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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:25

"Comment ne pas être réactionnaire quand on vit dans un monde auquel on ne

comprend plus rien" se demande Pierre Bas dans son excellent livre sur le

cinéma Français "Je vous trouve très conformiste" (Panorama impertinent du

cinéma Français) Edition Vendémiaire/ Diffusion PUF.

C'est une remarque que chacun peut s'approprier tant les us et coutumes de

notre époque peuvent parfois nous surprendre tellement ils sont en décalage

avec ce que nous avons connu il y a 10, 20 ou même 30 ans.

 

A mes yeux le symbole de cette évolution n'est ni le mariage pour tous, ni les

premiers pas de l'homme sur la lune, ni l'atome, ni le dernier livre de Sollers

(je plaisante!) mais la vision récurrente de quadragénaires en costume et sac

à dos sur une trottinette électrique au milieu de la circulation urbaine.

 

Il y a des choses auxquelles on se fait: une Frigide Barjot interviewée doctement

par un journaliste respectueux, un François Bayrou qui parle de lui en retenant

ses larmes, un marchand d'avions de guerre qui écrit des éditoriaux politiques

dans "son" journal, une ex-première dame de France qui chante une chanson

à la gloire du couple le plus déjanté (et drogué) de toute l'histoire du rock etc etc.

Mais moi, le quadra en trotinette je n'y arrive pas!

 

Dans l'URSS de Tchernenko, dans la Chine de Hua Guofeng et même aux

USA de Reagan le cadre en patinette n'aurait pas fait 100m. L'asile psychiatrique,

le Lao-Gaï ou le Goulag l'auraient accueilli, séance tenante.

 

Plaisanterie, certes mais réalité aussi: nos sociétés offrent un visage dual qui ne

manque pas de surprendre: le jeu, la distraction et le loisir y sont célébrés en

valeurs dominantes mais, parallèlement, le citoyen est traqué à la moindre faute,

fiché, flashé, licencié, imposé et traité avec une dureté impitoyable. 

 

Beaucoup de choses acceptées par tous me paraissent bizarre. Ce qui nous

paraissait impossible lorsque nous étions adolescents est devenu la

norme aujourd'hui.
Sans regretter le temps passé ni tomber dans le "C'était mieux avant" il est très

difficile de suivre cette époque où tout va si vite.

On a coutume de dire que la société a plus changé depuis la fin de la guerre

qu'au cours des 200 ans qui l'ont précédée. C'est une impression qui résiste.

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:46

Incroyable comment "ça" marche ici. Un journal tout juste bon à envelopper les pommes de

terre au marché (les "grenailles", à chair ferme, délicieuses avec leur peau et cuites au four)

le journal du dimanche pour ne pas le nommer, publie un sondage idiot dont les réponses

sont induites par l'institut et portant sur les femmes politiques.
On vous tombe dessus, comme ça, et on vous demande quelles femmes politiques vous

connaissez il y a de fortes chances que la Marie-Antoinette du FMI, la généreuse donatrice

de fortune à Bernard Tapie, Christine Lagarde, soit nommée rapidement.
Idem pour la fille du fondateur de ce parti d'extrême droite qui n'en finit pas de gangrener la

démocratie avec ses réponses simplistes à des problèmes gravissimes.
Hop! Marine Le Pen en 2.

Et ainsi de suite jusqu'à cette gourde de Nathalie Koskiusko-Morizet, pimbêche rouquine

dont la seule bonne idée ces dix dernières années a été de mettre des talons hauts dans

la cour de l'Elysée.
On passera sur Duflot, une femme dont la façon de faire de la politique aurait semblée sans

nuances aux vieux briscards de la IVème...

Et ce sondage crétin est repris partout...

Avec des titres convenus et abusifs: "Les Français pensent que..." ou "Christine Lagarde

femme politique préférée des Français".
Même le Monde, habituellement mieux inspiré, donne des colonnes à cet enfumage de

premier ordre que la presse Lagardère pond à intervalles réguliers.
Quand la "femme politique préférée des Français" va être mise en examen (c'est une question

de semaines) pour' son trouble arbitrage de l'affaire Tapie on verra si on continue à l'aimer

cette chèvre internationale!

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 06:52

Je prends un certain plaisir solitaire et honteux......................................................................


Allez! qu'allez-vous donc imaginer? ce blog a la tenue de ses lecteurs et lectrices! je

disais donc que je prends du plaisir à regarder ces émissions un peu tape-à-l'oeil

qui se proposent d'étudier un crime ou de raconter la traque d'un tueur par la police.

 

Souvent les reconstitutions dont sont ponctuées ces émissions d'interviews sont

bêtement voyeuses.

A bien y réfléchir, les descriptions des autopsies, des lieux du crime, des rapports

d'enquète et de tout ce qui fait le "folklore" des histoires criminelles le sont aussi.
Les descriptions gores sont nombreuses dans les histoires policières, qu'elles

soient racontées par des romanciers, des enquèteurs ou scénarisées dans des

séries lourdement démonstratives. On se conforme donc au genre et aux goûts

supposés du public pour le voyeurisme morbide (celui qui fait ralentir devant un

accident de voiture par exemple).

 

Il y a et aura toujours chez nous un intérêt malsain pour ces histoires de meurtres

et de criminels.

 

Actuellement France 2 diffuse des émissions titrées "Non élucidé" sur ce schéma.
C'est une enquète criminelle qui, à ce jour et comme l'indique le titre, n'a pas connu

son dénouement.
Présentée par Arnaud Poivre (le fils de l'autre dont il n'a heureusement pas tous les

tics nonobstant un narcissisme exacerbé), l'heure que dure ce programme est un

condensé de ce que Hondelatte et tant d'autres ont fait avant. Le spécialiste qu'on

interviewe n'a rien à voir avec l'affaire mais donne son avis, les reconstitutions sont

bien trashs, Poivre Jr déambule en BMW avec un vieux briscard chargé de lui donner

la réplique, on questionne en caméra cachée et on larmoie avec les proches des

victimes.

 

Malgré ces partis-pris l'émission se regarde comme on lit un policier entre deux

livres plus "sérieux".Avec juste ce qu'il faut de mauvaise conscience pour pimenter

cette vision un peu honteuse.

Peut nous importe de savoir si le Colonel Moutarde est bien l'assassin ou si la

perfide Madame Rose a utilisé le chandelier. Poivre et son vieil accolyte s'amusent

à nous balader (ils nous font croire qu'ils tiennent l'assassin mais il a benéficié

d'un non-lieu) et, à la fin, on échappe au départ du journaliste à moto avec son

très beau blouson en cuir.
On y échappe mais pas à la prise de vue en contre-plongée du photogénique

rejeton Poivre vu d'en haut par le toit ouvrant de la berline. C'est qui la vedette?

 

Comme on dit "ça ne mange pas de pain". On est pas plus avancé après avoir

gobé le programme et on va se coucher en se disant que c'est bon de savoir

qu'aucun meurtrier n'est planqué dans la salle-de-bains prêt à vous fendre le

crâne (avec un pied de biche, les assassins n'ont aucune imagination) pour voler

votre collection de "Rubrique à Brac".

 

On est un peu écoeuré aussi en se demandant combien de kilos d'ADN dorment

sous nos pieds et on se dit qu'on n'aimerait pas que les spécialistes passent

chez nous entre deux ménages!

 

Le service public est content: le jeune Poivre est moins cher que son géniteur et

on devrait pouvoir s'en débarrasser plus facilement. Les mamies bretonnes (ou

d'ailleurs) sont heureuses de voir que les dynasties hertziennes se perpétuent,

des Drucker au Poivre. Le crime paie donc toujours.

 

 

 

 

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:45

Etrange comme le "melon" est arrivé vite sur la tête de Jean Dujardin! de sympathique qu'il

était, avec son côté potache-immature il est vite devenu donneur de leçons et, sans hésiter,

passé du type j'men foutiste au self-made-man conscient de sa valeur économique et habitué

des pages saumon du "Figaro".
En Français on dit (bêtement) "bankable"....

Il faut l'entendre comprendre le gros Depardieu et défendre les cachets obscènes de Dany

Boon pour comprendre que le roi de la vague et le "chouchou" des soirées télé est mort et

enterré.
C'est qu'il a eu un Oscar depuis. Il est devenu le "nouveau Belmondo" (bien qu'il soit ardu

de trouver un "Homme de Rio" ou des "Tribulations d'un Chinois en Chine" dans sa filmo,

pour ne rien dire de "A bout de souffle", de "Léon Morin prêtre" ou "Un singe en hiver" quant

à trouver une "Viaccia" dans cette filmographie un brin désuète il ne faut pas y compter)

Il est (encore) jeune et à le temps de se constituer un background.Ce n'est cependant pas

en tournant dans "Möbius" -où il tient le rôle d'un espion Russe- ou "les Infidèles" qu'il

marquera de son empreinte le cinéma Français....

 

Dujardin, joue de manière décontractée et est un acteur de comédie convenable. Il en fait

dix fois trop dans "The artist" mais ça a plu aux américains qui considèrent Woody Allen

comme un grand réalisateur et Jerry Lewis et Richard Pryor comme de bons comédiens

comiques...
Tout ça relativise!

 

Je comprendrais qu'il ait envie qu'on comprenne qu'il est passé à autre chose que les

formats courts qui l'ont lancé et qu'il cherche des rôles qui montrent l'étendue de son jeu

d'acteur.


Encore qu'il soit peu convaincant dans des rôles sérieux. Dans "contre-Enquète" par exemple

je vois encore trop les efforts qu'il fait pour être dramatique. On s'attend à chaque instant à ce

qu'il sorte une mauvaise vanne ou pousse un éclat de rire.

 

Qu'il en rajoute dans le côté grande famille du cinéma et soutien inconditionnel à ses

membres me semble juste un peu trop.

Il est vrai que le viaduc qui a conduit les comiques de Canal+ de leur chaîne chérie sur les

plateaux de cinéma a aussi effacé chez ces cinglants humoristes les traces de leur

rosserie. Les Robins des bois jouent Boule & Bill, Chabat est le 4ème acteur Français le

mieux payé de France... ça émousse les griffes, on s'en doute.

Lui venait de France2. Il doit avoir un complexe devant ces gloires nationales.

 

Bientôt Dujardin jouera chez Lelouch et dira regretter de n'avoir jamais joué chez Pialat!!!

On sera alors loin de Brice de Nice!Je ne considère pas qu'il devrait se cantonner aux rôles

qui l'ont fait connaître mais pense juste que tout cela est allé un peu vite et qu'il y a peut-être

un malentendu.
Il est sympa, il a du talent, mais ce n'est pas Louis Seigner, Lawrence Olivier, Charles

Laughton, John Gielgud, Raimu ou...Belmondo.

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 07:36

Il y a quelques mois le "Musée de la Résistance" à Toulouse a consacré ses salles à

une exposition terriblement marquante.


J'y repense souvent et suis comme hanté par ce qu'elle dévoilait de l'horreur absolue.

 

Elle était intitulée "la Shoah par balles" et montrait ce que les Allemands avaient fait

en Ukraine surtout mais aussi en Roumanie, Moldavie, Hongrie, Slovaquie, Pologne,

Bielorussie et Russie juste après l'invasion de l'URSS et l'Opération Barbarossa.

Elle traitait des massacres de juifs, de tsiganes, de commissaires politiques et de

tous ceux que la "race supérieure" avait décidé d'éliminer.
Il va sans dire que les Juifs furent les victimes les plus immédiates et les plus

nombreuses.
Les "Einsatzgruppen" qui comptaient quelques milliers d'hommes se rendirent

coupables du meurtre de plus de 2 millions d'hommes, de femmes et d'enfants.

L'exposition devait beaucoup au père Patrick Dubois qui a consacré une importante

partie de sa vie à chercher les traces de ces massacres et à essayer de donner une

sépulture à ces victimes innocentes et martyrisées.

Je n'ai pas oublié l'urne transparente contenant des douilles rouillées recueillies sur

un lieu de massacre et qui, pour chacune d'elle, signifiait une vie enlevée.
Avec quelle brutalité, avec quelle inhumanité.


Le père Dubois a réussi à faire parler quelques témoins, muets depuis plus de

soixante ans. A chaque fois on lui disait ne se souvenir de rien et avoir oublié qu'il y 

avait eu des massacres dans la ville ou la campagne qu'il traversait. Une fois en

confiance la mémoire revenait, complète, et les témoins emmenaient le prêtre

Français et son équipe sur les lieux de l'horreur.

Le Père Dubois a obtenu d'eux qu'ils le conduisent devant tant de fosses en Ukraine

qu'il décrit cette terre comme un cimetière géant.

Avant d'industrialiser le processus de mort et de rationnaliser le génocide les nazis ont

ratissé des régions entières en fusillant systématiquement tous les juifs qu'ils pouvaient

trouver.
Le père Dubois, dans le livre ("Porteur de Mémoires") et le film ("La Shoah par balles")

qu'il a consacré à cette épisode horrible et inexpiable pour l'humanité toute entière,

raconte comment ces pauvres gens ont du souffrir un atroce chemin de croix avant d'être

ensevelis vivants ou tués d'une balle dans la nuque.
Il raconte -et l'exposition le montrait- comment la rationnalisation allemande a permis de

regrouper puis d'éliminer des gens dont le seul "tort" était d'être nés.

Que de tristesse dans ces quelques photos (prises le plus souvent par les assassins),

que de douleurs devant ce drame absolu qu'ont été les années sous domination nazie.

 

2 photos de cette épouvantable tragédie sont très connues: l'une qui représente un

soldat tirant à bout-portant sur une femme protégeant son enfant et celle d'un homme,

à genoux devant la fosse qui va l'engloutir, une seconde avant que son tueur n'appuie

sur la détente. C'est cette même photo qui a servi pour l'affiche de l'exposition.
Le jour où je l'ai visitée il y avait une classe de lycée dans une salle, digne et silencieuse.

Je suis toujours agacé par l'expression "devoir de mémoire" qui me semble réductrice.
Ce que le père Dubois fait c'est simplement redonner de l'humanité à ces ossements

épars. Donner une image, un nom, des souvenirs à ces vies fauchées il y a longtemps

et qui sont restées anonymes pour la plupart.

Je pense à la "petite fille en rouge" du film de Spielberg "la liste de Schindler". Tous ces

gens sont comme cette petite fille: ils ont vécu, ils ont été assassinés, ils étaient des

hommes et des femmes et d'autres hommes leur refusaient cet état.

Je ne vois pas le fait de penser à eux comme un devoir. Mais il faut y penser: nous,

l'humanité, avons commis ce crime de génocide.
Ce crime nous l'avons commis à plusieurs reprises. Tous sont abominables mais

celui perpétrés sur les Juifs n'est comparable à aucun autre. sans-titre.png

 

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 07:13

Par rapport au président qui l'a nommé et reconduit comme premier ministre je n'ai aucun

mal à trouver quelques qualités à François Fillon.

Une certaine élégance, de la discrétion, une suite dans les idées, des idées précisemment

et aussi une dignité dans la fonction et dans la relation avec un président "ingérable" par

exemple.

Depuis son départ de Matignon l'homme s'est néanmoins montré sous un jour moins

favorable et ce n'est pas sa candidature à la primaire de 2016 qui risque de me le rendre

sympathique.
Il y a moins d'un an la droite et ses chefs ont été renvoyés dans leurs foyers avec, c'est le

moins que l'on puisse dire, un message clair des électeurs, à la présidentielle comme aux

législatives: "désolé mais cette fois on vote pour le PS et ses candidats".
La France était majoritairement à droite et il n'y avait pas vraiment d'appétence pour Hollande

ni pour les candidats du PS, des verts et des radicaux de gauche (ça existe encore!), c'est le

moins que l'on puisse dire, mais c'est ainsi; la présidence a été confiée à François Hollande

pour 5 ans et le pouvoir de gouverner à sa majorité sociale-démocrate.
Pas à Fillon ni aux éclopés du Sarkozysme.
C'est cruel pour ceux qui les soutenaient mais c'est juste le principe de la démocratie.

 

Les demi-soldes du Sarkozysme battu s'opposent donc fermement (c'est normal c'est la

démocratie) et pensent à l'alternance qui aura lieu en 2017.

Après la palinodie de l'élection du président de l'UMP où Fillon s'est déconsidéré il aurait

été sage pour l'ex premier ministre de passer par un sas de décompression et de se faire

oublier quelque peu.
Eh bien non! Fillon a joué à "je vais prendre la mairie de Paris" puis à "j'y renonce" au risque

de passer pour une girouette velléitaire.

Les deux harpies sans nuances que sont Kosciusko-Morizet et Dati se sont engouffrées dans

la brèche et se battent déjà pour un poste que, sociologie de la ville aidant, elle ne pourront

remporter à moins d'un miracle.

Visiblement elles aussi ont oublié le sort de la "pintade à roulettes", la peu glorieuse Françoise

de Panafieu qui doit aujourd'hui faire du tricot au Ranelagh...

Mais revenons à Fillon. Devenu outrancier dans sa critique de ses successeurs, se dispersant

dans une opposition sectaire et distribuant les oukases comme le Pape les bénédictions il

a épuisé les indulgences des plus tolérants de ses soutiens.
Fillon-Copé ou Copé-Fillon c'est pareil! même sectarisme, même impatience, même boulimie

de pouvoir et même carriérisme. Kif-Kif bourricot comme on dit au CP et à l'UMP.

Dommage. Elevé dans le séguinisme et vacciné contre le populisme on pouvait penser qu'il

avait autre chose à proposer.
Plus de 3 ans avant les primaires il n'est obsédé que de celà. L'Europe en panne, la crise,

les 3 millions de chômeurs...Rien à battre.
Un second quinquennat Hollande est probable s'il n'y a pas un renouvellement des personnes

et une vraie réflexion sur le pouvoir et la politique dans l'opposition actuelle.

Quant au gentleman à sourcils de la Sarthe profonde je le dis sans vouloir lui faire de la peine

mais il a le charisme d'un policier de l'ex-Allemagne de l'Est et le lyrisme d'un officier de l'armée

de terre. Notable Sarthois, premier ministre... C'était déjà inespéré! pourquoi ne pas s'arrêter là?

 

 

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:52

Je me souviens que les cours d'économie que prodiguait au Lycée Turgot le sympathique

et passionné Monsieur Ménard donnaient à cette matière ardue un brillant incomparable.
Il savait mettre les choses en perspective et intéressait toute une classe d'adolescents

turbulents aux bilans, aux bénéfices, au cash-flow et autres points aussi sexy qu'on peut

l'imaginer.
Jamais, au grand jamais, il n'avait présenté à sa classe le but de l'entreprise comme

étant uniquement d'enrichir 4 ou 5 dirigeants au détriment de tout un groupe, de n'avoir

que l'aspect financier à surveiller et de ne penser qu'aux actionnaires.

Je ne crois pas me souvenir qu'il ait jamais considéré comme "normaux" les licenciements

boursiers ni qu'il ait expliqué qu'une entreprise doit avoir une croissance à 2 chiffres.

A cette époque (les seventies) une entreprise était rentable et admirable quand les

dirigeants et les salariés étaient heureux d'y travailler, quand elle vendait bien ses services

ou produits à de nombreux clients en France (bien) et à l'étranger (mieux). Si, en plus,

elle respectait l'environnement et apportait un mieux être aux familles des personnes qui y

travaillaient alors on pouvait la qualifier d'exemplaire.

Une entreprise qui permettait à ses salariés de grimper dans la hiérarchie, de voir leurs

salaires évoluer et d'avoir une sorte de pérennité dans leur emploi était considérée comme

une "bonne" entreprise.

 

Une telle entreprise ne trouverait aujourd'hui aucun banquier pour la financer et elle

serait montrée du doigt par les Echos, le Financial Times et les pages saumon du

Figaro.

 

Les syndicats traquaient le paternalisme (c'était le mal à l'époque!), combattaient pour de

meilleurs salaires (les augmentations étaient rarement octroyées sans difficultés) et le

but du patronnat de l'époque, s'il était déjà de prospérer, était d'atteindre des objectifs

humains de manière rationnelle.

 

Aujourd'hui l'entreprise passe des mains d'un investisseur à celles d'un repreneur, les 

fonds de pension et les financiers exigent des rentabilités absolument impensables et

le but d'une entreprise est uniquement d'enrichir les quelques uns qui la possèdent.
Les salariés, qu'ils soient efficaces ou pas, sont une variable d'ajustement et les moeurs

vues dans les sociétés semblent plus barbares encore que celles qui prévalaient aux 

débuts du capitalisme.
Ces patrons qui gèrent mal, qui font des pertes mais s'octroient des golden- parachutes,

ces dirigeants qui déménagent à la cloche de bois un outil de travail performant, qui

délocalisent dans une brutalité absurde... sont monnaie courante et nous ne nous

indignons même plus de voir cette caste hautaine et méprisante bafouer la loi et la

morale. Mieux, ils sont reçus avec des égards et leurs faits et gestes racontés comme

s'il s'agissait de glorieux combats. 

Ils sont soutenus (ou plutôt ils soutiennent) des politiques qui les protègent et qui

s'engagent à ne jamais leur demander des comptes sur leur gestion économique et

humaine des entreprises qui ont le malheur de tomber entre leurs mains.

 

Quand j'entends des radios comme BFM qui semblent idôlatrer les entreprises, les

cours de la bourse et le monde du capital sans frontières je me demande toujours si

c'est moi qui suis décalé ou eux qui adorent le veau d'or.

Un masochisme se donne libre cours dans les éditoriaux de ces gens-là!

 

On essaie de nous culpabiliser en permanence sur notre manque d'adaptation à la

mondialisation. Si cette adaptation consiste à révérer des gougnaffiers qui s'enrichissent

scandaleusement en n'ayant que leur intérêt personnel comme boussole ce n'est pas

demain la veille que la France s'adaptera!

Je ne suis d'ailleurs pas certain que s'adapter veuille dire quelque chose: si les entreprises

ont pour idéal d'aller s'installer là où la main d'oeuvre ne coûte rien elles le feront, quand bien

même on accepterait de travailler 72H pour le prix de 35. Il y aura toujours moins cher que

nous.
Ca me rappelle le slogan des pacifistes dans les années 80 "plutôt rouges que morts" à

quoi avait répondu Constantin Tchernenko, Président du soviet suprême: "rouges et morts".
A quoi ça nous servira d'être compétitifs si le résultat de nos efforts nous forcera à vivre

comme des rats?

 

 

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 07:22

Je ne découvre pas la pierre philosophale et n'ai pas attendu aujourd'hui pour savoir que

la publicité (ex-réclame) est, qu'on le veuille ou non, le principe qui mène le monde.
C'est évidemment déplorable mais les journaux, télévisions et radios vivent de leurs

"rentrées publicitaires".

Certes il y a bien une ou deux exceptions ("Le Canard Enchaîné") mais l'immense

majorité des médias vivent des publicités qui leurs sont confiées.

Oui, les médias comme "le Point" ou TF1 vivent de la publicité avant toute autre recette.

Les institutionnels critiquent Internet qu'ils ne comprennent pas encore assez et qui

leur échappe encore mais les publicitaires se sont rués dessus et leur trace

n'épargne plus le net où leurs spots commencent à vous gêner en l'envahissant.


Aucun média ne s'aviserait de dire du mal des grands groupes auxquels ils

appartiennent, il ne viendrait à aucun l'idée de contrarier leurs annonceurs, en particulier

dans l'industrie agro alimentaire.
A la télévision les publicitaires, qui veulent "toucher" tout le monde, obligent finalement

celle-ci à diffuser des spectacles sans intelligence et des émissions grand-public pour

que les spots atteignent, là encore, le maximum de public.
On ignore, généralement, l'influence considérable de la publicité sur les personnes.
Pourtant celle-ci oblige à la représentation d'un monde reconstitué, fade et sans

aspérités dans lequel le bonheur c'est d'aller là où tout le monde va, là où les loisirs

sont les mêmes pour tous et où tout le monde lit les mêmes livres, écoute les mêmes

musiques (segmentées par âge, je vous l'accorde) et va voir les mêmes films ou

spectacles.Tout le monde achète, selon ses moyens, des habits, des téléphones,

des jeux, des articles de maroquinerie, des parfums calibrés et dédiés à telle ou telle

frange de la population en fonction de ses revenus.

Dans ce monde les différences sont sinon gommées du moins aseptisées et les

gentilles minorités sont aussi là pour faire vendre des produits ou services mais

exotiques. Les footballeurs tels Karim Benzema sont des enseignes à eux tous seuls.

A cet égard la façon dont le méchant Joey Star a été appréhendé par le cinéma et la

télé, transformé en gentil acteur montre que personne ne souhaite vraiment que le

monde soit constitué de personnes différentes. Ou alors à la marge.
Mais tous doivent manger de la Nutella, boire du Coca-Cola, rouler en Daewoo,

prendre l'avion pour aller vers des destinations sans mystères (La Thaïlande) et

lire les best-sellers en écoutant les disques vantés par la critique et la pub.

Pour les plus aisés il y a des produits de luxe qui remplacent la Nutella, la Daewoo

et la Thaïlande mais la démonstration reste vraie: on leur fait acheter les mêmes

services ou produits en fonction de leur pouvoir d'achat.

Dans ces conditions, tout ce qui dépasse, le talent par exemple mais aussi

l'intelligence, la vraie insolence (pas celle des faux-durs de Canal+), la contestation

et le rejet du discours ambiant ne passe pas la censure ou seulement

exceptionnellement.

Parfois nous nous rendons compte que tout est paramétré et que nous sommes

presque obligés d'acheter comme tout le monde: si la mode (ou la publicité ou les

deux...) dit qu'il faut porter des chaussures pointues vous feriez 10 boutiques vous ne

trouveriez que des chaussures pointues. Beaucoup d'autres actions, moins

caricaturales que mon exemple, vous viendront à l'esprit qui témoigneront de l'impact

ahurissant de la bonne vieille "réclame" sur nos vies.
Pour le pire,évidemment.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 07:01

Je suis partagé entre l'écoeurement et l'effondrement. Voilà un pays frère, une démocratie

reconnue qui a vécu jusqu'à la lie les scandales politiques tout au long des années qui

ont suivi sa tragique et lamentable seconde guerre mondiale.
Des personnages répugnants, des politiciens minables et des errements; l'Italie en a

connu plus que tous les pays qui composent l'Europe.
L'un des pires, si ce n'est le pire est cet histrion affairiste qui est à la démocratie ce qu'

André Rieux est à la musique: un ersatz, une contrefaçon, une mauvaise imitation.
L'homme est ridicule: son physique refait à neuf malgré ses presque 80 ans le rend

absolument caricatural.
Ses débordements sexuels et ses frasques du même tonneau rendent pitoyables ses

années de gouvernance.

La façon dont il a sauvegardé, protégé et étendu ses affaires, en muselant la justice au

passage est non seulement immorale mais inadmissible.
Ses propos irréfléchis ("le bronzé" Obama" par exemple) et indignes d'un chef de

gouvernement d'un grand pays sont nombreux et les rappeler ici conduirait à s'indigner

que le suffrage universel ait pu être favorable, à plusieurs reprises à ce politicien véreux,

libidineux, magouilleur, uniquement préoccupé de ses propres affaires et toujours entre

deux scandales.
L'Italie vote et je refuse de croire que cette canaille puisse encore être portée à la tête de

ce pays que j'aime et dont je souffre du discrédit qui l'accompagne lorsqu'il se donne à

un tel gouvernant.
Le bilan des années de pouvoir de ce pitoyable Berlusconi n'est pas contrasté, il est

consternant.
Pitié, amis transalpins, ne ramenez pas ce vieux débris indigent dans les sommets

politiques mondiaux.
Que diriez-vous si on rappelait au pouvoir l'équivalent (en moins outré quand même!)

de votre Berlusconi ?

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:50

Que cette fille est belle!

 

Je suis allé voir ce film dont on parle tant. Non! il ne s'agit ni de Boule et Bill ni de Môbius.

Il n'y a ni Michael Youn ni Jean Dujardin au générique.

 

Il n'y a aucune cascade dans le film et, contrairement aux films de l'idole Tarentino on ne

compte pas au moins 250 morts dans les 2H du film.

 

La musique du film n'a pas été composée par un rappeur en vue et n'est pas non plus

constituée de chansons qu'on retrouve dans toutes les playlists.

Que cette fille joue bien.

 

Le film que j'ai tant aimé n'a pas été tourné dans ces pays exotiques ou le bleu de la mer

rivalise avec celui du ciel.

 

L'action se situe aujourd'hui, en Afghanistan.

 

Que cette fille a un regard intelligent.

 

Ce film, que je vous recommande, est une adaptation du très beau livre de Atiq Rahimi

par l'auteur lui-même et le toujours parfait Jean-Claude Carrière "Syngué Sabour (la

pierre de patience)". C'est un roman que je n'imaginais pas adaptable au cinéma et

qui, pourtant, l'a été intelligemment et très brillamment.

 

Une sorte de miracle de film, extraordinairement joué par une actrice iranienne,

Golshifteh Farahani, qui est exceptionnelle de bout en bout.

 

Le genre de films qui s'imprime en vous en dont vous pouvez oublier le titre, le nom des

interprètes, la musique, le nom du réalisateur et l'histoire mais dont certaines des

images vous restent à vie.

 

L'histoire racontée est belle, on vibre pour les personnages féminins, rien n'est

anecdotique et on sort de la salle bouleversé mais heureux d'avoir vu un film qu'on sait

qu'on n'oubliera pas.

 

Dieu, que cette fille est bonne comédienne.

 

 

 

 

 

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  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
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Blog créé le 8 Décembre 2009

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