Avec le retour du froid, le boulot qui me prend tout mon jus et ma douce qui est grippée et contagieuse je bouffe et je regarde la télévision. Si ce régime dure, dans peu de temps je trouverais des qualités à cette dinde de Polony et voterais pour éliminer Gaston ou Pimprenelle.
J'ai regardé une vingtaine de minutes d'un reportage sidérant -je dis bien sidérant- sur la tournée de vieilles gloires du Top 50 qui ont toutes un tube bien nullard (et un seul) à leur actif. Seul en scène ils ne rempliraient pas la salle des fêtes de Moche les Grands Clapiers (Corrèze) mais à 15 ils remplissent le zénith de Blois.
Les noms des impétrants ne vous diront sans doute rien. Ils sont tous quinca (voire sexa) et affichent de très nombreuses heures de vol.
Demis Roussos, Pierre Bachelet, C.Jérôme... non! je me trompe. ils ne font pas partie de cette tournée sobrement intitulée "Stars 80". Jean-Luc Lahaye -on l'apprend incidemment- est indisponible à cause de la justice qui s'intéresse à son goût pour les très jeunes filles. il est "remplacé" (remplace t'on Jean-Luc Lahaye?) par François Feldman. Il y a Laroche Valmont, Patrick Hernandez, Patrick Coutin, Jean Pierre Mader, Cookie Dingler, Partenaire Particulier, Images et, pour les dames, Sabrina et Julie Pietri. Excusez du peu. Rien que des pointures.
Des chansons à texte ("Ne la laisse pas tomber/elle est si fragile/c'est une femme libérée/tu sais c'est pas si facile"), des musiques recherchées et des interprètes au sommet de leur art.
Et un public.... qui oscille entre crétinerie absolue et débilité chronique. Ils en redemandent! ils trépignent, ils achètent des
"produits dérivés" (perruques et lunettes lumineuses, tee-shirts, photos...), chassent l'autographe (ah! posséder un autographe de Sabrina) et s'éclatent en reprenant les paroles d'un air extatique.
L'une des stars 80 profite de ses passages dans les villes de province pour visiter les églises. A Angoulême on a droit à ses remarques profondes et mystiques.
Trois grandes folles qui feraient passer le Serrault de "la cage aux folles" pour un austère pasteur protestant témoignent leur passion pour une chanteuse maquillée comme... le Serrault de "la cage aux folles". Cette chanteuse ne semble pas dupe de la ringardise de son fan-club mais les embrasse comme du bon pain.
Si elle peut payer les factures EDF et la taxe sur les ordures ménagères cet hiver c'est un peu grâce à eux.
Le sommeil et l'ennui me gagnaient. J'ai raté l'entrée en scène des autres et merveilleux témoins de cette belle époque où
la musique était fabriquée par des synthés et où le centre de gravité des artistes était au niveau de leurs godasses.
Une époque révolue. Hélas.
Jenifer, Miss Dominique, Patrick Fiori et quelques autres doivent déjà avoir leur place dans le bus de "Stars 2010" encore au montage chez Berliet.
