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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 07:00

Parmi les films qui m'ont marqués je n'oublierais pas de citer "Délivrance" (Deliverance, 1972) de John Boorman avec Jon Voight et Burt Reynolds comme interprètes majeurs. 

Disons-le de suite, c'est un film dont le visionnage ne laisse pas indemne et qui, même après plusieurs visions, reste très dérangeant. Il fait partie, avec "Orange Mécanique" (Clockwork Orange, Stanley Kubrick, 1971) et "Les Chiens de paille" (Straw dogs, Sam Peckinpah, 1971) et quelques autres d'un cinéma soulignant la violence de l'Homme et celle de la société. Une veine creusée au scalpel.

L'intrigue est simple et tient en peu de mots: quatre citadins américains de la classe moyenne, encore jeunes mais peu entraînés descendent une rivière sauvage en canoë avant qu'un barrage ne noie irrémédiablement la région et que la rivière disparaisse. Le caractère sauvage de la nature et celui de l'homme va leur sauter à la figure.

On assiste à leur mise à l'eau brouillonne et dans la bonne humeur. Ils ont eu affaire, pour la logistique, à des villageois frustes, brutaux et dégénérés qui leur ont laissé une fort méchante impression malgré un superbe intermède musical pendant lequel l'un des quatre a improvisé un étonnant duo guitare et banjo avec un enfant handicapé. 

La rivière est impétueuse et sa descente ne va pas sans mal jusqu'à ce que la tragédie intervienne à la suite d'une erreur de navigation.  L'un des deux canoë prend une mauvaise direction et suit un bras de la rivière qu''il n'aurait pas dû. deux des citadins sont alors confrontés à la folie sauvage de deux "montagnards" et ne doivent la vie qu'à l'intervention des occupants de l'autre canoë. Un homme est mort, un autre est dévasté psychologiquement, les quatre vont décider de faire disparaître le corps de leur agresseur. L'autre a réussi à leur échapper. Il réussira à tuer un des quatre tandis que l'équipée tournera au drame. 

Quand ils arrivent au bout de leur affreux périple deux sont encore valides, le troisième sera sans doute amputé d'une jambe et ils sont responsables de la mort de deux habitants du coin. La police les cuisine mais ils s'en tiennent à la version qu'ils ont mise au point avant. Le chargé d'enquête a des doutes mais pas de preuves... il les laisse partir à contrecœur. 

Admirablement interprété, le film a un rythme impeccable alternant les moments de rapidité et de violence et ceux de calme où la beauté de la nature fait contraste. On est pris par l'action et épouvantés par l'irruption du drame au milieu d'une sortie qui devait être le contraire. Les réactions des uns et des autres et la teneur de leurs réflexions sont passionnantes et authentiques. Un film indispensable. 

Je l'ai acheté en DVD pour la 3 ou 4ème fois: je le prête, j'oublie à qui, et je ne le revois jamais!

PS: Bon anniversaire Violette. Mi aime a ou.

 

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commentaires

L
"Délivrance" : à mes yeux, un des 20 meilleurs films de l'histoire du cinéma.

PS : Sinon, je déteste Jean-Luc Godard, ainsi que Pasolini (le Godard italien), je pense que François Truffaut est un cinéaste totalement anodin... et Jacques Demy, un réalisateur aussi ridicule que risible.
Mais je me sens un peu seul quand même (c'est grave, docteur ?).
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