahlavi est le fils de son père et ça s'arrête là. C'est pour renverser le régime monarchique de cette famille qui a déjà "donné" deux souverains à l'Iran que la Révolution a eu lieu en 1979. La police politique (la Savak), la pauvreté, l'injustice, le musellement des médias l'arbitraire et la torture, bref toute la panoplie des dictatures en général et celles soutenues par les USA en particulier, était utilisée par le père du prétendant au trône de Persépolis soutenu par les USA...Certes le fils n'a pas de sang sur les mains mais il a vécu les trois quarts de sa vie en exil aux USA ce qui ne le prédispose pas à la nuance. 

On a tous en mémoire la triste fin de son père, repoussé partout, malade, mourant d'un cancer et n'ayant  que Sadate d'Egypte, prix Nobel de la paix qui fut assassiné, pour le plaindre et l'aider.

Mais nous avons aussi, en France hexagonale, eu Louis XVI chassé et exécuté dont les deux frères sont remontés sur le trône du roi décapité après une révolution cruelle. Cela devrait m'inciter à être prudent: je n'ai pas souvenir que cette "restauration" fut un grand succès!

Reza vit donc aux Etats Unis et ni lui, ni l'impératrice Farah sa mère n'eurent à subir -du moins officiellement- la fuite et la crainte d'un attentat. De temps en temps la population iranienne essayait  de secouer le joug qui la maintenait fermement . L'appareil répressif efficace et très brutal du régime réprimait dans le sang et l'ultra-violence les manifestations et c'était fini pour 6 ou 7 ans, on n'entendait plus parler de l'Iran. Reza disparaissait de  l'actualité comme il était apparu et tout le monde l'oubliait. 

Son "programme" (ni royauté ni régime religieux) était celui de tous ceux qui prétendent arriver au pouvoir : votez pour nous, donnez-nous le pouvoir et vous verrez comme nous sommes démocrates! 

Une fois sur le trône les en chasser prendra une trentaine d'années, sinon plus. 

je n'ai rien contre Reza mais je pense que question régime politique basé sur l'autoritarisme l'Iran a amplement donné! 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 07:00

C'est une fois encore mon esprit de contradiction; à moins que ce soit du pur masochisme. J'ai longtemps été abonné au "Point" et me souviens en avoir résilié l'abonnement pour un édito de trop. 

Signé Franz-Olivier Giesbert (et je confesse avoir oublié de quoi parlait cette page) il m'avait agacé plus que de mesure. 

Je vais casser le suspense: je vais dire tout le mal que je pense du bonhomme et je le contrebalancerai par quelques compliments. je devrais y parvenir. 

Comme Guillaume Durand, Eric Orsena, feu Jean Daniel et feu Jean-François Kahn je supporte avec moultes difficultés ces faux modestes infatués d'eux mêmes et qui écrivent des livres à la pelle pour nous dire combien leurs vies sont mirifiques et leurs talents nombreux. 

Passés la soixantaine ils jouent les sages et remplacent les relations de dîner avec des célébrités par celles de leurs IRM ou radios médicales. 

Giesbert est crispant par ce côté "enfant" qu'il affecte, un peu comme Jacques Higelin autrefois. Il surjoue sa bonne humeur comme sa colère et est drogué à l'applaudissement et aux compliments. Il aime être aimé tout en se rendant souvent mal-aimable. 

Cependant il écrit de bons livres politiques et d'autres plus généraux qui méritent qu'on s'y arrête.  J'ai lu les trois derniers bouquins qu'il a écrit sur "l'histoire intime de la Vème République que j'ai trouvés très bons*. Il ne peut s'empêcher de se flatter d'avoir connu nos "princes" en général et Mitterrand en particulier. Mais c'est vivant et ça rappelle des histoires déjà oubliées. Il a une facilité à raconter des détails éclairants et sait rendre vivants des épisodes oubliés. J'ai apprécié qu'il se "mouille" et donne son avis dans des affaires peu glorieuses et qu'il soit fidèle à tel ou tel au risque d'être dans une sorte de connivence. 

Mais, je le répète, ce Giesbert bien mur est enfin débarrassé de ses tics et de ses tocs et il a opté pour une écriture journalistique qui lui convient mieux que celle qu'il a parfois utilisé pour ses livres "sérieux".

Dans mon élan j'ai pris sur ma liseuse le "voyage dans la France d'avant"** qui a toutes les qualités des 3 livres cités plus haut auxquels il faut ajouter un don de conteur qui s'affirme. Giesbert se fait tantôt historien, tantôt géographe, parfois peintre parfois moraliste et il le fait bien. Ses dernières pages sur Venise m'ont particulièrement intéressées. Elles sont exemptes de pédanterie et, mieux encore, de mépris pour les visiteurs du tourisme de masse comme on en voit dans tous les guides abordant la "Sérénissime". 

J'ai retrouvé des personnages intéressants présentés sous un jour nouveau; des idées intéressantes et une ébauche de sagesse ou de désintérêt pour les vanités humaines.

Et, histoire de montrer qu'il est encore vivant, un récit à vif de sa non entrée à l'Académie Française qui montre que le Giesbert d'avant n'est peut-être qu'endormi!

*  Franz-Olivier Giesbert - "Tragédie Française" NRF Gallimard

**Franz-Olivier Giesbert -  "Voyage dans la France d'avant" NRF Gallimard

 

Partager cet article
Repost0
9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 07:00

J'ai regardé quelques passages du procès de Klaus Barbie sur la chaîne "c'est l'Histoire". On y voit une grande partie des débats, des interviews des participants et le procès est expliqué ainsi que son contexte. 

A l'époque (1987) je ne m'étais pas intéressé à cet évènement sans doute parce que j'étais saturé d'histoires affreuses relatives à la Seconde Guerre Mondiale si pleine d'abominations

Je dois confesser qu'aujourd'hui encore ce procès "pour l'Histoire" ne m'a pas passionné et que je n'en ai regardé qu'un passage stupéfiant. 

Oui, stupéfiant, hallucinant, incroyable. Les adjectifs sont insuffisamment forts pour désigner l'ignominie de la plaidoirie de la défense du bourreau nazi par le sulfureux avocat Jacques  Vergès. Lisez la si vous n'avez pas peur d'être souillé par son obscénité. 

Contrairement à certains médias qui portaient aux nues ce provocateur malsain et hautain qui ne reculait devant aucune ignominie du moment qu'elle lui permettait de cracher sa haine de la France qui n'en mérite pas tant j'ai toujours eu une prévention contre lui et n'ai jamais réussi à le supporter.

Pour le procès Barbie Il avait fait venir avec lui, pour ses deux jours de plaidoiries, des avocats "d'anciennes de nos colonies", un algérien et un noir africain, à charge pour eux de faire passer le message que la France des colonies avait fait comme Barbie et n'était donc pas apte à juger le "boucher de Lyon".  Peu de personnalités me révulsent: il y en a que je n'aime pas, d'autres dont je ne partage pas les avis mais des individus comme Vergès il n'y en a  guère. Heureusement. 

Sa "défense de rupture" (qu'il n'a pas inventée mais appliquée et "popularisée") dans le cadre de ce procès historique était non seulement ignoble mais inappropriée. 

On a dit (et l'intéressé ne l'a jamais formellement démenti) que Jacques Vergès était proche en pensée mais aussi physiquement des Khmers rouges lors de leur prise de Phnom-Penh le 17 avril 1975. Un sens de la justice et des choix de personnes à défendre qui rappelle les juges impitoyables tel Fouquier-Tinville, Félix Dzerjinski, Roland Freisler et quelques autres. La justice  est impossible avec des juges comme eux et des avocats comme Vergès.

Ce mépris, ce contentement de soi, ce besoin de blesser et de choquer, Vergès en avait fait sa signature. 

 

 

Partager cet article
Repost0
7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 19:01

 

Juste un regret (un remord?) admirablement exprimé par un poète inspiré. 

 

 

Hé Dieu ! Si j'eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle
Et à bonnes mœurs dédié
J'eusse maison et couche molle !
Mais quoi ? Je fuyaie l'école
Comme fait le mauvais enfant
En écrivant cette parole
À peut que le cœur ne me fend.

François Villon, Testament, XXVI, 1461

 

 

Partager cet article
Repost0
2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 07:00

Histoire TV a diffusé un document exceptionnel intitulé "sous la terre - Archéologie" que j'ai découvert en replay et qui m'a fasciné. 

Si vous avez la possibilité de le voir faites le : c'est un document qui restera dans les mémoires. 

Tourné en Pologne en 1967 le film dont il est question est constitué de 14 minutes à propos de fouilles dans les ruines des Crématoires 2 et 3 d'Auschwitz Birkenau . 

Une équipe réduite d'archéologues fait des fouilles à côté des ruines des Crématoires et découvre plus de 10 000 objets dans ce qui devait être une fosse à ordures. 

Les déportés qui descendaient des wagons de marchandises des convois de déportation étaient contraints de laisser leurs bagages et tout ce qu'ils avaient apporté sur les quais ou dans les wagons avant d'être soit dirigé vers le camp (une infime minorité) soit vers les chambres à gaz. 


Des déportés plus anciens faisaient un premier tri dans ce qu'ils laissaient, puis ce qui n'avait aucune valeur était jeté ailleurs. Ce sont justement ces objets, témoins d'une vie que cherchaient les archéologues. Comme à Pompéi ou en Egypte ils ramenaient à la surface des preuves de vie qui nous les faisaient ressentir : comme ce bijou sans valeur mais qui, une fois nettoyé, était un émouvant témoignage d'une vie disparue. 

Plus de 80 ans après, ces objets (peigne, brosse à dents, paire de lunettes, dé à coudre, petites fioles, montres etc.) donnaient corps à cette statistique : "Un million deux cent mille morts". 

Plus intimement peut-être que les montagnes de chaussures, de valises, de lunettes de blaireaux, de pièces de monnaie ou de vêtements. 

Ce sont les mêmes traces de vie qui faisaient l'intérêt du livre "les objets du "Titanic"* dans lequel on pouvait voir les objets ramenés à la surface par les équipes, nettoyés et traités pour stopper le processus de destruction. Ayant séjourné sensiblement le même temps dans l'Océan que les objets d'Auschwitz dans la terre, ceux du Paquebot coulé étaient en meilleur état mais faisaient ressentir la même chose. Le lien entre nous et les lointains propriétaires vivants des objets redécouverts. Un lien très fort. 

 

* Les objets du Titanic Jacques Montluçon et Noël Lacoudre Editions Hermé JFG (1989)

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2026 2 27 /01 /janvier /2026 12:09

Bien que ma crinière soit mitée au maximum il faut, de temps à autres, passer chez le coiffeur pour qu'il redonne un semblant de mouvement à la carpette usée que j'ai sur la tête.

J'ai dû essayer tous les coupe tifs du quartier et suis -pour le moment- fidèle à un qui réussit mieux que les autres à me redonner figure humaine.

Pas de quoi faire un post sur "Les bonnes feuilles" j'en conviens. Mais ce coiffeur là a un défaut rédhibitoire: il parle. Il ne peut pas s'en empêcher. Il fait des phrases. Il cause pour ne rien dire. Dans la longue liste des emmerdeurs le merlan philosophe est dans les premières places. 

Ce matin,  il était urgent, pour lui, de me parler de "la pyramide de Maslow". ça me disait vaguement, très vaguement quelque chose. 

A lui ça en disait beaucoup. Trop même. Je rêve d'un coiffeur qui la fermerait pendant qu'il travaille. Vu ma toison c'est l'affaire de 10 minutes. Ce n'est pas une exigence abusive que de souhaiter qu'il ferme son clapet durant ce temps. Non? 

J'essaie de faire comprendre au merlan qui cause que sa pyramide ne m'intéresse pas (...) mais il embraye sur sa philosophie de la vie et aborde même sa conception d'une sexualité heureuse. Ne manquait plus que ça! Enfin, il est hétéro et partage sa vie avec une femme jolie et possédant toutes les qualités qu'il est en droit d'attendre. Je l'ai aperçue une fois ou deux c'est vrai qu'elle est plutôt belle. C'est la pharmacienne sur le même trottoir. Une silencieuse. Une pas bavarde. 

Je pensais que mon silence boudeur lui ferait comprendre que j'aimerais mieux entendre ses ciseaux que son moulin à paroles mais c'est peine perdue: alors qu'il fignole sa coupe il aborde un sujet encore plus ennuyeux. 

Dans la liste des casse-pieds auxquels il est difficile d'échapper le coiffeur logorrhéique est un maitre. Qui sait? peut-être un jour tomberais je sur un coiffeur s'exprimant uniquement en langue des signes?  

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2026 1 26 /01 /janvier /2026 10:18

J'ai déjà raconté ici même le plaisir que j'avais à assister à l'Eglise Saint-Exupère de Toulouse à la répétition puis à l'exécution d'une cantate de Bach certains dimanches soirs. 

Je n'y étais pas allé depuis longtemps, du moins le croyais-je, aussi ai-je été content de voir les affiches apprenant que ce dimanche l'Ensemble Baroque de Toulouse reprenait le cycle des 200 cantates interprétées depuis 2007. Une centaine l'ont déjà été. 
A l'église le public m'a semblé moins nombreux qu'à l'ordinaire. La mise en place était plus brouillonne. Il manquait un "Deus ex machina", rôle tenu avec passion et autorité par Michel Bun qui n'était pas là. 
En regardant le prospectus remis à l'entrée de l'église je lu avec surprise que celui qui avait conçu le projet et qui l'avait porté avec passion avait "démissionné". 

Je surpris quelques bribes de conversation d'habitués qui semblaient indiquer que le divorce ne s'était pas fait dans la douceur et en étais tout retourné: au risque de me répéter j'avais été frappé par la passion que Michel Brun mettait à diriger l'orchestre, à diriger les chœurs, à guider les solistes, les chanteurs et le public (qui reprend le chœur finale de la cantate avec les "professionnels"°. Il savait intéresser le public sans démagogie ni élitisme et communiquait sa passion d'une manière évidente. 

J'ai reconnu des fidèles (musiciens, chanteurs et public) et l'impression était que personne ne voulait s'appesantir sur le départ de Michel Brun. 
Nous apprîmes que la direction musicale et l'interprétation des cantates (qui continuerait) serait à chaque fois confiée à des chefs différents. 

Un peu déboussolé par ce changement important j'ai vite repris mes marques et retrouvé le plaisir d'écouter la cantate B.W.V 166 être disséquée puis interprétée par partie avant d'être "filée" . 

Le chef faisait son possible pour rendre vivante son interprétation et il y parvint. Le public était pris par la musique et sa "dissection" et le plaisir de la jouer ou de l'écouter étaient à l'unisson. 

Il faisait nuit, il faisait froid, le vent soufflait glacé sur les Allées Paul Fauga tandis que la pluie commençait à tomber drue. J'avais encore dans les oreilles la cantate si belle et si prenante. 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
  • Contact

Stats

Visiteurs Uniques depuis le 22 Mars 2013
(18274 Visiteurs Uniques depuis sa création)

 

Il y a    personne(s) sur ce blog

 

Blog créé le 8 Décembre 2009

Pages