Au départ, une fois qu'il a quitté le parti socialiste où il a quand même été un grand nombre
d'année et terminé sénateur (ça ne s'invente pas), on ne pouvait que trouver sympathique
ce type qui ruait dans les brancards et s'ébrouait dans le magasin de porcelaine des idées
convenues sans craindre la casse.
Sa liberté de ton et sa méchanceté carnassière ont, un temps, fait illusion: voilà un homme
qui était décidé à donner un coup de pied dans la fourmillière de la gauche Française avec
son PC fossilisé, un PS embourgeoisé et devenu un parti de notables et des chapelles
d'extrême gauche aussi foutraques que les solutions qu'elles souhaitaient apporter aux
maux bien réels du pays.
Au napalm il a conquis sa place et a laissé penser, un temps, qu'il y avait un possible
renouveau de ce côté là.
Et puis il s'est allié avec les reliquats du parti le plus stalinien d'Europe, le parti communiste*
qui n'a jamais réellement abjuré sa foi et qui reste un groupuscule aux méthodes rien
moins que démocratiques. (ne parlons ni de ses "idées" ni de son "programme").
L'attelage était baroque mais Mélenchon, car c'est de lui qu'il s'agit, se promettait de
"plumer la volaille communiste" et on ne demandait qu'à voir.
Où en est-il quelques années après? il a repris le costume (mais sans avoir le rôle)
du Georges Marchais des années 70, imprécateur brouillon et vain et plus personne
ne l'écoute. Si son analyse de la situation présente de la France emporte parfois
l'adhésion, les remèdes qu'il propose tueraient la malade plus sûrement qu'ils ne la
soigneraient.
Comme son devancier il n'attaque que "son" camp, réservant ses traits les plus acérés
pour le président de la république qu'il exècre, on le subodore, plus pour des raisons
personnelles que politiques.
Cette inimitié, on le sent nettement, tient plus du sentiment d'avoir été sous estimé que d'une
opposition politique radicale. Avec le temps elle l'est devenue mais Mélenchon a passé tant
de temps au PS que c'est se renier que le critiquer comme il le fait.
On dirait un mari rejeté qui traîne sa femme dans la boue pour lui faire payer sa demande
de divorce!
Mélenchon rejoue le rôle du parti du prolétariat contre les sociaux traîtres, comme tous
les partis communistes l'on fait et notamment les communistes Allemands pendant la
République de Weimar qui s'en prenaient violemment aux sociaux démocrates au lieu
de cibler Hitler. Cette belle politique a conduit ce dernier à la chancellerie et l'Europe au
suicide.
Ces gens-là semblent ne jamais rien retenir de l'histoire et n'ont de l'expérience qu'un usage:
l'oubli immédiat et total.
En soi çela nous rajeunit mais ça ne fait pas beaucoup avancer les solutions alternatives
à la mondialisation libérale.
*Il faudra bien, un jour, dire l'histoire exacte et sans fard de ce parti qui joua contre le pays
dans toutes les crises où il faillit perdre sa liberté....
