Le coup de grisou Yann Moix et la tempête dans le Landerneau littéraire (et mondain) qui s'en est ensuivie m'ont fait doucement rigoler: Voilà un homme qui intitule un de ses (bons, je dois le souligner) livres "Partouz", qui possède un franc-parler abrupt et dont l'égo est surdimensionné comme l'exige l'époque... que lui reproche t'on si ce n'est d'avoir toujours et ce dès l'adolescence, fait en sorte que l'on parle de lui. "Lui" étant son unique sujet d'études. Bref, un moi hypertrophié qui gâche un talent que, sans tergiverser, je lui concède franchement.
J'ai eu le même sentiment en lisant, seulement cet été, le livre de Michel Houellebecq "Sérotonine" que j'ai payé 10 dollars Canadiens à un "vide-garage" de Montréal. Sincèrement il ne les valait, il ne les vaut pas. C'est un livre racoleur écrit pour que l'on parle de lui et de l'auteur. Une machine à faire le buzz.
C'est aussi, de loin, son plus mauvais ou son moins bon bouquin, selon votre degré d'indulgence. Là, il exagère. J'ai eu l'impression d'un truc écrit à la va-vite, très complaisant, un peu sénile et exagérément "provocateur" dans des descriptions sexuelles cliniques propres à émoustiller le bourgeois gagné par l'impuissance. Heureusement, de loin en loin, une remarque critique impitoyable et drôle fait oublier le cul qui précède ou suivra mais vraiment... Où est le Houellebecq cynique et drôle qui m'a un temps plu?
Rabâcher les mêmes choses, comme Yann Moix réécrit "Naissances" dans "Orléans" et Houellebecq ses 3 derniers livres dans "sérotonine" devrait inciter la critique à être plus sévère avec ces auteurs talentueux qui galvaudent leur propre talent. Le livre ne choque pas il est gênant par sa prose racoleuse qui voudrait choquer, nuance.
Pour ma part j'ai trouvé que seul 10% du texte de "Sérotonine" valait lecture.. C'est peu et à l'aune de cette méthode sarkozienne de jugement littéraire ça ne justifie pas le prix éditeur;
Je crains que la gainsbourisation de l'auteur de "Plateforme" ne soit achevée: le pire est qu'il ne semble pas le savoir.

