Les gouvernants des pays démocratiques ne voient pas leurs peuples d'une manière différente des souverains autocrates des XVII et XVIII èmes siècles.
Des enfants mineurs à qui il faut cacher certaines choses et enjoliver le reste en simplifiant au maximum.
Ne leur en déplaise et malgré des moyens considérables utilisés pour maintenir la majorité des populations dans une bêtise de bon aloi (ils ont des moyens infinis pour ça*) le niveau général des peuples démocratiques s'est considérablement élevé et il est plus difficile que jamais de leur faire prendre des vessies pour des lanternes et une politique de famine pour un progrès.
Comme, parallèlement à cette élévation du niveau de compréhension des populations s'est produit -malgré tout- l'essor d'une information libre; la parole politique, les promesses électorales, les chiffres et les annonces restent vérifiables et, même si le processus est pipé par des médias complices des pouvoirs auxquels ils doivent tant, il n'est plus possible d'effacer complètement des mémoires ce que d'aucuns aimeraient tant qu'on oublie.
En résumé les pouvoirs, de Droite, de Gauche ou de l'Espace ne peuvent plus trop tabler sur notre bêtise ou notre placidité parce que l'information existe et qu'elle reste vérifiable toujours et en tous lieux. Et contre la volonté parfois de personnes ou institutions dont c'est le métier et qui font le contraire.
Deux exemples, l'un politique l'autre économique me viennent à l'esprit pour illustrer ce que j'avance.
La crise bancaire de 2008 et les trop fameux LBO qu'on nous présentait comme des miracles à l'époque où il s'en signait partout.
La crise bancaire (que le contribuable a fini par payer) vient de ce que les banques ont spéculé tant et plus jusqu'à ces fameux actifs toxiques qui ont fini par faire exploser une partie du système.
Je ne reviendrais pas sur ces prêts à la propriété qu'on a consentis à certains américains pauvres pour qu'ils deviennent propriétaires. Il faut être d'une naïveté confondante pour croire que les américains misérables ont mis les généreuses banques en faillite... C'est quand même ce qu'on a essayé de nous faire croire!
Le capitalisme sauvage et brutal, ces enrichissements à la fois gigantesques et totalement immoraux ont été avalisés par les politiques comme par les médias qui, avant de crier haro sur le baudet Madoff l'ont adoré comme tous ses comparses.
Rien n'était plus admirables que ces profits éblouissants et ces "golden boys" qu'on nous présentait comme une caste de happy fews hors du commun. On a vu (un temps) ce qu'il en était.
Je reste persuadé que les banques n'ont pas cessé ces agissements et qu'elles continuent, plus discrètement, à jouer avec le feu.
On nous parle de Justin Bieber, de Beyonce, de Jean Dujardin et de Valérie T*** pour que notre vigilance soit éteinte et nos regards tournés vers de la futilité.
Pas certain qu'une autre crise bancaire soit acceptée aussi facilement que la première par des populations à qui les sacrifices sont perpétuellement demandés sans la moindre contrepartie.
Les LBO, je me souviens de mes colères lorsque mes 1700 collègues appaludissaient le PDG de ma boîte qui en avait signé un, étaient censés enrichir l'ensemble des entreprises qui faisait appel à ce process.
Le corollaire était une folie douce: des progressions à deux chiffres des résultats nets de l'entreprise, tous les ans, au détriment de tout le reste. Plus d'augmentations, des économies sur tout, des hausses de tarif insupportables pour les clients qu'on prenait pour des gogos, des discours mensongers et hypocrites qui justifiaient le tout, sans oublier une course effrénée aux résultats exigés par les actionnaires. Et du miel pour les 4 ou 5 mâles dominants de l'étage noble.
J'ai appris, ce qui ne m'a pas le moins du monde surpris, que ma boîte en question; était dans de telles difficultés que le PDG et fondateur avait été remercié, tout comme 450 salariés (dont moi!) et que les clients l'avaient déserté au point que le LBO avait été abandonné et que les créanciers allaient diriger l'entreprise. J'ai encore les applaudissements debout chez Mickey dans les oreilles.... Les cocus doivent avoir un réveil difficile.
Il faudrait ressortir les analyses économiques de France Inter ou des Echos qui n'avaient pas d'adjectifs assez laudatifs pour cette escroquerie légale. Ce ne sont là que deux exemples.
*Les Rois et l'ancien régime n'avaient pas la télévision, la civilisation des loisirs, la consommation de masse, le rock, les jeux electroniques, le football, les loisirs etc à leur disposition pour occuper leurs peuples.
J'ai voyagé, samedi soir, à côté d'un quadragénaire qui a joué à des jeux sur son téléphone (niveau super Mario...) et qui écoutait une "musique" répétitive conçue par des industriels de l'agro-alimentaire reconvertis ou ayant opéré une diversification.
Une vache dans un champ était moins bovine que mon voisin de siège. Un électeur qui contredit un peu ce que je dis plus haut. Avec des c... pareils les pouvoirs peuvent sans doute encore (un peu) tirer sur la corde.
