Une sorte de pomme de terre nouvelle avec des algues sur la tête est apparue, ces derniers temps, sur les radars de la variété "à la Française". Il s'agit d'une très vieille patate qui a fait tous les concours agricoles et a même été primée au salon des tubercules de 1966.
Nous n'arrivons pas à mettre au rebut nos vieilles gloires. Il faut qu'elles meurent pour ça. Et encore. Les hologrammes et les tournées "âge tendre" et "Top 50" font revivre ces cadavres.
Prenez Polnareff (la patate en question) qui nous fait le coup du "come-back" tous les dix ans et revient massacrer "love me, please love me" et "l'amour avec toi", chansons qui firent sa gloire sous Charles de Gaulle (1958-1969). Il n'est pas mort mais son pronostic vital est engagé depuis une bonne trentaine d'année. Non?
Ses démêlés avec le fisc et avec son comptable l'exilèrent aux USA où il connut la même gloire que les voitures Françaises (on n'en voit pas UNE circuler, même à New York). bref il est tombé dans un anonymat que le vendeur de journaux de la VIIème avenue ne subit pas.
L'homme a composé de beaux titres et a été plutôt meilleur que ses tristes concurrents hexagonaux de l'époque. Sont-ce des raisons suffisantes pour le voir emprunter le même avion que Sylvie Vartan, la Rascar Capac des variétés qui, faute de vendre 1 CD par an "écrit" des livres que même son nègre ne (re)lit pas? Avec les hirondelles et les jonquilles on voit revenir Polnareff et ses lunettes de travesti bolivien et Sylvie Vartan qui vient étrenner son lifting de l'hiver précédent.
On les accueille comme s'ils étaient attendus (alors qu'ils peinent à vendre des places pour l'un et des exemplaires pour l'autre), ils font le tour complet des plateaux de télévision et de radios, viennent embrasser Papy Drucker, passent saluer Match et hop! les revoilà partis en Californie ou ne l'attend pas sa femme (Polnareff) et ou l'attend son chirurgien plastique (Sylvie).
Il fera 3 concerts devant des salles à moitié pleines de retraités qui reprendront "qui a tué grand maman" tandis qu'elle fera la fête du livre de Montpellier où on lui demandera une dédicace pour Tata Jacqueline.
Ah... la variété hexagonale...
