Depuis mon arrivée ici, il y a 8 jours je peux compter les éclaircies durables sur les doigts d'une main.
Ce matin le ciel semblait calqué sur ceux de novembre dans les "Hauts de France", c'est dire si le gris anthracite dominait.
J'ai raté le bus 27 à l'arrêt Boulevard St Joseph - 6ème Rue et ai donc eu tout le loisir de voir le vent et la pluie arriver tandis que je me gelais sous mon Fillon. (Il s'agit de ces vestes demie-saison matelassée bleue-marine col marron que l'ancien candidat de la droite et du centre a mis sur le devant: je précise que je la possédais avant et que je ne crois pas compter de membre(s) de "Sens Commun" parmi mes relations).
Un instant j'ai caressé l'idée d'emprunter le bon vélo de Nico mais, intuition ou paresse, j'y ai renoncé. J'ai bien fait: à peine monté dans le bus que la pluie commençait à tomber.
Une pluie franche et nette, de celle qui mouille et agace, un peu comme celles de la Réunion l'année dernière. Elle s'insinue partout, goutte dans le cou et vous êtes mouillé de la tête aux pieds en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.
Car à la Station Laurier il fallait bien en sortir du bus.
Bon, allons au fond des choses, après le déjeuner sur l'Avenue Mont Royal Est (une succulente poutine qui a coûté le double du prix indiqué sur la carte mais quand on aime....) la pluie a entrepris de regagner le terrain perdu. Mes achats, le sac-à-dos, le "Fillon" (dont l'imperméabilité est toute théorique), les chaussures, les 7 cheveux: tout était à torde.
Re-attente du bus en mode flamant rose, sous un arbre pour ressentir moins de gouttes mais plus grosses.
Le "27" arrive enfin, plus d'un quart d'heure après que j'aie commencé à prendre racine façon roseau. Je m'approche de l'arrêt de bus et un énorme "RAM", un 4X4 monstrueux m'éclabousse des pieds à la tête.
La chauffeur de bus, une belle brune avec boucles d'oreilles créoles, me fait monter en essayant de retenir son hilarité.
Si ça continue je vais abréger mon voyage ou aller dans un pays ou l'été c'est l'été.
Le piège aquatique dans lequel je me trouve finira par me contrarier!


