Dimanche après midi, après être allé regarder la "zombies walk" de Toulouse et avant de ressortir je suis passé chez moi pour repasser les chemises qui s'accumulaient sur la barre de douche.
D'habitude quand je repasse j'écoute de la musique mais là, paresse ou manque d'idée j'ai allumé la télé et suis resté devant la rediffusion, sur Canal + Décalé, de "Salut les terriens" de Thierry Ardisson.
Est-ce que je me suis lassé de ce badinage sans intérêt, est-ce qu'Ardisson a perdu la main? toujours est-il que j'ai été abasourdi par le vide de l'émission. Je plaçais Ardisson un chouïa au-dessus du lot des autres. Il s'abime doucement dans la médiocrité et le cabotinage.
Dans le désordre la grosse mère Bernier, plus grossière et gouailleuse que jamais venait vendre la pièce du grand dramaturge Laurent Ruquier, pièce qu'il a écrite exprès pour cette grande interprète, il y a eu un amant de Madonna qui est venu vendre ses 3 semaines de souvenirs oraux, puis un noble du prêt à porter dont Ardisson a tenu à nous dire qu'il avait été marié à une Miss France et que celle-ci était maintenant avec le philosophe Arthur, aussi animateur de télévision et grand homme de culture. Oublierais-je quelque chose? oui... Michel Drucker et le rédacteur en chef de "Télé 7 jours" ont débattu quelques minutes sur les vertus comparées de la télévision d'hier et d'aujourd'hui. Un combat de titans cultivés et passionants, on imagine. Comme il se doit, il a bien été diffusé un zapping-résumé de la semaine bien vulgaire, bien racoleur, bien affligeant.
Un moment je me suis souvenu que Thierry Ardisson s'était fait connaître par son insolence et son franc-parler. Tout celà est si loin... Il fait des plaisanteries qu'on a sans doute écrites pour lui, arbore un bronzage à la Séguéla et ne réagit même pas quand Drucker, ce prospecteur-placier en aspirateurs, ce camelot en alcool frelaté qui a vendu du Cloclo, de la Sheila et de la Dalida aux Français pendant quarante ans vient vanter son "bilan".
Ce petit monde plus payé que des chercheurs à l'Inserm ou des médecins du Monde s'autocongratule et, un instant, on
aimerait que tout ceci soit remis à sa place. Mais les émissions sont montées, ripolinées, lissées et aucune aspérité ne vient empêcher ces braves gens de venir faire leur numéro. Même l'insolent de service, le dénommé Proust enfonce des portes ouvertes et n'égratine que des cibles acceptables par la Direction de la chaîne (le budget com, Coco, le budget com).
L'entartreur, qui écrasait des tartes à la tête des tartuffes du show business me manque parfois.
