Je n'irai pas jusqu'à dire que vieillir lui est agréable ni que l'on s'améliore en vieillissant mais je constate que ses "tourments", ceux qui lui ont rendu parfois la vie compliquée s'atténuent et même disparaissent maintenant que l'âge vient et que la perspective de sa fin se rapproche.
Toute sa vie passée il a dû affronter un caractère pas assez ferme et ce qu'il a appelé "ses forces de renoncement". Il est né avec ces traits et n'a su que les contenir à défaut de les vaincre.
Sa personnalité, avec ses qualités et ses défauts l'a plutôt aidé dans les relations avec les autres même si elle l'a instinctivement éloignée des personnes "simples". Par simple j'entends matérialistes et ne s'intéressant qu'à l'écume des choses. Il a toujours recherché la compagnie d'hommes et de femmes cultivés, curieux, artistes, des gens intéressants selon ses critères. Il sait presque d'instinct deviner en quelqu'un ce qui le rapprochera ou l'éloignera de lui. Force est de reconnaître qu'il s'est parfois trompé sur tel ou telle mais pas tant que cela.
Le besoin de "plaire" a trop été présent dans son attitude passée. Il aimait briller et cela se faisait parfois à la place de la sincérité ou du naturel. Il a trop sacrifié à la volonté de paraître.
Un ami me disait récemment que l'on avait pu dire de lui-même "qu'il choisissait la facilité"; Il voyait là une critique négative . Je pense que ce caractère fut aussi le sien et que ce qui, à ses propres yeux le définirait le mieux, est une paresse, un manque de suite dans les idées, un refus de l'obstacle et la recherche de cette zone de confort qu'on manie à toutes les sauces aujourd'hui.
La vérité est qu'il n'étais pas assez sur de lui et que ses doutes l'assaillaient aux pires moments. Heureusement une certaine nonchalance et un "aquoibonisme" chevillé au corps tempéraient le reste.
Avec le temps ses doutes et craintes s'aplanissent et une sérénité nouvelle s'est substituée à elles. Atteint d'une ALD (affection de longue durée) la maladie de Parkinson, il est moins superficiel et a moins besoin de séduire ou de plaire. En quelque sorte il a devant lui un certain temps de lucidité avant que la dégénérescence de son cerveau ait des répercussions sur sa personnalité et sa capacité de réflexion.
ce temps compté je ne le connais pas mais je peux le borner: Une dizaine d'années au plus, sans doute cinq au minimum. Cette épée de Damoclès et son influence sont ce qui lui aurait, qui sait?, permis de mieux réussir sa vie selon ses critères personnels si il l'avait eue plus tôt au-dessus de la tête.
Mais tel il est maintenant, mûri et apaisé je suis bien avec lui qui est moi.
