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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 07:00

Il faut s'y faire même si c'est  terriblement dérangeant. A chaque catastrophe, à chaque attentat, à chaque évènement de nombreux "complotistes" referont le film et trouveront des "explications" cachées.

Le brasier de Notre-Dame est à peine refroidi que ces personnes imaginent des raisons parallèles au début de l'incendie, des motivations politiques aux présumés incendiaires et voient dans les films et photos du brasier des choses qu'ils sont les seuls à voir. Des statues deviennent des "terroristes" et des pompiers...le Pape (cf le quotidien "Le Monde" du 17 avril 2019 qui consacre un excellent article à ces élucubrations et démonte leurs fantasmes en publiant les photos originales qui ont, dégradées, alimenté leurs délires).

L'irrationnel prend désormais, pour un nombre non négligeable de nos contemporains, la forme du doute absolu sur tout ce qu'on leur dit. Pour ces frappadingues lourdauds l'Homme n'a pas mis les pieds sur la lune en 1969, Les tours jumelles de New-York ont été victimes d'une machination de la CIA et la liste est longue de leurs délires ou fantasmes.

Ce que ces simples d'esprit un peu allumés croient ou ne croient pas ne poserait aucun problème s'ils n'avaient pas une caisse de résonance phénoménale avec Internet qui les conforte mais crée parallèlement de nouveaux adeptes. Tout ce petit monde finit par émettre des thèses imbéciles qui doivent être niées, démontées ce qui prend du temps et... crée de nouveaux croyants en ces vérités alternatives.

Ces personnes qui voient du complot partout sont pain bénit pour les politiciens du pire: on leur fait prendre des vessies pour des lanternes et le oui au "Brexit" pour une avancée.

Avec les résultats qu'on commence à appréhender.

 

 

 

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23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 07:00

Je viens, moi aussi, dire quelques mots sur la Cathédrale Notre Dame de Paris qui a été la proie des flammes lundi 15 au soir.

Ancien parisien j'aimais cette grande église qui faisait partie, avec le jardin des Tuileries, le Trocadéro, le Grand et le Petit Palais, le Louvre, la rue de Rivoli, la Place de la Nation, celle de la République et celle de la Bastille, la gare de Lyon, le Luxembourg et le Panthéon et quelques autres sites de mes buts réguliers de promenades.

En bon parisien d'adoption mon ami Gérard, natif de Corse, avait une prédilection pour la Cathédrale qu'il connaissait bien et m'avait faite découvrir. Il vibrait à son contact d'une passion pour l'Histoire du monument et me faisait partager ses connaissances.

Nous allions écouter, en groupe, l'organiste Pierre Cochereau à l'orgue monumentale. Je me souviens d'un concert d’œuvres de Bach écrites pour cet instrument qui fut tout simplement inoubliable.

Cette Notre Dame je l'aimais et je l'aime encore parce qu'elle est un témoin de tous les siècles qu'elle a traversés. En la voyant, en la visitant on se sentait comme appelés.

Non qu'il y ait, pour moi, quelque chose de religieux dans la sensation enveloppante que je ressentais à l'intérieur de la cathédrale. Trop grande, trop vaste, trop intimidante. Mais il y avait, il y aura, quelque chose de particulier qu'on ressent uniquement dans des lieux chargés historiquement.

Je n'ai que quelques faibles connaissances en architecture mais je n'étais pas "fan" des ajouts de l'architecte Viollet-le-Duc. D'instinct je les trouvais trop appuyés, trop "léchés". Incongrus.

Cette flèche, dont on a tant parlé.... je ne l'ai jamais trouvée adaptée. Incongrue elle aussi. Sa fin l'aura presque légitimée.

J'ai été très agréablement surpris de constater que mon sentiment, pendant et après l'incendie, était partagé par une immense majorité de contemporains qui, comme moi, étaient réellement affectés par les destructions du feu. Les dons et la promesse du Président de la république de voir Notre Dame reconstruite dans cinq ans ont été du baume sur la plaie.


 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 07:00

A Barcelone, dimanche 14 avril, j'avais 7 heures à tuer et une douleur aux genoux qui m'empêchaient d'envisager des visites trop longues ou des activités trop sportives.
J'ai donc pris le chemin de la plage et me suis arrêté sur le muret, devant le casino et le "poisson" doré.

Le soleil, il était dix heures, commençait à chauffer et la foule dormait encore.

Je lisais tranquillement, interrompu de temps en temps par les piaillements de perruches vertes redevenues sauvages et qui se battaient au dessus de moi dans les palmiers pour des emplacements où créer leur nid.

Des joggeurs (dit-on encore comme ça?) équipés comme des tableaux de bord d'avion passaient en me rasant.

Un grand black, tout  de noir vêtu, vint se poser à quelques mètres de moi et se mit à creuser vivement dans le sable le long du mur. On aurait dit un animal creusant un terrier. Bizarre. Je relisais trois fois la même phrase tant j'étais distrait. J'ai fini par le regarder discrètement derrière mes lunettes foncées. des trous creusés il sortit des pierres carrées en grand nombre.

Il installa ces pierres en carré deux pierres servant à deux carrés. Avec un grand sac blanc rempli de choses qui paraissaient plates mais lourdes il fit des allers-retours sur le sable d'une pierre à l'autre puis autour d'elles jusqu'à former des carrés parfaits et réguliers.

Je n'avais toujours pas compris le pourquoi de la chose. D'autre Africains passaient, s'arrêtaient, échangeaient deux mots avec lui puis il reprenait son étrange activité. Quoi qu'il en soit devant lui le sable était impeccablement lissé.

Inutile de dire que ma lecture était au point mort. Mon voisin sortit du sac blanc des carrés emballés dans des sacs transparents. Ils contenaient des paréos colorés qu'il allait exposer sur le sable, maintenus par les pierres, à un endroit stratégique de la plage pour les vendre.

Quand il eut tout fini je m'aperçus que d'autres l'avaient rejoint et avaient posé sur leurs grands draps des paires de lunettes de soleil, des sacs de contrefaçon, des baskets, des vêtements de sport et des ballons de football aux couleurs du "Barça". Je ne me souvenais pas avoir vu ça lors de mes visites précédentes.

Ce que mon voisin avait exposé me semblait assez moche mais certains paréos n'étaient pas vilains.

Je finis par quitter mon emplacement, pressé par la chaleur de midi, la faim et le besoin de "bouger".
Tout le long de la plage et même sur le port étaient posés au sol la même marchandise. Des kilomètres de tissus, tous les mêmes et des vendeurs qui ne vous lâchaient pas...

J'ai hésité un court instant à acheter des lunettes jaunes (pour voir la vie en rose) et un paréo plutôt joli mais la qualité de l'une et celle de l'autre m'en ont dissuadé.
J'ai déjeuné sur la plage dans un restaurant pour touristes peu regardants et observé les vendeurs: leur commerce, malgré leur surnombre, semble bien fonctionner!

 

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 07:00

Oui, François Hollande, autrefois Président de la République (2012-2017) a écrit un excellent livre de mémoires ("Les leçons du pouvoir). Intéressé par leur vision propre de leur action j'ai lu pratiquement tout ce qu'avaient écrit ses prédécesseurs à l’Élysée (quand ils s'étaient livrés à l'exercice). De Giscard (frivoles) à Sarkozy (plaidoyer pro domo) chaque locataire de l’Élysée a tenu à s'expliquer et à expliquer ses actes.

En général c'est ennuyeux et ça ressemble à de l'autojustification. L'Ex y raconte sa présidence entourée d'ennemis acharnés à le perdre.

Hollande n'est pas antipathique. Dans son livre il est fidèle à lui-même et l'on sent son authenticité. On comprend aussi qu'il a eu droit à toutes les avanies possibles et imaginables. Ses propres "amis" politiques lui ont consciencieusement savonné la planche en faisant son procès d'intention pour tout et rien. Être de gauche signifie, pour la moitié de ceux qui s'en réclament, être idéologiquement intolérant et refuser tout compromis avec la société libérale. Le complexe Allende...

Si on ajoute aux Catholiques, aux "frondeurs" (avec lesquels il est singulièrement magnanime!), aux calculs personnels, à l'opposition la majorité des médias qu'il avait tous contre lui Hollande était plombé dès le départ.

Il raconte avec force détails et souvent en y apportant des informations intéressantes, les "peaux de banane" qu'ont lui a jeté sous les pieds et c'est hallucinant. Du scooter à Léonarda, de la pluie sur l'île de Sein à la déchéance de nationalité rien ne lui a été épargné. Il raconte cela avec fraîcheur toujours, candeur parfois. Sans haine en tous cas.

On a beaucoup glosé sur ses "piques" contre Emmanuel Macron: il n'y a rien de sensationnel et il faut vraiment changer le sens des mots pour y voir de la haine ou des attaques. Il égratigne son successeur en li reprochant presque uniquement d'être ambitieux... Oui, vouloir être Président de la République est une haute ambition. Hollande pardonne. Il est plutôt élégant avec Valérie T et épargne presque tout le monde à l'exception de Nicolas Sarkozy et de Jean-Luc Mélenchon (son attitude au moment de la crise Grecque vaut la lecture).

la "patte" Hollande, souriante mais fière, pateline mais précise est reconnaissable dans ces mémoires d'un quinquennat certes moins "sexy" qu'il le décrit mais moins horrible qu'il a été dépeint.

Un livre intéressant et prenant. Qui donne un éclairage nouveau et fiable sur certains faits et évènements que la caricature a à jamais fossilisé.

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 07:00

L'exploitation commerciale d'un créateur par des obsédés du cash est rarement une réussite. En matière de bande dessinée je considère comme Hergé qu'un point final doit ou devrait être mis lorsque le créateur disparaît.

Si le dessin d'Uderzo, jusqu'à ce qu'il décide d'arrêter, est resté le même pendant des années le scénario et les dialogues ne se sont pas remis du décès du génial René Goscinny. Voilà une flopée d'albums tous plus mauvais les uns que les autres et qui exploitent jusqu'à la nausée un filon tari.

Même chose, exactement, pour les Lucky Luke ou les Iznogoud.

Le cas de Blake et Mortimer est un peu différent parce que la qualité des "repreneurs" ne saurait être remise en question. Ni leur respect  de l’œuvre  originale. Cependant cette BD date des années 50 et tout y est en quelque sorte "muséifié". Les personnages et l'intrigue sont passés d'intemporels à datés.
Le but ultime de ces résurrections régulières est le fric, on le sent bien.

De glissement en glissement on arrive à ces "hommages" qui, en fait, ne font que brouiller l'image d'un artiste ou de son oeuvre. On écrit donc des "suites", on écrit "à la manière de" et le grand-public abusé finit par attribuer ces "suites" plus ou moins réussies à l'auteur original.

La littérature s'y met et même la musique qui va le plus loin dans ce genre d'abus, les disques posthumes étant l'achèvement de la tromperie.

On m'a même offert un "Requiem" de Mozart achevé! Un certain Sigismund Neukomm (1778-1858) aurait ainsi "conclu" l'ultime œuvre de Mozart si j'en crois le disque de Jean-Claude Magloire, la Grande Écurie et la Chambre du Roy.

On n'a pas vu (encore!) "Madame Bovary 2" (la suite) ni "La Guerre des Gaules" (suite et fin) mais cela ne saurait tarder!

 

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 07:00

Sans arrêt on nous parle de "l'allongement de la durée de la vie" en nous le présentant comme un progrès phénoménal. Moi je veux bien mais je considère  qu'il s'agit d'un progrès en trompe l’œil.

Faites un tour dans un EPHAD ou une autre maison de retraite et vous verrez de quoi je veux parler.
Ma grand mère, une fois les 9 dizaines passées, y a été "enrôlée" (je ne trouve pas de mot et "incarcérée" est un peu fort!) il y a quelques années.

Les visions dantesques de vieux et de vieilles dormant la bouche ouverte dans une salle malodorante devant un programme de télévision imbécile au son poussé à fond me hantent encore. Bruegel ou Bosch n'ont rien inventé.

Je n'oublierai jamais la vision de ma grand mère couchée menaçant de sa canne une vieille démente en plein "blitzkrieg", entrée subrepticement dans sa chambre et manger la terre de ses plantes en pot. Vivre plus longtemps d'accord. Mais il faut voir comment.

La "mutation" des services publics rend la vie compliquée aux personnes âgées qui ne savent pas se servir d'un ordinateur. Poster une lettre, rédiger sa déclaration d'impôts en ligne, téléphoner à la sécurité sociale, faire un virement bancaire... tout devient obscur et inquiétant.

Avoir un contact humain avec EDF, avec sa banque, avec un simple plombier est un parcours du combattant pour nous: imaginez ce que ça peut-être quand vous n'avez pas d'I-phone! et comment agir lorsqu'on a affaire à des robots qui vous disent de taper 1, taper 4 taper "étoile" dans tel ou tel cas. Le simple fait d'acheter un billet de train ou d'avion nous a transformé, nous clients, en agents de voyages: nous sélectionnons nos trajets, nous choisissons nos places et tarifs, nous imprimons chez nous nos billets (ou les transférons sur notre téléphone). C'est souvent un casse-tête pour nous qui maîtrisons ces outils; imaginons ce que ressentent celles et ceux qui en sont restés à la France d'avant.

Changer une pile devient difficile. les ampoules électriques ont changé... il n'y a plus de pièces détachées. Le moindre objet est connecté et son mode d'emploi nécessite Bac+5.

Alors oui, sans doute, les progrès de la médecine sont admirables mais pour ces vieux dépassés où est l'avantage de souffrir mille maux dans un environnement tellement étrange et inadapté qu'il en devient cruel? Qui pense à cela?

La société ne voit ces vieillards que comme des unités économiques à  tondre en gagnant le plus d'argent possible sur leur douloureux dos. Les maisons de retraite sont des mouroirs immondes qui permettent à des grands groupes financiers une rentabilité à deux chiffres.

On n'en a pas parlé sur les ronds-points ni au grand débat.

 

 

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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 07:00

 Dans le passionnant ouvrage de la collection "Que sais-je?" consacré à la peste noire (2018 - N°4148) à propos de la première épidémie (1720) l'auteur note:

"C'est le 9 Juillet seulement que les docteurs Peyssonnel, père et fils, posent un diagnostic formel au chevet d'un jeune malade: il s'agit bien de la peste. Si l'on évacue ces habitants vers les infirmeries de la ville (de Marseille), si l'on mure leurs maisons et que l'on fait même enterrer des corps dans de la chaux vive, les responsables politiques et sanitaires de la ville continuent de tergiverser entre fièvre maligne pour les uns et fièvre contagieuse ou pestilentielle pour les autres. Les intérêts commerciaux et économiques sont trop importants pour officialiser la présence de la peste".

Où l'on voit que le "capitalisme" (et son avatar le capitalisme financier) sévissait bien avant son "invention"!

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 07:00

J'ai toujours bien aimé Jean-Marie Périer qui s'est fait connaître comme photographe, comme réalisateur de films publicitaires et de cinéma, comme écrivain et j'oublie des activités car cet homme est infatigable.
Je l'entendais vendredi 5 avril dans l'émission "Boomerang" le matin sur France Inter: ça changeait du ton de la radio. L'homme est heureux, joyeux même, heureux de vivre certainement. Il n'est pas blasé et possède un esprit ouvert. Il a eu une vie passionnante et vraiment unique et a connu des évènements peu communs qu'il analyse avec subtilité et humour. Il a parlé de sa mère, une belle comédienne des années 50 ou de l'admiration qu'il avait pour son père avec un recul et une tendresse auxquels la radio de Nagui ou de Charline Vanhonecker n'est plus habituée. Pas de ricanement ni de sarcasmes... on était ailleurs.

Alors c'est vrai, je connais ses anecdotes pour les avoir lues ou entendues ailleurs et Périer ne se lasse pas de se mettre en scène. Mais il a un passé très surprenant, des carrières couronnées de succès et des expériences que peu d'hommes ou de femmes qui sont invités permanents dans les "talk-shows" possèdent. Il a de la mémoire, sait attirer l'oreille avec de savoureuses anecdotes et sa bonne humeur comme ses rencontres peu ordinaires (et sa chance) en font un excellent conteur.

Augustin Trappenard, le responsable de l'émission, était complice et posait de bonnes questions qui prouvaient qu'il avait préparé son émission et que son invité lui plaisait bien. Périer a le sens de la formule et m'a fait sourire lorsqu'il a constaté: "vieillir ne sert à rien". 

Du coup, au bout des trois quarts d'heure impartis on restait sur notre faim en regrettant que Périer et Trappenard s'effacent pour laisser la place à l'une des plus crispantes voix actuelles de la radio et son insupportable "Instant M". On revenait bien vite à la petite cuisine peu ragoutante de la radio dite de "service public", tellement au service du public qu'elle passe son temps à débiner le pouvoir et à laisser l'antenne à ses pires adversaires pour démontrer son "indépendance".

 

 

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 07:00

La digue érigée le long de la Garonne pour en éviter les crues à peine terminée elle s'est couverte de tags tous plus hideux les uns que les autres. Je regardais le désastre avec une sorte de détachement intérieur très agréable: "c'est laid, c'est dommage, mais ça ne me retire rien". Un état d'esprit qui fait du bien.

Par contre impossible d'atteindre cette sérénité en écoutant France Info sur l'autoroute qui me ramenait d'Espagne le samedi 6 ni en écoutant France Inter dimanche 7 avril au matin.

Je m'explique: samedi sur France Info il y avait une sorte de débat pendant lequel des arguments cent fois entendus étaient rabâchés sur "la crise des gilets jaunes", le "grand débat" (qui-ne-sert-à-rien) et la "sortie de crise". Puis, dans un même élan on a discuté de l'éviction de A.Bouteflika (dans les allées du pouvoir algérien, une dictature soutenue par l'armée, depuis 1962), et on l'a comparée aux gilets jaunes! Macron, 40 ans, élu démocratiquement par 65% des votants du second tour de la présidentielle est, sur les ondes de la radio d'état, comparé à un dictateur quasi mort qui allait se présenter pour un 5ème mandat quand les jeunes et la rue se sont cabrés, au risque de leurs vies. France Info ça s'appelle! Même la (regrettée par certains) Pravda soviétique du temps de Staline n'aurait pas osé...

Il y a donc des "journalistes", payés par les impôts des contribuables Français pour qui Bouteflika et Macron c'est kif-kif. Ces gens-là sont désespérants d'inculture et d'idéologie.

Le lendemain, au journal de France Inter on revenait sur les 25 ans du génocide au Rwanda. Sans expliquer sa position on engueulait Macron de ne pas s'y rendre (Et Mitterrand.. et Balladur.. et Juppé.. ils y sont allés?) puis on parlait d'un génocide de victimes à majorité Tutsi. 800 000 Tutsis assassinés pour quelques 2 ou 3000 Hutus modérés massacrés pourquoi parler de "majorité" si ce n'est pour minimiser le carnage et en négliger les victimes. 98% ce n'est pas seulement une "majorité" ce sont LES victimes désignées et exécutées du massacre. France Inter se déshonore en employant des expressions volontairement ambiguës.

Comme pour les vilains graphes sur la digue j'aurais aimé m'en ficher et ne même pas relever: difficile parce que ce genre de manipulations, mille fois répétées, finissent par donner une nouvelle "vérité" aux choses. Pire que le "fake news" ces mensonges ou vérités tronquées remplacent la vérité et deviennent l'Histoire Officielle. Si Macron égale Bouteflika alors nous sommes en dictature dure. Si les victimes du génocide Rwandais sont "à majorité" Tutsies alors il y a eu d'autres victimes en grand nombre et finalement on ne peut parler de génocide.

Tout cela n'est pas anodin et est au contraire d'une grande importance. Parmi les coups portés à la démocratie la désinformation sournoise constitue l'un des plus destructeurs.

 

 

 

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 07:00

Il est gentil Allain Bougrain-Dubourg. Ses combats pour les causes animales sont respectables et il aurait pu avoir l'aura d'un Nicolas Hulot. Malgré son cheveu sur la langue et son côté boy-scout (ou grâce à eux?) c'est un homme qui a été celui de Brigitte Bardot pendant 7 ans et celui de Jane Manson et le père de sa fille. Chapeau bas.

C'est dire qu'il ne se limite pas à la cause de la "galinette cendrée"* même si c'est l'image qu'il me donne: un homme capable de s'émouvoir aux larmes sur la disparition presque effective de la tourterelle des bois. Je ne ris ni ne me moque mais en ce moment où l'Algérie joue son avenir, ou la France est empêtrée dans une crise de confiance qui peut déboucher sur le drame; la tourterelle des bois et son extinction possible me semblent des préoccupations presque surréalistes.

Et pourtant, à y songer, la question animale est une des plus importantes à laquelle l'homme doit réfléchir et apporter des solutions. Domestiques ou sauvages ils font partie de l'univers et leur maltraitance, qu'elle soit volontaire (animaux de laboratoires, de boucherie) ou pas (réduction des forêts, extension des terres cultivées) condamne aussi l'humanité. L'exemple accablant des abeilles le démontre.

Il ne s'agit pas de s'émouvoir artificiellement sur l'ours blanc qui se déplace sur une mer en dégel mais de voir et comprendre que notre rapport avec les animaux est vicié et doit être repensé.

En sommes nous capables? je l'espère mais ai des doutes: notre façon de traiter les autres humains est hélas douloureusement parlante.

 

* race d'oiseaux inventée (mais plausible) par les Inconnus dans un sketch hilarant sur la chasse et les chasseurs.

 

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