David Gilmour n'est pas en cause: il reste un prodigieux guitariste et il fait pleurer sa guitare comme jamais sur "Endless River", le "nouvel" album de Pink Floyd.
Car il y a un "nouveau" Pink Floyd en cette fin 2014. Voyage dans le passé garanti.
L'album n'est pas nul mais semble avoir été enregistré entre "Wish you were here" (1975) et "The Wall (1979). A cette époque le groupe était déjà un dinosaure qui vendait chacun de ses opus à des millions d'exemplaires.
Les deux têtes pensantes, Gilmour donc et Roger Waters (le bassiste psychotique) se détestaient déjà cordialement et les disques qu'ils produisaient, sans être désagréables, étaient constitués de longues plages instrumentales dans lesquelles s'intercalaient des bruitages et un chant à prétention philosophique ("Animals", "Final Cut", "The Wall").
Méchamment on disait à cette époque que les disques du Floyd servaient à règler la stéréo des pick-ups.
Méchamment toujours, on disait que le groupe était l'un des seuls à plaire aux adolescents et à leurs parents.
Pire: les publicitaires aimaient le groupe.
On n'a pas forcément suivi les guerres pichrocolines qui opposèrent le bassiste paranoïaque aux autres membres du groupe, les batailles homériques pour le droit d'utiliser la marque Pink Floyd et on ignore sans doute les carrières solos des uns et des autres ainsi que les albums publiés ici et là avec 50 ou 75% du personnel.
On avait, il faut le dire, oublié le combo même si les concerts de David Gilmour ou ceux de Roger Waters faisaient encore l'actualité, à juste titre d'ailleurs.
Il y a quelque temps on a appris que la discographie du groupe s'augmenterait d'un album supplémentaire. La liste ne se limiterait pas à "The piper at the gates of dawn" (1967) jusqu'à "The division bell" (1994) pour les albums studios.
Je renonce à citer les innombrables compilations, albums Live etc. qui occupaient le terrain et sortaient à propos au moment de Noël pour remplacer les audiocassettes, les vinyls, les premiers CDs, les CDs au remix moyens et les CD presque parfaits.
Pour tout le monde le Pink Floyd était mort et enterré, comme son clavieriste Richard Wright décédé en 2008.
Et bien non!. Les septuagénaires Gilmour et Mason (le batteur), 50% forci et vieilli du groupe ont travaillé en studio des vieilles bandes et hop! un disque qui vous rappelle quand vous planiez entre Edgard Quinet et Sèvres-Lecourbe avec votre mini K7 Philips sur lequel vous écoutiez "Ummagumma".
De longues plages instrumentales dans lesquelles s'intercalent des bruitages et quelques extraits de conversation, une chanson qu'on a l'impression d'avoir entendue 700 fois lorsqu'on la découvre, 1H00 de musique plus datée que si elle avait été enregistrée il y a quarante ans.
La photo du boîtier CD rappelle elle aussi ce que le groupe faisait dans les années 60-70. Le retour dans le passé est exemplaire.
C'est bientôt Noël, le disque est Numéro un des ventes dans le monde entier (Syrie et Irak exceptés)... je l'ai acheté à la FNAC (comme autrefois).... J'attends avec impatience le nouveau Led Zeppelin.

