Des quelques six survivants du massacre d'Oradour sur Glane le 10 juin 1944 il ne reste personne. Robert Hébras, le dernier "miraculé" est décédé en février de cette année.
Le petit bourg proche de Limoges a été rayé de la carte par la Division SS Das Reich dans le but de terroriser la région au moment du Débarquement en Normandie. Cette division a appliqué en France sa monstrueuse méthode de ratissage en fusillant tous les hommes, en brûlant femmes et enfants préalablement enfermés dans l'église puis brûlé le village, maison après maison après les avoir pillées. 643 morts dont 260 enfants et adolescents. Une "méthode" mise en pratique à grande échelle pendant la guerre à l'Est où cette sinistre division l'avait perfectionnée avec une sauvagerie dont on a guère idée aujourd'hui. (il se dit que les Russes pratiquent une guerre aussi impitoyable en Ukraine). L'homme perfectionne perpétuellement les moyens de torturer et tuer ses semblables dans les guerres, aujourd'hui comme hier.
En 1967 mon père nous avait fait visiter le bourg martyr et j'avais été extrêmement impressionné par la sensation presque physique ressentie sur certains lieux de massacre tant ils en étaient comme marqués. Il est vrai qu'il n'y avait alors que 23 ans que ces horribles évènements avaient eu lieu. J'avais été frappé par les objets du quotidien calcinés, sur le nom des boutiques encore lisibles, sur les rails des tramways entre lesquels l'herbe et les fleurs poussaient, et, bien sur, par la sérénité glacée de l'église sans toit, encore peuplée des fantômes des sacrifiés.
La poste, la balance de pesée des céréales, le poste d'aiguillage et de retournement du tram, la voiture "Peugeot 202" immobilisée au milieu du village détruit, roues tournées et s'enfonçant dans le sol et les granges et garages dans lesquels furent mitraillés les hommes puis brûlés, certains encore vivants.
Je me souviens de la trace encore visible de la violence des bourreaux qui s'exprimait encore par des panneaux neutres disant qu'on avait trouvé un cadavre ici, un autre là.
J'avais lu la brochure achetée à l'entrée du village détruit et avait été impressionné par le texte comme par les mauvaises photos en noir et blanc.
Je suis retourné à Oradour sur Glane une fois, et ai parcouru le village pratiquement seul sous une pluie battante. Quoi qu'entretenues, les ruines avaient modifié l'aspect de la petite ville. Le temps avait nettement éloigné le funeste 10 juin. Les arbres et la végétation avaient repoussé, le bruit du village nouveau construit à côté des ruines s'entendait de loin. Machines à coudre, voitures anciennes, vélos, restes de construction: tout semblait provenir d'une époque lointaine. On était plus proches d'un Pompéi que d'un crimes récent.
Des six survivants le dernier est mort. Je crois que les ruines sont toujours visibles. Il y a soixante-dix_neuf ans que les nazis massacraient la population d'Oradour. C'est presque l'époque de Louis XIV!

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