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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 07:02

J'ai quelques scrupules à taper encore et toujours sur ma tête de turc habituelle, à savoir la presse Française. Mais je me pardonne moi-même en me disant que si je la voue aux gémonies c'est parce que j'ai une haute idée de ce qu'elle pourrait et devrait être et aussi parce que je sais qu'au fond de moi c'était ma vocation.

Je crois que c'est Thierry Ardisson (!) qui m'a dégouté de ce métier avec une émission plutôt sympa du début des années 80 qui s'appelait "Scoop à la une". Le principe était, si je me souviens bien, de trouver le titre le plus "percutant" pour un sujet donné et deux équipes s'affrontaient.
Je crois me rappeler que plus c'était vulgaire, racoleur ou stupide mieux ça passait.

Il me semble que mes goûts, mes choix et ma façon de les exprimer n'auraient, de toute manière, pas été consensuels.
J'aimais, à cette époque, des journalistes comme Dominique Jamet ou Philippe Alexandre qui, si j'ai bonne mémoire, n'étaient pas des pisse-froids.

Donc je tape aujourd'hui sur un magazine, l'Obs de cette semaine, et sur un article qui est -à mon humble avis- l'un des plus consternants que j'ai lus depuis quelques années.
Il est consacré à Alain Juppé et c'est l'article (et la couverture) qui doivent déclencher l'acte d'achat.

Il y a d'abord une lecture à faire qui est hilarante: c'est de lire l'article en soulignant mentalement tous les mots, adjectifs ou expressions qui sont positifs, flatteurs, laudatifs ou même franchement lèche-cul. Ils abondent.
La deuxième lecture consiste à essayer de trouver du négatif. On est dans un hebdo "de gauche" (laissez moi rire!) et il est possible que quelques (é)lecteurs aient oublié l'appartement de la ville de Paris, la condamnation pénale, les manifestations de 1997 et la Thomson qui ne valait "qu'1 euro symbolique".  Juppé semble être le second choix des socialistes dans le cas où leur champion ne passerait pas le premier tour des présidentielles de 2017 alors on passe très très vite sur le rappel de ces douces turpitudes. On évacue l'âge, la raideur du bonhomme, son passé exclusivement politique (que connaît il d'une entreprise lui qui n'y a jamais passé une semaine? que sait-il des banlieues? du radicalisme religieux, du hard rock? des super-héros? du monde du travail?) et on arrive au plat de résistance:

La juppémania ou supposée telle.

Autour de moi je n'ai entendu personne me dire qu'il attendait Juppé. Godot oui, Juppé non.

Qui l'article cite t'il pour démontrer l'appétit de Juppé des frémissantes masses roses?
- Georges-marc Benhamou. un des responsables de la "tontonmania" de 1988, le soutien de Sarkozy en 2007 qui a craché dans la soupe une fois le quinquennat achevé et qui se donne au plus offrant. En lisant "Globe" son journal de l'époque on avait l'impression de lire "la Pravda" soviétique en pire! le cu-culte de la personnalité mitterrandienne au paroxysme.
- Pierre Arditi, comédien certes gentillet mais bon, ce n'est ni Marlon Brando ni un penseur. juste un artiste de second plan qui joue des pièces de boulevard et des films confidentiels.

- Eric Orsena, auteur de livres vendus par l'éducation nationale ou offerts aux pays francophones, ancien mitterrandiste de choc en mal de courtisanerie.

- Alain Minc. Qui a successivement soutenu Giscard, Barre, Chirac, Leotard, Madelin, Balladur, Sarkozy et donc Juppé. Ludion médiatique il est comme le furet de la chanson. Un bilan d'homme d'affaires nul et une crédibilité proche du zéro.

- la belle-fille mélanchonniste d'Alain Minc. (authentique).

je crois qu'avec ces témoins de moralité Juppé est habillé pour 3 ou 4 saisons.

De tout cela il ressort que certains médias, les "décideurs" et certains politiques préparent leurs arrières. Pour que tout change en restant pareil l'énarque Juppé remplacerait l'énarque Hollande.

Avec Juppé et la délicieuse Isabelle on retrouvera une droite loden BCBG, la bourgeoisie tendance des Chartrons et on évitera la grossiereté Sarkozy qui incarnait trop le mauvais Neuilly, celui du clinquant et du langage mal maîtrisé.
"Ces Sarkozy, ces Balkany, infréquentables ma chère! je ne les voudrais pas dans mon chalet Philippe Starck de Méribel".

 

Personnellement je doute fort que les Français vont porter Juppé à l'Elysée. Ils sont si dépressifs, si en colère, si remontés contre la classe politique que je ne les vois pas voter pour un viel apparatchik RPR pardon UMP qu'ils voulaient pendre aux grilles de Matignon en 1997.

 

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 07:01

Nicolas Sarkozy est un modéré. Il ne veut que "retarder" la retraite à 63 ans. Le Medef est beaucoup plus ambitieux puisqu'il veut la déplacer à 67.

Il faut dire que, pour le premier comme pour les membres de l'organisation patronale 50% de la moyenne mensuelle des 25 meilleures années ça doit faire plus que pour le salarié moyen...

Dans un pays où l'on n'a pas le choix, où l'on est obligé de cotiser c'est pieds et mains liées qu'on est livré à ces changements unilatéraux des règles.
Un jour on diminue les taux, un autre on augmente le temps de cotisation. C'est inadmissible mais à chaque fois ça passe.
Mieux, les ministres ou présidents qui font passer ces lois scélérates s'en glorifient et pensent pouvoir s'en servir pour montrer leur "courage politique".
Avec le chômage de masse endémique ce hold up légal est sans doute le scandale qui fera qu'un parti d'extrême droite finira par arriver légalement aux affaires.
On me dira: "Les Français n'ont qu'à cotiser à des caisses de retraite complémentaires". Sans doute mais c'est ignorer le salaire moyen, le taux d'imposition, les dépenses incompressibles et les budgets assaillis de toutes parts par les taxes, amendes, et autres contributions indirectes.

 

Et puisqu'on est dans le marais politique je m'insurge contre l'utilisation à tous bouts de champ de l'expression "faire bouger les lignes". On le sait, cette expression est extraite d'un sonnet de Baudelaire intitulé "La beauté" et est exactement:  "Je hais le mouvement qui déplace les lignes".
C'est François Mitterrand qui a le premier utilisé l'expression et elle est devenue, depuis, l'une  des plus éculées du langage politico-médiatique. C'est le cliché absolu mais ceux qui l'utilisent se croient sans doute bien malins. 

 

 

J'apprends que le Caporal Valls s'est énervé contre le retard pris par l'agrandissement -au détriment des sublimes serres de la ville de Paris- de Roland Garros. La maire Anne Hidalgo, la fédération Française de tennis, le gouvernement sont donc pour le massacre d'un des plus beaux sites de Paris. et tout ça pour une manifestation mondaine et sportive qui a lieu 15 jours par an. Des serres centenaires, des plantes magnifiques, un endroit privilégié qui n'ont plus que Ségolène Royal comme soutien.

Le bulldozers doivent piaffer. Il faut  bien accueillir Papy Belmondo, le fils Lagardère et sa Jade et le couple Beckham....

 

 

 

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 06:21

Hier, au cours d'un dîner très agréable où les générations et les nationalités étaient mélangées j'ai demandé des nouvelles d'A***, l'ami d'un des présents que j'avais rencontré à 2 réveillons de nouvel an, revu à un dîner d'été chez lui un soir dans son jardin toulousain et une fois au marché St Aubin où nous avions parlé ensemble. J'avais regretté de ne pas avoir eu la présence d'esprit de lui proposer un café-croissant et m'en étais voulu de cette "timidité" qui me bloque parfois.
A*** avait un cancer des poumons mais semblait lutter contre avec un certain succès. Il était faible parfois mais si on ne l'avait pas su on n'aurait jamais diagnostiqué ce mal impitoyable.
A*** est donc mort il y a quinze jours, et il a tenu un peu plus de deux ans entre l'annonce du mal et son décès.

Je ne l'ai pour ainsi dire pas connu mais j'avais senti son humanité et découvert une partie de ses centres d'intérêts qui n'étaient pas inintéressants, loin s'en faut. Je me souviens des musiques qu'il aimait et des livres qu'il lisait.

En vieillissant la liste des personnes qu'on a croisées, aimées, avec lesquelles on a sympathisé ou simplement partagé quelques bons moments et qui sont aujourd'hui disparues s'allonge.
On revoit leurs traits, on entend leurs voix ou leur rire mais il font partie de cette cohorte de gens qui "ne sont plus".

Comme de leur vivant il y en a qui manquent plus que d'autres, quelques uns auxquels on pense plus souvent mais tous ont laissé une empreinte à la fois discrète et solide.
A*** est passé et je ne l'oublierai pas.

 

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 06:43

De la conjointe jalouse à l'employeur soupçonneux nous sommes désormais, à cause des nouvelles techniques, obligés d'être transparents et souvent contraints à l'être sans l'avoir désiré.

 

La grande mode de la géolocalisation est certainement inoffensive. Il n'empêche que de votre vitesse au nombre de pauses, de la durée de vos arrêts au kilométrage précis rien n'échappera à cette surveillance pointue qui ne dit pas son nom. Un jour viendra où les tarifs d'assurance seront conçus en fonction de votre façon de conduire. Où votre protection sociale sera liée à vos antécédents et conduites etc.

 

Vos téléphones, par ce qu'ils contiennent et du fait de leur fonctionnement sont à même de donner plus d'informations sur vous qu'aucune police politique ou des moeurs n'en a jamais récolté. Les boîtes publicitaires qui allient la curiosité et le savoir faire des polices les plus redoutables ont des idées précises des utilisations potentielles de ces informations.

Déjà vous recevez des pubs qui savent où vous êtes et vous invitent à venir dans une boutique proche.

Le sociétés de publicité ne sont pas les seules.

 

Vos achats avec carte bancaire vous pistent, le contenu de vos caddies, votre santé, vos comptes, vos assurances; tout fait sens et constitue un faisceau d'informations qu'un système autoritaire saurait utiliser. Isolées les informations n'ont pas d'intérêt, collectées en nombre elles ont le potentiel d'une bombe.

J'ai fait opposition à ma carte bancaire récemment. Les chèques sont refusés dans deux magasins sur trois. Allez faire un plein d'essence un samedi dans ces conditions! Un parti extrêmiste arrivant au pouvoir pourrait vous rendre facilement inoffensif en vous faisant couper l'électricité ou l'accès aux soins médicaux. Ou vous empêcher d'effectuer certains achats.

 

Parano? songez à tous les fichiers dans lesquels vous êtes répertoriés et les surprises de l'informatique qui n'oublie ni vos centres d'intérêt ni vos achats sur la toile....

Les "cartes de fidélité" pourraient être un moyen imparable  de vous fliquer .

 

Il suffirait d'une "puce embarquée" (comme celle de la pilule sous la peau. Un code barre?) contenant toutes les infos vous concernant et vous voilà bloqué à l'aéroport.

 

Tant que ces milliards de données ne sont collectées que pour vous vendre des produits sucrés et des gadgets à la mode, tout va bien. On ne risque que d'être obèse et infantilisé. Mais qu'arrivera t'il quand un Poutine ou Erdogan local voudra exploiter ces infos à des fins moins amusantes?

 

J'ai déjà exprimé ces craintes mais songez-y. L'ncroyable puissance de cette époque est qu'elle nous fait faire nous-mêmes le sale boulot.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 07:01

Très intéressant mais très frustrant l'article de "Marianne" de cette semaine consacré aux complotistes.
Par complotistes il faut entendre ceux qui croient toujours qu'on leur cache une ou la vérité et que derrière chaque évènement se cachent d'impitoyables machinations.
A mon humble avis cette disposition d'esprit recèle non pas quelque chose de sain mais un tempérament malade qui ne se satisfait jamais et qui, par conséquent, prospère avec une sorte de fièvre malsaine.
Le magazine survole très rapidement les plus grands cas de "complotisme" avérés: l'assassinat du Président Kennedy en 1963, les rumeurs sur l'expédition lunaire (années 70), les attentats du World Trade Center (2001) et les récentes attaques terroristes de Londres, Madrid, Paris, Toulouse et Copenhague.

Il ne faut pas confondre avec l'uchronie même si les deux se rejoignent. Dans le premier cas un auteur sait parfaitement qu'il invente et part d'un postulat faux (et si les nazis avaient gagné la guerre? et si Louis XVI avait réussi à quitter la France en 1791?) et récrit l'Histoire en fonction de lui, dans l'autre on veut croire que les choses se sont passées différemment de la version retenue.

Ca devient: Marilyn Monroe a été assassinée sur ordre des Kennedy, Les attentats de New York ont étés fomentés par la CIA etc etc.
A chaque fois qu'un échaffaudage mêlant mystère et fantasme est développé on peut être certain qu'il y a des complotistes à la manoeuvre.
Les rapports d'autopsies, les photographies, les procès verbaux... tout, à contrario, démontre pour eux les arrangements avec la vérité.
On a beau leur dire que cette pauvre Marilyn Monroe, sur le plateau de son dernier film inachevé "Something got to give" était soit ivre soit droguée, qu'elle ne connaissait ni son texte ni ce qu'on attendait d'elle, qu'elle ne supportait ni de vieillir ni de voir son étoile pâlir il y aura toujours un tordu pour imaginer Edgar Hoover en tutu rose administrant des barbituriques à la blonde décolorée pour le compte de Bob et John!!!

Même chose (en plus grotesque) pour les avions du 11 septembre. Un attentat avait déjà eu lieu au même endroit quelques années plus tôt, celui des tours jumelles a été fièrement revendiqué, on a retracé les dernières heures de presque chacun des protagonistes, de Mohamed Atta, "chef" du commando des pilotes à celui des pompiers, on a vu les avions s'encastrer dans les immeubles, le feu gagner les étages et entendu les conversations de milliers de témoins. Il n'empêche, certains sont persuadés que les Juifs, Satan, la CIA (pour certain il y a équivalence!) sont à l'origine et que l'on nous ment.
C'est un fait que la vérité est parfois sinon cachée du moins maquillée. Un citoyen ordinaire a le devoir de s'informer en croisant plusieurs sources. Cependant remettre en question la moindre information est, selon moi, non pas une preuve de vigilance mais au contraire l'affirmation d'une personnalité paranoïaque et inculte.

 

Personnellement je vois bien que même pour les affaires qui me concernent la vision des faits se modifie avec le temps, que les témoins ne voient pas et ne vivent pas forcément les mêmes choses et que le temps enjolive ou transforme le ressenti.

Tenez, sur mon post d'hier j'aurais juré qu'il y avait 4 nains sur la pochette du 45t. Eh bien non c'était un agrandissement de la photo de l'album et c'est sur l'album qu'ils y étaient.

 

 

NB: il y a pas mal de mabouls qui imaginent Presley vivant, Michael Jackson piégé par des jaloux dans ses affaires de pédophilie, Robert Boulin, falot ministricule de giscard assassiné etc etc.

 

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:56

Bien que cela date de 44 ans je me souviens encore parfaitement de la première fois où j'ai entendu "My Sweet Lord" le single mantra de George Harrison . J'écoutais un petit poste de radio-transistor avec casque  (1 oreille seulement et en mono) dans mon lit quand j'ai entendu cette "chose".

Je connaissais alors, par mon frère, (Grâce lui soit rendue) les Beatles -fraîchement séparés- mais étais tout juste capable de dire qui était qui et qui faisait quoi. Je trouvais leurs voix identiques et bizarres (mon père écoutait Ferrat!) et  leur carrière solo ne me paraissait pas l'alpha et l'omega de ce qui allait être mon adolescence.

 

Mais revenons à cette drôle de chanson mi-religieuse mi-plainte pop qui m'a immédiatement semblée importante. J'ai été surpris que ses paroles soient si simples et que les choeurs mélangent toutes sortes de religions et de philosophies.
Harrison a composé cette chanson sans y croire vraiment. Il l'a proposée à Billy Preston qui l'a donc enregistrée avant lui dans un tempo gospel. Au moment de sortir un 45t extrait de son 1er exercice solo George Harrison a choisi "Isn't it a pity", une splendide composition, refusée depuis 4 ans par les Beatles. Et à laquelle la production a finalement préférée "My Sweet Lord"!

Pour la petite histoire il n'y a qu'au Canada que "Isn't it a pity" est devenu N°1 des Charts au détriment de "My sweet Lord".

J'ai guetté ses passages puis, au fur et à mesure que même dans ce pays où une variétoche immonde et ringarde trustait les ondes et les Hits-parades elle gagne la tête des classements et s'impose comme l'hymne de l'année 1971.

Je n'ai pas été surpris par les sous-produits que les maquignons du show business Français ont vendus et qui étaient des décalques malhabiles de la chanson du guitariste Liverpuldien. 

Car l'industrie musicale Française en a sorti des produits dérivés. Et pas qu'un peu. Il faut bien le dire ça: ne volait pas très haut...

my-sweet-lord-1987870702.jpg

"My Sweet Lord" est une chanson qui fait du bien. Elle apaise. La voix plaintive de George Harrison, sa prière (car c'est une prière qui en gros répète notre catéchisme enfantin ("Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri"), et qui allie guitares sèches, solo de guitare électrique et choeurs féminins.

Elle a collé à la peau de Harrison qui n'a jamais réussi à rencontrer un succès identique malgré de belles réalisations ici ou là.
Il a même été accusé de "plagiat inconscient" et condamné pour ça. On lui reprochait d'avoir été influencé par une chanson d'un groupe féminin des années 60 qui, effectivement, avait quelques traits communs avec son tube.

Je me souviens du 45t avec cette pochette d'un Harrison aux cheveux incroyablement longs, la barbe non taillée et les 4 nains de jardin à ses pieds. L'image était parlante.
Rareté à l'époque, la face "B" (à l'époque les 45 tours du groupe et des individus qui le composaient possédaient une pomme granny sur la face importante et la pomme coupée sur l'autre) était une très longue (7'15) et très belle chanson

lente "Isn't it a pity" qui faisait de ce single une sorte de miracle. (d'habitude on mettait surtout du presque rebut sur la face 2)

Ca m'agaçait un peu que la prospérité ne retienne quasiment que ce titre de la longue et belle carrière d'Harrison. Il faut cependant se rendre à l'évidence elle le définit à la perfection par sa douceur, sa foi, sa délicatesse, son lyrisme et sa virtuosité. Par son charme et sa mélancolie aussi. Ce titre simple c'est ça. La joie, la peine et la quète.

 

Fermez les yeux, écoutez les guitares de Badfinger qui ouvrent  "My Sweet Lord". Qui dirait que cette chanson intemporelle a presque 45 ans?

Anecdote; il y a peu, au Canada, mon fils a mis cette chanson sur son ordinateur pendant que je regardais son propre fils dormir. Jamais cette chanson ne m'a semblée plus belle.

 

PS: oups! il n'y a que 2 nains sur la pochette du single!

 

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 07:11

Tout petit j'avais déjà compris que pour obtenir quelque chose il était parfois plus malin de faire celui que ça n'intéresse pas. Le blanc de poulet était, par exemple, revendiqué par plus de personnes que le poulet cuit n'en possédait (je n'ai pas le souvenir qu'à cette époque on pouvait acheter des blancs séparés). Comme je faisais celui qui se fichait du morceau qu'on lui donnait j'avais souvent, par "compensation", le beau morceau de chair blanche sans os que je convoitais secrètement.

 

J'ai assez vite compris qu'en matière de séduction les choses étaient assez semblables. A la drague lourdaude de mes semblables je préférais l'approche subtile faite de regards appuyés et de signaux à peine perceptibles.
Je me souviens de cette scène du film du film d'Edouard Niermans avec Alain Delon et Fabrice Luchini. Un vieil homme riche (Alain Cuny) en appelle à la connaissance des femmes de Casanova (joué par Delon) pour qu'il lui indique qui, selon lui, est l'amant de sa femme. On ne voit pas l'enquète et on oublie presque la demande lorsque les deux personnages se retrouvent.
- Alors? avez vous trouvé qui ? demande le vieux courtisan poudré et emperruqué

- Oui. Il s'agit du Lieutenant Lorenzi.
- Bravo, mon cher, et comment avez vous fait?

- C'est simple votre grâce, c'est le seul qu'elle n'a pas regardé de la soirée. 

 

Ainsi est notre monde qui est fait de faux semblants. On nous parle en permanence de choses insignifiantes tandis qe le vrai pouvoir, l'authentique pouvoir se trouve sous nos yeux. Hollande, Sarkozy, Merkel et Cameron, tous les autres, ont infiniment moins de pouvoir qu'un Martin Bouygues ou un papy Dassault.. 

La réflexion de Staline ("Le Pape, combien de divisions?") est plus que jamais d'actualité. Le pouvoir appartient depuis des lustres à Danone, Procter & Gamble, Nestlé et à ceux qui les dirigent.

Le vaudeville du week end sur la mort de "Martin" (deuxième génération seulement) montrait l'importance du bonhomme.

On amuse la galerie avec les médailles obtenues en ski nordique, les élections départementales et tant d'autres choses pour qu'on ne pense pas que la société est plus corsetée et moins mobile que celle de Louis-Philippe!

 

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 07:02

Il est des morts plus encombrants que certains vivants.
On continue à parler de certaines célébrités pénibles bien après leur disparition et parmi elles souvent des pires.
Mon regard a été attiré, avenue Etienne Billière par la vitrine de la belle et bonne librairie "l'autre rive". Deux livres ayant l'insupportable Françoise Giroud en couverture trônaient ce mercredi en devanture.

Cette exaspérante femme continue donc, par delà la mort, d'enquiquiner le monde! L'un des deux livres était signé de la défunte elle-même (de son vivant sortait un livre signé par elle par semaine, tous aussi indigestes, vains et prétentieux). L'autre l'était de Alix Saint André dont j'avais aimé la relation originale du pélerinage de St Jacques de Compostelle il y a deux ou trois ans.
Comme ses consoeurs en féminitude elle a dû se sentir obligée de baiser la babouche de l'idole journalistique, la statue de la commandeure pourtant passablement mitée après ses peu glorieuses palinodies politiques (ministre de Giscard, flirt avec Mitterrand...), ses affaires (la médaille de la résistance revendiquée à tort), ses amitiés (l'insupportables BHL) et last but not least, ses "suivantes" aussi pénibles qu'elles dont la mére Ockrent* est la figure de proue...

Quand on parle de "repos éternel" on oublie trop que les techniques modernes lui font échec et que jusqu'à la fin des temps on verra les "gendarmes de St Tropez", la mèmère Giroud et tant d'autres qu'on préférerait voués au silence et à la discrétion!

 

* Naturellement la teigneuse belge a écrit une biographie de la journaliste agaçante. J'imagine le contenu et souffre rien qu'en y pensant.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 07:01

Les récents ennuis de Jean-Luc Lahaye ont donné des idées aux programmateurs de radios. En moins de 48H00 (et pas sur France Musique ni France Culture, je l'admets) j'ai entendu deux scies contemporaines des nanars musicaux du "papa chanteur".
Il s'agit de "En rouge et noir" de Jeanne Mas et de "Boule de flipper" de Coryne Charby.
Cette dernière devait plutôt s'appeler Jennyfer Dugland mais Coryne Charby sonnait mieux. Sa chanson, pur produit des années 80 et du "Top 50" est un condensé de la médiocrité de cette époque: musique au synthétizeur, voix fausse et sans personnalité, paroles indigentes.

Pas question de boire un biberon sans avoir Marc Toesca et le Top 50 en bruit de fond, mon fils, à l'époque, avait un faible pour ces chansons ni faites ni à faire.

Avec "En rouge et noir" de Jeanne Mas, pas encore reconvertie en pizzaïola, on est une catégorie au-dessus. même musique synthétique et brouillonne, mais voix plus assurée et paroles amusantes.
Enfin amusantes.
Moins débiles.
Presque un clin d'oeil.
La donzelle a sombré après une saison -ou deux- de succès et a été remplacée par un clone encore moins talentueux mais qui plaisaient aux gay et aux adolescentes anorexiques, suicidaires ou les deux (Mylène Farmer, alias Mireille Fermier).

Quelle époque! Bernard Minet, Licence IV, Patrick Bruel, Bézu, Jackie Quartz... des artistes et des succès oubliés aujourd'hui mais qui montraient à quel point la leçon des sixties et celle des seventies avait été retenue par les marchands de disques. "Fais con, coco, ça se vendra. Fais hyper-con ça sera un triomphe".
Moyennant quoi Sheila a vendu des tombereaux de disques entre 62 et 72, Cloclo est devenu une "vedette" malgré sa coiffure et l'indigence de son répertoire, Sardou sévit depuis 50 ans, Michel Berger et France Gall passent pour des intellos et Indochine pour un groupe pop...

A de très rares exceptions prêtes nous n'avons pas l'oreille musicale dans ce pays. Découvrant les Beatles après tout le monde une fois qu'ils s'envoyaient des scuds les uns les autres), plébiscitant les hits américains traduits par des débiles ou des tarés, ne rechignant pas devant les inepties du genre Rubettes ou Osmond Brothers, faisant un triomphe à des imposteurs, adaptant de manière nullissime les succès étrangers nos hits parades font rougir l'honnète homme plus que le soleil de midi à Ajaccio ou le Chorizo au Tabasco.



ça fait paroles de chanson ça, je devrais peut-être les déposer à la SACEM§

 

Boule de flipper.... ah ben dis-donc!

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 06:37

Les journalistes qui font leur boulot en respectant la déontologie de leur profession et en y mettant la rage et le culot parfois nécessaires sont suffisamment rares pour qu'on les signale lorsqu'on en trouve.
Sur France Inter il existe une émission finement appelée "Interception" dont j'ai écouté le numéro de ce dimanche 22 février de 9H10 à 10H00.
Elle était consacrée à une lamentable conjugaison de toutes les lâchetés et hypocrisies autour d'un scandale agro-alimentaire récent (2009) en Bretagne, près de Guingamp. Une coopérative a vendu de la nourriture pour les élevages intensifs de porcs qui s'est révélée contenir un insecticide interdit et dans des proportions extrêmement dangereuses.
4 salariés de l'élevage en question ont été et sont gravement malades des suites de ce scandale et licenciés tandis que la presse locale détournait les regards et que le syndicat local refusait de les défendre.


Oui vous avez bien lu, la CFDT à laquelle ils étaient affiliés a pris faits et causes pour le patron empoisonneur. Au nom des emplois et du poids politique de la filière dans la région. La journaliste essayait de refaire l'affaire et se heurtait à des responsables de com' qui noyaient le poisson avant d'opposer un refus ferme et définitif à toute discussion.
Même chose pour un des fermiers qui a été victime de l'empoisonnement. Il refusait catégoriquement de donner une interview avant de devenir franchement menaçant. La victime qui se tait et protège ceux qui lui ont fait du mal; un grand classique dans ce genre d'affaires.
Les salariés ont été virés, ne sont pas reconnus comme porteurs d'une maladie liée au travail, ne sont pas indmnisés pour leur traitement médicaux au long cours et sont persona non grata partout.
Eux qu'on a empoisonnés!

Il fallait entendre le patron de la coopérative s'affranchir de toute responsabilité et refuser de répondre à la question de l'émission: ces porcs qui avaient été nourris avec du poison ont-ils été abattus puis servis dans la filière-viandes malgré leur dangerosité?

On comprenait que le Tricatel régional n'avait évidemment pas hésité un quart de seconde et que Leclerc et carrefour avaient sans doute vendu des barquettes de jambon dangereux comme si de rien n'était.
C'est comment déjà la publicité madrange ou Fleury Michon? retrouvez les valeurs naturelles? Non seulement ils vous empoisonnent mais ils vous prennent pour des c...

 

L'émission de Pascal Dervieux et Lionel Thomson, reportage de Inès Léraud

 

Tout commence en 2009, sur le site d’une coopérative agricole non loin de Guingamp. 

Pour diminuer les coûts de stockage des céréales dans ses silos, la direction décide de réduire le fonctionnement du système de ventilation. En très peu de temps, la pourriture et les insectes infestent le stock. 

En espérant sauver une grande partie des 20 000 tonnes avariées, les responsables de la coopérative font procéder à l’aspersion par pesticides. 

Mais les insectes ne seront pas les seules victimes de l’opération. Après plusieurs semaines de travail sur place, sans aucun équipement spécifique, une partie des employés ressentent des malaises qui iront en s’aggravant. Ils découvrent alors que le pesticide utilisé est en fait un produit interdit depuis plusieurs années. La direction reste sourde aux mises en garde.

Aujourd’hui, quatre des ex-salariés de Nutréa souffrent d’une allergie totale aux produits chimiques.  Licenciés par leur employeur, filiale de l’une des plus grandes coopératives de Bretagne, Triskalia, ils ont entrepris un combat dont ils viennent de remporter une bataille : pour deux d’entre eux, le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Saint-Brieuc vient de reconnaitre la faute inexcusable de l’employeur. 

 

Reportage de Inès Léraud

Prise de son :  Ivan Turk

Emission présentée par Pascal Dervieux

 

 

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