"A moi seul bien des personnages" est le titre du dernier livre de John Irving, l'écrivain sexagénaire, américain et spécialiste de l'Etat du Vermont à qui on doit, entre autres, le célèbre "Monde selon Garp".
C'est un livre qui est paru il y a près d'un an et pour lequel la critique littéraire a été des plus favorables. Il a donc trusté les premières places des listes de best-sellers début 2013 et je suis tombé sur l'une de ces critiques dans "l'express" qui m'a donné envie de le lire.
En elle-même l'histoire ne présente pas beaucoup d'intérêt. On y suit Billy de l'enfance à plus de 70 ans. Toute sa vie il est sujet à des "béguins", ainsi qu'il nomme ses passions fugaces.
L'objet de ces béguins peut être indifféremment un homme, une femme ou, et celà s'accentue à la fin de sa vie, une personne qui est passée du sexe mâle au sexe féminin, des "transexuelles" qu'il refuse d'appeler "transgenre" comme on dirait maintenant.
Il évolue dans une famille complètement "barée" où le théâtre en général et celui de Shakespeare en particulier
tient une très grande place. Il y a sa mère qui est souffleuse et évanescente, le grand père qui se travestit en femme pour jouer les personnages du repertoire, la tante odieuse, le père tout droit sorti d'une caricaturale "Cage aux folles" etc...
Shakespeare et son théâtre, les lycées-pensions américains, les équipes de lutte, une position de défense et une
bibliothécaire (ancien lutteur) sont les principaux protagonistes et décors d'un livre long et passablement ennuyeux.
Les digressions sur la tolérance et les goûts particuliers des personnages (une grande partie "des" sexualités humaines sont détaillées) prennent la place principale et sont vite hors sujet.
John Irving aurait voulu, si j'ai bien compris la critique, faire un salut appuyé à l'un de ses fils homosexuel et le romancier s'intéresser à des amours hors cadre.
Sur le papier j'avais cru comprendre que le livre était drôle (il ne m'a pas tiré un sourire), intelligent (c'est de la psychologie de bazar) et universel (heureusement on ne rencontre pas tous les quatre matins des personnes aussi "dingos" que l'immense majorité des personnages du livre).
Je me suis lassé très vite des histoires d'Elaine, Miss Frost, Kittredge, Gerry et les Dr Grau et Abbott, Oncle Bob, Muriel et tous les autres.
J'ai eu beaucoup de mal à en achever la lecture et me demande encore ce qui justifie la notoriété de l'auteur, la bonne place dans les classements des ventes du livre en France, la bienveillance de la critique et, en fin de compte, pourquoi ce livre a un public dès le départ et pas d'autres qui en mériteraient dix fois plus.
Avec moi "A moi seul bien des personnages" aura eu une mauvaise critique. Ce n'est que justice!
