Mon fils avait loué, via "Home Exchange" une jolie maison dans le quartier des Sept Deniers à Toulouse. Le crépi extérieur, noyé dans la verdure, et l'entrée par la rue ne laissaient pas deviner le jardin aux proportions estimables, la piscine, le potager, la pelouse et surtout le magnifique palmier qui était un parasol naturel majestueux.
Largement pourvue de fenêtres possédant des volets électriques la maison était lumineuse et orientée sur le jardin. Côté rue (une rue très calme dans laquelle on trouvait toujours des places de stationnement!*) un jardinet ensauvagé s'enroulait autour d'une grille.
A l'intérieur la maison était agréable et possédait un charme laissé par les habitants. A leurs livres, disques, journaux, tableaux, dessins, objets et bibelots et décorations on les devinait âgés d'une petite cinquantaine, aisés financièrement, cultivés et ayant bon goût. Il y avait la trace d'un adolescent que trahissaient des ballons et une chambre avec quelques photos de "footeux".
A la différence d'un RB & B nous avons, le temps du séjour, vécu chez les habitants en leur absence. Je veux dire que la maison était habitée le reste du temps. Dans et autour de cette maison nous étions comme chez nous dans la journée. Nicolas, Carole et les deux garçons y étaient jour et nuit pour trois quatre jours.
Sans fureter, naturellement, sans même tout visiter nous étions bien dans cette maison qui allait comme un gant à Nicolas: il a toujours aimé les maisons de ville et plus encore celles qui possèdent piscine et jardins pas trop entretenus.
Françoise était perdue dans la cuisine: elle répétait son mantra habituel : "on est bête quand on n'est pas chez soi". Il est vrai que rechercher un couvercle, un épluche légumes, des verres à pied ou des saladiers dans une maison inconnue prend du temps. Lorsqu'elle abandonnait en disant: "il n'y en a pas" je l'encourageais à chercher à nouveau: ces gens ont tout. Absolument tout et chaque chose, sans maniaquerie a sa place. Tu vas trouver. Et elle trouvait.
Le basilic planté à proximité de la cuisine, les couverts à salades, la râpe et la clé du portail. (Difficile à trouver la clé du portail!).
J'avais l'impression d'entrer par effraction dans la vie de quelqu'un que je ne connaissais pas. A travers les objets et les livres surtout qui sont mes objets de référence. Ici beaucoup de livres de tourisme de style "lonely planet" avec l'inévitable volume consacré au Costa-Rica. Quelques vieux "Télérama" et "60 millions" qui trahissent l'enseignant. Un piano droit et une (superbe) batterie.
Nous n'avons pas vu le chat de la maison qui a dû sentir son home envahi mais sa présence était attestée par des bols d'eau disséminés ça et là à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison.
Plus d'une centaine de CD rangés par ordre indiquaient que des "boomers" vivaient là. CSP+++ les boomers si j'en juge par les cds plutôt jazz et rockabilly ou reggae.
Enfin je constatais qu'il n'y avait pas de photos des propriétaires de la maison ni de leurs enfants.
A chaque fois que je découvre ainsi une propriété habitée j'aime en deviner les habitants et découvrir leurs personnalité. Et je me dis que j'ai sans doute fait le mauvais choix en vivant cigale.
