Un effroyable meurtre a été commis en 2020 par un islamiste radical qui voulait imposer sa vision du monde et son interprétation religieuse à notre pays qui, depuis 1905, vit sous un régime de séparation de l'église et de l'état.
L'affaire Samuel Paty est de ces drames qui, c'est à craindre ou à redouter, aura toujours comme point de départ l'impossibilité doctrinaire de personnes d'origines étrangères ayant un fort attachement religieux de s'adapter aux lois d'un pays qui en les accueillant sur son sol leur demande en échange de se conformer à nos lois. Toutes nos lois. A eux comme aux natifs de ce pays il est exigé de se conformer aux lois.
Concrètement ces ressortissants, Français ou non, pratiquants ou pas n'ont pas à imposer par la force et le terrorisme leur religion et ses lois. Qu'ils croient et pratiquent doit leur être facilité mais qu'ils ne fassent pas de prosélytisme semble être le minimum qu'on puisse leur imposer en corollaire.
Revenons à l'affaire Samuel Paty. Ce professeur de lycée, pendant un cours de ce qu'on appelait autrefois "l'instruction civique" a abordé, avec sa classe, les caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo. Il l'a fait selon les règles édictées par l'Education Nationale en respectant la méthodologie et en exprimant les réserves qu'il y avait devant le sentiment de "provocation" que pouvaient ressentir certains élèves.
Ces caricatures, qui ont été à l'origine de l'assassinat de dessinateurs, journalistes, humoristes ou écrivains de la rédaction du journal satirique, étaient indéniablement choquantes pour qui était pratiquant. Cela dit Samuel Paty a proposé aux élèves qui ne voudraient pas y être confrontés de sortir quelques minutes.
On a vu que le cours de ce professeur avait été préparé, que les réserves d'usage avaient été respectées et que la neutralité du commentaire professoral avait été totale.
Les documents pédagogiques conservés montraient que toutes les réactions et sentiments religieux (blasphème) avaient été abordés.
Une gamine, par ses mensonges et son immaturité a mis son père, pratiquant, sous tension, celui-ci a rameuté (sur les réseaux sociaux) des intégristes qui eux-mêmes ont chauffé à blanc des religieux dont un jeune Tchétchène qui s'est senti investi d'une mission divine: tuer l'impie.
Ce qui a été fait à l'issue de 10 jours de mensonges, d'intolérance, d'appels au meurtre sur les réseaux sociaux et d'impuissance des autorités juridiques, politiques, religieuses et scolaires de calmer les ardeurs vengeresses des religieux intolérants.
Cela a débouché sur un meurtre sauvage commis par le jeune Tchétchène armé mentalement par les appels (aux meurtre*) de la famille de l'élève menteuse relayée par des "justiciers" dogmatiques.
Et donc par le meurtre barbare et répugnant d'un professeur qui avait bien fait son boulot en respectant les sensibilités des uns et des autres. Un comble!
On voyait les avocats des parties civiles et des accusés raisonner et donner leur sentiment, la famille détruite de ce professeur victime de l'obscurantisme et les journalistes expliquer ce qu'ils avaient vu ou entendu.
Les condamnations étaient lourdes. Le meurtrier ayant été tué par la police, On jugeait et reprochait à ceux qui avaient relayé des appels au lynchage, à la famille de la lycéenne qui avait prétendu que le professeur "n'aimait pas les musulmans" et qui, selon eux, avait obligé à sortir de son cours ceux qui ne voulaient pas voir les caricatures d'avoir, par leur battage été à l'origine du meurtre.
Un effrayant gâchis hélas susceptible d'être à nouveau commis tant que certains ne comprendront pas que, pour nous, européens aux constitutions disant le droit, ne considérerons pas le blasphème ou la critique des religions comme illégitime.
J'ajoute qu'à titre personnel je ne comprends pas les motivations de ceux qui choquent volontairement les croyances des autres, tout en comprenant la loi qui leur permet de le faire.
On peut croire ou ne pas croire mais nul n'est légitime à imposer sa croyance. Pour l'avoir fait des milliers d'hommes et de femmes ont été tués par le passé et encore aujourd'hui.
N'oublions pas la sentence de Simon de Monfort à propos des albigeois: "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens".
Je ne parviens pas à croire que l'humanité en est encore là.
* je n'ai pas la preuve ni la certitude que des appels au meurtre aient été prononcés dans cette affaire. Certains ont dû interpréter des outrances verbales ainsi...