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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 07:15

Que notre monde est drôle et baroque!

 

Depuis que je lance mon CV formaté (je veux dire qu'il correspond en tous points à

la "perfection" attendue par les cabinets de recrutement et les centres de formation

accrédités par Pôle Emploi) j'ai, je dois le dire, quelques réponses et quelques

rendez-vous. Ils sont baroques et inutiles mais ils existent.

 

Tenez....


Récemment j'en ai eu un à Blagnac, immédiate banlieue de Toulouse près des pistes

de l'aéroport international....

 

Les bureaux étaient modernes façon années 70: je veux dire que 650 entreprises

ont dû s'y succéder depuis la création des locaux. Ceux-ci faisaient à la fois désuets

et prétentieux.

 

L'entreprise qui m'y faisait venir devait les avoir intégrés il y a peu tant elle avait peu

imprimé ses marques.

Naturellement ils étaient situés dans une zone d'activité introuvable (même et surtout

par GPS), dans une rue interminable où des numéros manquaient dont celui que je

cherchais, évidemment.

 

Sur la parking une demi-douzaine de vieux coucous (R5, Panda, Corsa) fatigués et une

Nissan Juke flambant neuve. La "lutte des classes" est une réalité quotidienne à

Blagnac-City...

 

Je suis reçu par une superbe mais gigantesque fille qui fait une faute de Français par

phrase.

Puis par un cadre type (sans doute le propriétaire de la Juke) dont le bureau "paysager"

m'est indiqué. Sur son desk au moins 4 téléphones qui sonneront tous à intervalles

réguliers et qui possèdent tous une sonnerie "personnalisée" c'est à dire grotesque.

 

Grotesques aussi sont les présentations de la société, de l'activité, du poste et des

émoluements. L'homme se coupe, dit une chose et son contraire et reconnaît au

détour d'une phrase qu'il ne conserve personne (vu le salaire je ne suis pas étonné)

tandis qu'il prend la girafe à témoin. Il a un faux air de Jean-François Copé: je résiste
à lui enfoncer son vilain coupe-papier épée dans le gras du ventre.


La géante opine régulièrement aux mensonges dignes de Pinocchio que le cadre

fatigué profère sans même s'en apercevoir. C'est si elle le contredisait que ce

serait surprenant! A les écouter le job est si facile (et elle réussit si bien dans ce

même poste qu'on se demande ce qu'elle fait dans le bureau du chef à 14H45!)

qu'un enfant de 6 ans saurait le faire.

 

Pourtant un minimum de réflexion incite au contraire à penser qu'il est demandé

beaucoup au salarié et qu'il ne peut compter que sur un soutien réduit à sa plus

simple expression (du style: "ça marche ou tu te casses").

 

L'entretien est comme les locaux et le boulot proposé: il n'a ni queue ni tête. Au bout

d'un moment j'ai même l'impression qu'on est en replay tant le discours est répétitif.

La mutuelle est présentée comme un cadeau qu'on obtient au bout d'un an de

présence (C'est légal ça?) et on doit accepter d'être payé le 15 du mois.

Ca c'est ce qui est avouable. En off on me dit qu'il faut parfois travailler les samedis

lorsqu'on a du retard et que les vacances.................

Sans doute faut-il comprendre par ces pointillés qu'elles sont facultatives et doivent

être prises entre le 10 et le 21 novembre, période la plus riante de l'année).

 

Tout en discutant je refuse mentalement de m'engager mais mon interlocuteur me

fait l'aumône de sa sympathie et, malgré mon très grand âge (sur lequel l'idiot insiste)

il est prêt à me donner ma chance.

 

 N'ayant pas (encore) le couteau (ou l'épée) sous la gorge je ne suis pas stressé. il n'y

a pas d'enjeu important mais quand même... quelle perte de temps et quelle déception.
Au lieu de dénoncer "l'assistanat" les jusqu'aux-boutistes de cette vilaine économie

devraient se renseigner sur les jobs proposés et les salaires afférents. Ce n'est pas

encore de l'esclavage ce n'est déjà plus du salariat.
On table sur votre difficulté à trouver quelque chose pour vous inciter à accepter des

conditions dignes de l'immédiat après-guerre.

 

Vous devez vous asseoir sur votre statut de cadre vieux de 25 ans, sur vos salaires

précédents, sur votre expérience et même sur vos compétences. vous êtes juste

bon à écouter des fadaises sur des jobs honteux.

 

Vous utiliserez votre voiture personnelle ("vous n'avez pas besoin de le dire à votre

assureur") , une partie vous sera donnée en liquide (si vous tiquez on vous répond que

c'est net d'impôts et donc que "tout le monde y trouve son compte")....

"Vous avez le temps de rentrer chez vous, sinon il y a un micro-ondes dans les vestiaires"

"On vous rembourse au kilomètre sur la base d'une Clio".....

 

On oppose toujours la PME à l'entreprise cotée en bourse ou faisant partie du CAC 40.

Je veux bien qu'elles soient différentes. N'empêche que le discours des responsables

est le même et que pour tous on est vieux à 45 ans, on est moins payée si on est une

femme, et un salarié n'est qu'un emmerdeur potentiel à mater.
Créateur de richesses... je veux bien. En tous cas ça sonne bien.

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:00

Pour rester poli j'en ai plein le dos de ces discussions oiseuses et stériles sur une hypothétique

"théorie du genre", sur le mariage pour tous et sur la PMA.

 

Comme pratiquement toutes celles et ceux à qui j'ai posé la question de savoir si cela les

intéressait, c'est un "non" franc et massif, exaspéré même, que j'ai obtenu.

 

L'Education Nationale, qui a du mal à apprendre à lire, écrire et compter aux enfants qu'on lui

confie a certainement autre chose à faire que gloser sur les formules délirantes de Simone de

Beauvoir. ("On ne naît pas femme, on le devient")

 

Je ne crois pas qu'un obscur responsable des programmes a décidé de remplacer le cours sur

Napoléon par un atelier dirigé de masturbation et pense que ceux qui le croient ont de sérieux

problèmes psychologiques.

 

Même chose pour le mariage gay. Que 200 000 couples homosexuels se marient je ne vois pas

où est le problème et suis atterré par la bêtise des arguments en provenance des pour (parfois)

et des contre (toujours).

 

On a confié à une frappadingue aux cheveux jaunes la direction de la contre-manifestation

contre le mariage gay et, celle-ci ne faisant plus l'affaire tant sa bêtise sautait aux yeux, on

la lui a reprise pour la donner à une aristocrate traditionnaliste, chargée de la communication

de la fondation Lejeune (qui est contre l'avortement, contre toute forme d'euthanasie etc...).

De Frigide Barjot à Ludovine Dutheil de la Rochère (née Mégret d'Etigny de Serilly) il n'y a

eu qu'à remplacer les poussettes Bébé confort par des Mc Laren et les K-ways par des Barbours...

Question argument on en est resté à "c'est pas bien "et à "je veux pas". léger!

 

Mitterrand a théorisé cette méthodologie qui consiste, en permanence, à attiser le feu chez

l'adversaire politique en lançant des débats foireux qui divisent et portent en eux leur propre

caricature*.

Déjà en 1984 "l'école libre" avait fait sortir des églises les prêtres des paroisses les moins

tolérantes, les parents d'élèves les plus obtus et les politiciens les moins regardants. 

A cette époque Dame Ludovine était trop jeunette pour quitter son école privée et défiler

avenue de Breteuil avec ses copines d'équitation et ses copains de rallyes.

 

Notez que pendant que ces "sujets de société" à deux balles tiennent le haut du pavé le

gouvernement a fait passer la TVA sociale qu'il vouait aux gémonies il y a seulement 1 an,

et qu'il prépare un budget 2015 qui va laisser nos porte-monnaie exsangues.

 

Oui. certes. Mais on a des manifestations contre la PMA (combien de personnes concernées?)

l'enseignement supposé de "la théorie du genre" à la maternelle (!) et contre l'avortement.

Quel beau pays! quelle belle époque!!!

 

 

 

* je crois me souvenir que ce projet d'établir un « grand service public unifié et laïc de

l'éducation nationale » lui était revenu en pleine figure, façon boomerang...

 

 

 

 

 

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 06:56

Entre deux feux rouges j'ai entendu une personne sur une radio dire qu'elle aimait plus que toute autre "la Quète" parmi les chansons de Jacques Brel.
Or cette chanson n'est pas de Jacques Brel au sens propre du terme. C'est une adaptation d'un morceau de la comédie musicale américaine "L'homme de la Mancha" qu'il adapta* et cette chanson ne se comprend pas forcément si l'on n'a pas en tête que c'est Don Quichotte qui parle, ou plutôt qui chante.

Même si la chanson a une relative autonomie, ses paroles et l'interprétation sont particulières dans l’œuvre de Brel et, malgré une certaine familiarité y détonnent.

 

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon coeœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile

 

Cette assertion ("c'est ma chanson préférée de Jacques Brel") est un raccourci des approximations de notre époque. On parle sans savoir, on affirme sans vérifier, on privilégie l'émotion de l'instant et on compte sur l'apathie de l'auditeur.


Brel a écrit de très beaux textes, infiniment plus riches que "la quète". L'émotion qu'il met dans son interprétation peut toucher, j'en conviens, mais dire que c'est la chanson de lui qu'on préfère c'est dire qu'on aime juste le morceau de sa discographie qu'il n'a qu'adapté en Français.

 

Je n'ai pas retenu le nom de celle qui nous a donné accès à son panthéon musical intime, une dame invitée à donner son avis jugé intéressant, mais je jurerais bien que de Brel elle ne connaissait que "ne me quitte pas".

Et donc "la quète".

 

* Livret Dale Wasserman, paroles anglaises Joe Darion  musique Mitch Leigh

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 07:05

Le réseau des cinémas "Utopia" possède deux établissements et plusieurs salles à Toulouse et

dans sa proche périphérie.
Y sont programmés des films récents et des films plus anciens, avec toujours la recherche de

la qualité, de l'originalité ou de l'intérêt des thèmes abordés.

Comme tous les cinémas d'art et d'essai c'est un cinéma parfois "militant" mais qui s'adresse

toujours à des spectateurs exigeants.

Le cinéma venu de pays du monde entier y est à l'honneur.

 

J'y vais assez souvent et, dernièrement, y ai vu, en V.O naturellement, deux films que je vous

recommande particulièrement.
"Philomena" de Stephen Frears est le premier. C'est un film de bout en bout maîtrisé,  très bien

interprété et admirablement mis en scène.

 

"12 years a slave" est le second.

Comme "Philomena" il est basé sur des faits réels.

Comme son titre l'indique il raconte comment, en 1853, un citoyen noir libre des Etats du Nord

des Etats Unis est kidnappé,vendu et exploité comme esclave pendant d'atroces années dans

différentes maisons ou plantations.
De "La case de l'Oncle Tom" à "Mandingo" on a beaucoup vu de films racontant l'esclavage et

celui ci n'est ni meilleur ni moins bon que les autres. Il est, comme le cinéma qui s'en donne la

peine aujourd'hui, magnifiquement filmé, interprété par d'excellents comédiens, possède un bon

scénario et quelques trouvailles de mise en scène.

La photo est absolument somptueuse.

Sans sombrer dans le SM les mauvais traitements ne nous sont pas épargnés et le rappel de

ce que fut l'esclavage, les hommes qui le pratiquèrent et le droit qui le fondaient ne sont pas

inutiles.

Pas de manichéisme trop appuyé ici, les esclaves ne sont pas caricaturaux et les blancs, s'il n'y

en a guère d'humains, sont ce que les livres d'Histoire ont dit.
Brad Pitt, qui produit le film joue le rôle du seul blanc important ayant de la compassion, il

n'allait pas jouer un tortionnaire!

Steve McQueen, le metteur en scène a réalisé là un film très réussi  et qui donne à réfléchir.

 

Les critiques que j'ai lues après m'ont surpris par leur "connerie". Toutes glosent sur les Oscars

que pourraient valoir aux deux interprètes leur prestation dans le film.
Un journaliste semble ne pas imaginer que le plaisir de jouer dans un bon film soit une

récompense suffisante pour un comédien. Immédiatement il lui faudrait un titre et des

honneurs. Sans doute ce qui fait marcher sa profession et qu'il imagine valable partout!

su

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 07:13

En parcourant l'édition en ligne du magazine "Le Point" j'ai été surpris par la violence du rejet

de François Hollande que j'y ai vue.

L'immense majorité des articles et éditoriaux présents dans le Point en ligne, samedi est

hargneuse, violente, injuste et excessive.
On reproche tout à ce président (comme on l'a fait, ailleurs, à son prédécesseur) et, là encore

jusqu'à son physique!

Claire Gallois écrit ainsi que si Hollande "était caissier à Auchan il aurait accumulé plus de

rateaux que de succès".
Où est la rigueur journalistique? la hauteur de vue? l'analyse dépassionnée des faits?

Le plus grave, à mes yeux, est que l'on se réfugie derrière les commentaires d'internautes

pour "débiner" un président qui n'est pas pire que les 5 qui l'ont précédé.
Ni meilleur, je le concède.

Ce jeu de massacre est vain et, s'il fait plaisir à ceux qui s'y livrent, masque la réalité absolue:

le pouvoir n'est plus à l'Elysée depuis le grand Charles et c'est l'Europe, le FMI, les bourses

du monde et d'autres organismes internationaux non élus qui l'exercent.
Pas ce pauvre Hollande.

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 09:10

J'ai regardé, effaré, une émission de télévision sur la consommation. ("Enquète d'action" 29/01/14)

diffusée sur un robinet à pub de la TNT, W9.

C'est une émission qui concentre les tics de la télé trash d'aujourd'hui (coupures de publicités

permanentes, utilisation de caméra cachée, interviews agressives...) et qu'on regarde en étant

vaguement honteux de le faire.

 

Mais on ne peut pas non plus toujours regarder le théâtre d'Eschyle ou le cinéma de Dreyer.


Le sujet en était "les produits du terroir". Le moins que l'on puisse dire est qu'on n'avait guère

envie de les déguster ou de se les procurer après les reportages.
Les saucisses "knack" d'Alsace, la vaisselle de Limoges, les couteaux Laguiole, la charcuterie

Corse et le savon de Marseille étaient étudiés avec soin.
Le constat d'abord: 90% des couteaux estampillés Laguiole viennent de Chine. 90% de la

porcelaine dite "de Limoges" est fabriquée en Tunisie ou ailleurs que dans la cité du Limousin

et 90% de la charcuterie Corse vient de Bretagne ou des pays de l'Est.

 

Ce qui entre dans la fabrication des saucisses "Knackies" donne envie de vomir quand on le

voit de près et les "saucisses d'âne" corse sont fabriquées en Corse avec des viandasses

venues d'Amérique du Sud et du Brésil.

Figatelli, Copa sont faits en Corse à partir de viande de porc en provenance des élevages en

batterie de Bretagne. Une viande de qualité médiocre qui n'a rien à voir avec celle produite
par les cochons d'origine Corse qui vivent en liberté. Une véritable escroquerie.

 

Le discours des fabricants qui jouent sur les mots est révélateur de la vision méprisante qu'ils

ont du consommateur: les industriels interrogés sont d'une mauvaise foi absolue: "ce sont bien

des produits Corses puisqu'on les fabrique en Corse".


A décliner pour les couteaux Laguiole (de Hong-Kong) vendus, c'est un comble, comme tels sur

le salon de l'Agriculture!!!, l'huile industrielle d'olive d'Espagne (de méchante qualité) vendue comme

venant de Provence sur les marchés touristiques et le savon de Marseille à base de graisse animale

et fabriqué, lui aussi, en Tunisie.
Le savon était exemplaire à plus d'un titre: il n'avait de Marseille que le nom (n'importe qui peut écrire

"Marseille" sur ses savons), il était constitué à plus de 82% de graisses animales -dont du porc-!

et les emballages, conformes à une législation inexistante indiquent qu'ils contiennent de l'huile d'olive

alors que celle-ci ne constitue que 0,2% du produit.

Celà signifie quand même que 99,08% du savon ainsi vendu ne contient pas d'huile d'olive!!!!!!!

 

On a laissé l'industrie nous gaver de produits innommables et les scandales ne nous atteignent pour

ainsi dire pas. L'affaire du cheval et des "minerais" de viande a choqué mais a vite été oubliée.
Je n'ai pas entendu dire que les lasagnes au cheval, les raviolis et autres recettes utilisant des

rebuts ne trouvaient plus preneur. Les chevaux de labos expédiés en moins de temps qu'un 5 à 7
avec Julie Gayet en unes de la presse.
Il suffit d'utiliser des leurres et le public tombe dans le panneau. Un bout de tissus à carreaux, le

mot "grand mère" et le tour est joué: le produit industriel standard devient un souvenir d'enfance

et gagne en humanité...

 

Les publicitaires sont grassement payés pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes

(et de l'infâme jambon pour un produit naturel)  et nous gobons le tout.

 

Vraiment dans la forme et le fond cette émission m'a retourné le coeur. Je prendrais un somnifère

la prochaine fois!

 

 

 

 

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 06:46

IMGP8979.JPG

Incroyable ce que notre pays profond peut-être réactionnaire et attaché à des rites vieillots.
Lundi soir la cinémathèque de Toulouse diffusait dans une salle de prestige un film qu'elle

a restauré et qui date de 1928.

C'est un film qui reconstitue la bataille de Verdun il est signé Léon Poirier.

Sa présentation était censée ouvrir les commémorations du centenaire de la guerre de

1914-1918.

Le film était prévu avec un accompagnement de piano suivant la partition originale.


A l'heure dite la salle s'est à moitié remplie et cinq fauteuils Louis XVI rouge velours ont été

disposés autour d'un pupitre transparent.
A vingt heures tapantes les cinq messieurs "importants" de Toulouse et de la soirée sont

apparus sur la scène. Inutile de dire qu'on ne les attendait pas.


Le maire a fait un discours qu'a répété Martin Malvy qu'a complété le président de la

Cinémathèque et qu'a synthétisé Kader Arif, le ministre des anciens combattants.

Un catalogue de poncifs, de phrases creuses et de langue de bois.

"on" se gargarise de République, d'Egalité et de Liberté mais on se conduit comme des

potentats locaux. Cherchez l'erreur!

 

Les cinq barbons n'avaient que le "sacrifice" des poilus à la bouche. On leur avait laissé

le choix aux poilus? les "déserteurs", si je ne m'abuse, étaient promis au peloton* et la

mort au "champ d'honneur" ne se négociait pas... C'était sans doute les prédécesseurs

de la brochette en question qui y veillaient. Et de manière pointilleuse.

 

Ces quatre édiles, tous de la même couleur politique et présents sur la scène régionale depuis

la fin du règne de Charles X se sont auto-congratulés, félicités, complimentés et remerciés

devant un public impassible et sous les flashs des photographes de la presse régionale.

Ca y allait les gros plans des élus. De quoi enrichir leurs "books", assurément.

 

Rien de plus grotesque que ces "vivas" au conseil régional ou au conseil général pour telle

ou telle réalisation. Après tout il s'agit surtout de l'utilisation de l'argent de nos impôts,

régionaux ou nationaux!

 

L'indécence de cet élitisme (eux en haut, nous en bas), ces discours d'une ringardise presque

comique (on aurait dit un sketch), cette suffisance et ce protocole moisi... tout cela était si

"IVème République" que je n'ai pas attendu le film pour m'en aller, manquant ainsi le discours du

cinquième.

Ce "Clochemerle" grandeur nature était par trop écoeurant. 

 

Confite en respect la salle applaudissait les discours pompeux et l'autocomplaisance des

intervenants.


La pluie, dehors, m'a remis les idées en place.Tout cela n'a finalement aucune importance.

 

 

 

*Qu'on relise "le pantalon" d'Alain Scoff si on veut se faire une idée de l'humanité de cette

époque.

 

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 06:45

Comme tout commerce organisé, et assurément celui de la drogue en est un, le commerce

des stupéfiants, de l'herbe à la cocaïne en passant par le crack et les amphétamines est

un système pyramidal avec ses "smicards" (les guetteurs) et ses "patrons" (ceux qui financent).

Les émoluements des ces messieurs vont de pair avec leurs fonctions.

 

De nombreuses "professions" le composent dont chacun a entendu parler. Cela va du

convoyeur au chimiste, de l'homme de main à la "mule" et les échelons sont nombreux et

distincts entre le fournisseur des particuliers et celui qui organise le trafic pour son compte

ou celui d'une mafia.

 

Si un homme ou une femme appartenant à ce trafic perd la confiance, même

momentanément, de ses chefs on imagine bien que la mise à pied aura ses propres

caractéristiques et que le licenciement, s'il intervient, n'aura guère de possibilité d'être

discuté au tribunal des Prud'hommes local...

 

Lorsqu'un conflit oppose deux bandes rivales il n'est évidemment pas plus question d'avoir

recours à la justice classique, mais à une justice qui a ses codes, ses rites et ses sentences

exécutables rapidement.

 

Tout ceci semble logique et on imagine assez bien que ceux qui transgressent l'ordre

mafieux de leur clan le font en connaissance de cause et savent ce à quoi ils s'exposent.

 

Pas de sentiment ni de seconde chance. Les voyous n'ont pas voté pour l'abolition de la

peine de mort et celle-ci conserve pour eux un caractère exemplaire.

 

la possibilité de faire appel du jugement ou de se pourvoir en cassation n'existe pas non

plus, on le conçoit et on le comprendrait presque...

 

La presse s'émeut de ces nombreux règlements de comptes, de la jeunesse des "victimes"

de la brutalité des gangs et de l'impuissance de la police à y mettre un terme.

 

C'est être terriblement hypocrite et refuser de voir la vérité en face. Les banlieues  (pardon,

les quartiers sensibles) vivent en grande partie de cette économie parallèle et l'Etat ferme

les yeux sur ces trafics qui lui assurent une forme de paix sociale.
Tout le monde sait que les jeunes maghrébins Bac-5 qui roulent en BMW, en Mercedes ou

en Porsche Cayenne ne les ont pas payées avec le RSA ou les contrats aidés.

Tout le monde sait que la drogue est un marché qui ne connaît pas la crise.

Les bobos, les mondains et les animateurs de télévision qui en prônent la consommation

qui en fument ou qui se font des lignes n'achètent pas ou ne font pas acheter leurs produits

au Carrefour Market du coin.


Les morts de Marseille ou d'ailleurs sont les scories visibles d'un feu souterrain. Il faut avoir

la bêtise crasse d'un commentateur radio pour s'étonner qu'un "caïd" soit tué devant son

enfant de 9 ans. Depuis quand les tueurs feraient du sentiment?
Les dresseurs de putes africaines ou des pays de l'Est seraient des sentimentaux? assez

de grands mots ("République", "répression") et de faux semblants.
Nous savons tous ce qui se passe dans ce pays en matière de drogue et de prostitution.
Qu'on ne vienne pas nous raconter "la belle au bois dormant" et jouer les pleureuses

parce qu'un gangster s'est fait descendre par d'autres gangsters...

 

Ce sont les risques du métier pour le flingué et la société toute entière a accepté sa

condamnation et son exécution. En fermant les yeux ou en détournant le regard.

 

Du haut en bas de ces organisations on admire le Al Pacino de "Scarface" dont la

violence est prise au premier degré. Il ne faut donc pas s'attendre à des règlements de

compte avec des fusils à bouchons!

 

 

 

 

 

 

 

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 07:01

Je ne peux pas vous faire croire que je suis né il y a vingt ans et que Stromae est mon genre de

musique préférée...
Quand on aime Balzac ou Audiard, qu'on adore Kubrick ou Manckievicz, qu'on a des souvenirs

émus de Cassius Clay ou de Pelé, qu'on révère Mozart et qu'on adore Jérôme Bosh ça signifie

que l'on a vu le jour entre Charlemagne et Louis le Pieux.

 

Pour les voitures c'est un peu le même topo. Ma génération a connu les "quatre roues sous un

parapluie" (alias la 2cv Citroën), la 4L et l'inconfort rugueux des VW "coccinelles".

 

Aujourd'hui la moindre "Panda", "Up" ou même "Smart" sont des parangons de confort, de luxe

et de technologie si on les compare avec ce que j'ai connu enfant, des "Arondes ¨P60" aux

"Renault Dauphine" (une voiture si bien conçue qu'elle terminait souvent dans les fossés),

des "Taunus" aux "404".
Encore les Peugeot étaient-elles "bien finies", comme on disait alors pour signifier que les

finitions en étaient remarquables, avec cuir et baguettes chromées.

Les voitures de sommet de gamme de "mon" époque, principalement la Renault 16 TS, la

DS 21 et la Peugeot 504 offraient des prestations qui paraîtraient incroyablement spartiates

à nos contemporains.

L'allume cigare, c'est un exemple, était considéré comme un luxe et était en option!

 

Pour le travail que je fais en ce moment j'essaie pratiquement tous les modèles de voitures

disponibles en Europe et suis presque stupéfait devant la qualité des motorisations et la

richesse des équipements des voitures modernes, et ce qu'elle soit la petite 4CV citadine

ou la belle limousine stylée, le 4X4 comme le Pick-up.

C'est simple: même les véhicules utilitaires sont bien conçus et possèdent des équipements

que l'on considérait comme superflus lorsque j'étais ado (climatisation, poste de radio de

qualité, rétroviseurs réglables de l'intérieur, dégivrage vitre arrière, feux de recul, essuie

glace arrière....)

 

La liste de ces possibilités, toujours plus nombreuses et sophistiquées m'éblouit: témoin

lumineux de pression des pneus, toit panoramique ouvrant, prise USB, ordinateur de bord

aussi compliqué qu'un "apple" moyen, allumage automatique des phares ou des essuie

glaces, système d'assistance au stationnement, radars de recul, frein à main automatique,

GPS et j'en oublie.

A titre de comparaison la Renault 4L possédait des sièges de toile tendue sur des barres de

fer façon transat, un changement de vitesse au tableau de bord (les premiers modèles n'avaient

que 3 vitesses!), pas de totalisateur journalier ni, évidemment de réglage de la hauteur du volant,

une clé pour ouvrir toutes les portes, un rétroviseur collé au pare brise et qui se décollait avec le

temps, des fenêtres coulissantes (oui, vous avez bien lu!) et elle atteignait parfois les 100km/H,

oui mais uniquement avec vent arrière et en descente.
Une voiture apparue au salon de l'auto en 1963 et qui partage avec la "Ford T" et la VW

"coccinelle" l'envieux statut de voiture la plus vendue au monde.

 

Les voitures d'aujourd'hui n'ont pas plus à voir avec celles d'il y a 50 ans que le TGV avec

les locomotives à vapeur et les "Caravelles" avec les Airbus.
Quand on dit que tout va mal et que c'était "mieux avant" il suffirait de faire faire un tour en

Ford Escort ou Renault 8 celui qui a eu son permis sur une Clio IV ou même une C3 .

On passerait ensuite devant la machine à laver, le frigo, l'éclairage, les vélos.... toutes choses

matérielles qui simplifient la vie au point qu'on ne se rend pas compte de leur évolution

positive.

 

 

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 06:31

Le moins que l'on puisse dire, en guise de conclusion à cette regrettable affaire privée concernant le président Hollande et sa compagne, c'est que l'élégance et la discrétion n'ont pas été à la fête ces derniers jour. 
Hollande a peut-être eu tort de négliger de ménager Valérie T: peut-être "ne sait-il pas ce qu'est une femme qui se venge"?

Si, comme moi, il avait vu le film de Robert Bresson (1945) "Les dames du Bois de Boulogne" dialogué par Jean Cocteau et interprété par l'excellentissime Maria Casarès il s'y serait pris autrement...

Ma mère nous a, mon frère, mes sœurs et moi, initié au cinéma. C'est à elle que nous devons toutes et tous, une grande connaissance des films "du répertoire", des "classiques" et des films peu connus mais remarquables.
Elle nous a accompagné à la cinémathèque qui se trouvait alors au Palais de Chaillot au Trocadéro pour nous faire découvrir des films du monde entier, en V.O "Orfeu negro", "La Ronde", "Le voleur de bicyclette", "Senso", "Gilda", "La comtesse aux pieds nus" et tant d'autres nous les avons découverts bien avant le ciné-club de la télé et avant l'apparition de la vidéo puis des DVD.

Lorsque le cinéma rencontrait la littérature ("La chartreuse de Parme", "Pot-Bouille", "Madame de...") nous étions doublement heureux.

C'est le cas avec le film "Les dames du Bois de Boulogne" qui est une adaptation de l'histoire de Madame de la Pommeraye de "Jacques le fataliste et son maître" de Diderot. Maria Casarès y interprète une femme du monde qui a des doutes sur l'amour que lui voue l'homme qu'elle aime et qui feint, pour le vérifier, de ne plus l'aimer.

Celui-ci ne voit pas le piège tendu et avoue qu'il s'est détaché d'elle et que ses sentiments se sont estompés.
Elle va monter une cabale qui (je vous épargne les détails, l'histoire est ancienne et a été "rajeunie" à la fin de la guerre) va consister à jeter une femme "perdue" dans les bras du traître, l'en rendre fou-amoureux, la lui faire épouser et révéler ses turpitudes le jour même du mariage.

Elle tire toutes les ficelles et son ancien amant est incapable de le voir.

Tous ceux qui ont vu le film se souviennent du mariage qui voit le malheureux jeune époux essayer de dégager sa grosse voiture et la cogner dans les autres voitures tel un hanneton dans une lampe et, à chaque passage devant la femme qu'il a délaissée, apprendre à quel point il a été manipulé. 
Lorsqu'il demande pourquoi elle a fait tout cela il s'entend répondre par une voix glaçante: "Vous ne savez donc pas ce qu'est une femme qui se venge"?

C'est un film en noir et blanc absolument magnifique. les plans sont lents, les images sont belles, les dialogues surprenants ("Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour") et le jeu des actrices (Casarès mais aussi l'impressionnante Lucienne Bogaert et Elina Labourdette) sont parfaites.
L'acteur, Paul Bernard, est plus contestable: c'est un lourdaud un peu ridicule et j'ai toujours eu du mal à imaginer que la femme jouée par Maria Casarès comme celle, ô combien différente, jouée par Elina Labourdette pouvait l'aimer aussi totalement. Au physique (cf mon post d'hier!!!) c'est un fromage blanc. 

Mais revenons à François Hollande. Il a humilié devant 66 millions de Français la femme qu'il disait en public être celle "de sa vie". (Là aussi belle élégance pour celle qui a vécu vingt ans avec lui et avec qui il a eu quatre enfants).

On se vengerait à moins! et la dame a prouvé, en vingt-trois mois qu'elle était de cette trempe, celle des femmes qui avaient la rancune tenace et le faisaient savoir sans calculer les conséquences....

 

PS: Le top 100 des audiences télévision de 2013 a été publié hier. 99 fois c'est TF1 qui a obtenu la meilleure audience et "les enfoirés" sont le spectacle préféré du pays.
J'ai dû être échangé à la maternité ou adopté! je dois venir de Guinée-Bissau.

 

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