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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 06:52

 

Comme beaucoup d'entre nous c'est le film de Xavier Beauvois qui m'a intéressé à la communauté des moines de Tibhirine et je n'en connais que ce que j'ai lu, ici ou là, au moment de leur mort puis de la sortie du film.
Je précise que j'ai aimé ce film qui était sobre et intelligent, un peu comme le «Thérèse» d'Alain Cavalier, autre film qui, du fait du caractère religieux de son sujet, bénéficie d'une sorte de grâce inexplicable.

 

J'ai suivi les difficultés des juges chargés de l'enquête sur les circonstances de la mort des moines et n'ai pas été surpris outre mesure de la quantité d'obstacles qu'ils ont rencontrée. L'état Algérien n'est pas connu pour sa transparence et ses adversaires islamiques du GIA pour leur humanité (et réciproquement)


Je crains que nous ne sachions jamais qui les a tués, pas plus que pourquoi ni comment.

 

J'ajouterais que je suis «choqué» qu'on exhume les têtes des religieux (on n'a jamais retrouvé leurs corps), choqué qu'on les radiographie et qu'on fasse des prélèvements. Je ne crois pas à la résurrection des corps ni au caractère sacré des dépouilles mortelles mais pense plus simplement que tout ceci ne rime à rien et est déplacé, presque sacrilège.

 

On me dit que les familles des moines exigent la vérité et c'est là que commence mon malaise. Ces moines savaient qu'ils prenaient des risques en étant géographiquement entre les militaires et les islamistes du GIA qui, c'est le moins que l'on puisse dire, ne sont ni les uns ni les autres des humanistes respectueux des Droits de l'Homme et de la conscience religieuse. Ils sont morts en connaissance de cause (ils avaient été prévenus des risques qu'ils prenaient en restant dans une zone de conflit et en soignant les blessés) et, les rapports entre l'Algérie et son ancien colonisateur étant ce qu'ils sont, l'éventualité que ce qui s'est réellement passé creuse un peu plus le gouffre entre les deux pays est réel.

 

Je sais que pour nous recueillir nous avons besoin d'une trace tangible de la présence d'un corps (ou de cendres désormais) et que les familles doivent souffrir des circonstances de la décapitation des leurs et de l'enfouissement en deux lieux différents des corps et des têtes mais 18 ans après les faits j'ai du mal à comprendre leur «colère» (les journaux du 24/10/14) et leur volonté d'aller au bout de l'enquête. A moins que les miasmes du Freudisme et du "travail de deuil" n'aient accompli leur sale besogne.

 

Le film montrait la sérénité retrouvée des 7 moines trappistes peu avant leur enlèvement et, me semble t'il, cette image certes de fiction mais sans doute proche de la réalité devrait permettre d'accepter l'horreur et de passer à autre chose.

 

Alors que la religion catholique qui était la religion majoritaire du pays recule inexorablement d'année en années nous assistons à son remplacement, devant la mort, par des gestes quasiment païens au moment de la crémation ou de l'enterrement des défunts.
Cela se traduit par ces «autels» fleuris le long des routes à l'endroit d'accidents mortels et à ces urnes baladeuses, entre autres.


Il me semble que la quête des familles des 7 moines s'apparente à ces rites de deuil improvisés.

 

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 06:43

L'affaire du plug anal de l'Américain McCarthy, l'inauguration de la Fondation Louis Vuitton et l'ouverture de la FIAC, sans oublier la sortie et du placard (l'Institut du monde Arabe ou IMA) et de la naphtaline de Jack Lang ont placé la semaine passée sous la tutelle des arts et qu'importe si Arnault se fait refiler des mochetés à des prix exorbitants, si McCarthy se fout du monde et si la FIAC expose d'invraisemblables saletés le tout est de prendre un air pénétré (désolé, c'est l'adjectif qui me vient!) et de flatter le capitaine d'industrie qui s'est fait refiler des pouilleries risibles, les organisateurs du salon pour cuistres qui expose des dingueries ridicules et féliciter Lang qui use jusqu'à la corde sa légende de ministre de la culture qui a beaucoup fait pour la culture.

Parfois, doucement, je me demande si je suis seul à me révolter contre la bêtise de cette époque. Si d'autres rient de voir l'impitoyable Arnault exposer ses rogatons dans un musée qui leur est dédié et qui reçoit les félicitations d'excellences de tous bord incluant le président de la République.

D'autres que moi pleurent-ils de rire en voyant le même président prendre la défense de ce vieux cochon débile de McCarthy se lamentant sur sa sculpure dégonflée?

Y a t'il encore une personne dans ce pays pour écouter Jack Lang?pour ne pas éclater de rire devant son ton pompeux et hypocrite?

J'ai, pour ma part, entendu le "commissaire général" de la FIAC et j'ai cru à un sketche ou à une imitation des Inconnus.
Hélas... l'homme se prenait au sérieux et ses interlocuteurs aussi.*

Je sais déjà dans quel opprobre rejettent les élites tous ceux qui ne s'extasient pas devant des compositions grotesques et j'ai entendu la ministre de la culture Fleur Pellerin mépriser avec hauteur ceux qui ne comprenaient pas le sapin-plug anal.
Bientôt on nous fera le coup de "l'art dégénéré" des nazis et bientôt encore ceux qui rient des prétentions artistiques des milliardaires ennemis Pinaud-Arnault seront considérés comme des extrèmistes.

Enfin... on se console comme on peut et ce très riche patron du luxe qui dépense des fortunes en babioles dérisoires pour capter l'affection des "artistes" vaut son pesant de consolation.
Je pense au film de Jaoui/Bacri "le goût des autres". Arnault et son goût pour les arts doivent faire rire comme l'intérêt pour le théâtre du personnage joué par Bacri.

 

* Guillaume Meurice a fait une visite commentée hilarante de la FIAC hier sur France Inter à 17H30... Podcastez-la.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 07:03

Parfois, en empruntant le même itinéraire qui conduit au bureau on soupire en se disant qu'on méritait mieux et qu'on a peut-être raté sa vie professionnelle.
On envie alors les rock-stars qui mettent une ou deux groupies différentes dans leur lit chaque soir et toute sortes de produits euphorisants dans leur gosier.
Enfin... C'est ainsi qu'on imagine les choses.
En réalité depuis les années 60 McCartney chante "hey Jude" et "Let it be" 100 fois par an, David Bowie "Space Oddity" et "Let's Dance", Tina Turner  vient seulement de stopper les tournées et donc l'interpprètation presque quotidienne de ses grandes chansons "What's love got to do with it" et  "Proud Mary" et c'est ainsi pour tous et toutes. Pas de bureau mais des scènes dans des villes interchangeables où il faut chanter des scies devenues infernales.


Mick Jagger, qui n'est pas un imbécile, s'est rendu compte depuis longtemps que "Satisfaction" et "Sympathy for the Devil" ça allait bien un temps.
L'ennui c'est que ni la critique, ni le public ni ses partenaires ne l'ont laissé faire autre chose.

Keith Richards ressemble à un épouvantail dépenaillé (même chose pour Ron Wood!) mais il sait la machine à dollars qu'a été, qu'est et que restera les Rolling Stones. Il veille sur la caisse-enregistreuse et tient la laisse de son scintillant jumeau. Lâche la laisse mais laisse tout de même.


Et les Rolling Stones sans Mick Jagger c'est tout simplement inenvisageable. inconcevable. Impossible.

 

On accepte donc -du bout des lèvres- que Jagger fasse des duos show-business -"Too many cooks (spoil the soup) produit par John Lennnon - 1974, (You gotta Walk and) "Don't Look back" avec Peter Tosh -1978, "State Of Shock" avec Michael Jackson - 1984, "Dancing in the street" avec David Bowie - 1993 etc etc.
La voix de jagger est reconnaissable sur nombre d'enregistrements d'artistes divers qui vont des Chieftains à Carly Simon.

Ses incartades sur grand écran qui n'ont pas fait de lui un acteur reconnu (trop cabotin) ne lui ont pas permis de fuir de ce côté.
Une fois le vers de la discorde dans le fruit stonien Jagger a entamé une carrière solo qui, bizarrement, n'a jamais été reconnue à sa juste valeur.

4 albums "She's the Boss" (1985), "Primitive Cool" (1987), "Wandering Spirit" (1993) et "Goddess in the Doorway" (2001) ne lui ont pas, c'est un euphémisme, apporté la consécration en solo qu'il aurait tant aimée obtenir.

Ce sont pourtant des disques tout à fait honnètes qui se démarquent suffisamment des albums des Stones pour intéresser un public renouvelé.

La voix de Jagger est immédiatement reconnaissable et s'adapte à des titres qu'il a écrits dans un autre contexte que le groupe. Ils valent bien ceux d'un Bowie, ceux d'un Clapton, d'un McCartney ou de chanteurs plus jeunes.
On ne peut incriminer l'âge parce que Jagger est un homme qui sait se servir des médias et que ses faits et gestes les intéressent. On ne peut non plus mettre cette désaffection sur le compte de la mode puisque les Rolling stones, malgré leurs cinquante ans de carrière remplissent les salles et intéressent plusieurs générations.

Dylan tout seul passionne, Léonard Cohen, malgré ses 80 ans est idôlatré. Patti Smith a une aura indélébile, Bowie disparaît sous l'encens... Mais Mick Jagger est "le" chanteur des Rolling Stones et ce carcan est son bracelet de prisonnier.
Heureusement qu'il lui reste la possibilité d'avoir "l'esprit vagabond" , titre de son meilleur album solo...

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 12:00

Lundi je me demanderai à haute-voix pourquoi l'excellent Mick Jagger est condamné à chanter "Satisfaction" dans les stades

depuis 50 ans alors qu'il aimerait mieux rivaliser en solo avec Bruce (Springsteen) et Prince.
L'affaire du "plug anal" de Paul mcCarthy, l'ouverture de la Fiac et celle de la fondation Machin me feront divaguer sur l'époque et la culture. J'en profiterai mardi pour me moquer du milliardaire Arnault qui, non content d'acheter des saletés à des prix phénoménaux les expose et aime la compagnie des artistes.

Les têtes des moines de Tibhirine m'occuperont mercredi matin. Je suis pour l'interruption volontaire du "travail de deuil" des familles des trappistes...

Jeudi je me renie et vendredi je laisse libre cours à ma mauvaise foi en autopsiant l'ex-conseiller de Sarkozy Patrick Buisson

qui est à la fois le Dr No, Olrik, le Dr Müller et un homme des extrèmes.

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 07:07

A l'occasion du Nième come-back de celle que ses amis appellent entre eux la "mère Emptoire", alias Martine Aubry,  j'ai été saisi d'un doute si profond qu'il remet pratiquement en cause l'ensemble de mes croyances et pensées sur certains sujets politiques et économiques.

Certes ça ne date pas d'hier et mes certitudes ont été attaquées tellement souvent qu'elles sont réduites à l'os mais la journée Martine Aubry de ce lundi 20 octobre 2014 laissera trace et malaise.
Je m'explique.
Des personnes qui occupent ou ont occupé des postes au gouvernement, des personnes compétentes et reconnues, qui ont étudié dans les meilleures écoles du pays et qui font autorité en matière économique et politique n'ont cessé de se disputer hier sur le bilan des 35 heures que la maire de Lille a instaurées sous Jospin premier ministre de cohabitation (1997-2002).

Les uns soutiennent que cette mesure phare a permis de créer "plus de 500000 emplois" tandis que les autres vouent cette même loi et son inititiatriice aux gémonies en assurant qu'elle est la cause de la destruction de... 500000 emplois.

 

A notre niveau nous ne saurons jamais qui dit vrai et seule le comportement partisan nous fait pencher pour la création ou la destruction de ce demi million d'emplois.

 

Très souvent nous acceptons la présentation de chiffres ou de résultats concernant une action politique en fonction de celles et ceux qui en sont les auteurs.

Nous avons tendance à accepter ce que disent les responsables de la majorité pour laquelle nous avons voté et ce d'autant plus que celle-ci nous donne des gages. Quand Nicolas Sarkozy réunit des tables rondes sur "l'identité nationale" ou quand Hollande instaure le "mariage pour tous" il consolide ou espère consolider le lien qui l'unit à ses électeurs.

 

Il est du ressort de cette maudite "com" et du savoir faire des hommes et des partis de faire en sorte que le "corpus

idéologique" choisi par la majorité (ou l'opposition) soit fait sien par chaque élécteur.

 

Et nous, simples électeurs dont les opinions sont façonnées par un ensemble d'acteurs et de facteurs qui vont de notre milieu social, de notre situation financière, de nos traits de caractère à notre sensibilité et à notre culture personelle nous acceptons, dans le cas présent, de nous ranger derrière ceux qui considèrent que les loi Aubry ont détruit ou crée 500000 emplois.

 

Existe t'il, dans le pays, une ou plusieurs personnes non-partisanes qui puisse(nt) prouver cette assertion? chiffres en mains? pourquoi 500000 et pas 764362?

 

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 07:26

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Il fallait un coup d'arrêt à ma "chance cinématographique". Après avoir vu une série de films magnifiques j'ai mis un point d'arrêt à la série.

Non que le film soit mauvais, au contraire il est incroyablement bon, mais il s'agit de ce cinéma qui déprime et qui conforte l'image noire qu'on peut avoir de l'humanité.

N'étant pas aspirant metteur en scène et ne connaissant pas trop la technique l'aspect purement mise en scène et son formalisme ne m'intéressent pas vraiment.

"Tribe" est un film Ukrainien d'avant la Révolution de Maïdan il est terriblement juste et d'une noirceur que je n'ai quasiment jamais vue au cinéma (ou alors dans "Scum" (1979, Alan Clarke)  "La dérobade"  (1979, Daniel Duval) ou "Série noire" (1979, Alain Corneau).

 

Je ne peux pas dire que je ne le savais pas puisque le programme du cinéma et les articles de journaux qui en parlaient que j'ai lus étaient clairs, eux.

 

Mais il y avait, pour moi, un puissant aimant pour aller voir le film: le fait qu'il ait été tourné avec des acteurs sourds-muets, en langage des signes sans sous titres ni voix off. Un tel pari cinématographique valait le déplacement.

 

Le film est une fiction mais parfois le réalisme est tel qu'on vient à en douter. L'action se passe dans un internat scolaire  réservé aux sourds-muets, en Ukraine. Les pensionnaires sont des adolescents qui n'ont plus la moindre illusion et dont le comportement est tout entier tourné vers et l'obtention d'argent et de plaisir sexuel. Les garçons font des trafics, braquent des clients de supermarché et vendent des objets dans les trains tandis que les filles se prostituent aupès des camionneurs sur les parkings de routiers.

Il n'y a aucun espoir, les décors naturels du films sont tragiquement laids et pauvres. L'établissement scolaire est d'une tristesse à pleurer et ce que l'on voit de l'Ukraine laisse songeur quant à la convoitise de la Russie.

Comme ils n'ont rien à perdre les pensionnaires sont d'une violence gratuite et sauvage. Ils n'hésitent pas à torturer l'un des leurs avec les méthodes des basses-polices des dictatures les plus sanglantes.
Les filles se prostituent, sont prostituées comme si elles n'étaient pas des êtres humains et on leur impose une sexualité bestiale et brutale.

 

Pensant peut-être que notre moral ne chutait pas assez, au 2/3 du film l'épouvantable spectacle de l'avortement d'une pauvre gamine nous est imposé avec des détails sordides et hyperréalistes. Après deux accouplements assez éprouvants et quelques tabassagesdouloureux par leur spectaculaire brutalité on est bien prêt à demander grâce. 

 

On l'aura compris, surtout si on a vu l'un des 3 films cités de 1979 (on s'amusait cette année là!), aller voir ce film n'est pas synomyme de soirée-détente.

Le fait que le film n'ait aucun dialogue audible surprend au début mais ne gène en rien la compréhension de ce qui se "dit" et de l'action sur l'écran.

 

Ce cinéma, qui a choisi la fiction pour parler de nous et a complètement biffé le divertissement est trop noir pour moi.

Je reconnais la beauté formelle de la mise en scène, sa jutesse sans faille et le parti pris de nous montrer la vie telle qu'elle est sans fioritures. Cependant la beauté du jeu des comédiens ne parvient pas à masquer la noirceur du propos et la grisaille de l'ensemble.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:42

On ne se pose pas assez souvent la question du "pourquoi" en insistant toujours sur celle du "comment".
En ne traitant pas les problèmes à la source on ne fait que les survoler et jamais on ne remédie au mal en le décrivant.

L'alcoolisation proprement stupéfiante des jeunes de nos pays est un phénomène qui a pris une ampleur que nous préférons ne pas voir.
Pourtant si des jeunes gens et jeunes filles cherchent l'ivresse et  même la défonce chaque fin de semaine dans des beuveries que l'on peut voir absolument partout c'est sans doute que notre belle civilisation ne les satisfait pas, non?

 

On peut éventuellement penser que les drogues, des plus douces aux plus dures permettent de se sentir mieux et de stimuler la créativité ce que la la beuverie du samedi n'a ni l'ambition ni le pouvoir de faire.

 

Nos "penseurs" en chemise blanche, nos médiacrates donneurs de leçons et nos politiques devraient s'interroger sur la réponse en creux que leurs donnent ces milliers de jeunes qui, pack de bières ou alcools forts aidant, "se mettent minables" dès les cours achevés du vendredi et ce jusqu'au lundi matin. Leurs mirifique société de consommation et de divertissement ne suffirait donc pas à ces jeunes moins stupides qu'ils le pensent habituellement? 

A noter au passage, ce qui n'est jamais souligné, que les "beurs" ne boivent pas et qu'on n'en rencontre jamais beuglant et dégueulant comme les autres.

 

Certes la religion et son jusque-boutisme (lundi 20 à 7H54 sur France Inter un évèque Français disait encore que la contraception n'était pas "la" solution...) n'est qu'une voie sans issue mais si nous avions un avenir commun peut-être l'alcool et les drogues seraient moins nécessaires.

 

Du "temps de cerveau" (pour Coca Cola) disponible de l'ancien patron de TF1 à la Rolex qu'on doit avoir à 50 ans si l'on veut avoir réussi sa vie selon le gourou Séguéla on voit bien que l'horizon consumériste n'a pas suffit et ne suffira jamais pour remplir une vie.

Les idéologies comme les religions ayant conduit l'homme à l'ignominie absolue il faudra bien trouver autre chose.

Nul ne peut blâmer ces épaves beuglantes qu'elle croise les samedis: avec un présent et un avenir aussi sinistrés il est bien normal qu'elles cherchent à oublier.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:00

Parce qu'il a écrit deux ou trois chansons pour des artistes confidentiels et surtout parce qu'il a été jury dans un télé-crochet André Manoukian est maintenant la référence dès qu'on parle variétés, rock, jazz et pourquoi pas salsa ou opéra. Pourtant, malgré une prétention qui frôle la cuistrerie, l'animal n'y connaît pas grand chose et répète ce qu'il a lu ailleurs en s'en attribuant sinon la paternité du moins le mérite.
Il n'y a pas si longtemps il fallait se pincer en écoutant "son" portrait radiodiffusé de David Bowie qui ne reculait devant aucun poncif ni aucune facillité. Cet expert autoproclamé et reconnu par des ignares pressés est un des imposteurs de notre époque qui les aime tant.

 

Autre insignifiance fêtée injustement, la Belge Charline Vanhoenacker une méga-bêtasse ricanante qui, allez savoir pourquoi, a hérité d'une des meilleures tranches horaires sur France Inter (17H00-18H00) alors qu'elle n'a strictement rien à dire, qu'elle est stupide et qu'elle fait du sous-Ruquier-Bouvard avec un consternant manque d'imagination. Dans ce néant radiophonique la chronique de Guillaume Meurice est la seule chose à sauver.  Elle ne dure que 2 minutes, hélas.

 

Puisqu'on est dans les fausses valeurs le trop fameux nom d' Eric Zemmour ne peut être passé sous silence. tout a été dit sur ce personnage sauf qu'il est tristement rétrograde et que sa vision politique est franchement réactionnaire. Pas besoin d'employer les mots qui fâchent et qui se terminent en -isme. L'homme regrette le passé qu'il idéalise et rejette tout ce qui ne va pas dans ce sens. Comme BHL et tant d'autres il bénéficie de cet exorbitant privilège d'être le bienvenu sur tous les plateaux de télévision ou studios de radio alors qu'il tient toujours les mêmes propos.
Personne ne dit à ce triste bonhomme qu'il est ennuyeux comme un dimanche pluvieux de novembre et que sa France idéale était celle de Monsieur Thiers en... 1871.

 

La place me manque et, surtout je ne veux pas passer trop de temps en leur compagnie, pour citer tous les imposteurs que notre époque protège et flatte. Mais comment ne pas parler des communiquants qui coachent Manuel Valls, un premier ministre insignifiant dont chaque respiration est soufflée par l'équipe de RSCG qui avait DSK et Cahuzac dans ses "poulains"? Stéphane Fouks, Gilles Finchelstein, Anne Hommel et Ramzi Khiroun forment une sorte de "cabinet noir" et leurs conseils sentent les gros sabots d'une part et l'insondable mépris des électeurs de l'autre.


Devant leurs méthodes et leur travail on trouverait presque quelque chose à sauver dans du Séguéla!  Je n'avais rien contre Valls (ni pour d'ailleurs) mais cette marionnette mécanique qui débite des banalités abyssales à longueur de temps m'exaspère. Cette mise en scène... ce faux-naturel étudié au millimètre près... qui croit encore à de telles âneries? et qui les paie???
Qui dira un jour notre écoeurement devant ces tours de passe-passe de la communication politique?

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 07:02

Quand on parle des USA en France c'est quasiment toujours pour les dénigrer.

Nous avons, vis à vis de ce pays qui par deux fois au vingtième siècle nous a sauvé la vie lors de guerres européennes qui, au départ, ne le concernaient pas une attitude ambigüe qui mélange des sentiments aussi différents que la jalousie, le ressentiment, le mépris et l'agacement.

En quelque sorte nous lui en voulons de nous avoir vu en fâcheuse posture et notre honte se transforme en agressivité.

Pendant la "guerre froide" la France et les Français -sans doute par peur- ont été plus complaisants avec l'URSS et le communisme, lui trouvant toujours des excuses et des possibilités de s'amender qu'avec la politique américaine. Avec le recul on peut même s'étonner que les Etats Unis ne se soient pas lassés de se faire mordre la main que sans cesse ils nous tendaient.
... On parlera de leur intérêt et de leur impérialisme bien compris. Sans doute.

Il n'empêche que l'amour/haine que nous inspire cette grande et belle nation a de quoi surprendre. Nous l'avons toujours trouvée lorsque nous étions dans le besoin. Toujours.

Le plan Marshall par exemple...

Je suis toujours un peu agacé lorsque je lis des critiques impitoyables sur la guerre du Vietnam, sur l'épisode (certes paranoïaque et affligeant) du Maccarthysme etc...

La glaciation à l'Est sitôt la guerre finie, le "coup de Prague", l'état de guerre en Pologne, l'invasion de l'Afghanistan en 1979.... ce n'était pas plus grave que la traque des communistes à Hollywood?

Pendant toute ma vie j'ai entendu le même deux poids deux mesures pour les pays dits "progressistes" (allez demander aux Albanais ou aux Nord-Coréens s'ils vivaient ou vivent dans un pays progressiste!) et le pays de Lincoln.

Malgré ses tares (quel régime politique n'en comporte pas?), malgré ses erreurs, malgré ses difficultés il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que les États-Unis méritent mieux que ce dénigrement permanent.
C'est vrai, ils sont incultes, c'est vrai ils "imposent" ou essaient d'imposer leur mode de vie et de pensée (mais ils le font pacifiquement... rappelez vous le mur de Berlin!) c'est vrai que leur nourriture, leurs parcs à thèmes et leur cinéma du moins pour l'essentiel) sont des purges mais ne sommes nous pas nous mêmes les artisans de notre esclavage en les copiant en tout? qui met des mots anglais partout? qui singe leur télévision abrutissante? qui ne jure que par leurs "stars", leurs produits, et in fine, par l'American Way Of Life"? Il faut voir nos petits marquis progressistes de l'audio-visuel lorsqu'un rappeur américain leur fait l'honneur de venir sur leur plateau: l'extase!

Nous aimons les détester car nous jalousons la grandeur qu'ils nous ont  "prise". Notre Histoire, Versailles Napoléon et le reste auraient dû (nous le croyons en notre for intérieur) nous donner un statut de pays phare que nos désastres guerriers et le flirt poussé de nos intellectuels avec toutes les formes imaginables de dictatures de la pensée ont au contraire interdit.

On se doit d'être critiques et il va sans dire que beaucoup d'aspects de la vie américaine du passé et du présent méritent d'étre analysés et critiqués.  Mais garder la mesure dans la critique et ne pas la systématiser par principe devraient être la règle. On en est loin.

Alors nous focalisons sur des Bush Jr sans voir le Sarkozy (ou le Hollande) à qui nous nous donnons, les "20 nuances de Gray" sans voir Guillaume Musso et Marc Levy et Batman sans voir nos niaiseries intello à deux balles...

Je dois reconnaître que les Etats Unis donnent parfois eux mêmes d'eux mêmes une vision repoussante. En regardant le deuxième volet de "Jurassik Park" ("Le monde perdu") j'ai vu en condensé tout ce que nous reprochons à la civilisation américaine et d'abord ce goût insensé des armes, un sentimentalisme exacerbé qui côtoie une violence et une agressivité de tous les instants, un infantilisme agaçant, le mépris de la nature, de la science, de l'histoire, du passé mais aussi le goût immodéré des dollars et, enfin, un appétit répréhensible pour de la nourriture répugnante.

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 10:19

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Jusqu'à samedi dernier, 18 octobre, j'ignorais l'existence et le talent de photographe de Sebastiào Salgado.

C'est ce qui me plaît dans le fait de vivre et de vieillir: la possibilité de découvrir et celle de savoir immédiatement si la découverte est importante ou pas.

Dans le cas du Brésilien il y a eu une "déflagration" et jamais, je pense, je n'oublierais le portrait filmé que j'ai vu de lui. Cette passion, ce regard, cette humanité et ce talent sont inoubliables.


Pendant 1 heure et demie nous sommes avec un humain qui rendrait fier d'appartenir à l'humanité et d'être son égal. Un homme qui réfléchit, qui aime et partage, sans la "ramener". Un homme qui souffre pour les autres tout en les observant et en témoignant de ce qu'est parfois l'existence.

 

Wim Wenders, le cinéaste Allemand bien connu a réalisé un film passionnant et, c'est suffisamment rare pour le souligner, s'est effacé derrière son sujet.
Je veux dire qu'il n'a pas essayé de tirer la couverture à lui et a, au contraire, donné la part belle au photographe qui donne les clés pour comprendre à la fois son art, et ce qui le sous tend.
Que ce soit, dans le film, la mine d'or au Brésil, le cercle polaire arctique, l'Ethiopie, le Rwanda, les puits de pétrole incendiés par Saddam Hussein, les gorilles, les enfants, la mort ou la nature rien n'est andin, tout possède un supplément d'âme qu'on lit sur chacune de ses photographies (et sur le visage de l'homme au Leica).

 

 

A un tel noiveau de composition mais aussi de vérité, de passion mais aussi d'empathie la photo est un art qui n'a rien à envier aux autres et qui leur dispute même l'authenticité.
Des photos vues dans le film (le regard des trois petits noirs sous une couverture, le charnier de l'église, la femme aveugle d'Ethiopie, la mine d'or, les camps de réfugiés au Gabon mais aussi la nature, la montagne, la patte de l'iguane...)

laissent dans le souvenir une trace éclatante et profonde.


Ce film, "le sel de la terre" est un bijou et je plains celles et ceux qui ne le verront pas: ils ne savent pas ce qu'ils perdent.

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