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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 07:00

Le débat? je n'en ai regardé que la première minute et demie. Cela m'a suffit pour me conforter qu'on ne débat pas avec les Le Pen et que cette famille, sa boutique familiale, son fond de commerce et ses militants doivent être traités différemment des autres politiques car ils ne sont pas démocrates dans leurs projets comme dans leurs actes.
J'ajoute à cela qu'ils "salissent" ceux qui les écoutent par leur grossièreté et la "connivence" qu'ils installent sans qu'on puisse la rejeter totalement.

A la place je me suis installé devant mon ordinateur et j'ai regardé "Un coeur simple", un film de Marion Laine qui est une adaptation d'un des "Trois contes" de Gustave Flaubert.
C'est un film de "comédiens" dont la distribution est dominée par Marina Foïs (excellente) et Sandrine Bonnaire (bien mais trop proche de son interprétation de "La cérémonie" de Claude Chabrol).

Le film est lent, très beau, la mise en scène est fluide et réussie, la reconstitution de la fin du XIXème siècle magnifique et les dialogues vrais.

Les décors, tant extérieurs qu'intérieurs sont splendides et constituent, avec le ciel, la verdure normande et la pluie des protagonistes importants du film.

Curieusement se vérifie l'adage que l'érotisme est plus dans la suggestion que dans la démonstration: Madame Aubain, veuve encore jeune et belle (Marina Foïs) prend une leçon de violoncelle avec un jeune professeur maladroit et cette scène dégage une sensualité surprenante.
Les mêmes font l'amour sur le carrelage d'une pièce vide et l'on s'ennuie...

Le film insiste peut-être un peu trop sur les "rapports de classe" et sur la laideur des rapports humains mais tel qu'il est il était à des années lumière de ce débat dont les commentaires suffisent à mon information!

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 07:00

M le supplément du quotidien "Le Monde" du samedi est ce qui se fait de plus exaspérant en matière de presse.
C'est d'abord et avant tout une compilation spectaculaire de publicités de luxe. Dans le numéro du 29 avril: 30 simples ou doubles pages dont l'immense majorité pour des produits de grand ou de très grand luxe.
Avant d'aborder la partie écrite évacuons les pages d'autopromotion, celles de remplissage (le M de la semaine, citation narcissique du magazine), provocation inutile (une page consacrée à des artistes qui se livrent à "des performances artistiques cruelles avec les animaux" et " Au Japon,une méthode scatologique pour apprendre à lire")*, de l'ironie mal venue avec une page se moquant de la façon de s'habiller de François Hollande (les costumes de Fillon leur plaisent plus?) un article main-stream qui fait la couverture sur le gendre de Trump et un "dossier" culturel sur un cinéaste heureusement oublié (Jean Eustache) pour en dire du bien sur 6 pages navrantes et snobs ("Jean adorait le dérisoire, la bêtise, la cocasserie, le ridicule. Souvent il disait: "Abaissons le débat", tel est le titre d'un paragraphe).
Suit un portfolio de photographies grotesques qui précède 20 pages de réclame déguisées en rédactionnel. Naturellement, la Rolex de service à 5700€ n'est pas oubliée (page 78) et fait face à des "décorations de sacs" à 1100 et 900€. Oui, vous avez bien lu. une sorte de collier de chien à fixer sur son sac de dame, signé de marques de luxe.

Le "M"agazine se referme sur une série de photos prises à la montagne, prétexte à des publicités pour des lunettes de soleil, accessoires de luxe , vilaines et chères Intitulé "Haute Saison" ces pages mettent en scène des filles moches, portant un appareil dentaire, des hommes vieux et laids, ou mal coiffés ou une jambe dans le plâtre (que c'est amusant!). les lunettes, prétextes de ces pages sont siglées Kenzo, Gucci, Ray Ban, louis Vuitton, Celine, St Laurent et Swarowski. On se doute que la sécu ne rembourse pas la totalité!

C'est la gauche ultra-caviar qui mélanchonise pour se donner bonne conscience. On parle du racisme dans l'Amérique des Etats du Sud et vite on se console avec des chaussures à 290€.

Personnellement je déteste ce torchon que je trouve vain. Affreusement creux. Et inutile.

Pour moi c'est effectivement de la "M"...

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 07:00

Françoise (alias Violette) m'a entraîné (je n'ai pas dit "traîné") au cinéma pour voir le film de Grand Corps Malade "Patients" et je ne l'ai pas regretté.
C'est un film abominablement casse-gueule au départ: des tétraplégiques, l'hôpital, la souffrance et la reconstruction douloureuse de personnes abîmées.
A l'arrivée c'est un beau film, bien interprété, sensible mais pas larmoyant, pas non plus édifiant (ce que l'on pouvait craindre) qui nous prend comme témoin et nous laisse toucher du doigt ce que signifient ces accidents traumatiques et ce qu'est une reconstruction.

Le personnage principal mis à part (je n'ai pas suivi, le trouvant trop intériorisé, trop froid, trop sage) les comédiens interprètent à la perfection des êtres brisés qui se remettent (ou pas) avec des difficultés qui nous semblent phénoménales.

Les traumatisés de l'institut de rééducation mais aussi le personnel (infirmière, aide-soignant, docteurs, kiné) sont impeccables et l'on croit à cette belle humanité blessée et compatissante.

Bien entendu la musique du film ne m'a pas emballé (je suis allergique au rap) mais c'est la seule chose que j'ai à critiquer. Je dois quand même dire que les images d'un match de basket (fin du film) sont émouvantes et que je les ai appréciées!
Les 5 premières minutes du film sont impeccables et le spectateur est comme happé par cette histoire.
Une bonne surprise.
 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:00

Parmi les (trop) rares amis de mes parents il y avait le fils du fondateur des librairies Gibert Jeune à Paris. C'était un homme assez austère qui dirigeait ses entreprises avec une mentalité très dix-neuvième, je veux parler du siècle et non de l'arrondissement.

Son cousin, Joseph, dirigeait lui "Joseph Gibert", librairie aussi poussiéreuse mais moins archaïque à la marge. Mon frère et moi le préférions d'instinct parce qu'il roulait en Jaguar Type E.

Celles qui, abusivement, se faisaient appeler "Jeune" étaient principalement situées dans le quartier St Michel mais il y avait aussi une librairie du groupe à Strasbourg St Denis près de la Porte St Martin.

Ces librairies vieillottes étaient réputées, dans la capitale et les environs pour faire travailler les lycéens et les étudiants, y compris pour des périodes très courtes et pour les vacances.
N'allez pas vous emballer... les salaires y étaient si faméliques que l'on aurait presque pu parler de bénévolat.

Quoi que "pistonné" je ne bénéficiais d'aucun avantage salarial ou d'organisation lorsque j'y travaillais. Pire, l'ami de mes parents, lorsqu'il traversait son magasin comme un mandarin son hôpital, faisait celui qui ne me connaissait pas.
Le gérant du magasin des Grands Boulevards, une autre relation parentale, me reconnaissait, lui, mais en profitait pour me donner plus de boulot!

Le travail, chez Gibert Jeune, était considérable et se faisait dans de mauvaises conditions. Naturellement une pointeuse (instrument qui enregistre les heures d'arrivées et de départ des salariés mais aussi les pauses et les absences) trônait devant "la caisse centrale" où officiait une grosse bonne femme qui ressemblait étrangement aux vieilles prostituées qui travaillaient dans les ruelles sur lesquelles donnaient les fenêtres arrières du magasin de St Denis.

Un cerbère qui était les yeux de la "Direction", ce Moloch tout-puissant qui faisait trembler les "permanents" rapportait tout à "M Jean" ou M Régis", l'équivalent dual de Dieu le Père.
Les salariés à l'année qui travaillaient au magasin (pour un salaire de misère) détestaient les jeunes temporaires qui s'amusaient, riaient et se moquaient d'eux en sachant qu'ils n'étaient, étudiants, que de passage.

Les permanents étaient des ratés qui étiquetaient des gommes à longueur d'années, qui garnissaient des rayons de livres de poche ou d'agendas. Ils étaient encore en blouse blanche à l'époque où j'y ai fait des passages et ils se changeait dans des soupentes qui leur servaient aussi de pièce où "déjeuner". 

Il y avait aussi des personnages comme les chefs de rayon (pires que les précédents, les "petits-chefs" de Balzac et Daumier), les gérants de magasin (qui n'avaient quasiment aucune marge de manoeuvre) et quelques personnages (une fille éthérée qui s'occupait du rayon des Beaux-Arts), le responsable des disques au sous-sol (on y accédait par un escalier tournant en ferraille rouge) qui connaissait tout sur tout et avait des artistes connus comme clients...

Les process dataient du "Bonheur des Dames" de Zola. On choisissait ses articles, le rayon concerné faisait un ticket en conservant l'article, on allait faire la queue et payer à une caisse et on revenait avec le ticket tamponné reprendre l'article. Le tout dans des allées exigües et mal indiquées.

J'ai fait des papiers cadeaux par centaines à la période de Noël, fait des tris de livres scolaires ou pas pour ceux qui les rachetaient (un sur cinq!) pour le compte de Gibert Jeune, j'ai fait du "réassortiment", j'ai classé des trucs et rangé des machins.
On sortait du magasin épuisés et sales en attendant le samedi soir comme une délivrance.

Les jours de paie une employée passait dans tout le magasin avec un carton contenant des enveloppes nominatives. On choquait les permanents en comparant les montants et, plus encore, en dénigrant le radinisme proverbial des librairies Gibert Jeune qui ne vous faisaient pas grâce d'un franc. Voire qui vous flouaient d'une heure ou deux.

J'ai appris vendredi (28/04) que ces librairies d'un autre temps existaient toujours à Paris et que les branches cousines ("Joseph" et "Jeune") fusionnaient.
J'espère que ces librairies sont plus modernes que celle de Toulouse qui semble plus proche de celles que j'ai connues que de librairies du XXIème siècle.

 

 

 

 

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 07:00

(Je précise que j'ai écrit ce post avant la répugnante intervention du père le Pen et les plaintes du ministre de l'intérieur contre des commentaires sur les réseaux sociaux, paraît-il ignobles sur cette manifestation).

 

En France où tout est tourné en dérision et où la gaudriole remplace la réflexion (avant, parfois, de se transformer en drame) l'homosexualité se résumait souvent à "la cage aux folles" ou à "gazon maudit".
Serrault et sa biscotte, s'ils ont fait rire l'hexagone pendant des dizaines d'années ont aussi empêché le pays de réfléchir sur un "sujet de société" qui méritait mieux que sa caricature, même drôle.

A l'inverse les bataillons de rétrogrades catholiques, les fameux "Sens Commun" s'emparaient de ce sujet et d'autres (l'avortement, la procréation assistée, le mariage pour tous et même le divorce) pour vitrifier toute pensée libre et toute évolution de la société. N'oublions pas que l'horizon indépassable des religions en général et du catholicisme en particulier est l'accouplement pour la seule procréation.

Le révoltant attentat du jeudi 20 avril aux Champs Elysées a, à son insu, permis à cette autre sexualité d'apparaître pour ce qu'elle est: un non-évènement, quelque chose d'intime et de personnel et qui ne regarde que les protagonistes.

En effet la retenue, l'intelligence et la douleur du conjoint du policier tué a mis les rieurs de côté et (dé)montré que cette forme de couple valait bien les autres. Il fallait voir l'impeccable tenue des policiers présents, celle des ministres, celle du Président de la République pendant le discours du conjoint pour comprendre que quelque chose s'est passé qui a modifié notre regard ou en a acté la modification plus ancienne.

L'attachement, l'admiration et le respect que le survivant a témoigné à son ami mort étaient dignes et sincères et valaient tous les discours justificatifs..

 

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 07:00

J'ai suffisamment dit combien le "Figaro Magazine", comme son jumeau extrême-droitier "Valeurs actuelles" m'indisposait par son côté Pravda de la droite décomplexée pour ne pas y revenir.
Celles et ceux qui achètent cette presse ne s'informent pas mais se rechargent en discours de classe haineux.

J'en veux pour preuve ces 3 extraits du numéro d'entre les deux tours de la Présidentielle du Figaro Magazine (avec Wauquiez et Baroin en couverture) que j'ai photographiés chez ma (très sympathique et efficace) dentiste mercredi 24.

J'ajoute que je n'ai ni ajouté ni retiré une virgule à ces textes qui sont aussi éloignés du journalisme que la France de l'équateur.

1) Sous la signature de l'éditorialiste maison, Guillaume Roquette:

"Contre l'élimination de la droite dans une élection imperdable. Contre ce hold-up politique qui propulse vers l'Elysée l'héritier de François Hollande. Contre les médias et les juges, qui ont manipulé cette campagne à leur guise. Contre François Fillon aussi, dont on ne soupçonnait pas les faiblesses. (voler l'état pendant 35 ans pour s'enrichir personnellement c'est juste une faiblesse)

2) sous celle de l'ex faire-valoir de Ruquier qui est depuis devenu le gourou de la droite poreuse au discours du FN, l'insupportable Eric Zemmour.

"On ne saura jamais. On ne saura jamais ce qui se sera passé. On ne saura jamais si François Fillon aurait gagné l'élection présidentielle s'il n'avait pas subi cette forme sournoise de putsch médiatico-judiciaire qu'on a appelé "Penelopegate".  "Un putsch judiciaire"! c'est du Mussolini dans le texte. Ce type là devrait être chez Marion Maréchal Le Pen, officiellement.

3) enfin, un "article" parachève:

"Fillon aurait pu gagner. (sous-entendu, même après la révélation des emplois fictifs de Pénélope, des enfants, les costumes, le prêt de l'ami Ladreit de Lacharrière etc.) Encore aurait-il fallu que lui-même montre une envie de faire campagne supérieure à ce qu'il affichait comme détermination. Un de ceux qui l'entouraient n'en revient toujours pas: "j'ai découvert un homme politique qui n'aime pas faire campagne...."

NB: Quid le Trocadéro, ses amis de "Sens Commun", l'omniprésence de l'abbé Retailleau, les atteintes à la réputation de la justice par l'homme qui devait la défendre, la campagne menée jusqu'au bout, suicidairement etc etc ?

Ces gens-là me font penser à ceux qui accompagnèrent Charles X dans son exil définitif en 1830. Ils n'avaient rien compris, rien appris. Le Figaro Magazine s'adresse à la grande bourgeoisie des 16ème, 7ème et 8ème arrondissements de Paris et aux 4  ou 5 communes rattachées politiquement des Hauts de Seine. Fillon y a fait 75% des voix et là, le Figaro Magazine se vend. Uniquement là.
Et chez ma dentiste qui nous prépare ainsi à souffrir!

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 07:00

A part quelques un(e)s qui ont su garder la tête froide (suivez mon regard vers le Sud-Est) pratiquement tous les soutiens de François Fillon que j'ai rencontrés depuis Noël dernier avaient une mentalité d'assiégés et répétaient comme un mantra "on a voulu l'exécuter, on a voulu l'exécuter".

Impossible de faire entendre raison à des personnes qui, comme leur champion, voyait un François Hollande diabolique fomenter des complots contre lui et, parallèlement, téléguider Macron pour se survivre. Difficile de comprendre comment l'abruti pas au niveau qu'ils ont décrit pendant 5 ans devenait Machiavel à 1 mois de la fin de son mandat!

Ils ne voyaient pas, les malheureux, que, menant la même campagne que son maître Sarkozy en 2012, à droite toute, François Fillon se coupait de toute réserve de voix pour un hypothétique second tour.

L'alerte aurait du être stridente du fait du stupéfiant pugilat entre lui et Copé pour la tête du parti en 2012 : "Pas lui, pas lui, pas lui, pas lui...."

Ses votes à l'assemblée, ses projets de premier ministre auraient du être un second tocsin.

Sa conception de la justice, révélée quand il demanda à Hollande de la presser pour empêcher le retour de Sarkozy était le troisième coup de semonce. Il lui semblait tout à fait normal que le président intervienne pour l'instrumentaliser. Et ce fut lui qui dénonça une "justice aux ordres", un "cabinet noir".

Les affaires (qu'aurait-on dit si les révélations sur la passion de l'argent du chevalier blanc Fillon n'avaient été faites qu'après son élection ou, pire, après son ou ses mandats?) et son grotesque mode de défense achevant de le rendre inéligible.

Cet homme qui voulait être le premier magistrat de France faisait huer la justice (et la presse) tout en l'instrumentant. Stupéfiant!

Quand un candidat à la présidence donne de lui-même une image à double entrée (Strauss-Kahn financier "compétent" et érotomane, Sarkozy homme qui a bien géré la crise de 2008 et enfant bling-bling pas maître de ses nerfs et donc Fillon, homme intègre qui salarie sa femme pour un emploi probablement fictif, se fait offrir des costumes de grand prix et des montres de collection etc.) sa crédibilité est entachée de doute(s) et ne lui permet que rarement de passer. Seuls Mitterrand et Chirac, mais c'était une autre époque et l'électeur était moins regardant, ont pu être élus et réélus malgré des affaires disqualifiantes pour d'autres.

Les électeurs de droite ont laissé Sarkozy en 2012 et Fillon cette année démolir le mur moral et politique qui rendait impossible tout contact avec le front national. Ciotti et Wauquiez achevant le travail.
La "buissonnisation" de la droite républicaine, commencée par Sarkozy a été poursuivie avec obstination -quoi qu'il en dise- par Fillon.
Avec le résultat que l'on sait: c'est Le Pen qui est au second tour et près de 50% des électeurs de Fillon s'apprêtent à voter Le Pen.  Bravo! Un suicide absolu, telle a été cette campagne de droite avec ses appels du pied à Sens Commun, ses unes du Figaro avec Ormesson et Fillon (ça fait rêver à Victor Hugo et rue de Longchamp) et ses sondages bidons.

Ce qui m'inquiète est, je le redis, la mentalité de "citadelle assiégée" des personnes qui ont voté Fillon. On leur a volé leur élection, on a détruit leur candidat (ne s'est il pas détruit tout seul en pillant l'argent public, en mentant effrontément ("et alors?"), en inventant des complots et des coups d'état et en fuyant la justice tout en se déjugeant lui-même? (la mise en examen), On a manipulé l'opinion (qui? Léa Salamé? Pujadas??? Lagardère, Dassault?)...

J'espère que "la grande peur des possédants" va se calmer. Et la raison leur revenir. La Démocratie ne se conçoit pas sans une droite de gouvernement libérale.

 

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 07:00

Le 22 avril 2017 en deuxième partie de soirée la décidément excellente chaîne de télévision "l'Histoire" (dirigée par le très sulfureux Patrick Buisson) diffusait un remarquable film de la série des années 60 (celui là diffusé la première fois le 19 avril 1958) "la Caméra explore le Temps" consacré à la captivité au temple, au procès et à l'exécution de Marie-Antoinette.

Signé des deux historiens  vulgarisateurs (et ce terme est admiratif et non critique) Alain Decaux et André Castelot qui firent tant pour faire connaître et aimer l'Histoire par le grand public, le scénario s'appuie sur des comptes-rendus des séances du procès, le film tourné dans des décors reconstitués d'après des documents d'époque, tout comme les costumes et a été réalisé par un des pionniers du genre, Stellio Lorenzi.

L'image a vieilli mais on ne fait pas attention au noir et blanc et je dirai même que cette absence de couleur donnait presque le sentiment qu'on assistait au "vrai" procès de la reine.

Une mise en scène tellement sobre qu'on avait l'impression d'être sur le plateau de tournage et d'assister au drame non comme spectateur mais comme participant. D'ailleurs les délibérations, les réflexions et les séances du comité de salut public ou de la convention du film, toutes de tension et de dureté politique et intellectuelle, mettaient mal à l'aise tant la vie de chacun ne pesait pas lourd par rapport à la Révolution.

C'est d'ailleurs ce qui ressortait du film: la violence, morale et physique de la période pendant laquelle la vie ne valait rien ou presque.
A cet égard les mots de Robespierre (magnifiquement incarné par un Michel Bouquet glaçant), ceux de Fouquier-Tinville (François Maistre), de Hébert sont impitoyables et ignorent jusqu'à l'idée de pitié.
La reine, pour être coupable est déshumanisée et traitée comme si elle n'était pas humaine. Sa condamnation (méritée compte tenu des charges qui l'accablaient mais qui n'ont pas été prouvées au procès et remplacées par des approximations révoltantes) est tenue pour acquise et nécessaire. Ses avocats, nommés d'office, (Jean Rochefort en Chauveau-Lagarde convaincant) sont arrêtés en plein procès (trop empathiques!) et l'homme qui aide Marie-Antoinette lorsqu'elle apprend sa condamnation également ("pour lui avoir donné le bras").

Tout cela est admirablement joué, les ressorts dramatiques sont discrets et la rigueur historique est manifeste.

On est à mille lieues des cuculteries dégoulinantes de bons sentiments de Stéphane Bern et on pourrait s'inspirer de cette série que la France regardait sagement lorsqu'elle était diffusée sur la seule chaîne de télévision disponible...

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 07:00

Moi-même (auquel je reste attaché!) ou quelqu'un de proche aurait été concerné par la fusillade des Champs Elysées j'analyserais peut-être différemment les comportements observés à cette occasion.

D'abord, et ce n'est pas par "chauvinisme inversé" mais je ne considère pas que les Champs Elysées soient la plus belle avenue du monde comme cela a été dit et répété depuis jeudi soir. C'est une avenue large et bruyante, sur laquelle on trouve de tout et beaucoup de magasins de prêt-à-porter bas de gamme et des fast-foods ou boutiques low-cost. Il y a, dans à peu près toutes les grandes villes du monde des rues ou des avenues bien plus belles et je trouve stupide ce qualificatif utilisé comme un réflexe.

Ensuite consacrer des heures de direct pour commenter le moindre détail de cet "attentat" est exactement ce qu'attendaient l'abruti qui l'a perpétré et l'internationale du terrorisme qui l'a revendiqué.
Ah! ils doivent applaudir chez Daech: 30 secondes de tirs de kalachnikov, 1 mort, le terroriste tué, 3 blessés et des heures de palabres autour d'un acte aussi odieux que stupide.

Il fallait, vendredi 21 à treize heures sur France 2 se pincer devant les airs de circonstances, les reportages en direct, les interviews de personnes qui n'avaient rien vu et les "témoignages" de gens qui s'étaient cachés dans des toilettes de boutiques ou sous les tables de restaurants...Si "parler pour ne rien dire" signifie quelque chose c'est bien ce journal surréaliste de 25 minutes consacré à ça qui l'illustre.

Je reste persuadé que la publicité donnée à ces actes ignobles les rend "utiles", oui, "utiles" aux yeux des dingos religieux qui les commettent. Savoir que le pays va s'arrêter de vivre, qu'une campagne présidentielle va être affectée est une immense victoire pour des débiles mentaux qui ne voient pas plus loin que le canon de leur arme automatique.

Nous leur donnons ce qu'ils attendent avec une telle générosité que je n'hésite pas à parler de complicité passive.

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 07:00

Svetlana Alexievitch a obtenu le Prix Nobel de littérature en 2015. D'elle j'ai lu quatre ou cinq essais parmi lesquels "Les cercueils de zinc" sur la guerre d'Afghanistan et "la supplication" sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, ces livres m'ont laissé des souvenirs inoubliables.

Non que leur écriture soit géniale ou originale mais parce que  le ton de tragédie qui est leur marque personnelle et  l'impression de drame humain lié à la Russie qui sourd de chacune des pages m'a profondément marqué. La Russie (et son avatar l'URSS) est peuplées d'humains à la fois très proches et très éloignés de nous. Il y a un homme russe totalement différent de l'Européen, de l'Américain et de l'Asiatique. Un homme habitué aux cataclysmes et qui subit plus que nous ne serions jamais capables de subir.

Svetlana Alexievitch a publié ces dernières années deux livres brûlants sur ce qu'elle connaît le mieux: l'âme russe. "la fin de l'homme rouge" et "derniers témoins" sont des livres tellement "difficiles" qu'ils vous tombent des mains et que vous les laissez dans un coin par peur qu'ils vous affectent durablement.

Les témoins de leur temps qu'elle interroge et dont elle retranscrit les propos paraissent comme détachés des abominations qu'ils racontent sur un ton monotone. Dans "derniers secrets" elle se penche sur les innombrables enfants victimes de la guerre allemande de 39-45 et ce qu'ils racontent vous paraît parfois impossible tant c'est effroyable.

Nous, Français, avons connu la terrible équipée meurtrière de la "Division Das Reich" en juin 44 et le massacre d'Oradour sur Glane. La Russie a connu des milliers, je dis bien des milliers d'Oradour. Les Allemands, on l'apprend incidemment, pensaient que du sang de jeunes enfants rendraient plus vite la santé à leurs blessés: ils pompaient à mort le sang des enfants au long de leur attaque vers Moscou. Ils pendaient des enfants de huit ans devant leurs parents et mille autres abominations que Svetlana Alexievitch fait raconter aux derniers témoins.

Je le confesse: devant certains passages j'ai mentalement fait le refus de croire ce qui était raconté. Des horreurs pareilles dépassent l'imagination.
Je m'étais toujours demandé pourquoi certains, depuis la fin de la guerre, disaient que les Allemands n'avaient pas assez payé pour ce qu'ils ont fait. Ce livre leur donne raison.

Je ne crois pas m'avancer trop en constatant que le peuple russe, par sa capacité d'endurance et son exceptionnelle force sociale était celui chez qui la folie collectiviste avait le plus de chances de s'implanter durablement. Nombreux et résistant il pouvait plier en sachant qu'il y aurait une fin à ses souffrances.
En lisant cet auteur on se dit que même Poutine a sa place dans ce roman national fait d'un fleuve de sang et de larmes.

 

 

 

 

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