On connaît l'inimitié qui régissait les rapports entre François Mitterrand et
Michel Rocard. On sait que ceux-ci ne se limitaient pas à une allergie
presque physique: les idées politiques (ils étaient pourtant tous les deux
socialistes) les buts et les méthodes: tout les opposait.
Quand on regarde les conséquences de cette opposition sourde et, ne
soyons pas naïfs, violente on s'aperçoit qu'en neutralisant le second,
François Mitterrand ne s'est pas amputé lui-même et a, au contraire,
favorisé sa propre carrière, entre 1978 et la fin de son second septennat.
La véritable guerre que se sont livrée V.Giscard d'Estaing et J.Chirac est
d'une toute autre nature.
Basée sur l'incompréhension et une forte dose de mépris du premier
pour le second, cette opposition totale a duré de 1975 à...aujourd'hui.
Un article du magazine "Marianne" de cette semaine raconte que les
2 seniors continuent à s'affronter à fleurets mouchetés et à coup de
phrases venimeuses au Conseil Constitutionnel.
Persuadé d'être infiniment supérieur à "son"premier ministre, (et à
tout être humain sur cette planète d'ailleurs...) Valery Giscard d'Estaing
n'a eu de cesse d'humilier et de rabaisser Chirac qui a fait de ce
combat interne à un camp politique sa bataille prioritaire.
Personne n'a oublié qu'en 1981 les permanents au RPR (l'UMP d'alors)
donnaient la consigne de voter Mitterrand.
Pourquoi rappeler ces vieilles histoires de luttes d'une vie, de coups sous
la ceinture, d'escarmouches, de combats épiques, de mesquineries, de
phrases blessantes etc. ? parce que, ces combats d'ancêtres se déroulent
sous nos yeux sans qu'on les voit forcément.
Naturellement, même si on ne les aime pas, on ne peut qu'admirer
l'intelligence et la culture d'un Mitterrand ou celle de Giscard. La vitalité d'un
Chirac ou l'obstination d'un rocard. Voire même celle d'un Fabius qui
s'opposa à Jospin. Et réciproquement.
Aujourd'hui, des combats -de nains cette fois- hypothèquent aussi la vie
politique de ce pays. L'affreux Coppé est bouffi de haine à l'encontre de
Xavier Bertrand et de François Fillon.
Au PS il me faudrait la nuit pour décrire les rapports de haine entre certains
et certaines qui, pourtant, ont fait toute leur carrière dans le même parti.
On rencontre ces sentiments recuits et cette énergie dans la destruction de
l'autre dans les entreprises. Elle est, en général, plus secrète et moins
destructrice.
Les conséquences en sont moins désastreuses. Question d'échelle.
