Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
29 août 2023 2 29 /08 /août /2023 07:00

Je suis ainsi fait que lorsque quelqu'un fait (presque) l'unanimité je trouve cela suspect. Ainsi en est il pour le Général de Gaulle: je ne lui conteste pas une stature hors normes ni une personnalité unique, je ne lui dénie pas non plus une place singulière et méritée dans l'Histoire de notre pays.

C'est la statue du commandeur, le grand homme aux mille qualités qui m'agace un peu: avec le temps plus personne ou presque ne conteste ni l'homme ni son action. On n'entend plus les "rapatriés", on n'entend plus non plus ceux qui s'opposèrent à lui en 1958 et moins encore ceux qui niaient au "grand Charles" ses vertus humaines et politiques. On a passé par pertes et profits les Harkis et Ben Barka. 

Comme Saint Louis (Louis IX), Henri IV en France,  J.F Kennedy aux U.S.A et Winston Churchill en Grande-Bretagne, de Gaulle est "intouchable". Un mix de Gambetta, Clémenceau, Jaurès et Mendès France. Avec une touche de Bernadette Soubirous et de la grotte de Lourdes pour "l'Appel du 18 juin". 

S'il est incontestable que l'homme avait une vision du pays et un sentiment élevé de sa valeur ; sans oublier une conscience aigüe de la situation politique et militaire de la France de 1940 son action s'est étendue des années 30 à la fin des années 60. Sur une aussi longue période il eut été impossible que l'homme fut sans tâches et n'eut point commis d'erreurs. N'étant qu'un homme il n'était ni infaillible ni sans défauts.

Admettons que dans la  période de la guerre il fut extraordinaire par son action et sa vision des choses. Qui serais je pour critiquer "l'Homme du 18 juin", celui qui conserva l'honneur du pays comme on conserve la flamme olympique? Son action fut remarquable et exemplaire. Dont acte. Cependant, pour "oublier" au plus vite la fange dans laquelle le pays et ses dirigeants d'alors se sont vautrés la justice a été bien timorée et quelques femmes tondues et quelques hommes fusillés ont permis de refermer une parenthèse de 4 ans qui n'est pas passée, ne passe pas et risque de ne jamais passer. L'effondrement militaire, intellectuel, politique, religieux et moral de 40 à 45 a été comme escamoté au profit d'une réécriture en images d'Epinal avec Charles de G. en icône rédemptrice. C'est un peu juste! 

Je n'ai rien à dire sur le gouvernement de 45, sur la démission de 46, sur la "traversée du désert" et sur la création du RPF. De Gaulle redevenait un politique et agissait en tant que tel, auréolé de sa gloire conquise pendant la guerre. 1958 et le tour de "passe-passe" de l'arrivée au pouvoir, la constitution de Michel Debré, l'affaire d'Algérie et le tonitruant mais ambigu "je vous ai compris", la Vème République taillée sur mesure, le ballotage de 1965, les référendums plébiscites,  la démission spectaculaires la dernière visite à Franco!!!) en tant qu'ex-Président... il y a matière à  discuter et la statue n'est pas aussi inouïe qu'on veut nous le faire penser. 

Indéniablement l'Homme du 18 juin a ramassé la France dans les égouts, indéniablement il l'a relevée et tout aussi indéniablement il avait une "vision" du pays supérieure à ses capacités, à sa taille et à son caractère national. Si la France s'est offerte à Pétain et à Laval (avant d'acclamer de Gaulle!) c'est qu'elle est aussi capable du pire. Je crains d'ailleurs qu'elle ne soit en train de basculer vers l'abjection et le reniement et crains que la présidentielle de 2027 ne soit une régression que l'Europe et nos alliés nous fassent payer cher. 

 

Partager cet article
Repost0
28 août 2023 1 28 /08 /août /2023 07:00

Avant de nous séparer (provisoirement!) et d'aller Elle à la Réunion et moi au Québec nous nous sommes retirés dans un gîte au milieu de nulle part. Aux confins de la Haute-Garonne et de l'Ariège. A Fabas précisément. 29 habitants, 286 vaches en majorité de race limousine, 12 ânes et pas mal de poules, de coqs, de chiens et "la" tourterelle qui exaspère tout le monde avec son "ou - ou" permanent. Moi je génociderais bien les pigeons et leurs dérivés. Mais avant d'occire ces oiseaux de malheur il faudrait s'occuper du cas des mouches. Quelle sale engeance ailée! comme elle savent qu'elles auront probablement le dernier mot (sauf en cas d'incinération) elles gagnent à la fin et nous narguent. Et que je me pose sur ta jambe, et que je baise sur la table de la cuisine; elles ne font rien que de nous embêter.  Et dégueulasses avec ça: Elles se posent sur des horreurs, se nettoient les pattes et font leur miel de nos déchets. C'est noir, ça fait du bruit, ça vole partout et se pose sans crier gare, ça chatouille, ça pique même (si!), ça bourdonne et ça vrombit. Une vraie créature du diable, faite pour nous rappeler que du haut de son gramme elle a beaucoup de pouvoir. 

De pouvoir de nuisance, d'accord, mais de pouvoir. 

Les autochtones les piègent avec de hideuses guirlandes collantes sur lesquelles elles agonisent longtemps. Nous, nous avons des prises électriques qui font chauffer un insecticide à l'efficacité douteuse. Notre logeuse provisoire nous a prêté un outil de haute technologie: une tapette à mouches qui les écrabouille. Qui n'a pas vu un cadavre de mouche laissant apercevoir son "intérieur" ne sait pas ce qu'est un haut le cœur. 

A la fin de la semaine nous étions habitués à devoir partager repas et boissons avec elles. Nous les chassions sans conviction. 

Partager cet article
Repost0
24 août 2023 4 24 /08 /août /2023 07:00

Je tiens Billy Wilder pour un grand cinéaste. Un metteur en scène ingénieux, spirituel, intelligent et original. Personne n'a, comme lui, une filmographie aussi vaste et intéressante. Américain par la force des choses (il était né Autrichien mais l'Allemagne ne voyait pas les personnes de sa religion d'origine avec toute la bienveillance qu'on eut souhaitée. Pour dire les choses plus crûment; Wilder s'enfuit avant que la nasse se referme sur ses coreligionnaires. S'il échappa à l'assassinat qui lui était promis en tant que juif, sa mère n'eut pas la même chance. 

Malgré cela (à cause de cela?) Wilder ne fut pas une âme triste mais un bon vivant plein d'humour et décidé à faire passer des idées simples dans ses films, que ce soient des comédies comme "La Garçonnière", "Certains l'aiment chaud", "Avanti!", "Embrasse moi, idiot" ou les films plus sombres "Assurance sur la mort", "le gouffre aux chimères", "Sunset boulevard" ou "Le poison". 

Billy Wilder semble avoir été quelqu'un d'enjoué et doté de beaucoup d'humour. J'ai lu récemment un petit livre très sympathique de Jonathan Cioe "Mr. Wilder et moi" consacré (entre autres) au tournage du film "Fedora" qu'il tourna en Grèce en 1977. Film mineur dans une filmographie qui ne l'était pas, "Fedora" rappelle vaguement "Boulevard du Crépuscule" qui est considéré comme le meilleur film de Wilder. 

Le livre raconte les péripéties romancées du tournage de ce second mais mineur "Sunset Blvd". L'actrice Suisse Marthe Keller y était une des deux "Fedora" et le moins que l'on puisse dire est que ce livre ne lui fait pas honneur. J'ai trouvé ça injuste parce que Keller a montré qu'elle était une bonne comédienne et qu'elle n'a pas eu, au cinéma du moins, la carrière qu'elle méritait. Elle s'est heureusement rattrapée en metteur en scène d'Opéras, ce qui confirme qu'elle était tout sauf sotte.

A l'époque du tournage Marthe Keller était en couple avec Al Pacino. Les pages consacrés à ce comédien très surestimé sont hilarantes. Quelle bêtise! quelle inculture! quel beauf américain! On se pince devant l'idolâtrie qui l'entoure et la médiocrité de l'objet de celle-ci. 

"Mr Wilder" est aussi une belle histoire d'amitié de toute une vie (avec le scénariste et dialoguiste de la plupart de ses films) racontée avec tendresse et humour par un Jonathan Coe moins "acide" que d'ordinaire. 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 août 2023 3 23 /08 /août /2023 07:00

Les "petits enfants" (= ceux dont vous êtes grand père ou grand mère) sont livrés, les mercredi et les jours de vacances, avec des Lego, des autos miniatures, des ballons et toute sorte de jouets qui ne demandent pas Bac + 6 pour en comprendre le fonctionnement. Puis ils grandissent et leurs jeux aussi. Du moins le croit on. Ces jeux pour pré-ados deviennent compliqués et dans "compliqués" il y a "pliqué". d'animaux ieux de familles improbables, jeux de société inventés par des polytechniciens, jeux qui sont d'abord testés dans les EHPADs etc. 

Vous ne pouvez pas toujours vous défiler: le moment où vous devrez vous souvenir sans erreur du poids du ptérodactyle ou de la définition de la viviparité. Dinosaures, bestioles improbables, données géologiques, historiques ou géographiques (capitale de la Malaisie?) : les petits morveux n'ont pas fini de vous mettre la honte en mettant le doigt sur vos lacunes. 

Heureusement, allais je écrire, très vite le jeune enfant s'arrime à des jeux non éducatifs mais avec écran. Mario et Sonic prennent votre place et même s'ils sont assez stupides (et laids) ils vous supplantent sans difficultés. Feignez d'en être contrariés! à elles seules les consoles vous débarrassent des corvées de mille bornes, de Monopoly, de Cluedo et de tous leurs dérivés.  

Partager cet article
Repost0
21 août 2023 1 21 /08 /août /2023 07:00

Au pied des Pyrénées, dans le Couserans, dans une maison que nous louions je me suis retrouvé en pleine régression. Je regardais des "Tintin" en écoutant le Podcast  ("Very Good Trip", France Inter en 9 épisodes de longueur différentes et par thèmes) consacré par cette station de radio à McCartney.

Hergé et Tintin, comme le bassiste gaucher font partie de mon Panthéon personnel. 

Il y a longtemps que je n'ai pas abordé les aventures du reporter dessiné par Hergé . En l'occurrence il y avait sur une étagère des volumes assez moches avec deux aventures en tête-bêche. Le Lotus bleu et le poison qui rend fou. McCartney, lui, était consciencieusement analysé (son œuvre, plus exactement) par un dénommé Mishka Assayas qui connaissait bien son  sujet et ne se laissait pas aller à l'hagiographie fiévreuse, option toujours possible. Quel plaisir d'entendre un journaliste "objectif", aimant raisonnablement son sujet et le possédant correctement! 

Quel plaisir aussi de retrouver intactes des impressions anciennes! Je me souviens du Rocambole de Ponson du Terrail, lu assez tardivement et qui a révélé le lecteur quasi compulsif que j'allais devenir et demeurer. Les dessins d'Hergé, ses textes et l'intérêt des histoires n'ont guère pris de rides. 

A ma surprise Tintin m'est apparu comme une bandes dessinée non destinée aux enfants. C'est une véritable œuvre littéraire dans laquelle les informations politiques, historiques, scientifiques, artistiques, etc. sont nombreuses et variées. Ce sont des aventures dignes de Jules Verne, de Arthur Canan Doyle, de Maurice Leblanc et de tant d'autres écrivains. Les aventures de Tintin sont pleines de notations liés au caractère, à la psychiatrie, aux rapports sociaux, et décrivent des concepts psychanalytiques, des pratiques comportementales et plongent le héros dans des "aventures" possibles et qui ouvrent l'esprit du lecteur. 

Les chansons de Paul McCartney, de 1960 à il y a encore 3 ans sont loin d'être aussi simplistes qu'on ne le croit (et dit) habituellement. La multitude de styles qu'il a utilisés pour aborder tel ou tel sujet rend justice de cette image simpliste d'un chanteur de "silly love songs"* qu'on a accolé un peu vite à son patronyme. 

En plus de soixante années professionnelles dans la musique populaire il a abordé pratiquement tous les styles, oratorios compris. Et aussi les musiques de films. Tout! Je sais que mon intérêt pour lui frôle la monomanie mais hormis Bach peu de musiciens ont eu une inspiration aussi vaste et des talents si pléthoriques pour l'exprimer.

Maintenant que McCartney est octogénaire et que sa voix, sa célèbre voix, est devenue chevrotante il est possible de considérer sa vie et son œuvre comme un tout global. La qualité de celle-ci, sa variété, son inspiration et sa cohérence sont évidentes.  Certains insistent sur le côté facile de son inspiration: c'est une erreur et une injustice. Comme tout artiste il a eu des périodes où il a été plus inspiré qu'à d'autres, où il a enregistré des albums plus brillants que d'autres. Aucun n'est insignifiant et nul de ses disques ne comporte moins de deux ou trois authentiques perles. 

 

*"Silly Love Songs" (1976) trad: stupides chansons d'amour 

Partager cet article
Repost0
14 août 2023 1 14 /08 /août /2023 07:00

J'ai commencé à prendre l'avion régulièrement lorsque je me suis installé à Toulouse en 1993. A l'origine c'était surtout des Toulouse-Paris-Toulouse professionnels. Air Inter existait encore et était une compagnie proposant un service de qualité. 

Puis il y a eu ce qu'on appelle les vols low cost. Je les ai empruntés tant et plus. Toujours pour aller de chez moi à la capitale et y retourner le soir même. La cadence était d'environ 1 fois tous les deux mois. 

Naturellement je prenais aussi l'avion pour des voyages personnels mais c'était plus rare. 

Lorsque j'ai divorcé et me suis remarié j'ai pris l'avion beaucoup plus souvent. Nous avons découvert ensemble de nombreuses destinations entièrement nouvelles pour moi: La Réunion, l'Ecosse, l'Irlande, le Portugal, Berlin, le pays de Galles, le Cambodge, la Tanzanie, le Maroc, la Tunisie, le Kenya, le Sénégal, la  Corse, Lille, le Canada et j'en oublie. 

On ne parlait pas encore d'empreinte carbone mais la mienne n'était pas fameuse.

Lorsque j'ai commencé à être un passager assidu des avions de ligne de nombreux Français n'avaient encore jamais effectué un vol commercial. Les compagnies à bas coût ont "démocratisé" les voyages en avion jusqu'à ce que le Covid mette un frein à une progression exponentielle du nombre de passagers un peu comme, dans le même temps les croisières ou les TGV se développaient. Le "tourisme de masse" fut l'expression désormais admise pour fustiger un public toujours plus nombreux à "profiter" des possibilités de se déplacer et de découvrir le monde. Des problèmes sont apparus que personne (ou presque) n'avait anticipés: trop de visiteurs sur un nombre restreint de lieux touristiques ont crée des déséquilibres que l'on pourrait comparer à ce qui s'est passé avec la grotte de Lascaux. trop de passages déstabilisait ces sites, désorganisait la vie locale et entraînait des catastrophes en cascade. 

Tout le monde allait à Santorin ou à Phuket et rêvait de Samarcande ou du Taj Mahal. Pour résumer on allait ou voulait aller à Londres ou Edimbourg pas à Leeds ou à Sheffield. L'archétype malheureux de ce dérèglement est Venise. 

Notre économie, notre civilisation, notre culture sont confrontées à un problème urgent: que faire pour diminuer l'impact du tourisme de masse sans en tarir la source. L'élitisme abject prôné par certains n'est pas plus la solution que l'augmentation financière drastique des voyages. 

Nous ne sommes (heureusement) plus à l'époque peinte dans l'excellent film "Sur la route de Nairobi" et les colonies réservées aux happy fews fortunés ne reviendra jamais. Et c'est tant mieux. 

Un tourisme responsable et "utile" est à inventer. Il serait temps qu'on s'y mette...

 

Partager cet article
Repost0
11 août 2023 5 11 /08 /août /2023 07:00

J'ai la chance d'avoir encore ma mère.  A 93 ans révolus elle a toute sa tête et est physiquement en bonne forme même si elle ne court plus ni ne fait 4 longueurs de bassin olympique par jour. 

Elle qui a commencé à fumer à 20 ans et n'a jamais cessé depuis possède des poumons qui feraient l'admiration de beaucoup et la surprise des meilleurs pneumologues de France. 

Ma mère qui avait la religion de la beauté physique a été plutôt bien servie de ce côté. Elle est encore "belle" et coquette. Elle refuserait de vous recevoir si elle ne se trouvait pas présentable. Bien sur le fond de teint est étalé avec moins de science qu'autrefois, le rouge à lèvres dépasse parfois mais les yeux sont bien faits et charbonneux ce qu'il faut. Et le shampoing atteste que si elle va moins chez le coiffeur elle sait ordonner ses cheveux dont elle souligne le naturel de la couleur. 

Je l'ai accompagnée au Monoprix de la Rue de Passy où elle a renouvelé son stock de produits de maquillage. On a frôlé la catastrophe lorsqu'on n'a pas trouvé le fond de teint "sable" qu'elle convoitait. La vendeuse qui s'y connaissait en clientes exigeantes du seizième arrondissement a ouvert un tiroir et sorti le tube impatiemment désiré. 

Nous sommes ensuite allés à sa banque et j'ai constaté de visu combien il était compliqué pour les "exclus du Net" de faire des gestes simples de la vie de tous les jours. Ma mère fait lentement le code de sa Carte de Crédit (eût elle été seule avec un malfrat qu'il la dépouillait séance tenante) et récupère 150 euros. Elle met sa carte et le reçu dans un porte monnaie débordant et les billets de banque dans une poche. 

A peine sortions nous de la banque qu'elle se demande à voix haute et forte où elle a mis ses billets...

Sur le trottoir devant la succursale bancaire elle "tombe" sur une connaissance de bridge. Un dialogue de sourd(e)s s'engage: "vous n'avez plus votre chien? - non, il est mort il y a deux ans - vous allez en reprendre un ? - non je ne pourrais plus m'en occuper - mais alors, qui va le sortir ? ".  Dans la conversation j'ai clairement entendu ma mère dire à son interlocutrice qu'elle avait 95 ans. J'ai tiqué  mais bon... quand on aime on ne compte pas.. Et puis 93 ou 95 ans est-ce si différent? 

On revient vers la Place Possoz (il aura fallu 60 années pour que j'apprenne que le "z" final est muet. On dit "place Posso". fin de la parenthèse. Là nous tombons sur un vieux monsieur chic accompagné d'une garde malade. Le vieux déconne à plein tubes. Ma mère à qui il fait un compliment (ça ne s'arrête donc jamais?) lui dit qu'elle a quatre vingt quinze ans. 

Coquetterie à rebours. Passé un certain cap une femme ne se rajeunit pas; elle se vieillit. 

J'ai trouvé ça touchant et amusant.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 août 2023 4 10 /08 /août /2023 07:00

Fin août je vais voir mon fils et mes petits-fils au Québec et plus précisément à Montréal où ils vivent. J'y vais assez régulièrement depuis que Nicolas s'y est installé il y a plus de 12 ans. 

Mon expérience fait que je sais qu'à l'aéroport Pierre Elliott Trudeau on ne "rigole" pas avec les exigences douanières du pays. Je garde un souvenir cuisant des deux jours à l'hôtel, à mes frais à l'époque du Covid. Et à la suspicion tatillonne avec laquelle sont évalués vos bagages et leur contenu lorsque vous arrivez, fourbu, de France. 

Depuis que le Covid n'est plus qu'un mauvais souvenir déjà lointain les formalités devraient se limiter à l'approbation écrite de l'autorisation de voyage électronique (AVE), le passeport valide et la non possession de produits prohibés (principalement des produits d'origine animale et, bien sur, de drogues). 

Je regarde 3 semaines avant le jour du départ si j'ai bien tout et, singulièrement, si mon AVE est toujours valable. Tout est parfait.

Et le billet d'avion?  Je l'ai commandé sur Internet le 23 mai. Il est encore temps de modifier telle ou telle ligne. Depuis que je suis "agent de voyage" désigné volontaire je me débats avec les compagnies aériennes et autres SNCF. Avec plus ou moins de brio, je dois l'admettre. 

Me voici sur Air Transat, un direct Toulouse - Montréal le 22 août, retour le 10 septembre. Billet introuvable! Je vais sur ma messagerie et trouve bien un accusé réception de réservation pour ces dates. 

Rassuré je tape le code de réservation (6 lettres) et.... rien. pas de réservation connue avec ce numéro de réservation. Je m'énerve, je cherche à comprendre. je vais boire un café pour laisser la tension diminuer.  Je tente à nouveau: re-crac! pas de résa à mon nom. Et encore moins le 22 août 2023.

A ce stade je suis sur l'ordinateur depuis 45 minutes et mon humeur est dans le rouge vif. Mon rythme cardiaque frôle l'apoplexie. J'hésite à jeter l'ordinateur par la fenêtre. 

Que faire? téléphoner à la compagnie aérienne? j'y a pensé. Je suis sur un répondeur qui, depuis 20 minutes, me demande de patienter. 

Ne reste que la solution radicale (et humiliante!) demander son aide à la cheffe de l'agence de voyage. Ma femme, Françoise. Elle essaie: paf, pas de réservation connue. Soudain elle a l'idée que mon "O" majuscule est peut être un 0. (zéro). Banco! mon billet est bien réservé et correct. 

Et moi je passe au mieux pour un zOzO, au pire pour un c0n aux yeux de Françoise qui, heureusement, ne sait pas le temps que j'ai consacré à cette recherche. 

 

Partager cet article
Repost0
9 août 2023 3 09 /08 /août /2023 07:00

J'ai découvert une véritable "mine" de trésors à la bibliothèque José Cabanis de Toulouse. Plus précisément dans la partie que celle-ci consacre au monde du travail, aux ressources humaines, au recrutement, aux conditions de travail, aux méthodes de licenciement et à tout ce qui touche de près ce monde si stressant de l'entreprise. Je pensais n'y rester qu'un petit quart d'heure, j'y ai passé l'après midi. 

C'est un livre récemment confié au prêt qui m'a attiré vers ces étagères qui me voyaient pour la première fois depuis que j'ai l'immense chance de ne plus travailler en entreprise. Une couverture rouge et un titre  qui claque: "l'entreprise totalitaire" (je ne suis pas certain du titre qui comprend cet adjectif qui a attiré mon regard) avaient de quoi m'intéresser. J'ai toujours en travers de la gorge non pas le licenciement mais la façon dont il a été organisé pour moi par une entreprise à qui j'avais consacré plus de vingt ans, ruiné ma santé et gâché ma vie familiale. Aujourd'hui c'est du passé et je me suis même surpris à penser que cette "éjection sans ménagement" avait été une opportunité*. 

La littérature d'entreprise est intéressante parce qu'elle dit tout des méthodes de management et qu'il suffit de lire deux ou trois ouvrages dédiés à ce (vaste) sujet pour 1°) connaître les raisons de licencier des entreprises 2°) comprendre les  méthodes 3°) savoir comment se défendre 4°) montrer qu'on ne va pas se laisser faire 5°) amorcer -le cas échéant- une négociation favorable 6°) prouver et se prouver qu'on ne s'est pas laissé faire sans se battre 6°) accessoirement donner un exemple aux autres à qui cela arrivera. Sans oublier 7°) obtenir la meilleure indemnisation possible.

Depuis que le capitalisme est essentiellement financier, que la loi sur l'indemnisation très à la baisse du chômage a été promulguée et que le recours au Tribunal des Prud'hommes est une iniquité chaque salarié d'entreprise est un agneau livré au couteau du boucher. 

Tous les livres ou presque disent la même chose: le salarié est une "variable d'ajustement" qui n'a aucun pouvoir. Qu'il soit bon ou mauvais l'entreprise le rejettera fatalement. Sa personnalité, sa situation familiale, son psychisme, sa sociabilité, son adhésion au projet ou à la culture de son entreprise, ses résultats, son implication rien n'empêchera qu'il soit désigné pour être licencié. 

Certains DRH reconnaissent avoir licencié un salarié désigné arbitrairement par une instance supérieure: "virez moi celui là". Une femme de retour dans l'entreprise après une grossesse n'est plus à l'abri. Au contraire semble t'il. On le devine, ce management arbitraire génère un mal être, des maladies et une atmosphère détestable quand chacun craint pour sa place et voit un ennemi potentiel en tout collègue.

Dépression nerveuse, burn-out, suicide même; l'entreprise est responsable d'un véritable mal-être que certains ont théorisé. 

Beaucoup de ces méthodes cruelles et inhumaines viennent des USA où un dollar investit doit en rapporter une quantité définie, souvent irréaliste mais qui génère des comportements à la limite du mauvais traitement du haut en bas de l'échelle. En effet si les échelons supérieurs sont moins affectés ils le sont cependant et une carrière brisée ne se  rattrape pas plus chez les hauts que les bas salaires. 

Des profils de "tueurs" sont recherchés qui font leur sale boulot sans état d'âme. On pousse le vice jusqu'à faire licencier un salarié par un de ses proches collègues. On forcera un autre à se faire accusateur.  

Lorsque l'entreprise de déstabilisation, de destruction de l'estime de soi, de paupérisation et d'autopunition  d'un salarié l'a conduit à accepter son éviction de l'entreprise avec un minimum d'indemnités il n'est pas rare que le bourreau soit le suivant à qui la porte est promise. Il s'en apercevra trop tard. 

Horaires fous, vacances remises, vexations, remises en question en public, mépris, intrusions dans la vie privée... la liste des leviers utilisés en entreprise pour en rendre l'atmosphère infernale est infinie. 

Tout ce gâchis humain étant uniquement causé par l'exigence des actionnaires de toucher plus et plus quel qu'en soit les moyens utilisés. 

Au quatrième bouquin disant les mêmes choses je suis passé à l'étage des musiques et ai écouté en urgence Sinéad O'Connor "This is to Mother You". Un irrépressible besoin de beauté et d'innocence. 

 

* Toute relative, l'opportunité. Pour ceux qui sont licenciés au-delà des 50 ans la probabilité de trouver un poste et un salaire équivalents étant proche de zéro. Et s'ils en trouvent un, ils verront leur salaire diminuer.

* Pour moi: le calcul de la retraite se faisant sur les 35 meilleures années son montant a été très impacté par le licenciement.  

 

Partager cet article
Repost0
8 août 2023 2 08 /08 /août /2023 07:00

Nous venons de vivre un de ces épisodes 100% Français, une tempête dans un verre d'eau dont on perçoit les ultimes clapotis. Je veux parler de la grève des journalistes du "Journal du Dimanche" (connu sous l'acronyme de "JDD") suite à l'arrivée à la tête de l'hebdomadaire de Geoffroy Lejeune, un type dont les "idées" politiques sont très à droite.

Ce canard, disons le tout net et sans fard est illisible: people, ragots, information au rabais et café du commerce, le tout effectivement peu tolérant. Passé je crois de Lagardère à Bolloré ce torchon ne mérite pas qu'on se livre à cette surenchère ridicule. Ceux qui font le JDD et ceux qui le lisent savent ce qu'ils font et connaissent le contenu peu reluisant de leur magazine. 

On a tort, dans les médias, de reprocher à des propriétaires de journaux d'y imprimer leur patte et de défendre telle ou telle ligne. Il existe une réponse toute prête et infaillible: ignorer le titre en question.  Si un journaliste n'est pas d'accord avec le contenu du journal qu'il contribue à faire paraître il s'en va. Si un lecteur ne s'y retrouve pas dans le contenu d'un journal il ne l'achète plus.  C'est aussi simple que ça.

On invoquera de grands principes, la liberté de la presse, sa pluralité et autres fadaises. Nous, Français,  ne lisons plus de journaux (NDLR: plus assez) et subissons une information formatée. Cependant il existe une grande quantité de titres dans tous les domaines de la presse. Si un titre devient un torchon électoral pour des idées nauséeuse il faut le boycotter! Je prétends que dans la profusion de titres disponibles il y en a forcément qui vous conviennent. Pourquoi parler des autres? 

tout simplement.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
  • Contact

Stats

Visiteurs Uniques depuis le 22 Mars 2013
(18274 Visiteurs Uniques depuis sa création)

 

Il y a    personne(s) sur ce blog

 

Blog créé le 8 Décembre 2009

Pages