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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 07:00

On parle à nouveau beaucoup de Hergé à l'occasion d'une exposition à Paris cette fois ci. Les uns et les autres se plagient en parlant toujours des mêmes choses concernant le dessinateur: la ligne claire, l'amitié avec Zhang Chongren, la dépression, la passion pour l'art moderne et les lithos signées par l'imposteur international Andy Warhol.

Naturellement ces donneurs de leçons ne peuvent s'empêcher, encore et toujours, de spéculer sur une éventuelle collaboration avec les nazis, jamais étayée, mais qui les fait fantasmer.
En salissant un des rares personnage noble de l'art du XXème siècle ils le mettent -pensent-ils- à leur niveau.

Ceux qui, il y en a, respectent l'homme s'attaquent alors à l’œuvre en utilisant les grands mots.
Démodées, édifiantes, dépassées même, les bandes dessinées d'Hergé se vendraient moins (est-ce un signe de qualité alors que plus les «Astérix» sortis ces dernières années sont consternants plus ils se vendent?) et peineraient à toucher des enfants qui n'y reconnaissent pas leur environnement.
Il est entendu que Robinson Crusoé, Robin des bois, le Comte de Monte Cristo, la créature du Dr Frankenstein étaient contemporains des baby-boomers!

Et le triomphe mondial d'Harry Potter est une vue de l'esprit.

Nos chères têtes blondes, et même leurs parents font le succès de films à épisodes sur des hommes chauve-souris, des hommes araignées et autres supermen. Moulinsart vaut bien Gotham City et Séraphin Lampion est aussi dangereux que le Joker.

Alors c'est vrai, Tintin n'a pas de meuf, ne roule pas en quatre-quatre, n'a pas de micro-ondes mais il affronte des méchants-méchants, va sur la lune, voyage partout dans le monde et la liste est longue des choses qu'il fait et qui parlent aux enfants, de quelque époque qu'ils soient.

Je me souviens que, tout jeune, je préférais, du même Hergé, «les aventures de Jo Zette et Jocko» pour les mêmes raisons: l'identification (encore que le garçon d'une quinzaine d'années qui pilote un avion stratosphérique, un sous-marin, une charrette à chevaux était assez loin de moi...). Il avait un père, ingénieur en blouse blanche et une mère qui s'inquiétait tout le temps. Le rêve.

Hergé s'est expliqué sur tous les points et il a donné toutes les clés pour comprendre, aimer et admirer une œuvre pleine de qualités.

Au lieu de dire perpétuellement les mêmes choses les journalistes devraient travailler et trouver d'autres angles d'attaque pour parler de l'auteur et de sa production.

Et se demander pourquoi il leur est si difficile de dire du bien d'Hergé.
Pour ça il faudrait oublier la pseudo-biographie d'Assouline qui vise ni plus ni moins qu'à diminuer l'objet qu'elle étudie. Oublier les rabâchages passés présents et à venir des jaloux et des haineux et essayer de trouver les points communs (il y en a!) entre l'imagination, la créativité et l'intérêt des enfants des années 40, 50, 60 etc. jusqu'à aujourd'hui.

Bref faire du journalisme.

 

 

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