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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 06:29

Mon amie Marie-Eve qui est morte il y a peu plus d'un an avait, avec son second mari Pierre, acheté une grande maison dont ils étaient tombés amoureux ensemble.
Cette gigantesque bâtisse, constituée de plusieurs bâtiments avait un charme indéniable.

Faite de grandes pierres blanches typiques de la région Aquitaine la maison près d'Agen était un rêve derrière lequel ils ont couru sans le rattraper tout-à-fait pendant près de 20 ans.
Le grand jardin arboré n'y était pour rien (si ce n'est que le temps passé à le bichonner ne l'était pas à d'autres tâches tout aussi urgentes). Le beau pigeonnier viabilisé non plus. Les bords du Gers sur lequel donnaient les grandes pelouses non plus.

La grande quantité d'arbres d'ornement, d'arbres fruitiers, d'arbres à fleurs décoratifs et des grands pins spécifiques à la région nécessitait aussi attention et soins. Le vent en couchait quelques uns qu'il fallait alors élaguer, débiter et entasser tandis que d'autres produisaient des masses de noix, de cerises, de pommes et de fleurs.

On ne peut pas, en un week end et même aidé par des amis en quantité, cueillir les cerises, tondre les pelouses (l'équivalent de 3 ou 4 terrains de football), tailler les haies, curer les fossés, remettre des tuiles, poncer les volets, aller au marché, se reposer sur des transats, préparer des tablées de 8 ou 10 personnes et faire les fous autour de la piscine. Il faut faire des choix et éliminer des activités.

Il y avait toujours quelque chose à faire: détruire un nid de guêpes, consolider les rive du Gers, peindre une pièce (Marie aimait changer souvent de décor et les baptisait de noms amusants: "la chambre ticket de métro", la "boucherie" (chambres aux murs rouge-sang) et autres "Louf" (loft) sans oublier "la brocante" ou "la vieille maison".

Si le rêve n'a pas tenu ses promesses c'est justement à cause de la vieille maison. 7 à 10 pièces minimum et tout, du sol au plafond, à faire.

Pierre était perfectionniste. Lent et perfectionniste. Il travaillait magnifiquement mais n'avait que deux mains et il lui en aurait fallu 25 fois plus pour espérer arriver au bout de son travail.

De ce fait la partie vieille n'a pratiquement pas bougé, le "vandalisme" du départ achevé (en 4 ou 5 week ends tout fut déposé: cloisons, portes, tuyauterie, radiateurs, parquets.... il ne restait que le squelette en pierres blanches de la belle et vénérable habitation.
Elle s'est ensuite endormie faute de combattants, d'argent, de temps et de plan défini.

La vie s'est installée dans le jardin, sur la terrasse, dans le pigeonnier et dans la maison centrale (4 ou 5 pièces). Il faudrait un livre pour dire les bons moments passés là et dire que Marie-Eve et Pierre avaient table (et cave) ouverte est encore peu dire.

Marie et Pierre disparus les enfants essaient de voir ce qu'ils peuvent faire mais on n'entre pas facilement dans un rêve échoué. Les agents immobiliers, pour qui la poésie est une grossièreté, raisonnent en "volumes" et mettent de vilains mots sur les idées des anciens propriétaires.

Les beaux objets, les peintures, les meubles, les lampes, les cadres chinés ou faits par Marie soulèvent des sourcils dédaigneux de commissaires-priseurs qui privilégient la première partie de leur fonction. L'ancien, le beau, le recherché n'a plus la côte. Dans les maisons en placo avec chambres de 9m² on décore à la hussarde ma bonne dame.

Ce dimanche nous avons donc défait les frises, peint en blanc et donné un coup de banalité à la maison de Marie. Elle se vendra peut-être mieux.
Une chose est sûre: Marie-Eve n'était plus dans les lieux.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 06:47

Un fait récent m'a amené à me poser la question de la transmission et des formes qu'elle pouvait revêtir.
J'ai entendu une émission de radio consacrée à la mise en BD du "journal d'Anne Frank". Ma première réaction a été un mélange de consternation et d'incompréhension. Elle a été suivie du rejet et enfin de la réflexion selon laquelle, finalement, il valait mieux découvrir ainsi Anne Frank que l'ignorer.

Le célèbre "Journal d'Anne Frank" est un des livres les plus vendus au monde. Je n'ai pas dit lu. C'est un livre "scolaire" souvent étudié en classe, ce qui ne signifie pas forcément lu en son entier. Ce livre qui est connu dans le monde entier pose un problème.

Beaucoup souhaiteraient qu'ils ne soit plus soumis au copyright et que les droits d'édition en soient publics. (dans le but, louable s'il est vérifié, de l'éditer dans des versions économiques).

Ce témoignage si sensible d'un éveil à la vie, si atrocement contrarié, a remué des générations de jeunes filles et aussi de lecteurs ou lectrices plus âgées. L'intelligence, la dualité et le monstrueux destin de cette Anne Frank à qui il est si facile de s'identifier a marqué toutes celles et tous ceux qui l'ont lue.
Aux autres, ils sont nombreux aussi, les films tirés de l'oeuvre ont laissé une trace de "l'annexe" et de la vie si ténue et douloureuse mais aussi d'espoirs de ces personnes emmurées aux Pays Bas.

Les vicissitudes de l'édition du livre (duquel furent retirées les critiques souvent sévères qu'Anne Frank faisait à propos de sa mère mais aussi les remarques crues sur son éveil à la sexualité) sont elles aussi passionnantes et expliquent les difficultés que rencontrent les juristes pour définir l'année de l'édition "originale" qui semble cependant rester celle de la première, 1947.

Il semble que sa mise dans le domaine public pose des questions à n'en plus finir. On dit que celle-ci pourrait être retardée puisqu'il existe donc plusieurs versions (dont une expurgée par le père de la jeune fille) et que la dernière est loin d'être dans le délai prévu. Selon moi le "journal" se suffit à lui-même et les 150 ou 200 pages qu'il contient ne devraient pas être de nature à rebuter un adolescent à peu près éduqué. Il semble que non et que, pour lui faire toucher un autre public, il ait été nécessaire d'en faire une bande dessinée. Nos ados incultes et paresseux apprendraient le martyre juif par des bulles.... pourquoi pas?

Je regrette simplement que les "éducateurs" n'essaient jamais de promouvoir l'effort et aillent au plus simple, voire plus simpliste.

Je suggère à ces braves gens un album à colorier comme étape suivante tandis que Luc Besson ferait un film avec Mylène Farmer en Anne Frank, à moins qu'un jeu sur playstation...

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:25

La querelle des anciens et des modernes est obsolète avant même d'avoir commencé. Je parle de cette lutte d'arrière-garde entre les taxis et les VTC, entre la SNCF et le covoiturage et entre la chambre d'hôtel et la chambre chez l'habitant pour parler de ses avatars les plus récents.

Chaque système possède ses avantages et ses inconvénients et il est illusoire de maintenir un status quo: d'abord parce que le prix est désormais, pour une immense partie de la population, le fait important et ensuite parce que d'abus en abus les "institutionnels" se sont mis en position d'être détruits.

Prenons les taxis par exemple: sans généraliser il est arrivé à l'ensemble d'entre nous de tomber sur un conducteur désagréable, de supporter sa radio sur un poste pénible, d'attendre plus que de raison, de trouver son itinéraire déraisonnable et son prix prohibitif. Faute de concurrence nous n'avions pas le choix.

Prenons la chambre d'hôtel "moyenne". Payer 100€ minimum pour un lavabo timbre poste, la douche exigüe, le bruit et l'anonymat du décor est quasiment héroïque. Chez l'habitant on trouve bien mieux, avec un vrai service et la sensation d'un contact humain. Exceptionnel: un endroit où nous ne sommes pas réduit à notre carte visa.

Je pourrais continuer ainsi pendant des lignes et des lignes. Je comprends la détresse de ceux qui ont payé une licence, je conçois la gène qu'une concurrence non équitable peuvent faire naître mais je ne pleure pas sur ces chaînes d'hôtels, ces cliniques vendues à des groupes financiers et autres sociétés de taxis qui n'ont que leur bénéfice comme horizon.

Je m'inquiète aussi de la marchandisation de tout et de ce qui, jusqu'ici y échappait mais je ne l'ai pas décidée. C'est une réalité; nous nous y adapt(er)ons.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 06:21

Je fulminais récemment (oui, je suis comme ça, je fulmine!) en entendant un décervelé médiatique demander à ses pauvres auditeurs s'ils approuvaient les projets de mesures relatives à la diminution de l'indemnisation des chômeurs. Il leur demandait de le faire savoir via un numéro de téléphone et concluait au bout d'une heure que "les Français approuvent très majoritairement ces mesures".
Encore eut-il fallu un minimum de déontologie (combien d'appels? quelles catégories de population? quelle rigueur scientifique du "sondage" etc. etc.) pour donner un chiffre. Cette vérité professionnelle il n'y pensait même pas.

Avec sa voix de bateleur de foire ou de fête à neu-neu ils se glorifiait d'être suivi à 76%; vous l'aurez compris il était un partisan fanatique de ces mesures.

Outre que son émission est spécialisée dans de tels bidonnages et dans la défense quasi-maladive des thèses libérales les plus éculées ses auditeurs sont ceux de sa radio, de sa tranche horaire et de son émission... ça limite sérieusement une approbation claironnée comme une vérité révélée.
Manipulation? Assurément oui. Télés, radios, journaux (tous les jours sur le site du "Point") ces questionnements de l'opinion sont là pour donner à croire que les décisions gouvernementales ou de l'opposition (selon le cas) sont approuvées par elle et donc qu'il ne reste plus qu'à les voter pour les mettre en oeuvre.
Du lobbying insidieux et pervers qui est en fait de la propagande doublée de mystification.
Les personnes qui ont répondu "oui" à ces questions relatives aux indemnités chômage savent-elles ce que représentent 57% du dernier salaire? savent-elles ce que signifie dégressivité quand on connaît le marché du travail en France? l'incurie de Pôle emploi, le marasme économique, l'imbécilité chronique du patronat qui passe sa vie à couiner tandis qu'il verse des dividendes à ses actionnaires, délocalise, privilégie la rentabilité immédiate et méprise les salariés, l'atmosphère cauchemardesque des conditions de travail où l'on vous indique la porte dès que vous faites mine de ne pas accepter de faire le travail de 3 et de voir votre salaire plus figé que le visage de Sylvie Vartan font que dès que vous abordez les rives de l'inactivité il y a de fortes (mal)chances pour que ce soit durable.
Alors dire qu'on est pour le raccourcissement de la durée d'indemnisation et pour sa dégressivité c'est, à coup sur, augmenter la statistique qu'on a entendue hier sur les 27 morts par suicide par jour. Il y a de l'argent pour effacer la dette abyssale de nos "amis" africains, pour des interventions discrètes chez les mêmes, pour renflouer les banques et les sociétés amies, pas pour indemniser les chômeurs qui ont cotisé? allons donc!

A ce petit jeu du sondage bidon et de la mise au pilori des plus touchés par la crise c'est se tromper de responsables. Ce ne sont pas les chômeurs qui font du Cahuzac ou du Tapie à grande échelle. Le manque à gagner de l'impôt, les sommes englouties par les paradis fiscaux et les escroqueries à la sécu ou à le formation professionnelle ne sont pas de leur fait.
Pourquoi faire comme si?

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:55

Je fais partie de la multitude qui a accusé le coup lorsque Patrick Cohen a annoncé presque en temps réel le décès de David Bowie.

J'avais découvert l'animal en 1974 ou 1975, longtemps après sa plus importante mue, et avais "Aladdin Sane" et le disque de reprises "Pin Ups" comme disques de chevet pendant une longue période. J'étais moins fan des disques qui les avaient précédés et encore moins de ceux qui les avaient suivis.

Quant au personnage -aux personnages devrais-je dire- je n'ai jamais adhéré et ai toujours trouvé qu'il y avait à la fois de l'affectation et de l'imposture dans ces changements d'apparence.

De temps en temps Bowie se rappelait à mon bon souvenir avec des titres comme "Fame", "Absolute Beginners", "Cat-people" "Modern Love" et quelques autres.

Curieusement ce sont deux disques parus dix ans avant sa mort et qui n'étaient que de la pop ni barrée ni pénible qui lui ont permis le retour en grâce sur ma platine. Nicolas m'a offert, à 1 an d'intervalle, les CD-collector "Heathen" et "Reality" sur lesquels il y avait d'excellents titres. J'étais même bluffé par sa reprise de "Try some buy some" de George Harrison, un titre casse-gueule qu'il faisait sien sans l'ombre d'une difficulté. (Ronnie Spector l'avait précédée en 1971)

Les deux derniers disques de sa vie m'ont souverainement déplus et je ne faisais pas partie de la cohorte de gens qui trouvaient Bowie "génial" et "géniale" aussi son abondante (et souvent déconcertante) production. Ils la trouvaient sublime je la pensais ennuyeuse et brouillonne.

A cent coudées au-dessus de la production Française certes, mais pas aussi bonne que je l'aurais attendue. Je dirais que Bowie avait le potentiel mais qu'il a fait "un peu n'importe quoi", assuré qu'il était d'avoir à ses pieds la critique, les médias, le public et le show-business international.

Sa mort et le retentissement mondial qu'elle a eue m'a surpris. Voilà un type qui était tout sauf consensuel, un bonhomme qui a eu une sexualité pour le moins originale, des années poudrées à tous les sens du terme, une obsession du fric, un moi hypertrophié jusqu'au ridicule et donc, selon moi, une production musicale en dent de scie, le très bon côtoyant le très mauvais voire l'exécrable. (Qui osera dire que la "Trilogie berlinoise" est rasoir et laide? que son pseudo groupe "Tin Machine" était grotesque? que son dernier disque est inécoutable?)

Ces hommages qui durent encore me laissent un goût de soufre. Suis-je le seul à voir un pitre dans l'acteur Bowie? (à mes yeux -et encore- seuls "Les prédateurs" resteront et je le trouve mauvais dans "Furyo") un narcisse ridicule dans ses nombreux avatars? un auteur-compositeur qui a enfumé tout le monde en changeant de style à chaque album ou presque?

Finalement il me semble, pour terminer ce portrait à charge, que ce qu'il avait de mieux c'était sa splendide femme Iman!!

Mais j'admets que, pour "Jean genie", "Watch that man" "Rebel rebel", "Friday on my mind" et "Can't explain" qui ont été des titres phares de mon adolescence, il restera cependant important.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 07:00

Plus l'information est formatée, bidonnée, passée au Kärcher, tordue pour entrer dans des cases déterminées, tronquée, orientée et pour tout dire châtrée plus de doctes personnages s'offrent à nous pour la "décrypter".
Ah! le décryptage....

Qu'importe si la tambouille journalistique est faite dans les mêmes vieux pots par des maîtres-queues vendus et à bout de souffle, ceux qui la violent consciencieusement depuis des décennies sont -si on les écoute- les seuls à pouvoir nous l'expliquer.

Jean-Pierre Elkabach, Laurent Joffrin, Serge July, Michèle Cotta, Catherine Nay, les frères Duhamel, Jean Daniel, Frantz Olivier Giesbert, Philippe Tesson, Arlette Chabot, Claire Chazal, David Pujadas et tous ceux qui vous viennent à l'esprit parce qu'ils étaient déjà là lorsque vous avez voté pour la première fois... sont aussi qualifiés pour "décrypter" l'information que moi pour réaliser une douche italienne. Et encore! je devrais y arriver en m'appliquant.

Les liaisons dangereuses qui les lient aux pouvoirs politiques, aux hommes et femmes qui la font d'une part et aux milieux des entreprises et de la finance devraient au contraire les disqualifier pour ce genre d'exercice.

Ca ne les gène pourtant pas le moins du monde et on a parfois l'impression qu'ils se fournissent chez Gattaz ou à Matignon en éléments de langage prêt à servir.

Et puis... la médiocrité intrinsèque de ce milieu de la presse, sa sclérose, ses petites combines ne seraient pas si graves si leurs animateurs cessaient de nous prendre pour des déficients mentaux.
car ils nous prennent, nous le pays, les électeursles consommateurs, les lecteurs de la presse, les spectateurs de la télévision, les auditeurs de radio et les contribuables pour des idiots sans cervelle et sans mémoire.
Il se trouve que ce mépris évident est sans doute parfois mérité (nous avons avalisé sans broncher le traité de Lisbonne qui nous engageait sur la voie que nous avions refusée par référendum, nous avons payé le renflouement des banques, nous avons accepté Bygmalion, Cahuzac, Woerth etc.) mais que notre mémoire n'est pas aussi fragile qu'ils l'espèrent ou le croient. Les promesses jamais tenues des candidats, les annonces (péages gratis les week ends, travailler plus pour gagner plus, la finance est mon ennemie...) qui sont du "foutage de gueule" restent en travers de la gorge et ce n'est pas un décryptage aussi inepte que trafiqué qui changera cette donnée.
Ce mot "décryptage" est le cache-sexe de médias toujours plus liés aux milieux d'argent et aux politiques. Il est de notre devoir de ne pas marcher dans ces combines foireuses.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:34

Je prête un regard distrait aux innombrables publicités qui nous sont imposées quotidiennement, tous supports confondus. Bien que certains considèrent les moins mauvaises d'entre elles comme des manifestations artistiques je ne suis pas loin de penser que ceux qui la conçoivent ont oublié depuis longtemps qu'ils étaient mandatés pour faire vendre des produits et non pour se prendre pour des créateurs ou des humoristes.

Récemment j'en ai vu 3 qui m'ont semblé à la fois informatives et assez repoussantes, moins inutiles que le tout-venant et pleines de sous-entendus qui m'ont fait sourire. Deux concernent notre aversion pour les microbes et la saleté l'autre la difficulté de cohabiter avec des inconnus

Fille dans le métro avec des mains immondes autour d'elle.

Une jolie et fraîche blonde est dans les transports en commun et se tient à la barre métallique. elle a un air qui oscille entre effarement et dégoût tant les autres mains qui agrippent la barre sont hideuses et repoussantes. ce sont d'énormes pattes de monstres aux couleurs répugnantes. Le message est clair: là où sont les autres il y a des microbes dangereux pour soi.

Débouche baignoire

Un personnage affreux et sale a fait son gîte dans un tuyau qui est censé être celui de votre baignoire ou lavabo. Il inspire la répugnance par les bruits qu'il émet, les couleurs de sa bauge et les odeurs qu'on l'imagine véhiculer. Ce sale individu (à qui pourraient appartenir les mains crasseuses de la publicité précédente) représente un bouchon qui obstrue une canalisation. Le produit dont il s'agit de faire la promotion en vient à bout aisément.

Vacances avec des gens dégueu

La troisième et dernière réclame concerne un club de vacances ou un camping. (ce n'est pas très clair). Une famille censée vous représenter affronte les pires co-vacanciers que l'on puisse braver: des gens laids grossiers, envahissants,voraces et sales. La saleté est suggérée par le poil qui semble indiquer un problème d'ordre psychique chez le réalisateur ou la réalisatrice de la pub: le gros bonhomme qui s'invite à table est en maillot de bain et possède une toison imposante, même dans le dos. Le dernier plan, ignoble, est une savonnette copieusement garnie de poils.

Le message est identique: il faut éviter les autres qui sont toxiques pour soi, consommateur en voie de rédemption. l'individualisme, la maniaquerie (je n'ai jamais, de toute ma vie, rencontré de tuyau dégageant de mauvaise odeur, jamais.) et la méfiance des autres sont exprimés sans en avoir l'air.

PS: je ne suis sans doute pas le seul à avoir trouvée déplaisante l'image de la savonnette: la publicité a été raccourcie et cette image passée à la trappe!

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 08:02
Les bâtiments du GRETA avant (fin janv 2016) et aujourd'hui (4 fev 2016)Les bâtiments du GRETA avant (fin janv 2016) et aujourd'hui (4 fev 2016)Les bâtiments du GRETA avant (fin janv 2016) et aujourd'hui (4 fev 2016)

Les bâtiments du GRETA avant (fin janv 2016) et aujourd'hui (4 fev 2016)

Vendredi 29 janvier je parlais de ces "titanesques" travaux de démolition de l'ancien immeuble du "Greta" toulousain que je peux voir des fenêtres de mon bureau.
Pas moins de 6 bâtiments de style et d'époques différents ont été détruits en moins de 10 jours, essentiellement par une équipe de deux grutiers incroyablement professionnels.
A le fin je devinais leur état d'esprit à la rapidité et à la précision de leurs manoeuvres.

Les grues ressemblent à d'imposants carnivores de l'époque des dinosaures. Leurs gigantesques mâchoires détruisent le béton, la brique, le bois la tuile et le fer à béton.

Aujourd'hui il ne reste plus rien de ces bâtiments dont l'aspect disparate les rendait laids. Laideur accentuée par les innombrables tags (dont un stupéfiant "mangez des burgers" sur le sens duquel je m'interroge encore) qui en maculaient les murs intérieurs comme extérieurs.
Bouygues, la très envahissante entreprise de BTP et de décervellement télévisuel (TF1) a acheté le terrain pour y construire un de ses programmes dit "de prestige". Elle en a profité pour pulvériser le prix du mètre carré à Toulouse.
Bien que le quartier soit légèrement excentré, sans grande unité et que les commerçants n'y soient pas nombreux les appartements se sont vendus en un temps record.

Un bon point cependant: l'immeuble paysager (c'est ainsi qu'il est baptisé) ne dépassera pas les 4 étages.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 06:24

Avec le temps et l'âge je suis devenu beaucoup plus tolérant et ai moins de "haine" pour des gens qui ne valent pas cet excès d'honneur.
Je n'ai plus les poings qui se serrent et la bave aux commissures des lèvres lorsqu'on parle de Truffaut, Lelouch, Renaud, Sarkozy, Woerth et Cécile Dufflot.
Pire, un léger haussement d'épaules remplace la hargne qui m'animait lorsque Françoise Giroud, Louis Malle ou quelques autres étaient évoqués.

A propos de Giroud c'est à cette "imposteure" (à tous les sens du terme) qu'on est censé devoir l'expression "Nouvelle Vague" qui désignait les jeunes critiques de cinéma qui, après avoir dégommé les anciens ont pris leur place, faisant souvent beaucoup moins bien.

Un Truffaut, par exemple, a commis plus de panouilles que nombre de ceux qu'il a exécutés par sa critique haineuse et acerbe.

C'est une vieille histoire et l'Histoire avec un grand H du cinéma a rendu justice à ceux qui le méritaient et remis à leur place les coquelets hypocrites des "Cahiers".

La semaine dernière mourait Jacques Rivette, adulé de la critique et habitué aux chiffres d'audience confidentiels.

Il n'était pas indigne et sa vision de la "Religieuse" de Diderot est un de mes grands souvenirs de cinéphile.

Pour le reste...

A la médiathèque, récemment, j'ai vu le film d'un de ces pseudos génies reconnus par une certaine presse intello pour qui ne pas faire d'entrées est synonyme d'extrême talent.
Le titre parfaitement imbécile de la chose "quatre aventures de Reinette et Mirabelle" m'a rappelé comment le neveu Mitterrand parlait de ces films impossibles réservés à un microcosme précieux et ridicule.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:30

La première fois que j'ai aimé c'était une femme bien plus âgée que moi. Je ne parlais pas sa langue (elle était allemande), elle était amoureuse d'un vieux (au moins 60 ans, à l'époque ça me paraissait être monstrueusement âgé), j'étais un gamin de 15 ans bête et sentimental.

C'était une femme assez banale, ni belle ni laide, plutôt mal habillée et ne se mettant pas en frais pour ressembler à quelque chose. Elle avait cependant des gestes pour sortir ses cigarettes du paquet, mettre le warning de sa VW 1300 verte, bouger dans sa cuisine qui me plaisaient au point de me faire devenir tout stupide. Et rougissant. Naturellement. D*** avait évidemment vu le trouble qui me saisissait et en jouait sans méchanceté ce qui en augmentait l'intensité.

Elle surprenait mes regards et devait être un peu "flattée" que der junge Französisch soit un peu amoureux d'elle.

Je n'ai pas su si la gentillesse de l'accueil de sa famille et les nombreux cadeaux qu'on me fit fut affectée par ces premiers émois du coeur mais je garde un merveilleux souvenir de ce séjour dans la Rhur que je fis chez eux à Schwerte.

Pourquoi parler de ces balbutiements sentimentaux? parce que, complètement par hasard, et sans imaginer ce juvénile coup de coeur, ma soeur m'a dit au téléphone, comme s'il s'agissait d'une information qui ne m'intéresserait pas que D*** est morte il y a 6 ans, "20 mois après sa soeur" (qui fut notre "jeune fille au pair" préférée et que nous adorions). Cette nouvelle, contre toute attente, m'a bouleversé et j'ai passé une journée à penser à elle en revoyant très bien les moments passés avec D***.

On croit que des détails de notre vie ont été oubliés, jetés et ils restent à l'état latent, prêt à vous montrer qu'ils peuvent vous émouvoir si longtemps après.

Je revois D*** et sa belle VW coccinelle et je suis tout ému.

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