Jean Jacques Pauvert, récemment décédé, a consacré une partie de sa vie au Marquis de Sade. Pauvert était un homme de qualité et cette monomanie n'est pas anodine.
Beaucoup de personnes, des universitaires, des chercheurs et des historiens se sont penchés sur les écrits et la vie du
pornographe le plus célèbre du monde au point qu'il a donné son nom à une "déviation" (d'aucun diront une particularité)
sexuelle et comportementale.
... A ce sujet je ferais remarquer que Léopold Sacher-Masoch est à l'origine du mot "masochisme" ce qui ne retire rien au
marquis.
Mais revenons à notre célèbre embastillé. Si "Justine ou les malheurs de la vertu" est un livre irrésistible la plupart des autres livres qu'il a écrits sont au mieux pénibles au pire abjects. Certains sont répugnants et la plupart illisibles.
"Les crimes de l'amour" me sont tombés des mains et, après avoir essayé de voir le film que Pasolini avait tiré des "120
jours de Sodome" je n'ai plus essayé de lire quoi que ce soit d'autre de Sade.
Ce film, le dernier du cinéaste italien, est sans doute ce que j'ai vu de pire dans ma vie. Je n'ai d'ailleurs, je le confesse, pu rester que moins d'une heure dans la salle où on le projetait.
Je trouve infiniment plus choquant ce film que toutes les réprésentations du prophètes.
De tout ce que j'ai visionné dans ma déjà longue vie rien n'arrive à la hauteur (c'est une expression) de l'immondice qu'est la partie du film que j'ai vue. (Et la suite et fin est abominable m'a t'on dit).
Avec le temps le Marquis de Sade est connu dans sa réalité et le personnage est au moins aussi répugnant que ses écrits. Finie l'image de l'esthète injustement embastillé pour ses écrits "en avance sur leur temps" qui lui a longtemps été collée à la peau. Place à l'homme vicieux et cruel qui a vécu une partie des actes fous et monstrueux qu'il a décrits.
Cette folie est d'ailleurs ce que les personnes censées retiennent de Sade. Cet être pervers et imaginatif devait avoir une pathologie grave dont témoignaient ses écrits et sa vie.
Des belles âmes culturées trouvent leur miel dans les écrits odieux de Sade. Tant qu'il ne font que le lire on peut respirer.
