Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 06:26

Des nombreuses Thérèse de fiction, qu'elles aient Zola ou Mauriac comme créateur aucune n'est inintéressante. Celle de Mauriac justement a inspiré Georges Franju qui a adapté le roman avec Philippe Noiret et Emmanuelle Riva comme interprètes.
J'ai vu ce film, comme j'ai lu le roman il y a bien longtemps. J'en garde un souvenir d'une histoire pesante se déroulant dans un milieu de conventions où l'argent remplace les sentiments et dicte les conduites.

Claude Miller a réalisé, juste avant sa mort, la dernière adaptation de ce roman avec Gilles Lellouche, Audrey Tautou et

un surprenant Francis Perrin comme principaux acteurs.

C'est un film très académique où, des décors aux voitures en passant par les montres-gousset ou les klaxon des tramways tout est rigoureusement exact.

C'est dire que la reconstitution est parfaite mais manque peut-être d'un je  ne sais quoi et contribue à une sorte de fossilisation des situations et des dialogues.

Disons le tout de suite; ce roman a considérablement vieilli et si la bourgeoisie décrite existe toujours (on l'a vue à l'oeuvre  lors de la "manifestation pour tous") elle pratique l'entre-soi et la discrétion qui font que si on ne la fréquente pas on ne la subit pas.

Les rallyes, les fiançailles, les mariages arrangés et tout le toutim resteront toujours la référence pour celles et ceux qui respirent encore par l'Eglise et les traditions, les "valeurs" et un corsetage des sentiments et des pensées.

Heureusement, s'ils ont le pouvoir politique et financier ils n'imposent plus leur morale à une société qui n'en veut pas.

 

Mais à l'époque où le roman a été écrit, une dizaine d'années après la grande saignée de 14-18, la bourgoisie provinciale faisait la pluie et le beau temps.

Thérèse épouse sans amour un homme fruste mais riche et s'ennuie vite parce qu'elle est la proie d'idées et d'impressions contradictoires. Une Mme Bovary qui réfléchit.

L'histoire de ce crime manqué (elle empoisonne son mari sans le vouloir vraiment) et ses conséquences n'a qu'un intérêt limité. Les personnages et ce qui les anime est le centre du livre et, on s'en doute, parmi eux Thérèse Desqueyroux est la plus importante d'entre eux.
Or, c'est désolant, mais Audrey Tautou n'est pas un instant crédible en femme et en femme traversée par des pensées contradictoires encore moins. Elle est trop jeune, trop petite, trop "mignonne" pour être la bordelaise criminelle. On n'y croit pas ou peu.
Même chose pour Gilles Lellouche: il essaie bien d'être Bernard Desqueyroux mais n'y parvient jamais. trop léger, trop moderne, trop bien nourri, ailleurs.

Si les deux personnages principaux sont ratés on l'aura compris le film l'est aussi. Trop lent, trop joué, trop "léché".
Une dramatique télé de qualité, pas un film de cinéma vivant et dérangeant.

Prenons l'exemple de la scène de "sexe". Pour montrer que Thérèse ne connaît pas l'extase physique on a un gros plan d'Audrey Tauton calculant mentalement le montant de son cachet hors taxe pendant que Lellouche, sous un drap bien repassé, agite son derrière. C'est du cinéma de papa, du Truffaut bébête et démonstratif*.

 

Très rarement on pense que le livre a été écrit par un homme et que cet homme avait une étonnante capacité à imaginer ce qui se passait dans la tête de certaines femmes (Thérèse et Anne) et qu'il excuse presque les actes de sa contradictoire héroïne.

La seule scène franchement réussie est celle de la fin (lorsque mari et femme sont attablés dans un bistrot parisien. Thérèse croit un instant que son mari peut la comprendre mais il s'y refuse) Miller laisse presque voir l'abime entre les deux époux. Seulement à ce moment et avec une économie de moyens. C'est à ce moment que Thérèse pose cette question-affirmation qui la définit mieux que les deux heures du film: "vous savez toujours pourquoi vous agissez, vous".

 

 

 

* pléonasme dont j'ai un peu honte: Truffaut n'a fait que des films bébêtes et démonstratifs.

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 06:56

Jacques Dutronc est l'archétype des fausses-valeurs Françaises que la presse adore adorer. Il n'est pas le seul, ce n'est pas une excuse.
Récemment il s'est produit sur scène avec le vieux Smet et avec Eddy Mitchell qui, et c'est regrettable, est fidèle en amitié.

Dutronc s'est fabriqué un personnage à la fin des années 60 et s'y cramponne à s'en déchirer les mains. Cigare, lunettes noires, sourire moqueur et décontraction savamment étudiée.

Il n'a rien composé ou même chanté de nouveau depuis que son parolier préféré, Jacques Lanzman est décédé, ses dernières nouveautés datent d'un peu après l'accession de Pompidou à l'Elysée.

Comme un Polnareff qui ennuie tout le monde avec sa poupée qui fait non ou un Aznavour qui se voit en haut de l'affiche sans voir que c'est celle du "carnet du Figaro",  Dutronc  "et moi et moi" ou "Il est 5H Paris s'éveille" monte sur une estrade de temps à autres pour relever les compteurs.
Il tourne aussi quelques films qui enthousiasment la critique et font des flops retentissants au box-office dans lesquels ils promène sa nonchalance hyper-étudiée.

Quand celle-ci ne suffisait pas il s'offrait un faux scandale en suant sous les diktats de cinéastes odieux z'et adulés, du style Pialat ou Zulawski.

On le croyait  parti au maquis Corse et, sincèrement on était content qu'il ait été accepté là-bas.
Pourquoi donc sortir de l'oubli dans lequel il était si bien cet acteur-chanteur dont le seul titre de gloire est d'avoir fait un fils qui n'a eu aucun mal à le supplanter dans ces deux activités?

 

 

 

bientôt: "j'aime pas Bedos père, j'aime bien Bedos fils"!!!!

 

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 07:14

Il y a bien longtemps que je me suis passionné pour la guerre de 14-18 et j'ai lu beaucoup des grands livres qui lui sont consacrés et qui font référence.
De "orages d'acier" d'Ernst Jünger aux "Croix de bois" de Roland Dorgelès en passant par "A l'ouest rien de nouveau" d'

Erich-Maria Remarque à "Ceux de 14" de Maurice Genevoix, sans oublier "Le feu" de Barbusse et les livres d'histoire dont les derniers travaux éclairés par les archives les plus récentes.

Ceci pour dire qu'un article du "Point" ou du "Monde" ne suffisent pas à donner une idée de ce qu'a été la stupide et invraisemblable boucherie de 14-18.

Il faut faire l'effort de découvrir ce qui est moins connu (et donc quitter les tranchées) mais aussi confronter les points de vue pour comprendre comment l'Europe s'est littéralement suicidée il y a cent ans.

On radote sur la Marne, sur Verdun, sur Nivelle, sur Pétain et sur Clémenceau, on dégoise sur les attaques au gaz moutarde et sur les mutineries en survolant tout avec notre jugement et nos "valeurs" d'aujourd'hui.
Les bélligérants, les techniques, les mentalités et les militaires étaient à l'époque du déclenchement de la folie meurtière plus proches des campagnes de Louis XV que de nous.

Les buts de guerre comme la conduite de celle-ci étaient tout bonnement ridicules: récupérer l'Alsace-Lorraine de ce côté des Vosges et maintenir sa primauté sur le continent pour l'autre. L'utilisation de la cavalerie face aux mitrailleuses et le pantalon garance disent la folie de cette époque barbare.

Un archiduc assassiné, un empereur un peu dérangé (Guillaume II) face à un régime républicain fragile, des traités qui engagaient des pays et l'Europe s'est embrasée.

Je ne vais pas raconter la guerre de 14 mais simplement constater que les morts des monuments n'ont rien demandé et n'avaient pas le choix. Derrière les lignes les gendarmes fusillaient ceux qui n'auraient pas considéré les assauts comme utiles...On dit qu'ils sont morts pour la France mais on s'est gardé de leur demander s'ils étaient d'accord et s'ils considéraient une telle mort comme utile ou souhaitable.

Ce n'est pas faire de la démagogie que dire que 90% des morts ou des blessés n'approuvaient ni la guerre telle qu'elle était menée, ni leurs chefs, ni les buts de guerre ni la façon dont on les sacrifait.

 

Dans deux jours les commémorations de toute sorte, les militaires en grande tenue et les discours pompeux et patriotiques vont réapparaître.

Derrière les images d'Epinal et l'histoire officielle il est utile de connaître la rage destructrice qui a pris un continent et l'a mené à sa perte.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets il  y a de nombreux Déroulède prêts à actionner les mêmes leviers pour obtenir ce qu'ils veulent...On commence à les entendre un peu trop et ils vendent leur camelote à des médias qui jouent la caisse de résonance.

 

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 07:07

Au début septembre notre voiture personnelle a été ouverte (un déflecteur cassé), fouillée et ce qu'il y avait à voler l'a proprement été. Parallèlement, avec une synchronisation parfaite, ma voiture de société a été l'objet des mêmes sévices à deux reprises. Une fois dans la rue pendant l'heure de déjeuner et une nuit dans le parking souterrain de mon immeuble.

La première fois j'ai fait "marcher" l'assurance de la flotte automobile de ma boîte mais je n'ai pas osé le refaire pour la seconde et ai payé de ma poche le changement de vitre.

 

Les deux premières fois je suis allé au commissariat porter plainte (indispensable pour l'assurance) mais ne l'ai pas fait pour la fois où j'ai payé la réparation. A quoi bon?

 

En fin de semaine dernière un voisin dans le même cas (il y a eu des déprédations sur au moins vingt voitures dans le parking de mon immeuble) est venu me dire que les empreintes ont parlé et que le coupable a été identifié par la police.

Le tenant enfin - pour une infime partie de ses méfaits-  elle veut un dossier complet et on m'a donc demandé de venir au commissariat du quartier du Mirail pour déposer ma plainte.

 

Le Mirail c'est, en centre ville mais un peu excentré, notre 9-3. La Place Jemaa El Fna de Marrakech est moins dépaysante.

 

Aller dans un commissariat c'est vite se sentir coupable. Je reproduis à la virgule près le dialogue d'accueil que j'ai vécu:


- Bonj....

- votre pièce d'identité

- attendez, je viens parce que l'officier de police G.J*** m'a dit de passer...

- on verra ça plus tard, pour le moment, vous m'avez entendu, je veux votre pièce d'identité.

- (...)

 

La salle d'attente était une sorte de cour des miracles colorée. Ca rentrait, ça sortait, ça gueulait... Mais qu'est-ce que je foutais là?

Une fois ma carte d'identité réquisitionnée il ne me restait plus qu'à attendre dans cette pièce cafardeuse. Et pour attendre j'ai attendu. Avec les seuls brochures de la police pour m'occuper l'esprit et oublier la foule qui m'entourait.

Une imposante dame-police m'a revêchement invité à la suivre et, mal-aimablement elle a commencé à taper sur son clavier pendant un temps fou.
Je ne voulais pas porter plainte puisque j'ai payé la réparation sans faire intervenir ni mon entreprise ni l'assurance

mais cette particularité n'entrait pas dans le schéma mental de mon interlocutrice et l'a mise de méchante humeur.
Un moment j'ai même pensé qu'elle allait me braquer la lumière dans les yeux...

 

Voilà comment des "incivilités" vous conduisent un 4 novembre dans un commissariat presque caricatural. Ces abrutis qui cassent des vitres de voiture pour récupérer un GPS et un porte-cles que j'avais rapporté de New-York ne savent pas la quantité d'ennuis et de mauvais moments qu'ils nous font passer. le dépôt de plainte, le passage au garage

(à quelle heure ce sera prêt? personne qui répond etc.), la franchise (une des plus belles escroqueries légales) le remboursement qui ne vient pas etc.

Une douche glacée serait une punition proportionnée pour les 3 idiots et traîne-savates qui m'ont pourri la rentrée.
Ce 4 novembre j'aurais même apporté le seau d'eau glacée et l'aurait versée sur la tête de ces bons à rien.

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 07:09

Titré "La gueule de l'emploi" et filmé par Didier Cros en 2011 le documentaire que j'ai regardé récemment m'a plongé dans un abime de réflexions. Je l'ai vu en DVD mais comme il a été primé on doit le trouver -comme je l'ai fait- dans les bonnes bibliothèques.
On a trop peu parlé de ce document et c'est dommage. Il est absolument passionnant.

 

Tout le monde pressent que les cabinets de recrutement qui travaillent pour les entreprises ne font pas de cadeaux. Entre ce que l'on croit savoir et ce que l'on voit il y a pourtant un monde: la violence du process saute aux yeux dans le film de Didier Cros et l'on est presque groggy devant ce que nous acceptons désormais pour un travail payé de manière indécente.

Le recrutement d'un commercial de produits de prévoyance par le Gan se fait devant nos yeux pour 12 personnes (dont une seule femme). Même si c'est rapide leur présentation montre combien la perte de travail démolit les personnes déjà fragiles. Celles-ci intègrent l'idée qu'elles ont "failli" et sont sans doute responsables de leur situation. De ce fait elles surjouent leur capacité à s'impliquer dans un travail.

Pas facile quand, comme le dit doucement et sans révolte la seule candidate, on doit être "Wonder-Woman" alors qu'on a pas de quoi payer les couches du bébé".

 

On sent que les candidats répondent aux questions posées comme aux tests non ce qu'ils voudraient mais ce qu'ils pensent comme la "bonne réponse", c'est à dire celle que les recruteurs attendent.Ils ne disent pas ce qu'ils pensent mais ce qu'ils pensent que les examinateurs attendent.

Ces tests, ces questions... quelle pauvreté. Quelle bassesse.("votre plus gros défaut", "qui admirez-vous"?)

 

Il leur est d'abord demandé, à leur surprise comme à la nôtre, de vendre leur voisin de siège. C'est un exercice à la fois impossible et terriblement cruel. Ils viennent pour un travail et n'ont pas intérêt à valoriser un concurrent. Concurrent qu'ils ne connaissent que depuis le matin.  Dans cette épreuve les caractères et les capacités d'adaptation font la différence.

 

Quiconque a vécu ces affreux moments et leur humiliation sait que le stress s'invitant le corps et le cerveau ne répondent plus aussi bien, que l'on commet des erreurs et que l'on dit des choses qu'il faudrait mieux éviter de dire.

On est mal à l'aise de voir tel candidat s'enfoncer et tel autre partir dans une voie sans issue. On a de la peine pour eux lorsqu'ils sont rejetés, de la connivence lorsqu'ils sont choisis mais ce-faisant on a intégré les codes de l'exercice et, à notre honte, on les a acceptés.

Les candidats aussi qui acceptent donc d'être jaugés, humiliés, poussés dans leur retranchement, manipulés et finalement recrachés comme des noyaux de cerises.

 

On matérialise la barrière invisible qui existe entre les recruteurs qui ont un travail et les candidats qui aspirent à en avoir un. Il y a un fossé entre eux. Et les recruteurs n'hésitent pas à en jouer pour les rendre dociles.
Ainsi les éliminés diront eux-mêmes les raisons pour lesquelles ils l'ont été, intériorisant ainsi leur "responsabilité" et dédouannant les recruteurs. Des victimes consentantes en quelque sorte. Et on reste polis, souriants, entre gens civilisés.


Les recruteurs sont impitoyables. Il sont aussi méprisants, manipulateurs et, finalement, chanceux. Ils sont du bon côté de la table mais, c'est évident, eux aussi des victimes des vrais dirigeants de la société. Eux aussi sont des pions interchangeables et leur tour (on l'espère) viendra d'être à la recherche d'un emploi et passer ces horribles entretiens.

Puissent-ils un jour tomber sur leur clone et ses remarques blessantes.

 

Car on le sait depuis longtemps: le monde du travail est impitoyable. Plus que ses qualités de vendeur ce qu'on attend du candidat est qu'il n'ait pas trop de personnalité, qu'il ait une réelle capacité d'adaptation et qu'il soit "malléable".

Les deux candidats finalement retenus ne sont pas une surprise pour nous. le langage formaté de l'une et la personnalité adaptable de l'autre les désignaient pour un poste qu'ils découvrent à la fin des épreuves.

On leur dit l'essentiel (ce qu'ils feront et pour quel salaire) en toute fin de recrutement et, s'ils sont déçus, ils ont tant bataillé pour survivre aux épreuves qu'ils acceptent cette humiliation plus importante que les précédentes.
"Tout ça pour ça"! dit même l'un des candidats éliminés.

 

Ce qui est presque surprenant est le ton policé de chacun, la violence sage des situations et des propos. Personne qui ne se lève pour jeter un verre au visage des "recruteurs". Personne pour demander pourquoi il faut 5 d'entre eux pour un poste aussi minable. Personne pour oser demander les raisons du turn-over (phénoménal, on le comprend par les propos surpris entre deux recruteurs) des commerciaux chez Gan.

Ne parlons ni des évolutions salariales ou de poste. il serait "indécent" de les demander. Aucun candidat ne s'y risque même s'ils y ont pensé comme le prouve la conversation privée au portable qui a été, elle aussi, surprise par la caméra.

 

Le dernier entretien est une sorte de mise-à-mort virtuelle. C'est l'hallali. les 5 recruteurs déstabilisent le candidat lors d'un "entretien" individuel. Les questions fusent. On lui pose trois, quatre questions en même temps et on pose soudain une question gènante ou incongrue qui laisse le candidat interdit.

Pour parachever cette exécution on épluche le CV du candidat en lice en relevant tout ce qui ne va pas et, dans un CV il y a toujours des choses qui ne vont pas. Du coup il est sur la défensive et il dit ce que l'on attend. Qu'il est prêt à accepter la normalisation et qu'il ne renâclera pas à la tâche.

C'est fini, deux des douze candidats sont retenus et soulagés de l'être. inutile de dire qu'ils sont blancs, propres sur eux, jeunes (moins de 35 ans) et "adaptables".

Le générique du film nous apprend que l'une n'est restée que 6 mois et que l'autre est certes toujours dans l'entreprise mais gagne des queues de cerises. Preuve qu'il n'est pas un "cador de la vente" ce que les recruteurs ne cherchaient sans doute pas.

 

Un sociologue interrogé dit des choses intéressantes et entre autres que de nos jours les entreprises ne sont pas au service des hommes mais les hommes au service des entreprises. (d'où le vocable "ressources humaines"). C'est en effet ce que l'on a vu tout au long du documentaire qui, ce n'est pas une surprise, risque peu d'être diffusé à la télévision. Le "temps de cerveau" disponible est incompatible avec l'intelligence!

 

Partager cet article
Repost0
5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 06:06

J'ai regardé dernièrement un film en vidéo qui était passé complètement inaperçu dans la pléthorique liste de "Comédies-Dramatiques" Françaises qui sortent à longueur d'années.

C'est un film de Stéphane Brizé (à qui l'on doit le joli "Mademoiselle Chambon" interprété par Vincent Lindon (qui fait ce qu'il fait le mieux, du Lindon) et Hélène Vincent qu'on a connue en mère dépassée dans le "Long fleuve tranquille" de Chatilliez.

 

Hélène Vincent est dans un tout autre registre et est remarquable par la justesse de son jeu et l'économie des moyens qu'elle utilise pour être le personnage.
Dans le même style d'histoire, dans les années 70, Annie Girardot ou Romy Scheider en auraient fait des tonnes.

L'histoire est simple. Un homme qui a fait 18 mois de prison est obligé de cohabiter avec sa mère et ils ne s'entendent pas.

Lui est corsété dans ses refus, elle, malade, dans ses habitudes.
Ils n'échangent quasiment rien jusqu'à ce voyage en Suisse où il l'accompagnera pour un "suicide assisté".

Dit comme ça on se doute qu'on est pas chez Eric et Ramzy! (encore qu'ils ne m'aient jamais fait rire...) mais le film est sobre et intéressant.
Le metteur en scène a des idées (qu'il développe dans le fameux "bonus") qui tiennent la route, les acteurs sont excellemment dirigés et on y croit.

J'ai dit plus haut que Lindon faisait du Lindon, ce n'est pas péjoratif. Il fait partie de ces acteurs qui sont crédibles, justes et qui s'effacent derrière leur personnage quel que soit ce dernier. Je l'ai vu dans une comédie ("La confiance règne"), il était excellent, preuve qu'il est capable de tout jouer.

Hélène Vincent est tellement parfaite dans ce film que j'ai appelé ma propre mère à la fin du film. La fiction a rejoint la réalité: je voulais lui dire quelque chose de gentil on s'est engueulés!
...le pouvoir du cinéma!

Emmanuelle Seigner a un joli (second) rôle et la séquence où elle et Lindon se regardent dans un bowling est une belle scène de cinéma. Ce n'est pas facile de montrer ce moment fugace où deux personnes sentent qu'elles se plaisent.

Notre pays produit beaucoup de films comme celui-ci (intimistes, profonds, psychologiques....) qui font sa singularité.

 

Certes nous lisons peu et sommes happés par l'inculture envahissante de la civilisation moderne. Ce cinéma montre que si nous ne boudons ni les super-héros ni les blockbusters américains mais il nous reste ces "Drames Psychologiques" so Frenchy.

Partager cet article
Repost0
4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 06:33

Celles et ceux, mais surtout celles, qui exploitent la connerie ambiante pour amasser une fortune avant que la supercherie ne soit découverte forcent mon admiration.

Avec un cul, des seins (en option), une bouche pourvue de langue et quelques centaines de grammes de matière grise elles arrivent à bluffer un monde qui n'attend que ça.
Il y a eu (je parle des vingt dernières années mais ça devait déjà être comme ça dans la Rome antique) des filles ayant moins froid aux yeux que les autres pour inventer des combinaisons osées avec ces quelques éléments et défrayer la chronique pendant plus ou moins longtemps.

Que l'on songe à la Cicciolina, à Madonna ou, plus près de nous à Lady Gaga pour se faire une idée de ces scandaleuses fabriquées de la tête aux pieds.

Lady Gaga, justement, est l'archétype de ces arrivistes prêtes à tout pour se faire un nom, fût-il grotesque.
La demoiselle (elle n'a que vingt-cinq ans) est quasiment dépourvue de la moindre parcelle de talent. Elle y supplée par une attitude provocante aux limites de l'absurde.

Son seul titre de gloire (et cette dernière est mondiale) est de franchir en permanence les portes du bon goût et de l'intelligence. Rien qui mérite qu'on parle d'elle: une voix d'une banalité confondante (c'était déjà le cas de Madonna), des musiques fabriquées au kilomètre, un jeu de scène ringardissime, des attitudes de lycéenne (insoumise) de 16 ans...

tout se résume à de l'image et un colossal culot d'attaché de presse.

Lady Gaga était invitée d'une chaîne de télévision pour ces fameux "talk-show" où l'on show beaucoup mais talk pas vraiment. Lazare ressucité eût-il été sur le plateau que les présentateurs et Miss Lapix n'eussent pas été plus extatiques.
Pensez... recevoir Lady Gaga... quelle aventure.
Nos amis Américains font avec les leurs ce que nous faisons avec nos déchets en Afrique: ils nous les envoient pour qu'on les traite.
Qu'ils se rassurent: notre admiration sans borne pour le néant chimiquement pur fait qu'on se prosternera devant tous leurs envois, des Marvels comics aux rappeurs.

Et devant Lady Gaga donc.

 

PS: amusez vous à détailler les emprunts de Lady G à d'autres scandaleuses qui l'ont précédée, vous serez édifiés.
je vous aide: le maquillage outrancier de Nina Hagen.....

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 07:01

A propos d'un européen j'ai entendu cette forte sentence: "il ne dit rien en quatre langues"!

Cette Europe qui faisait sauter certains "comme des cabris" dans les années soixante est l'un des pires ratages de notre époque.


J'ai été un de ces gogos qui ont cru en l'Europe, qui l'ont appelée de leurs voeux et qui se sont réjouis de sa construction jusqu'à ce qu'elle apparaisse dans toute sa consternante vérité. J'ai voté contre ceux qui sont proches de mes idées lorsque je les trouvais trop tièdes vis à vis de la construction européenne. J'ai même été jusqu'à soutenir une Europe fédérale...

Mais j'étais idéaliste: j'imaginais un projet enthousiasmant et non la maîtresse miteuse et bancale de Van Rompuy!

 

Quand on parle d'Europe on parle de banque centrale européenne, de commission, de plans d'investissements, de désaccords entre pays et de taxes. L'emphase est financière. Révons avec l'Euro!
On ne parle que de choses tristes et ennuyeuses. Faire rêver puis adhérer des peuples à cette lourde machinerie bureaucratique tient de la gageure: déjà broyés par les administrations nationales et la quantité stupéfiante d'échelons administratifs; la commune, la communauté de commune, le département, la région... la seule chose que nous voyons c'est que chacun de ces échelons nous ponctionne au passage.
Le plus stupéfiant est que ces institutions locales, dirigées par de réels potentats aussi inamovibles que Blaise Compaoré, font leur communication autour des réalisations qu'elles sont contractuellement obligées de faire.

On attend ainsi de nous qu'on soit pantelants d'admiration devant une rame de train régional, un pont, un lycée ou un rond-point. C'est notre argent! Encore heureux qu'il en reste quelques traces.

 

L'Europe mal-aimée, dont les seuls signes de vie que nous recevons sont des signes inadmissibles de gabegie et d'autoritarisme législatif, sans oublier une mesquinerie administrative de tous les instants, est venue se rajouter à ce trop fameux "mille-feuilles" administratif.

Je crois que les soutiens du "machin" de Bruxelles se fichent de nous lorsqu'ils attribuent à l'Europe la paix continentale depuis la fin du second conflit mondial. C'est justement les 45 millions de morts de cette guerre qui ont rendu -provisoirement?- les Européens moins belliqueux. La bureaucratie bruxelloise, ses pompes et sa paperasse n'ont aucun bilan positif à proposer. Une monnaie pitoyable et un tâtillonnisme universel.

 

Il faut dire que nous envoyons au parlement européen, nous français, les personnalités nationales qu'on a trop vues, les bras-cassés du suffrage universel, les tocards et les has-beens ainsi que des personnes qui défendent des positions politiques anti-européennes! Si tous les pays ont cette déontologie suicidaire il ne faut pas trop s'étonner.

 

Trop nombreuse (28 pays et la Turquie était envisagée), uniquement préoccupée de finances, écrasant les peuples au lieu de les aider (Islande, Portugal, espagne et grèce) l'institution européenne est un plantage international à peu près total.

...Mais on a des abricots bien calibrés!

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 07:13

Il est des personnes dont le physique seul vous met dans l'embarras. Dès que vous êtes en leur présence ils vous mettent mal à l'aise et vous ne songez qu'à une chose: fuir.
Lorsque des personnes que vous n'avez jamais rencontrées vous font le même effet sur un écran, à la radio ou en photo sur un journal l'impression est encore plus forte.
Patrick Buisson, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy porte sur sa figure les actes pas clairs qui lui sont reprochés.
D'être un homme d'extrême-droite d'abord, d'avoir dirigé l'hebdomadaire de la droite-extrême "Minute", d'avoir (mal) conseillé l'ex-président lors de sa campagne de 2012, d'être un malade du secret et, naturellement, d'avoir enregistré à leur insu ses interlocuteurs en toutes occasions. 

Pour parfaire le malaise les remarques peu amènes de son fils sur Buisson ont achevé de le rendre désagréable.


Après quelques mois pendant lesquels il s'est fait oublier l'homme au crâne chauve et au regard dégoûté vient indirectement menacer (qui?) de dire ce qu'il sait et l'on devine que cela ne sent pas bon en anticipant le relent d'égoûts.

Une interview dans "l'obs" et un article du "Point" du week end dernier lui ont donné l'occasion de réapparaître.

 

On aimerait que ce soit un "méchant" de comédie, un Rastapopoulos de bande-dessinée, un adversaire de James Bond ou

du Belmondo magnifique. Hélas le maurrassien n'est pas taillé pour la comédie. Il apporte avec lui des noirs complots et des vengeances laides. Un maître avec des agissements de laquais.
Comme un maître-chanteur il fait des menaces à peine voilées et dans une langue qui sent le misogynisme et la virilité des casernes. Dieu sait si je n'apprécie pas Carla Bruni et sa posture stupéfiante de sainte-nitouche mais les propos visqueux de l'ex-conseiller me déplaisent encore plus.

Congédié comme un domestique (seuls ses émoluements ont pu lui faire penser qu'il était autre chose) l'homme de l'ombre, par interviews inetrposées vient jeter des ordures sur le maître qu'il a servilement servi.

On dit que Sarkozy sait s'entourer... de Balkany en Buisson il est permis d'en douter.

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:47

j'ai lu quelque chose d'Eric Neuhoff qui m'a laissé perplexe. Dans cette gazette répulsive qu'est le "Figaro Magazine" il est un des très rares à posséder une plume, des idées et une personnalité.
De ce fait je le lis et suis souvent emballé par ce qu'il dit et, si je ne partage pas son niveau de vie, suis souvent d'accord avec ce qu'il raconte.

Très récemment il disait que, dans les années 70, son père l'avait accompagné au cinéma pour voir "Orange mécanique". Il précise: "Il avait trouvé le Kubrick ridicule. J'ai mis presque trente ans pour tomber d'accord avec lui. Impossible de regarder Malcolm mcDowell en Alex plus de vingt minutes. (...)"

Sans aller jusqu'à trouver ridicule l'interprétation de McDowell il est vrai que je l'ai trouvée très outrée et, j'ose le mot, datée la dernière fois que j'ai visionné le film.

En mûrissant (c'est moins douloureux à écrire que v...) une part non négligeable de ce que je trouvais indépassable prend l'eau et m'apparaît comme moins parfait que je le croyais jusque là.

Les Beatles puis les Stones, Dylan et tant d'autres, ont d'abord fait les frais de cette réévaluation impitoyable puis des écrivains que j'adorais puis des peintres, des sculpteurs des lieux même.

Le Parc de Saint-Cloud, par exemple, que je mettais si haut m'a paru banal et riquiqui lorsque je l'ai revu. Je n'ose retourner à Versailles de peur que le souvenir soit plus beau que la réalité. 

Question jeu des acteurs, pour revenir au début de ce post (si vous m'interrompez tout le temps on n'arrivera à rien), ce qui était la norme hier est devenu ringard depuis. L'actor's studio et ses célébrités (Monroe, Brando, Dean, Clift) sont devenus des curiosités. Le jeu d'un Patrick Dewaere, intériorisé et "sauvage" ne passerait sans doute plus non plus. Les de Niro, Pacino et quelques autres des années 70 (n'oublions pas Dustin Hoffmann) m'agacent tant les ficelles qu'ils utilisent sont grosses.

Mc Dowell, c'est vrai, qu'on n'associe plus qu'à "Orange mécanique" et à "If" de Lindsay Anderson (c'était quasiment le même rôle) est dans la démesure et, disons le tout net, le grotesque.
Comme Nicholson dans "Shining"...
J'arrête là ce post, je commence à détruire mes icônes.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
  • Contact

Stats

Visiteurs Uniques depuis le 22 Mars 2013
(18274 Visiteurs Uniques depuis sa création)

 

Il y a    personne(s) sur ce blog

 

Blog créé le 8 Décembre 2009

Pages