Ce matin, en me réveillant, j'avais en tête une chanson ou plutôt le début d'une chanson que je ne parvenais pas à oublier. Les paroles dont je me souvenais disaient: "Mieux vaut ne penser à rien que de ne pas penser du tout". Les vers suivants ne me revenaient pas plus que le nom de l'interprète.
A y réfléchir je lui trouvais un côté Jane Birkin. J'imaginais des aigus casse-gueule . Qui dit Birkin dit Gainsbourg et, effectivement, j'ai rapidement trouvé les paroles complètes de la chanson qui porte bien ce titre "Ces petits riens". Une (jolie) chanson qui date de 1964 et qui a beaucoup été reprise par d'autres artistes sans faire pour autant partie des "classiques" de l'auteur-compositeur. Parmi les versions étonnantes je citerai celle de la chanteuse Africaine Angélique Kidjo et Celle de Stacey Kent qui est surprenante: jazzy et douce. Celle de l'auteur reflète la période d'insuccès pendant laquelle il écrivait pour d'autres interprètes. Parmi ceux-ci Françoise Hardy et plus tard son fils Thomas (en duo avec Jane Birkin) et beaucoup d'autres.
Il fut un temps, que je définirais entre 1967 et 1977 pendant lequel Serge Gainsbourg fut à son apogée. Elle ne coïncida pas avec son succès commercial, plus tardif et le fruit d'un malentendu. Lorsque le succès vint (avec l'album reggae "Aux armes etc.") l'auteur-compositeur était devenu une caricature gênante du poivrot mondain dont on attendait les dérapages.
Rien à voir ou presque avec l'auteur de deux fameux concept albums "Histoire de Melody Nelson" et "L'homme à la tête de chou", albums qui ne choquaient pas encore les ligues de vertu ni ne suscitait la rage des "Me too" et autres censeurs qui ne virent pas de mal à l'intrigue* de ces deux albums.
De fait l'auteur de "ces petits riens" passa entre les gouttes de la censure malgré une inspiration très tendancieuse.
Ainsi de la chanson "lemon incest" qu'il interprétait avec sa fille et qui mettait mal à l'aise tant par ses paroles que par le clip chargé de l'illustrer.
Il reste que Gainsbourg a écrit des bons titres et que, dans sa riche production, certaines chansons resteront. Mieux que des petits riens!
* Melody Nelson, muse de l'album est très jeune: "quatorze automnes et un été".
